” Si je prescris cela, mon employeur ne sera pas content”.
Voilà une petite phrase que je m’amuse à dire à des patients, à des visiteurs médicaux, à des confrères et même à des médecins de caisse.
Eh bien personne ne parait surpris de ce que je dis. Personne. Personne ne me retorque : “mais vous êtes des libéraux, vous n’avez pas de patron”. Personne…..
A propos de la convention :
Au début, il s’agissait d’un contrat de confiance entre les Médecins et les Caisses d’Assurance Maladie dont le but était de fixer des tarifs et en contre partie, les caisses payaient une partie des cotisations sociales des Médecins.
Maintenant, les Caisses paient toujours une petite partie des cotisations sociales des M??decins, mais pour les Médecins, beaucoup de choses ont changées :
Ils sont quasiment totalement inféodés aux Caisses qui fixent non plus seulement les tarifs médicaux mais aussi, les caisses imposent : le contenu des consultations,
le contenu des ordonnances,
la tenu du dossier médical selon leurs critères
le remplissage de tonnes de papiers qui ne servent qu’à mieux contrôler les Médecins,
des contrôles incessants de tout ce que peut faire ou ne pas faire le Médecin,
des amendes pour les Médecins qui ne se plieraient pas à leurs exigences,
des réunions avec un “visiteur” de la CPAM réguli??rement : lui est payé pour cela, c’est son travail mais pas nous.
A chaque fois que les Médecins souhaitent voir la valeur d’un acte revaloris??, il s’en suit des discussions à n’en plus finir, discussions au cours desquelles, les caisses, en échange d’une timide revalorisation, exigent des contraintes supplémentaires pour les Médecins.
Paperasserie pour les soins infirmiers, pour les ALD, ordonnanciers bi-zones afin de pouvoir mieux surveiller et sanctionner le médecin alors que c’est le patient qui en tire des bénéfices, bons de transports, pour les cures thermales, pour les AT, modification des arrêts de travail, etc….. Selon les caisses cela simplifie les choses par rapport aux ordonnances que nous faisions jadis pour prescrire ces soins. Je n’en suis pas sur, en ce qui concerne les médecins.
Nos syndicats ne se posent même plus de question sur l’utilité pour les Médecins d’une telle convention. Je pense qu’il serait nécessaire de tout remettre à plat et de repenser un autre mode de fonctionnement entre l’Etat et les Médecins Libéraux.
En effet, ceux ci acceptent toutes sortes de contraintes nouvelles en échange de seulement quelques augmentations de tarfs qui ne suivent même pas l’augmentation du coût de la vie. ( voir le prix de l’essence et le prix des visites ).
La CMU, le tiers payant qui a tendance à se généraliser, parfois à la demande des caisses, font que tout le monde pense que les médecins sont payés par les caisses. Plus personne ne se souvient que les caisses ne font que rembourser les patients. Ce ne sont pas les médecins qui dépensent l’argent de la Sécu, se sont bien les patients qui le dépense et qui consomme du médical ( médecin et médicament ) comme on consomme du pain ou du beurre.
Les relations entre les caisses et les médecins ont été totalement corrompues par cela. Les caisses, en toute bonne foi, je pense, se considèrent comme nos employeurs et malheureusement, les médecins, se considèrent comme les employés des caisses.
La preuve, le projet de rémunérer les médecins en partie par un forfait.
Les caisses proposent même des conditions avantageuses pour les MG qui s’instaleraient à la campagne mais aussi de baisser leur participation aux charges sociales pour les MG qui s’instaleraient dans des régions déjà très médicalisées. Mais alors où est l’interêt de la convention ?
Je pose la question : Où est le Libéralisme dans tout cela. Nous avons toutes les contraintes des salariés sans en avoir cependant les avantages, notamment sociaux.
Quand au tarif des consultation de médecine générale. Depuis 1970, en se référant aux augmentations du SMIC et de la consultation du MG, en suivant simplement l’augmentation du SMIC, la C ne devrait pas être à 21 €, ni à 22 ou 23 € mais au moins à 35 €. Ce qui signifie que le pouvoir d’achat des MG libéraux en 35 ans a baissé d’environ 50%. Qui dit mieux ?
Quand à la PDS ? vaste sujet. Le Volontariat n’est respecté par personne. En fait, les MG ont le choix entre être Volontaire ou être Réquisitionnés.
La différence ?
Volontaires, ils perçoivent, parfois, les indemnités d’astreintes.
Réquisitionnés, ils ne les perçoivent pas.
Pourquoi ?
Ces indemnités d’atreintes ne me semblent pas être liées au Volontariat mais à l’effection de l’astreinte. Alors pourquoi les Non Volontaires, donc Réquisitionnés ne les perçoivent ils pas ? Mystère ???
Eh bien non, c’est tout simplement parce que les CDO, les DDASS et les Préfectures, s’arrangent entre eux pour que les noms des Réquisitionnés n’apparaissent pas sur les listes des MG de garde qui sont fournis aux caisses. Les caissent trop contentes de ne pas payer, ne demande aucune explication et parfois même, justifient le non règlement par la Réquisition qui, à mon sens, ne dispense pas les caisses de règler ces indemnités d’atreinte aux MG.
Les astreintes déjà effectuées sous réquisitions devraient donc être règlées par les caisses avec effet rétroactif depuis la mise en place officiel du règlement des astreintes. Les caisses peuvent avoir les listes de ces médecins auprès des DDASS et CDO qui jusqu’à présent faisaient de la rétention d’information.
Les DDASS, les Préfectures, les CDO, refusent d’appliquer la loi sur le volontariat et manifestement nos Ssyndicats ne semblent pas s’en émouvoir.
