Espace Généraliste

Revue de presse du 22 Juin 2008

dimanche 22 juin 2008 par JOSEPH Didier

 Le Guen (PS) veut enterrer la convention

À l’occasion d’un débat parlementaire à l’Assemblée nationale, Jean-Marie Le Guen, spécialiste des questions de santé au PS, a appelé le gouvernement à supprimer la convention médicale. « Mettez fin, Madame la ministre, à la convention médicale actuelle : elle est dispendieuse et archaïque et elle ne fonctionne pas ! Elle a été élaborée sous l’emprise de pressions corporatistes et clientélistes. Il faut que cela cesse car c’est du temps et de l’argent perdus. » Le vice-président de l’Assemblée nationale serait partisan de la négociation d’un accord-cadre interprofessionnel entre l’Union nationale des professions de santé (UNPS) et l’assurance-maladie.

http://www.quotimed.com/journal/ind…

 Quand un député UMP tacle les libéraux

POUR DES PROFESSIONNELS de santé, il est toujours utile d’écouter Yves Bur, un des parlementaires de droite les plus engagés sur les questions médico-économiques depuis une dizaine d’années. Utile, mais pas forcément agréable… Le député UMP du Bas-Rhin est réputé pour son franc-parler, et son discours bouscule volontiers les corporatismes de tout poil. « Le secteur n’en manque pas », ironise-t-il avec une pointe d’agacement. Les médecins se souviennent d’amendements « Bur » visant à taxer les récalcitrants à la télétransmission ou à encadrer les dépassements d’honoraires.

Invité par le CNPS (qui réunit les libéraux de santé – médecins, pharmaciens, infirmières, orthophonistes, kinés…) sur le thème de la future loi Bachelot (Santé, patients, territoires), Yves Bur n’a pas spécialement ménagé son auditoire (une quarantaine de soignants). « Les professionnels de santé comme tous les Français ont été habitués à la culture du déficit, tout le monde a pris de mauvaises habitudes, attaque-t-il. Cette culture nous a conduits dans une impasse car il en va d’un pays comme d’un ménage : à un moment, la charge de la dette devient insupportable, le roi est nu. »

Sanction, récompense.Le député prend acte de l’engagement du gouvernement d’un retour à l’équilibre des comptes de la Sécu dès 2011. Mais pour relever ce défi, prévient-il, « il faudra jouer sur tous les leviers de la dépense », de façon continue,dès lors que le gouvernement refuse d’augmenter les prélèvements obligatoires.

Pour le député, la question de l’« offre médicale » est posée et l’organisation de la médecine de ville n’échappe pas à une remise en cause. Certes, Yves Bur affirme que les relations entre les libéraux de santé et l’assurance-maladie s’inscriront toujours dans le cadre du « contrat ». Mais, ajoute-t-il, les conventions « devront évoluer ».Le pilotage de l’offre par les ARS mais aussi les nouveaux contrats individuels avec intéressement aux résultats sont les premiers signes du changement. À la clé, avance le député, « d’autres modes d’exercice et d’autres modes de rémunération, une nouvelle culture de l’évaluation, de la récompense et de la sanction quand on s’écarte du chemin ». S’agissant de la répartition des libéraux sur le territoire, faut-il des mesures contraignantes ? Le député met en garde les professionnels : ils devront s’investir pour trouver des « systèmes d’autorégulation » efficaces, faute de quoi, la régulation de la démographie par la puissance publique sera cette fois inévitable. « L’an passé, souligne-t-il, beaucoup de mes collègues ont été mécontents du retrait des articles [sur l’installation] qui avaient mécontenté les internes. »

Le président du CNPS, le Dr Michel Chassang, rappelle que les libéraux de santé ne sont pas d’« affreux corpos », mais aussi force de proposition. Ils sont disposés à s’impliquer dans la réforme. Encore faudrait-il être écoutés. « Pour l’instant, on reste sur notre faim », met-il en garde (Roselyne Bachelot recevra demain les syndicats de médecins libéraux).

Autre inquiétude du CNPS : l’éventualité d’un recours aux ordonnances pour légiférer, procédure honnie qui rappelle aux libéraux les heures sombres du plan Juppé. Mais Yves Bur n’est pas aussi catégorique. « Le texte [de la loi santé] risque de comporter plus de 400 articles ! On y passera des semaines en cas d’obstruction. Les ordonnances qui ne sont pas notre tasse de thé ont été évoquées à propos du seul volet ARS… » À un pharmacien qui rappelait les efforts entrepris par la profession depuis 1993, Yves Bur a répliqué sèchement : « Il faut changer votre logiciel » avant d’appeler tous les libéraux de santé au « devoir d’audace ».

> C. D.

http://www.quotimed.com/journal/ind…

Les négociations plombées par la rigueur ?

 Les médecins refusent de faire les frais d’une cure d’austérité

Programmé vendredi prochain, le lancement des négociations conventionnelles 2008 s’inscrit dans un contexte contraint. Les praticiens libéraux refusent de faire les frais de la rigueur. L’accompagnement des réformes est en jeu.

La CSMF craint que le patron de l’UNCAM joue les pères la RigueurL’ORAGE n’est pas passé loin, mais les nuages sont toujours là, noirs et menaçants. Avec un risque de dépassement de l’ONDAM 2008 (objectif national de dépenses d’assurance-maladie) évalué à 700 millions d’euros, un peu au-dessous du seuil d’alerte, le gouvernement n’a certes pas annoncé de plan immédiat de redressement financier.

Mais, pour beaucoup, l’affaire ressemble à un sursis dont la durée ne serait pas exactement connue. Éric Woerth (Comptes publics) comme Roselyne Bachelot (Santé) ont prévenu : même sans alerte officielle, le dérapage est réel et le gouvernement ne s’en satisfait pas, les yeux rivés sur l’objectif de retour à l’équilibre du régime général dès 2011. Rendez-vous est donné au plus tard en septembre pour y voir plus clair. Pour « tenir » l’ONDAM 2008, les deux ministres attendent de la direction de l’assurance-maladie des propositions pour redoubler d’efforts (« le Quotidien » du 20 juin). Au menu : le renforcementde la maîtrise médicalisée (postes en forte croissance), de nouveaux référentiels de prescription, mais aussi, pourquoi pas, avant la fin de l’année, des « baisses ciblées » du prix de certaines spécialités pharmaceutiques… L’été sera chaud. Quant au décret sur le contrôle des médecins « surprescripteurs » (qui consiste à étendre la procédure de mise sous accord préalable, aujourd’hui réservée aux IJ, à tous les actes et produits prescrits), il est programmé pour l’automne.

C’est dans ce contexte contraint que s’ouvriront vendredi les discussions conventionnelles 2008-2009. Pour cette première séance technique consacrée à l’agenda et à la méthodologie, la direction de l’assurance-maladie a convié tous les syndicats représentatifs (CSMF, SML, MG-France, FMF et Alliance). Instruits par les « rounds » précédents qui ressemblaient à de longs bras de fer tarifaires, les représentants des médecins ne risquent pas de verser dans l’optimisme.

La toile de fond d’une politique de rigueur qui, sans dire son nom, grignote toute marge de manoeuvre, l’épée de Damoclès de mesures imposées par Bercy qui pourraient concerner les médecins (les tarifs des radiologues et les biologistes avaient été ciblés l’an passé) et les « stabilisateurs » budgétaires qui repoussent désormais de six mois l’application de tout accord tarifaire créent forcément un climat anxiogène. Pourtant, de nombreux dossiers en jachère depuis un an sont sur la table, qu’il s’agisse de la revalorisation des spécialités cliniques (dont la médecine générale), de la permanence des soins des spécialistes, de la réforme de l’ASV ou du secteur optionnel. Mais, pour avancer, il faut du carburant. Et l’essence se fait rare. Pour la CSMF, en tout cas, pas question que les médecins « fassent les frais d’un nouveau plan d’austérité ». Le syndicat argue de l’extrême modération des dépenses de ville en 2008 et réclame la levée des obstacles à l’application du C à 23 euros et des mesures d’urgence en direction des spécialités impactées par le parcours de soins. Pour le président Michel Chassang, les médecins vont affronter des moments « délicats » dans les prochains mois.

À quelle sauce le corps médical sera-t-il mangé ? Pour le SML, cette négociation a un goût de cendres. « Les règles du jeu ont changé,constate le Dr Dinorino Cabrera. On parlait auparavant de logique gagnant-gagnant. On envisage un plan de redressement alors qu’il n’y a pas d’alerte sur les dépenses, ce n’est pas cohérent ! On étatise la médecine libérale. À quoi servent les accords partenariaux ? »

MG-France, qui a rejoint le système conventionnel avec l’espoir d’un changement de cap et d’un investissement massif sur les soins primaires, ne cache pas ses réserves. « Cette négociation devrait mettre en musique les conclusions des états généraux de l’organisation de la santé (EGOS), souligne le Dr Martial Olivier-Koehret. Mais, jusqu’à présent, cette convention a déstructuré la médecine générale et abouti à une baisse d’activité. La politique conventionnelle se traduit par des contraintes supplémentaires et rien en échange… » Pour la FMF, enfin, « tout indique que nous sommes entrés dans une ère de rigueur ». Avec des négociations « très encadrées » économiquement, mais aussi politiquement, comme l’illustrent les déclarations de Nicolas Sarkozy, exhortant les partenaires conventionnels à trouver des solutions rapides sur la démographie.

