Mi-Octobre, alerté par les représentants régionaux de l’UNOF, le Dr Michel Combier atteste, dans la lettre hebdo de cette branche généraliste de la CSMF sans autonomie de signature, des difficultés rencontrées par les généralistes du fait d’« une augmentation de la durée des consultations » [1] . Cet argument est repris par le Docteur Michel Combier comme« une pierre à l’édifice des futures revalorisations. »
Fin Décembre, le même représentant syndical est interrogé en direct sur France-Inter lors d’une émission où il est l’un des deux seuls invités à venir présenter la mise en place de la réforme en compagnie de… Frédéric Van Roekeghem, Président de l’UNCAM et grand ordonnateur financier de la réforme. A un patient qui relaie l’inquiétude de son médecin généraliste quand au surcroît de travail occasionné par la réforme du médecin traitant, le Docteur Michel Combier répond :
« Je pense que pour l’instant, moi je le vis dans ma pratique quotidienne parce que on a beau être syndicaliste on n’en est pas moins médecin qui exerçons quotidiennement , dans ma pratique quotidienne je n’ai pas eu de surcharge de travail liée au médecin traitant, voilà tout ce que je peux dire, je suis à jeun ( ?) d’avoir fait un travail supplémentaire en tant que médecin traitant si ce n’est donner un coup de tampon et signer une feuille que me portaient les patients quand ils venaient à ma consultation de manière régulière. Donc je ne crois pas qu’il y ait actuellement une surcharge de travail du médecin traitant. S’il y en avait une, cela voudrait dire simplement que les gens se rapprochent du médecin généraliste pour être le coordinateur de leurs soins… et comment des médecins généralistes qui veulent promotionner (sic) la médecine générale pourraient refuser d’être les coordinateurs des soins de leurs patients ? Est-ce qu’ils veulent que ce soit un chirurgien, est-ce qu’ils veulent que ce soit un néphrologue, est-ce qu’ils veulent que ce soit un rhumatologue ? Moi je suis très bien dans ma position de médecin traitant. » [2]
A une heure de grande écoute, en direct devant quelques millions d’auditeurs, en présence de Frédéric Van Roekeghem, le Docteur Michel Combier se voit servir à la radio sur un plateau un argument souvent mis en avant par ses propres représentants régionaux, de nature à légitimer les revalorisations scandaleusement négligées de la rémunération de la consultation du médecin généraliste.
Au lieu de se faire le relais de cette revendication justifiée, il minimise consciencieusement le rôle du médecin traitant : « donner un coup de tampon et signer une feuille » et passe sous silence les revendications de ses propres troupes.
La question d’EBS n°1 a été rédigée par le Docteur Christian Lehmann, membre d’Espace Généraliste.