Que des MG libéraux travaillent jusqu’à 60 heures d’affilées ( week-end ), personne n’y voit de problème, ni de danger pour le MG et/ou les populations.
Mieux encore, les CDO estime qu’un MG libéral qui ne peux assurer 60heures d’afilées voir plus, est inapte à exercer son travail dans la journée. Pour des médecins, cela est un peu fort !!! Ils n’en ont rien à faire de la santé des MG libéraux qui sonr eux aussi, faut il le rappeler des êtres humains et comme tout un chacun, ces MG libéraux ont eus aussi besoin de repos, de sommeil et de se détendre après des journées de 12 heures, parfois plus. On a l’impression que le fait d’être libéral dispense de tout repos, de toute prudence vis à vis du libéral. On nous impose un véritable “marche ou crève”. Pourquoi seulement les Libéraux ?
Lorsque je lis dans le Panorama du Médecindu 4.12.2006 ( n° 5039 ) que Didier Sicard, président du comité d’éthique dit qu’il a honte d’être lui même médecin, il y a de quoi : Le travail forcé avec les gardes contre la volonté des MG Libéraux, sans tenir compte de leur capacité en tant qu’être humain à soutenir un tel rythme et à propos des CMU, je suppose qu’il doit être fonctionnaire donc salarié et à ce titre les CMU ne le dérange probablement pas mais quand on est libéral, si ces détenteur de CMU sont réelement malade, aucun médecin ne refusera de les soigner mais encore faut il qu’ils soit vraiement malade et pas simplement anxieux et comme de toute façon c’est gratuit, autant en profiter.
ASSEZ de leçons de la part de tous ces gens qui ne travaillent pas comme ils nous obligent à le faire ni dans les mêmes conditions.
Le choix des MG est donc clair : le Volontariat ou la Réquisition. Si ce n’est pas du travail forcé, j’aimerais beaucoup que quelqu’un me donne la définition officielle du Travail Forcé qui, me semble t’il est interdit en France et dans presque toutes les Démocraties occidentales.
Je sais bien qu’il est indispensable qu’il y ai un médecin de garde 24 h sur 24 mais pourquoi un Libéral forcé. Il s’agit d’un Service Public qui donc être assuré par le Service Public. Notamment en Ville.
Pourquoi seuls les MG libéraux devraient participer à la PDS en plus de leur travail quotidien ? La PDS doit être le problème de tous les médecins : des caisses, scolaires, des DDASS, des DRASS, des SAMU, des SMUR des services d’Urgences, etc… en plus de leur travail quotidien également. Question de justice il me semble.
L’installation des médecins prend maintenant en compte cela et si nos campagnes se vident médicalement parlant, les gardes n’y sont certainement pas pour rien. L’installation en ville ou à la campagne dépend en partie ce cette contrainte de plus en plus mal vévue par les jeunes médecins. Mais les autorités n’en ont manifestement rien à faire.
En fait, je pense que la solution à ce problème est dans la création d’un service de garde salarié, voir fonctionnaire avec des médecins qui ne feraient que des gardes et donc pas de travail 24h sur 24 sans arrêt. Cela créerait des emplois et je pense que nombre de jeunes médecins s’y engageraient et même probablement des plus anciens avoir d’avoir, enfin, une qualité de vie honnête, avec bien sur un salaire décent tenant compte des années d’étude, des diplômes et de l’ancienneté des MG déjà installés et interessé par ce travail. L’état doit se donner les moyens humains et financier d’avoir une PDS digne de ce nom, sans faire appel au travail forcé d’une seule classe de travailleurs.
La FMC obligatoire :
Encore une contrainte que nos syndicats ont acceptés sans broncher. Pourquoi ?
Parce qu’ils espèrent bien gagner de l’argent en assurant en grande partie cette formation.
Avant, nous recevions gratuitement des revues médicales, maintenant, pour recevoir ces mêmes revues, il faut payer. Pour les soirées de FMC, auparavent payées par les laboratoires pharmaceutiques, maintenant, il faut payer. On nous dit que c’est une obligation pour avoir une indépendance vis à vis de l’industrie pharmaceutique. A croire que non content d’être payés par les caisses, nous arrondissions nos fins de mois par des dessous de tables de la part de l’industrie pharmaceurique. C’est vraiment nous donner plus d’importance que nous n’en avons en réalité.
Les formations validantes se font à 98% dans les grandes villes. Cela ne facilitera pas non plus le recrutement de médecin de campagne qui devront s’absenter loin de chez eux pour subir ces formations.
Il est vrai que les Politiques pensent que les médecins sont aussi corrompus qu’eux. Ils ne peuvent même pas imaginer des gens honnêtes.
De plus, beaucoup de ces formations sont payantes. Donc, non seulement pendant ces journées de formation, nous ne travaillerons pas à nos cabinets, donc pas de rentrées d’argent mais en plus, il nous faut payer pour avoir ces formations. Une contrainte de plus qui permet aux conseils de l’ordre d’assoir encore un peu plus son pouvoir de rétorsion. Car bien sur, il y aura des sanctions à la clé, cela va de soi, sinon il n’y aurait pas d’obligation.
Les formations rémunérées sont si peu nombreuses par rapport au nombre de médecins que peu d’entre nous pourront en bénéficier, les autres devront faire des formations non pas bénévolement mais en payant.
Vraiment, tout donne aux MG Libéraux actuellement en activité, l’envie de cesser son activité et de trouver autre chose.
La Médecine Générale est en danger et toutes les nouvelles réformes actuelles vont dans le sens d’une aggravation et d’une dégradation de nos conditions d’exercice.
A mon avis, il faut que les Syndicats Médicaux deviennent un peu plus Corporatistes. Ils sont là pour défendre les Médecins et pas la Médecine.