> CYRILLE DUPUIS et CHRISTOPHE GATTUSO

http://www.quotimed.com/journal/ind…

La loi Bachelot en construction

 Les hospitaliers ont leur feuille de route

La ministre accueille Rachel Bocher, présidente de l’INPHS. toubon/« le quotidien »APRÈS LES PARTENAIRES sociaux (« le Quotidien » du 26 mai), mais avant les médecins libéraux (voir aussi page 3), les intersyndicats de praticiens hospitaliers (CPH, INPH, CMH et SNAM) ont été reçus par Roselyne Bachelot qui leur a donné leur feuille de route pour l’élaboration de la future loi Santé, patients, territoires, dont la ministre a, au passage, annoncé qu’elle serait examinée en conseil des ministres dès le 24 septembre. S’ils attendaient d’en savoir plus sur le fond de la réforme en préparation, les responsables syndicaux en ont été pour leur frais. « La rencontre était extrêmement formelle, résume le Dr Pierre Faraggi, qui préside la Confédération des praticiens des hôpitaux. Il s’agissait du lancement des discussions. Les différents chefs de projet de la future loi ont déroulé leur sommaire. » Rachel Bocher, la présidente de l’Intersyndicat national des praticiens hospitaliers, confirme : « Nous avons les têtes de chapitre sans le sommaire, la musique, mais pas le son… On en est vraiment au stade des mondanités ! » Le patron de la Coordination médicale hospitalière, François Aubart, remarque pour sa part que si la rencontre avec la ministre n’a pas donné lieu à « révélations », elle a toutefois laissé l’impression d’« un relatif volontarisme » des pouvoirs publics.

De fait, le cadre de la concertation, inscrit dans un temps restreint, est bel et bien fixé. Par secteur (libéral, hospitalier, partenaires sociaux), les acteurs concernés vont avoir des rendez-vous groupés avec la ministre au rythme de un par mois – ils en auront donc deux, au mieux trois, en tout. Un séminaire de deux jours réunira absolument tout le monde au début du mois de septembre. Au-delà de ces grands rendez-vous, les responsables de cinq titres de la future loi (Véronique Billaud pour le titre 3, relatif aux établissements de santé) recevront les syndicats en bilatérales.

> K. P.

La ministre accueille Rachel Bocher, présidente de l’INPH

http://www.quotimed.com/journal/ind…

Les hôpitaux bretons dans la tourmente

 Une riposte régionale s’organise

Occupation de l’ARH, d’un centre des impôts, manifestation et blocage du centre-ville de Quimper et, vendredi, manifestation régionale devant l’ARH à Rennes… Les actions se multiplient depuis l’annonce et la fermeture effective de la maternité et de la chirurgie de Carhaix le 6 juin. Vendredi, ce sont les comités de défense de plusieurs hôpitaux de Bretagne qui ont fait le déplacement à Rennes et ont été reçus par l’ARH.

Entre 700 et 1 200 personnes ont défilé vendredi à RennesLA SITUATION de Carhaix polarise l’attention depuis plusieurs semaines. Mais la manifestation organisée à Rennes vendredi dernier pourrait marquer l’émergence d’un mouvement régional de défense des hôpitaux. Des cortèges de Redon (où le service de psychiatrie est en sursis), de Quimperlé (où les habitants et les élus craignent pour leurs urgences de nuit), de Concarneau (où les urgences de nuit ont été fermées) et de Brest (où les allogreffes et la neurochirurgie pédiatrique ont été transférées à Rennes), entre autres, étaient présents. « Nous craignons que les urgences de Quimperlé, aujourd’hui autonomes, soient regroupées avec Lorient dans le cadre d’un syndicat hospitalier, prédit, tout en défilant, le Dr Daniel Le Bras, ancien maire de cette ville finistérienne et chef de service à l’hôpital, qui a déjà vu il y a tout juste un an sa chirurgie viscérale et sa maternité fermées. Mais comme cela a été le cas pour Concarneau qui a été fusionné avec Quimper, quand on devient minoritaire, c’est plus difficile de s’opposer à une restructuration. »

Concarneau, justement. Aujourd’hui, habitants et élus sont à Rennes pour protester contre la fermeture des urgences la nuit depuis le 13 juin. « Sur la base des 20 minutes qui devraient être le temps maximal pour accéder à un hôpital, nous estimons que cette fermeture la nuit est illégale, explique Yvon Guillou, un des porte-parole du comité de défense créé depuis. Moi, par exemple, je suis à trente minutes des urgences de Quimper, et j’habite pourtant dans Concarneau. Alors, pour les gens qui vivent à l’ouest de la ville… »

« Le chaos ». L’entrevue obtenue dans l’après-midi de vendredi avec Antoine Perrin, le directeur de l’agence régionale de l’hospitalisation (ARH), aura-t-elle permis d’obtenir satisfaction côté population ? Le conflit semble être placé davantage sous le signe du rapport de force que de la négociation. Illustration : dans un premier temps rejetée par Antoine Perrin, une délégation de Carhaix a pu assister à la rencontre au sein de l’ARH à force de pourparlers. Mais, avec Christian Troadec, maire de Carhaix, en tête, elle a tourné symboliquement le dos au directeur de l’ARH avant de réitérer ses revendications : un moratoire de 18 mois (et non un sursis à terme en août) et la nomination d’un médiateur (et non du directeur de l’hôpital de Mont-de-Marsan missionné pour soutenir le directeur du CH de Carhaix), puis a quitté la réunion. Sur le terrain, « c’est le chaos », décrit le Dr Thierry Lerner, chef de service de gastro-entérologie à Carhaix et présent dans la délégation. « Depuis le 6juin, toute l’activité de gynéco-obstétrique, de chirurgie (viscérale et orthopédique) et d’anesthésie est suspendue, poursuit ce médecin. Cette décision empêche également la pratique d’une grande partie des actes de gastro-entérologie qu’il a fallu annuler ou reporter… On travaille actuellement sur des projets alternatifs qui passeraient en particulier par un partenariat avec le CHU de Brest. Mais cela ne doit pas empêcher de conserver une activité de chirurgie et de gynéco. Depuis le 6juin, déjà deux accouchements ont dû être effectués à Carhaix dans des conditions difficiles. Une heure pour aller à Lannion, Quimper ou Brest, c’est impossible dans certains cas ! »

> OLIVIER QUARANTE

http://www.quotimed.com/journal/ind…

Assemblée générale de la FNEHAD

 L’HAD revendique sa place dans la réforme

« C’EST UN MOMENT charnière pour l’hospitalisation à domicile » (HAD), estime Elisabeth Hubert, présidente de la Fédération nationale des établissements d’HAD (FNEHAD) qui s’est réunie en assemblée générale à Versailles en fin de semaine dernière. La création des agences régionales de santé (ARS), dans le futur projet de loi Santé, patients et territoires, « va obliger le sanitaire et le médico-social à s’articuler : cela est heureux », a déclaré l’ancienne ministre de la Santé à l’AG de la FNEHAD. Sa fédération est en contact aussi bien avec les établissements de santé que les professionnels libéraux (avec lesquels elle espère conclure des accords-cadres), donc, elle « a fait sauter les digues depuis longtemps », fait-elle remarquer. Par conséquent, Elisabeth Hubert pense que les délégués régionaux de la FNEHAD seraient susceptibles de jouer plus tard un rôle de « facilitateurs » auprès des directeurs des ARS, appelés à avoir une « vision transversale » du système de santé.

La réforme doit aussi donner l’occasion, selon la présidente de la FNEHAD, de réfléchir notamment au parcours des malades qui ont bénéficié chez eux d’une HAD (le plus souvent à la suite d’une hospitalisation), puis se retrouvent dans la « zone frontière » entre HAD et services de soins infirmiers à domicile (SSIAD). À défaut, Elisabeth Hubert considère que « remettre [ces malades] à l’hôpital est une erreur financièrement et humainement ».

La présidente de la FNEHAD regrette que l’hospitalisation à domicile soit « encore ignorée » par les pouvoirs publics ou, du moins, « mal identifiée » et, de ce fait, assimilée à « un succédané bien cher de l’ambulatoire ». L’HAD n’est pas synonyme de location de matériel médical à domicile, argue Elisabeth Hubert. Elle tient de même au caractère « généraliste et polyvalent » de l’HAD, parce qu’« on ne découpe pas un patient en raison de son âge, de son diabète ou de son cancer… ». D’où son incompréhension face aux autorisations accordées par certaines ARH en faveur de places d’HAD étiquetées « gériatriques » ou « post-partum physiologique ».

Cap maintenu. L’AG de la FNEHAD a donné l’occasion à sa présidente d’interpeller le ministère de la Santé pour que sa fédération soit consultée en amont de la future loi Bachelot. « Message reçu cinq sur cinq », lui a répondu Annie Podeur, directrice de l’Hospitalisation et de l’organisation de l’offre de soins (DHOS), à l’ouverture de l’AG de la FNEHAD. Pour Annie Podeur, « l’HAD est assurément un maillon essentiel de l’organisation graduée de l’offre de soins », de même que l’hospitalisation à domicile « a toute sa place dans la réforme de l’hospitalisation en préparation ». « Il nous faut maintenir le cap du développement de l’HAD », a poursuivi la directrice de la DHOS. Les soins palliatifs (dont le nombre de placeS doit atteindre 200 000 après la déclaration du président Sarkozy) et la prise en charge des cancers doivent devenir, selon elle, des vecteurs de développement de l’hospitalisation à domicile, qui « correspond aux aspirations des Français ». La directrice de la DHOS a aussi demandé aux établissements d’HAD des efforts de « coordination » (avec les réseaux, les SSIAD…) et d’« efficience », sachant qu’une étude sur l’échelle nationale des coûts doit déboucher en 2010 sur d’éventuelles « modulations de tarifs ».

> AGNÈS BOURGUIGNON

En plein essor

L’hospitalisation à domicile, qui a fait ses premiers pas il y a cinquante ans, compte 208 établissements installés en 2008, contre 124 en 2005. Le nombre de journées d’HAD réalisées est passé de 1,5 million en 2005 à 2,38 millions en 2007, pour un montant total de 474 millions d’euros, selon les chiffres fournis par la FNEHAD.

Sur les 15 000 places en HAD promises à l’horizon 2010, de 9 000 à 9 500 sont aujourd’hui fonctionnelles.

56,3 % des patients pris en charge dans le cadre d’une HAD ont moins de 60 ans.

http://www.quotimed.com/journal/ind…

ECN 2008

 La répartition des postes en arbitrage

LES CANDIDATS qui ont passé les épreuves classantes nationales (ECN) les 3 et 4 juin ne connaissent toujours pas la répartition par spécialités et par villes des postes d’internat. Le ministère de la Santé procède actuellement à des arbitrages sur le sujet. Il devra trancher après l’annonce des résultats des ECN attendus entre les 10 et 15 juillet. Selon certaines informations, le ministère de la Santé pourrait décider de l’ouverture de 5 704 postes d’internat, ce résultat correspondant au nombre d’étudiants qui ont passé les ECN sur les 5 884 inscrits. Il y a quelques semaines encore, le ministère n’excluait pas d’ouvrir beaucoup moins de postes en anticipant sur les invalidations du 2e cycle des étudiants. Cette seconde hypothèse semble aujourd’hui écartée. L’ouverture de 5 704 postes poserait tout de même un problème d’affichage politique, car un grand nombre de ces postes ne seront finalement pas pourvus du fait des invalidations. Et tout laisse à penser que les postes vacants seront en médecine générale. La question est aujourd’hui de savoir quelle sera la ventilation exacte entre les onze filières médicales (spécialités médicales, médecine générale, gynécologie médicale, anesthésie-réanimation, gynécologie- obstétrique, biologie médicale, chirurgie, pédiatrie, médecine du travail, psychiatrie et santé publique). Lors de la commission nationale des études médicales (CNEM), le ministère de la Santé s’était prononcé en faveur d’une répartition à 50 %-50 % entre les postes de médecine générale et des autres spécialités. Les étudiants devront patienter encore un peu avant de connaître la répartition définitive des postes. Après avoir pris connaissance de leurs résultats, ils pourront se préinscrire sur Internet du 18 août au 12 septembre. Le choix de postes définitif se déroulera du 16 au 26 septembre dans un complexe de Lognes (Seine-et-Marne). Les étudiants seront convoqués selon leur rang de classement par groupes de 700 étudiants chaque jour.

> CHRISTOPHE GATTUSO

http://www.quotimed.com/journal/ind…

Présidence française de l’Union européenne

 À J – 8, le programme santé dévoilé

Quels seront les axes de la politique de santé que la France défendra, à compter du 1er juillet, à la présidence de l’UE ? Réponse, en cinq points, de Roselyne Bachelot : la sécurité sanitaire, les maladies du vieillissement, l’Europe de la santé au service des patients, la lutte contre le tabac et l’alcool et la contrefaçon de médicaments.

AU COURS du sommet de l’EFPIA (European Federation of Pharmaceutical Industries and Associations, le LEEM européen) organisé à Paris jeudi et vendredi, la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, a dévoilé les objectifs de la présidence française en matière de santé.

La France souhaite tout d’abord s’attaquer au dossier de la sécurité sanitaire, a-t-elle indiqué, et veut « évaluer le degré de préparation des états face à une crise de grande ampleur, et mesurer ainsi notre fragilité collective potentielle ». Vaste sujet, alors que beaucoup de professionnels de santé critiquent l’impréparation du système de santé français dans l’éventualité d’une pandémie de grippe aviaire, par exemple. Roselyne Bachelot a fait part de sa conviction que, à terme, « il faudra mettre au point les outils nécessaires à une meilleure coordination de la gestion des risques sanitaires au sein de l’Union européenne », et a annoncé qu’elle tiendrait, les 8 et 9 septembre prochain à Angers, une « réunion informelle » des ministres européens de la Santé, sur le thème de « la gestion de risques sanitaires de grande ampleur ».

Plusieurs grandes conférences ministérielles. Roselyne Bachelot a ensuite rappelé « les défis politiques, économiques et sociaux que représentent le vieillissement et la gestion de la dépendance en Europe ». Des « défis immenses », selon la ministre de la Santé, qui a annoncé la tenue d’une grande conférence ministérielle européenne les 30 et 31 octobre prochain à Paris sur la maladie d’Alzheimer. Ce rendez-vous réunira politiques et experts, et il sera l’occasion « d’établir toutes les modalités d’une action européenne, en termes de financement de la recherche, et d’établissement de lignes directrices dans le domaine des soins et de l’accompagnement social ». Il s’agira aussi de réfléchir « à la soutenabilité financière des systèmes nationaux », et à l’évolution nécessaire des métiers et des compétences des aidants.

La présidence française devrait également se pencher sur « l’Europe de la santé au service des patients et de leur famille ». La ministre de la Santé a rappelé sur ce sujet qu’un important projet de directive européenne sur les soins de santé transfrontaliers allait être présenté le 2 juillet prochain par la commissaire européenne à la Santé, la Chypriote Androulla Vassiliou. Sur ce même thème, la France organisera une conférence ministérielle les 13 et 14 octobre prochain à l’Institut Pasteur de Paris.

La lutte contre les addictions, et notamment celles dues au tabac et à l’alcool, sera également au menu de la présidence française, selon Roselyne Bachelot, qui parle à leur sujet de « déterminants comportementaux de santé ». Le tabac sera au centre des discussions d’une réunion européenne des directeurs de la Santé le 2 octobre prochain, dans un lieu qui n’a pas été précisé.

Sur le dossier du médicament, Roselyne Bachelot a rappelé qu’Androulla Vassiliou travaillait à une révision de la législation sur les modifications d’autorisations de mise sur le marché (AMM), « afin d’étendre aux AMM nationales le modèle existant pour les procédures communautaires et de simplifier la gestion administrative des dossiers ».

La contrefaçon sera également au coeur des préoccupations européennes, et Roselyne Bachelot a rappelé que les services de son ministère achevaient actuellement leur travail pour garantir l’inviolabilité des conditionnements des médicaments de prescription familiale qui devraient être proposés en libre-service dans les pharmacies françaises dès le mois de juillet prochain. Mais la contrefaçon est un phénomène global qui touche désormais l’ensemble des pays de la planète, et le Forum pharmaceutique, qui se tiendra le 2 octobre prochain à Bruxelles, placera cette thématique au coeur des débats.

« Si l’Europe de la santé a un contenu, a conclu la ministre de la Santé, il nous reste toutefois à lui donner des contours juridiques, une armature souple et solide, qui permettent d’assurer à tous ses ressortissants les mêmes garanties de santé publique. »

> HENRI DE SAINT ROMAN

http://www.quotimed.com/journal/ind…

Resectorisation de la garde

 Le président de l’Ordre savoyard n’est plus volontaire

Sommé par la circulaire ministérielle de resectorisation de faire passer la Savoie de 52 à 18 secteurs de garde, le Dr Philippe Vittoz, président de l’Ordre départemental, reste sans nouvelle des propositions alternatives qu’il a formulées lors de son audition par la mission d’appui. Il vient de décider de ne plus être volontaire pour la permanence des soins.

En Savoie, la population fait plus que doubler pendant la saison de skiafpLE 16 AVRIL DERNIER, les acteurs savoyards de la permanence des soins (PDS) étaient reçus par la mission d’appui mise en place par Roselyne Bachelot pour tenter de venir en aide aux départements ayant du mal à appliquer sa circulaire sur la resectorisation. Cette circulaire demande au département de la Savoie, qui comprend actuellement 52 secteurs (dont 18 saisonniers), de passer à un maximum de 18 secteurs. Une gageure pour un département à 90 % montagneux, et dont la population est multipliée par 2,5 – voire par 3 – durant la saison de ski. Si bien que les membres du CODAMUPS (comité départemental de l’aide médicale urgente et de la permanence des soins) ont bien précisé à la mission d’appui que cet objectif de resectorisation « n’était pas réaliste ».

Dans nos colonnes, le Dr Jean-Louis Vangi, secrétaire général de l’Ordre départemental, indiquait d’ailleurs dès le 16 avril dernier que « passer à 18secteurs, comme le demande la circulaire, est infaisable », craignant en outre que cette nouvelle contrainte ne provoque un désengagement massif des médecins de son département. Les médecins savoyards ont fait des propositions à la mission d’appui, suggérant notamment un regroupement de secteurs grâce à l’implantation de maisons médicales, mais demandant en retour que les secteurs saisonniers « soient retirés du quota imposé puisqu’ils sont activés à cause de l’afflux touristique ».

Le 16 juin, n’ayant reçu aucune réponse ministérielle à cette proposition et notant que l’échéance de réduction du nombre de secteurs était fixée à la fin de l’année 2008, le président du conseil départemental de l’Ordre de Savoie, le Dr Philippe Vittoz, a annoncé officiellement qu’à titre personnel il ne participerait plus à la permanence des soins. Il précise à ce sujet au « Quotidien » que la goutte d’eau qui a fait déborder le vase est une lettre-circulaire ministérielle reçue par le préfet du département, lui demandant d’être particulièrement « attentif à la bonne organisation de la permanence des soins pour la période estivale à venir ». « Se moque-t-on de nous ? », demande le Dr Vittoz, qui ajoute que, si les médecins savoyards ont toujours été vigilants, « ils ne savent pas faire le grand écart pour assurer la permanence des soins tout en réduisant de façon importante le nombre des secteurs ».

Signal de crise. À l’Ordre national des médecins, le Dr André Deseur indique que si cette déclaration publique de non-volontariat de la part d’un président de conseil départemental constitue une première, « d’autres présidents d’ordres départementaux sont dans le même état d’esprit ». « Nous comprenons son irritation », ajoute le Dr Deseur qui précise que « le DrVittoz est engagé depuis longtemps dans la PDS » que « son organisation départementale fonctionnait bien, et voilà qu’on lui demande de procéder à une réduction drastique du nombre de secteurs. Il s’agit là d’un signal fort que la PDS traverse une crise ». Selon lui, si le CNOM n’est pas compétent pour rendre un avis sur cette décision, « c’est le droit le plus strict du DrVittoz de se désengager de la permanence des soins, et sa décision est logique ».

> HENRI DE SAINT ROMAN

En Savoie, la population fait plus que doubler pendant la saison de ski

http://www.quotimed.com/journal/ind…

De l’Empereur au président

 L’AGMF fête ses 150 ans

L’ASSOCIATION GÉNÉRALE des médecins de France fête sous le haut patronage du président de la République, Nicolas Sarkozy, le 150e anniversaire de sa création. Lors de la réception organisée pour l’occasion au château de Versailles, le président de l’AGMF, Bruno Gaudeau, en a rappelé l’histoire et la vocation.

C’est le 31 août 1858 que naît, au château de Saint-Cloud, l’idée d’une association des médecins ayant pour vocation, au sein de la profession, d’assurer assistance, protection et moralisation. Bravant la Révolution et la loi Le Cordonnier excluant les médecins du syndicalisme, c’est par ordre d’un décret de Napoléon III que l’association a pris corps avec la présence du Dr Rayer, médecin ordinaire au service de l’empereur. « Le contexte de l’époque était en pleine effervescence, rappelle Bruno Gaudeau, la période était prospère avec l’industrialisation, le faste de la rénovation de Paris par le baron Haussmann, glorieuse avec l’idée d’une Union européenne et culturelle avec Baudelaire, Victor Hugo, Offenbach, les impressionnistes et bien d’autres. »

En 1860, l’idée d’un ministère de la Santé dont Maximilien Littré fut le rapporteur se fait jour. Ce n’est qu’en 1884 que le syndicalisme des médecins prend réellement forme et passe outre la nomination de l’Association par décret impérial. Suit, de 1857 à 1863, une période qualifiée de « non-pouvoir du médecin » par Jean Bernard : les maladies bénignes guérissaient toutes seules, les maladies graves emportaient le malade. En 1865, une épidémie de choléra décale l’assemblée générale au mois d’avril suivant et l’année 1871 est marquée par les troubles de la Commune. Ce n’est que par la loi du 21 mars 1884 que s’affirme l’existence légale des syndicats médicaux qui prennent en charge une grande partie des questions d’intérêt professionnel.

La Grande Guerre de 1914 a balayé la France et l’Europe, et les médecins français ont payé un lourd tribu : 14 000 médecins sur 22 000 partent aux armées.

L’association ne cesse ensuite de s’accroître, passant de 12 000 adhérents avant la Seconde Guerre mondiale à 16 000 dans les années 1950 puis à 21 000 lors du centenaire. À partir de la création de l’Ordre des médecins, en concertation et en complémentarité avec lui, l’AGMF affirme sa vocation d’entraide.

Les années 1960 sont empreintes du développement exceptionnel de la médecine, avec la guérison des maladies infectieuses, dont la tuberculose.

Le président Bruno Gaudeau a conclu son discours en rappelant la vocation de l’association « medicis auxilium tutella » : prévoyance, entraide, solidarité restent le voeu le plus cher du président. 2008 se doit de rester fidèle à cette vocation, vieille de 150 ans : « Ces 150dernières années riches de découvertes et de progrès ont permis à la France de mettre en place l’une des meilleures médecines du monde. Très tôt, l’engagement mutualiste des médecins a montré le chemin en construisant les bases de la protection, de l’assistance et de l’entraide. Elle peut en être fière. »

> FLORENCE CORDIER

http://www.quotimed.com/journal/ind…

Visite médicale

 Un observatoire pour apprécier la qualité

L’AQIM (Association qualité et information médicale) milite, depuis sa création, pour l’amélioration de la visite médicale. Après avoir joué un rôle moteur dans la certification qualité de la visite, elle a mis au point un observatoire l’OBSAQIM.

Cet outil a pour objectif, à l’aide de données recueillies par Internet auprès d’un large panel de médecins, d’analyser la qualité de la visite médicale (VM), dans sa globalité (durée, contenu, jugement global, impact sur l’image du laboratoire…) et produit par produit (durée, supports utilisés, intérêts, impact sur les prescriptions…). Afin de répondre aux exigences de la charte et pour piloter en interne la qualité de la VM, le questionnaire est scindé en cinq parties : caractéristiques de la visite, qualités perçues concernant les discours produits et le visiteur médical, qualité de la visite médicale dans son ensemble et, enfin, déontologie de la visite.

Les premiers résultats obtenus en 2007 montraient que la durée moyenne d’une visite était un peu inférieure à 10 minutes, le nombre de produits présentés étant toujours en moyenne de 2,42, soit une moyenne de 3,45 min par produit.

La fiche posologique est le support le plus utilisé (52 %) devant l’aide visuelle (30 %).

Mais la partie la plus intéressante des données fournies par l’observatoire concerne sans doute la notation par le praticien des différents aspects de la VM.

À ce sujet, une nouvelle vague de résultats, en mai 2008, met en évidence une amélioration de la qualité de la VM depuis novembre 2007. Sur une échelle allant de 1 à 10, la qualité perçue concernant les discours sur les produits passe de 6,55 à 7,09. La déontologie de la visite s’améliore également, passant de 6,67 à 7,05. Il s’agissait là des aspects recueillant les moins bonnes appréciations.

Comme on pouvait s’y attendre, la qualité perçue concernant le visiteur lui-même est supérieure, mais, à ce niveau, les données sont assez stables (7,90 et 8,03). Il en va de même pour la qualité de la visite dans son ensemble (7,01 et 7,17).

La visite hospitalière plébiscitée. La visite médicale en milieu hospitalier est encore mieux jugée que celle réalisée en ville. Il s’agit du niveau scientifique du délégué, de la qualité de l’information ou de la crédibilité du discours ; la qualité est jugée correcte ou optimale par tous les praticiens interrogés. En ville, on note tout de même, selon les items, de 8 à 13 % des praticiens qui jugent le niveau insuffisant ou minimal, ce qui est au demeurant relativement peu.

Les responsables de l’AQIM ajoutent que l’analyse des données met en évidence des différences notables entre les laboratoires souscripteurs et entre les classes de produits présentés : on n’en saura pas plus à ce sujet car les données fournies à chaque laboratoire demeurent confidentielles. On n’en est pas encore à l’étude comparative des VM.

> Dr ALAIN MARIÉ

Conférence de presse organisée par l’AQIM.

http://www.quotimed.com/journal/ind…

 La formation médicale continue doit se libérer de l’emprise de l’industrie pharmaceutique. Un éditorial du CMAJ (mars 2008)

Paul Hébert publie dans le numéro du 25 mars du CMAJ (Journal de l’Association médicale canadienne) un éditorial intitulé Le besoin d’un Institut de l’éducation continue en santé, dont le texte complet est en libre accès. Il insiste sur la nécessite d’une « refonte majeure » du système actuel de formation médicale continue (FMC), et on ne peut qu’être d’accord en France aussi, lorsqu’on voit que la FMC actuelle prend la forme du congrès du Medec, foire industrielle débouchant sur des prix pour les firmes qui investissent le plus dans la promotion de leurs produits auprès des médecins… (Nous en avons parlé dans cette note).

Et Hébert de rappeler que ce sont les médecins qui portent la responsabilité majeure pour cet état de fait, puisqu’ils acceptent ce que leur offrent des firmes dont la nature est de faire du profit, pas de l’humanitaire : " les données indiquent que l’éducation parrainée par l’industrie pharmaceutique biaise souvent le choix des sujets, embellit les aspects positifs des études et minimise les effets indésirables". L’industrie se concentre sur l’usage de ses propres produits, "aux dépens du tableau thérapeutique d’ensemble, y compris la qualité des soins et la sécurité des patients n’ayant pas trait aux médicaments, les déterminants de la santé, la prévention des maladies et la promotion de la santé, et les autres modes de traitement.

Deuxièmement, il est évident que l’activité actuelle d’éducation continue compromet les piliers éthiques et la réputation de la profession médicale. (…) Nous semblons avoir oublié commodément que l’industrie pharmaceutique existe pour enregistrer des bénéfices et non pour former les professionnels de la santé. (…) Au fil des ans, les incitatifs pharmaceutiques puissants ont amené les médecins à croire qu’une solide participation de l’industrie non seulement est normale, mais aussi qu’ils ont le droit d’en profiter. Cette culture de la chose due peut constituer un des obstacles les plus difficiles à surmonter. Pour assainir la situation, il faut enlever aux médecins ce sentiment du « droit de recevoir » et adopter une approche axée davantage sur les principes. La seule solution consiste à prendre la maîtrise du système et à le réinventer. (…) Le moment est venu de mettre fin à la « gratuité » dictée par l’industrie pharmaceutique et de confier notre système d’éducation médicale continue à des intervenants impartiaux et qualifiés et non à des entreprises qui s’intéressent avant tout à leur profit."

http://pharmacritique.20minutes-blo…

 Le Formindep intervient à l’Université de Saint-Etienne une formation validante pour les étudiants et pour la FMC

par Philippe FOUCRAS

Le vendredi 20 juin 2008 à l’initiative de l’Association des Futurs Médecins Généralistes Stéphanois, le Formindep est intervenu à la Faculté de Médecine de Saint-Etienne sur le thème :

Les conflits d’intérêts en santé : les gérer au mieux de l’intérêt des patients.

L’intervention du Formindep était précédée de celle d’un représentant du conseil départemental de l’Ordre des médecins, pour préciser le cadre déontologique de cette question fondamentale.

à lire sur : http://www.formindep.org/spip.php?a…

 CareVox ou les dangers du « tous toubibs »

Selon Jacques Lucas, secrétaire général de l’Ordre national des médecins, le site de journalisme médical participatif CareVox risque de dérouter des patients trop influençables. Il s’inquiète par ailleurs du manque de contrôle des autorités compétentes, malgré une démarche positive.

à lire sur : http://www.marianne2.fr/CareVox-ou-…

 La HAS menace t’elle la profession infirmière ?

à lire sur : http://www.carnetsdesante.fr/spip.p…

 Ils sont payés pour arrêter de fumer

à lire sur : http://www.7sur7.be/7s7/fr/1507/San…

 L’Education détrône la Santé et l’Emploi à la tête des préoccupations des Français

à lire sur : http://afp.google.com/article/ALeqM…

 Revaccination antigrippale par les infirmiers

à lire sur : http://www.infirmiers.com/actu/deta…

 Menaces sur la profession infirmière ?

à lire sur : http://www.infirmiers.com/actu/deta…

 Régulation de l’offre de soins infirmiers

à lire sur : http://www.infirmiers.com/actu/deta…

 Sept centres de radiothérapie menacés de fermeture

à lire sur : http://www.20minutes.fr/article/238…

 Comment arrêter le progrès ?

Une méthode gratuite à la portée de tous pour bloquer l’innovation.

Comment freiner le progrès ? Pour la première fois en France, voici enfin révélées les méthodes secrètes enseignées aux dirigeants par ces consultants que l’on appelle les "spin doctors".

Vous apprendrez dans cet article : Comment choisir vos conseillers. Comment figer le marché en commandant un rapport. Pourquoi créer une commission, un GIE ou un GIP. Comment capter toutes les ressources disponibles. Pourquoi créer des Etats Généraux. Comment gagner du temps pendant que votre plan se réalise.

Stopper le progrès est un métier, ne vous y risquez pas sans aide.

lire la suite sur : http://www.atoute.org/n/article102.html

 La bonne foi (s’est penchée sur mon berceau)

C’est rigolo comme tout, j’ai l’impression d’aller bien.

2/3 temps chez deux généralistes, 1/3 temps en soins palliatifs, et je vais bien. Bon, bien sûr, j’ai un peu de mal à décrocher le soir, et, une fois rentrée chez moi, il me faut un petit bout de temps pour atterrir, mais rien que de très normal. Non, vraiment, je vais bien.

lire la suite sur : http://www.jaddo.fr/2008/06/18/la-b…

 Le Medec vient de dire quelle firme paie le mieux, laquelle fait la meilleure pub ou la meilleure formation continue. Les intéressés sauront à qui s’adresser

Un communiqué de presse en date du 20 juin annonce « les lauréats » du Medec 2008. Je lis cela avec les yeux d’un usager et à partir des « partenariats » de cette foire industrielle.

17.000 généralistes qui votent pour faire de la publicité aux laboratoires, ça la fiche très mal… Et une affirmation du genre « GlaxoSmithKline a été récompensé pour son implication efficace auprès de médecins dans leur pratique quotidienne : il a été élu laboratoire de l’année » en dit bien plus long que les dénonciations de Prescrire…

Cujus regio, ejus religio. En traduction libre : on voit qui c’est qui paie le mieux et a de fait le pouvoir de décider et de se faire encenser publiquement. Il y avait une définition qualifiant l’acte consistant à gratifier quelqu’un de ses charmes moyennant finances. Il me semble que la signification n’a pas changé. Par contre, la contrainte matérielle poussant à ces activités est légèrement différente…

Sanofi-Aventis est encensé pour… la formation médicale continue. Punaises ! Ca, c’est ce qu’on appelle de la transparence ! Reconnaître ouvertement que les vendeurs forment les médecins. Pareil lorsque ces derniers disent leur enthousiasme pour la « communication » de Sanofi Pasteur concernant le Gardasil°…

Ou pour un médicament tel Byetta°, que les revues indépendantes déconseillent. Aucune idée pour l’essai ADVANCE, lui aussi distingué par ces honorables généralistes. Et je n’ai même pas envie de chercher en ce moment. J’ai peur de ce que je pourrais apprendre.

Je conseille aux généralistes qui ont participé à cette forme d’échange de bons procédés de parfaire leur instrumentaire en ayant recours au registre lyrique, en plus des statuettes des « oscars » (sic). Je pense à ce genre particulier qu’est le panégyrique, pratiqué de tout temps avec succès par des vassaux qui chantent les mérites du prince. Sortir quelques hyperboles et métaphores arrivera peut-être à compenser le manque d’humanité que (presque) tout le monde constate dans la médecine d’aujourd’hui. En tant qu’usagère, je dis à ces 17.000 généralistes que c’est malheureusement les usagers qui trinquent quand ils déconnent ! Et c’est pourquoi ils n’ont pas le droit de faire ce qu’ils veulent et ce que leur dicte leur cupidité, comme le disait Arnold S. Relman dans l’excellent texte traduit dans cette note.

Chanter les mérites de GSK, il faut le faire… Non pas que cette firme-là soit pire que d’autres. Loin de moi l’idée de faire un classement, puisque je n’ai pas d’oscars à décerner et que je me soucie particulièrement de la justice. En effet, il ne faudrait pas qu’une firme se sente négligée, si jamais elle ne fait pas partie du palmarès… Il y a deux vidéos dans cette note, qui parlent elles aussi de GSK, dans un sens légèrement différent. Je les mentionne pour équilibrer un peu le point de vue. Parmi les nombreux sites dédiés à cette firme, il y a par exemple GSK : A licence to (K) ill.

Qu’importe Avandia° (rosiglitazone), produite par GSK, médicament auquel on impute autour de 83.000 décès par crise cardiaque depuis sa mise sur le marché aux Etats-Unis. Nous en avons parlé en détail dans la catégorie « Diabète, Avandia, Actos, insuline ».

Qu’importe si les accusations à l’encontre de GSK pour le Deroxat/ Seroxat/ Paxil° (paroxétine) sont approfondies en ce moment même, parce que la lumière est loin d’être faite sur l’occultation délibérée de données incriminant la paroxétine dans des suicides d’adolescents lors des essais cliniques.

Qu’importe si le même GSK a mis sur le marché le vaccin Cervarix, recalé par la (pourtant très accueillante FDA) et dont le fondement scientifique est encore plus faible que celui du Gardasil, selon la revue allemande indépendante Arznei-Telegramm ("Télégramme du médicament"), dont nous avons traduit l’analyse dans cette note. Qu’importe si GSK s’est fait remonter les bretelles pour une publicité tapageuse et ne respectant aucun devoir d’ « information du grand public » pour Cervarix. Après tout, il s’est fait taper sur les doigts par l’agence de sécurité sanitaire du Singapour et non pas par la nôtre. Cela ne nous concerne pas.

Et puis, on imagine notre vénérable Afssaps plutôt en partenaire du Medec, en tant qu’agence (de la publicité) du médicament. Puisqu’on n’a pas eu l’occasion de la voir agir en agence de sécurité sanitaire. (Si quelqu’un veut soutenir le contraire, alors qu’il le prouve. Mais, pour l’amour du ciel, en évitant les exemples de mesures prises 5 à 10 ans après les agences anglo-saxonnes du médicament. Qui sont loin d’être exemplaires).

Quant à la publicité de Sanofi Pasteur MSD pour le Gardasil, cet exemple parfait du pharmacommerce de la peur, nous en avons tellement parlé dans ces pages… Il suffit de cliquer sur les catégories « Gardasil (divers) » et « Gardasil, très critiqué à l’étranger ». Oui, à l’étranger. Le Medec vient de confirmer à sa façon que c’est là qu’il faut manifestement aller pour s’informer et avoir des avis critiques. Puisque même Prescrire contribue à la colossale désinformation sur ce vaccin porté par des conflits d’intérêts d’une intensité et d’une concentration rare. (Au moment même où j’écris ça, j’ai peur d’apprendre qu’il y a pire).

Le Medec veut être un congrès de médecine générale ayant pour "partenaires" les journaux Le Quotidien du médecin et Le Généraliste, ainsi que notre vénérable Vidal. Ce sont là trois monuments d’indépendance et de transparence de l’information médicale, comme chacun sait… Je reconnais ne pas être une lectrice régulière de ces opus…

Mais dans le peu que j’ai vu au hasard, dans le Quotidien du médecin, il n’y avait pas un seul article mentionnant les conflits d’intérêts… Comme s’il ne s’agissait pas d’une question quotidienne en médecine. Comme si les médecins cités dans les articles ou signataires de ces derniers étaient au-dessus des lois qui exigent que tout médecin déclare ses liens financiers avec les firmes qui produisent et/ou commercialisent tel médicament il parle publiquement. Pour que ce ne soit pas de la publicité déguisée qui se fait passer pour de l’information scientifique indépendante. Je regardais un dossier sur le tabac dans le Quotidien du médecin du 30 mai : aucun des médecins qui parlent du Chantix°, du Zyban°, des substituts nicotiniques, etc. ne déclare s’il a ou non des conflits d’intérêts. Aucune déclaration d’intérêts dans tout le numéro. Les esprits mal tournés pourraient dire que l’énorme quantité de publicité contenue dans ce journal parle d’elle-même… Je me souviens aussi que la Dre Anne Borgne, qui intervenait dans ce dossier, était aussi intervenue lors d’un journal télévisé cet hiver, dans une séquence qui commençait par David Pujadas parlant de la varénicline (Chantix°) comme un moyen efficace pour arrêter de fumer. Voilà à la fois la déontologie journalistique et celle médicale parties en fumée en trois minutes.

Ah oui, le lien vers ce court communiqué de presse du Medec qui en dit long. Je l’ajoute ici, n’ayant plus envie de refaire le texte. Ni même de le relire.

http://pharmacritique.20minutes-blo…

 Conscience accrue de l’impact de la corruption en médecine.

Un sondage de Prescription Project (Etats-Unis) et des leçons à tirer en France aussi

Il y a des bonnes nouvelles qui nous viennent du chien de garde américain Prescription Project. Il a commandé un sondage sur un échantillon de 1009 usagers sur le thème de l’influence des cadeaux (et autres largesses de l’industrie pharmaceutique) sur les habitudes de prescription des médecins. Ou, plus précisément, sur ce qu’en pensent les usagers. Le texte complet se trouve sur cette page. Il est intéressant de voir les chiffres bruts, mais encore plus de les analyser. Ceux qui connaissent en détail la problématique médico-pharmaceutique aux Etats-Unis réaliseront parfaitement de quoi je parle. Les autres devraient apprendre et tirer les leçons, puisque les Etats-Unis sont toujours donnés en exemple quant à la gestion des conflits d’intérêts. Il faut comprendre pourquoi cette gestion est possible là-bas et pas ici. Pourquoi les usagers français sont loin de se poser des questions sur les conflits d’intérêts, surtout lorsqu’il s’agit des médecins que les firmes recrutent le plus et dont la corruption a les conséquences les plus dévastatrices : les pontes ou leaders d’opinion, en position d’influencer toute la profession et les associations de malades…

Pardon pour ce manque de modestie, mais je trouve dans ce sondage une confirmation assez éclatante de mes propres analyses sur les lignes de force déterminantes lorsqu’il s’agit de comprendre comment on peut sensibiliser à et lutter contre les conflits d’intérêts (la corruption). De façon efficace. C’est un élément qui manque complètement dans les analyses françaises, quand il n’y a pas au contraire une mauvaise interprétation due aux préjugés…

J’ai pu constater l’incompréhension de cette dimension politique-juridique-législative, trop complexe pour être exposée en deux phrases, lors d’une assemblée d’un cercle médical indépendant. Et aussi lors de discussions avec des médecins qui se complaisent dans cette autarcie médico-médicale qui les place – c’est là le seul « avantage » - au centre du monde… Avantage pour eux, pas pour la qualité des soins et du domaine de la santé. Ni pour l’amélioration de la compréhension générale. Il faudra revenir là-dessus de façon plus explicite, après ce bref exposé à chaud.

Les chiffres du sondage :

64% des personnes interrogées disent qu’il est important ou très important de connaître les liens financiers des médecins avec l’industrie pharmaceutique.

71% disent soutenir une législation qui stipulerait que l’information donnée aux médecins doit l’être par des experts sans conflits d’intérêts, de façon à éliminer les biais. Plus les personnes sont éduquées, plus elles sont susceptibles de soutenir de telles propositions. Rien d’étonnant, non ?

68% sont susceptibles de soutenir une loi imposant aux firmes pharmaceutiques de déclarer les cadeaux faits aux médecins.

Voici les pourcentages quant aux cadeaux ou avantages offerts aux médecins que les participants au sondage voudraient voir interdits : 86% sont contre le fait que l’industrie pharmaceutique offre des voyages aux médecins ; 84% contre les dîners ; 80% contre les honoraires reçus pour parler lors de conférences ou congrès médicaux sponsorisés par les firmes ; 78% contre les déjeuners pour le personnel médical ; 70% contre les stylos et les bloc-notes ; 62% contre la prise en charge (par les firmes) des frais pour participer à des réunions ou conférences relevant de la formation médicale continue (FMC) obligatoire ; enfin, 51% se déclarent hostiles aux échantillons gratuits de médicaments.

52% des participants au sondage pensent que l’industrie pharmaceutique a une influence très forte ou forte sur les médecins. Pour 26%, cette influence est modérément importante. Seuls 4% pensent que les laboratoires n’ont pas d’influence sur les médecins et leurs prescriptions.

A noter une disparité régionale assez importante : les personnes habitant dans la région Nord-est des Etats-Unis sont les plus critiques, suivies de la région Nord centre, puis du Sud et enfin de l’Ouest. Il est très facile de superposer cette « carte » à celle du niveau d’urbanisation et/ou de politisation et de l’éducation qui va avec. (Qui n’est pas calculable en années de fac…) Le Nord-est comprend les grandes villes telles New York, très différentes de l’Amérique profonde, des Etats ruraux et/ou désertiques… Ce n’est pas une surprise. Mais… Là sont situés aussi les Etats qui ont déjà une législation imposant aux firmes de déclarer publiquement les paiements et cadeaux faits aux firmes : Vermont et Maine ; avec le New Jersey qui s’apprête à le faire. La région du Nord allant du centre Nord vers l’Est comprend l’Etat pionnier de ce type de législation, qui a servi l’exemple aux autres : il s’agit du Minnesota. Il y a aussi le Wisconsin, juste au-dessous. Puis toujours dans le centre Nord, l’Etat de l’Iowa du sénateur Grassley, l’homme politique américain le plus critique à l’égard de l’industrie pharmaceutique, protecteur des lanceurs d’alerte et auteur de projets de loi novateurs. (Même si l’Iowa n’a pas encore de législation spécifique).

On voit assez bien que rien n’est dû au hasard ! Quand l’information et le cadre législatif et juridique existent, l’esprit critique des usagers est éveillé et s’exerce. A bon entendeur, salut… Il faut rappeler ici que les procès - qu’ils soient étatiques ou alors des recours collectifs en justice - sont d’excellents moyens d’information. Les enquêtes des sénateurs et députés aussi. L’information passe, reprise par les media, même quand la démarche politique ou en justice échoue. Le bon traitement pour cet état d’altération qu’est la corruption est celui-là : loi et justice. Moyens de définition puis de répression des dérapages, qui sont aussi les moyens de dissuasion. (Je parle là des lois permettant les actions en justice, pas de quelques vœux pieux qu’aucun médecin n’est obligé de faire siens, parce qu’il ne craint rien s’il ne les respecte pas). Loi et justice et d’autres moyens d’information pour les usagers, leur donnant les outils nécessaires pour comprendre les enjeux, qui ne se limitent pas à l’affirmation abstraite « tous pourris ». Même si cette affirmation n’est pas éloignée de la vérité… Mais il est difficile pour un patient de ne pas faire confiance à son médecin, dans la mesure où cette confiance est une composante importante du processus de guérison.

L’exemple parfait de l’effet produit par une telle association de moyens est le Minnesota, Etat pionnier qui n’est pourtant pas la libérale ville de New York, pleine d’intellos critiques par définition. (Quoique… Ce n’est plus aussi évident de nos jours d’assimiler intellectuel et critique. L’une des raisons étant le fait que les intellos sont une espèce en voie de disparition, à l’heure du tout technologique et… du tout médical. Et la médecine sans les intellos pour définir les limites morales/déontologiques, elle dérape, l’histoire en a donné plus d’un exemple… Comme le disait l’éminente grande gueule qu’est le Pr Peter Schönfelder, de la rédaction d’Arznei-Telegramm, la médecine et le système de soins en général sont structurellement sujets à la corruption. Ce qui explique aussi pourquoi les médecins les plus lucides ne prétendent pas que leur domaine puisse être capable d’émettre des jugements éthiques sur les fins de la médecine. Il en va de même pour toutes les disciplines qui relèvent des moyens, à commencer par l’économie elle-même. Je sais que beaucoup de médecins n’acceptent pas ces limitations, et c’est une grande partie du problème…). Parenthèse enfin fermée ;-)

55% des personnes interrogées dans le sondage de Prescription Project disent qu’il est peu probable ou fort improbable qu’elles posent des questions à leurs médecins sur les rapports que ces derniers entretiennent avec l’industrie pharmaceutique. (Le pourcentage français serait plus proche de 100%, il y a fort à parier…). 36% le feraient, c’est un pourcentage qui n’est pas si mauvais, compte tenu du facteur « confiance » comme des réflexes difficiles à acquérir… Il témoigne de l’évolution des attitudes aux Etats-Unis, surtout depuis le scandale du Vioxx et l’activité médiatique de l’infatigable justicier qu’est le sénateur Charles Grassley, que j’ai cité plus haut. Celui-ci faisait savoir il y a quelques jours au National Institute of Health qu’il avait une vingtaine d’enquêtes en cours sur des comportements contraires à l’éthique en matière de recherche médicale ("scientific misconduct"), nous dit la revue Nature dans une nouvelle récente. Très loin de suffire, vu l’étendue du problème… Mais quel sénateur ou député français peut en dire autant ??

Il faudrait que les cercles médicaux indépendants invitent Grassley à donner une conférence aux politiciens français… ;-) Parlant d’influence, on peut toujours espérer qu’elle s’exerce de cette façon-là aussi… Encore faudrait-il pouvoir imaginer que la France puisse apprendre des Etats-Unis en matière législative et juridique…

PS : Ceux qui ne connaissent pas assez la problématique peuvent se dire que ces pourcentages n’ont rien de spectaculaire ou de révolutionnaire. Et pourtant… Ces chiffres contrastent fortement avec les enquêtes et/ou sondages précédents. Il faudrait retrouver les liens, mais, de mémoire, il y a pas mal d’articles sur le sujet, parlant du désintérêt des usagers pour les conflits d’intérêts des médecins. Le travail des hommes politiques, des chiens de garde et des journalistes engagés (espèces pratiquement inconnues en France) porte lentement des fruits.

http://pharmacritique.20minutes-blo…

 Et si le British Medical Journal balayait aussi devant sa porte ?

Commentaires suite à l’article de Moynihan et à l’éditorial du dernier numéro du British Medical Journal :

http://pharmacritique.20minutes-blo…

Ray Moynihan est une référence classique des pharma-critiques, sans aucun doute. Pas de doute sur son intégrité, même s’il peut être considéré lui aussi comme un leader d’opinion. Mais le British Medical Journal est-il tout autant au-dessus de tout soupçon ? Voilà qui n’est pas exempt de doutes… La question se pose lorsqu’on lit l’éditorial de Fiona Goodle qui dénonce des leaders d’opinion devenus vendeurs d’élite pour les firmes pharmaceutiques auxquelles ils sont inféodés. Editorial du dernier numéro du BMJ, abordé dans cette note.

Le coup de gueule est parfaitement juste et salutaire. Là n’est pas la question. Mais on ne peut pas dénoncer juste un petit bout d’un système qu’on alimente et entretient soi-même par ailleurs… La réflexion critique doit toujours s’accompagner d’autoréflexion. Autrement, difficile d’échapper au soupçon d’opportunisme ou de vouloir se donner bonne conscience à peu de frais. Parce qu’il suffit de voir que ce journal donne lui aussi tout le temps la parole aux leaders d’opinion ayant des conflits d’intérêts et participe donc à la reproduction du système comme à sa légitimation. Par le même cercle vicieux d’un nombre restreint de médecins faisant "autorité" qui se citent mutuellement et colonisent toutes les articulations du système de santé, de la médecine, de la recherche, de la communication, de la presse médicale, des autorités sanitaires, etc. Cercle vicieux brillamment démonté par Skrabanek et McCormick dans leur livre Idées folles, idées fausses en médecine.

Rappelons aussi l’énorme place prise par les publicités de l’industrie pharmaceutique dans le British Medical Journal. Nous en avons parlé dans la note "La presse médicale : extension du marketing des firmes pharmaceutiques et publicité déguisée en science", à partir des réflexions critiques de Richard Smith, ancien rédacteur en chef du même BMJ, et qui sait donc de quoi il parle… La caricature qui accompagne cette note-là est tirée d’un blog qui tient le BMJ sous la loupe critique et le connaît comme sa poche : Scientific Misconduct.

Suggérons à Fiona Goodle de balayer aussi devant sa porte ! Ce serait, à n’en pas douter, une avancée de plus ! Et son éditorial aurait bien plus de poids…

http://pharmacritique.20minutes-blo…

 Santé : « C’est toujours grave, docteur ? »

à lire sur : http://www.lavoixdunord.fr/Region/a…

 La Sécu rend ses comptes

Par Christophe ISRAËL (avec Reuters)

leJDD.fr

Eric Woerth a présenté aujourd’hui devant la Commission des comptes de la Sécurité sociale les chiffres prévisionnels pour l’exercice 2008. Un déficit de 8,9 milliard d’euros, creusé par la branche de l’assurance vieillesse, qui accusera cette année un déficit supérieur à celui de la branche maladie pour la première fois depuis 1993. Objectif affiché pour 2009 : "maîtriser les dépenses".

à lire sur : http://www.lejdd.fr/cmc//economie/2…

 Sécu : La Cades pour reprendre les déficits ?

à lire sur : http://www.lejdd.fr/cmc/scanner/eco…

 Les niches sociales : un manque à gagner de 41 milliards d’euros

à lire sur : http://www.lemonde.fr/economie/arti…

 Services publics : des usagers satisfaits

à lire sur : http://www.lemonde.fr/politique/art…

 Tour de France. En fauteuil pour la protection sociale

En fauteuil roulant, Alain Cocq a entamé un tour de France. Le long du chemin, il dénonce « la destruction du système de protection sociale et sa privatisation progressive ». Il est en Bretagne depuis quatre jours.

à lire sur : http://www.letelegramme.com/gratuit…

 Les graisses sont-elles vraiment si mauvaises ?

à lire sur : http://www.lefigaro.fr/sciences/200…

 Roselyne Bachelot présente les grandes orientations du plan "Patients, santé et territoires"

à lire sur : http://www.premier-ministre.gouv.fr…

 Médecins : abus sur ordonnance

à lire sur : http://www.ladepeche.fr/article/200…

 Un collectif d’associations de malades met à jour l’explosion des dépassements

à lire sur : http://www.altermonde-sans-frontier…

 Santé : Les laboratoires européens s’alertent sur les contrefaçons de médicaments

à lire sur : http://www.fenetreeurope.com/php/pa…

 Quelle CPS pour 2009 ?

Transformation totale en vue pour la carte de professionnel de santé. Sur le plan technique, mais surtout des usages. Il est vrai que son caractère obligatoire – depuis la publication du décret Confidentialité – impose des évolutions facilitant son emploi dans les situations professionnelles les plus variées. Ainsi, pour le monde hospitalier, elle doit être dotée de possibilités de lecture sans contact et combinera une authentification forte (avec contact) et une authentification secondaire (sans contact). « L’industriel sera choisi fin juin et la carte devrait être disponible en 2009 », précise Marthe Wehrung, directrice du GIP-CPS. Dans le même temps, elle prendra la place de la carte ordinale, faisant alors office d’unique carte d’identité (physique et électronique) pour l’ensemble des professionnels à Ordre. Cette décision de convergence représente « une évolution forte dans le positionnement ordinal », souligne le Dr Jacques Lucas, vice-président du Conseil national de l’Ordre des médecins, insistant sur l’implication actuelle de l’Ordre dans l’informatisation de la santé.

Elle devient également européenne avec l’aboutissement du projet porté par Patrick Fortuit, vice-président du GIP-CPS et membre du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens : présenté officiellement à Bruxelles mi-octobre 2007, il bénéficie désormais d’une subvention permettant d’en finaliser les aspects techniques.

Il ne reste plus qu’à intégrer ses nouvelles fonctionnalités avec ergonomie, prévient le Dr Jean-Jacques Fraslin, élu à l’Urml Pays de la Loire et représentant de l’Union auprès de l’association Planet Santé. La balle est dans le camp des industriels. Mais ceux-ci se montrent confiants si l’on en croit leur représentant, Yannick Motel, délégué général de la fédération Lesiss (Les Entreprises des systèmes d’information sanitaires et sociaux), qui se félicite de « la coopération exemplaire » qui s’est nouée avec le GIP-CPS.

Conférence MEDEC du 19 mars 2008 : « Confidentialité des données de santé : de la théorie à la pratique ». Avec Marthe Wehrung, directrice du GIP-CPS, le Dr Jacques Lucas, vice-président du Conseil national de l’Ordre des médecins, Patrick Fortuit, Conseil national de l’Ordre des pharmaciens, vice-président du GIP-CPS, Yannick Motel, délégué général de la fédération Lesiss (Les Entreprises des systèmes d’information sanitaires et sociaux), et le Dr Jean-Jacques Fraslin (Urml Pays de la Loire, Planet Santé).

— -

La future carte de santé sera prête en juin 2009.

http://www.legeneraliste.fr/gestion…

 Et vous, docteur, comment va votre cabinet ?

Êtes-vous actuellement en bonne santé financière ? Même lorsque vos patients paraissent en bonne santé, vous leur prescrivez régulièrement des bilans biologiques. De la même façon, l’association de gestion agréée, à laquelle vous avez peut-être choisi d’adhérer, va dorénavant vous faire parvenir tous les ans un bilan économique de la santé de votre cabinet. Première livraison, par courrier, dans les semaines qui viennent sans qu’il soit nécessaire d’effectuer la moindre démarche. C’est, en effet, la loi Dutreil « en faveur des PME » du 2 août 2005 qui a confié cette nouvelle mission aux AGA. Les textes d’applications sur « l’analyse des informations économiques, comptables et financières en matière de prévention » sont seulement parus en février dernier. En fait, le dossier est élaboré à partir des seules données fournies par l’adhérent (déclaration 2035 et annexes, tableau de passage). Des données théoriquement connues du praticien, mais qu’il ne sait pas toujours interpréter. « Je compare souvent cette démarche à celle du laboratoire d’analyse médical, explique Béchir Chebbah, président de l’Unasa. L’objectif n’est pas de traiter une pathologie mais de détecter des signes précurseurs de difficulté à venir. »

De la pédagogie avant tout

Les trois principales fédérations d’AGA ont chacune mis au point leur propre modèle de dossier synthétique. Toutes ont misé sur la pédagogie pour permettre au médecin de s’approprier le document. Et, comme pour un bilan sanguin, l’adhérent de l’AGA pourra comparer chacun des 17 indicateurs avec une moyenne (voir l’exemple de l’Unasa ci-contre). « Ces indicateurs de performance, répertoriés en deux catégories, points forts et points faibles, seront largement commentés dans le dossier d’analyse économique individuel qui sera transmis », indique la conférence des Arapl. « Le médecin pourra comparer sa situation par rapport à un profil type selon les spécialités, explique-t-on à l’Agaps. Pour chaque dossier, il y aura un commentaire personnalisé et un classement des indicateurs : dossier satisfaisant, dossier pour lequel il faut se poser des questions et dossier inquiétant. » A l’Unasa, chaque profil de généraliste est comparé avec le profil moyen d’un cabinet de généraliste et de taille équivalente dans la région, voire le département, en fonction de l’importance du volume statistique. « On découpe une population de cabinets sur un territoire donné en quatre quartiles en fonction du chiffre d’affaires (par exemple de 0 à 50 000 euros, de 50 000 à 150 000 euros, de 150 000 à 250 000 euros et plus de 250 000 euros) afin que la comparaison soit la plus fine possible », explique Béchir Chebbah. Ainsi, on ne comparera pas un cabinet de médecin retraité qui poursuit une petite activité avec celui d’une SCP de plusieurs professionnels.

Estimation des risques

Ce diagnostic posé, le praticien pourra ensuite estimer ses risques sur le plan financier. « Dans la pratique, la proportion de dossiers inquiétants est vraiment minime pour les professionnels de santé, tempère-t-on à l’Agaps. Mais connaître son taux d’emprunt est, par exemple, une donnée très intéressante pour le médecin qui souhaite investir. » A l’inverse des agents immobiliers, des architectes ou des avocats, les médecins ont, par nature, une activité régulière qui les met à l’abri d’une baisse brutale des revenus liée à une conjoncture économique. En revanche, il ne faut pas négliger les accidents de la vie qui affectent régulièrement des confrères. « Ces indicateurs seront très utiles pour des médecins en début ou en fin de carrière, note le Dr Olivier Aynaud, secrétaire générale de l’Unapl. Les événements de la vie comme le divorce ou la maladie, surtout si le médecin, n’a pas souscrit d’assurance pour perte de revenus, peuvent avoir un impact important sur la santé du cabinet. » Autant donc savoir où on en est.

Même approche du côté de l’Unasa qui entend également valoriser ce nouvel outil. « Lorsque nous constatons des signes de fragilité dans cette analyse, nous allons proposer à notre adhérent de se rapprocher de son conseil (expert-comptable, avocat, conseiller en gestion), explique Béchir Chebbah. Mais en fonction de la fréquence de certaines anomalies, nous allons également lui proposer des séances de sensibilisation ou de formation auprès de son AGA. » Par exemple, si les charges financières ne vont pas dans le bon sens, comment mieux négocier avec son banquier. Il se peut également que le médecin lise dans son bilan économique la conséquence d’investissements particuliers ou d’une baisse d’activité tout à fait volontaire. « Il n’est pas forcément nécessaire de rectifier le tir si l’indicateur que nous pointerons correspond à une évolution tout à fait maîtrisée, ajoute le président de l’Unasa. Mais au moins, nous aurons attiré son attention sur quelque chose qu’il n’aurait pas forcément remarqué lui-même. » Un dossier qui permet également de valoriser son cabinet en vue d’une éventuelle association ou d’une revente.

— -

Béchir Chebbah, président de l’Unasa, compare le bilan économique fait par les AGA avec un bilan biologiques.

http://www.legeneraliste.fr/actuali…

 Les maisons de santé, laboratoires de l’innovation

Quand on leur parle de maisons de santé, les généralistesne sont finalement pas si nombreux à avoir une opinion tranchée. Notresondage Sthetos Exafield montre que les partisans (34 %) comme lesadversaires de ces dispositifs (23 %) sont moins nombreux que ceux quidemandent à voir (43 %)… Pourtant, le colloque de Besançon, qui s’esttenu la semaine dernière sur le sujet, a montré que l’indifférencen’était pas de mise. Pouvoirs publics comme acteurs des structuresexistantes font certes du développement des maisons de santé uneréponse aux problèmes démographiques de la profession. Mais ils enescomptent aussi l’amorce d’un véritable changement des règles du jeupour la médecine ambulatoire.

Même si l’on attendtoujours pour les jours prochains l’arrivée du cahier des chargesnational des futures maisons de santé, un consensus semble d’abord sedessiner sur un cahier des charges minimal. Aux yeux de PatrickVuattoux, animateur de la Femasac (Fédération des maisons de santécomtoises), il faut plusieurs conditions pour dessiner une maison desanté : priorité au service au patient, partage des dossiers, tenue deréunions interprofessionnelles et accueil des étudiants. « Ces maisonsdevront aussi apporter un plus en matière de prévention, decoordination et faire progresser le transfert de tâches », ajouteJean-Pierre Roblet (Cnamts). Pour sa part, la représentante duministère de la Santé, Dominique Acker, les définit par lescaractéristiques suivantes : pluriprofessionnalité bâtie autour d’unprojet de santé, et lieu principal d’exercice pour les praticiens,ceux-ci pratiquant des tarifs opposables et travaillant avec dessystèmes d’information. Dans ce contexte, la question de l’obligationde permanence des soins reste posée dans ces structures. A Besançon, onn’a pas vraiment eu de réponse à ce sujet : et si Pierre-Jean Lancry(MSA) en fait une condition sine qua non de leur existence, le moinsque l’on puisse dire est que les avis sont partagés.

Problèmes budgétaires

Al’issue de ce colloque national, qui se poursuivait le lendemain par unséminaire des responsables des maisons de santé, nombre de participantsse sont aussi interrogés sur le financement : « Les lois ne sont pasencore adaptées aux maisons de santé », rapporte Arnaud Blessemaille,qui pointe aussi les problèmes budgétaires. Chez lui, àBaume-les-Dames, la vingtaine de blouses blanches concernée a dûdébourser un million d’euros de mise de fond, il y a sept ans. Et c’estsans compter sur les coûts de fonctionnement : le Dr Blessemaille n’estpas le seul à constater qu’en maison de santé, ceux-ci, quoiquepartagés, sont plus importants. Sur le même thème, Luc Duquesnel(Mayenne) s’inquiète de la disproportion entre l’appétence des jeunespour ce mode d’exercice et « l’inadaptation des financements : onattend des réponses rapides », insiste-t-il.

Quoiquesouvent très différentes dans leur mode de fonctionnement, les maisonsde santé butent aussi sur les règles du jeu tarifaires. « Le dépistage,l’éducation, la prévention : ce sont souvent des activités nonrémunérées en maison de santé », relève Michel Serin, président de laFédération nationale des maisons de santé. Dans ce contexte, la Sécu,comme le ministère de la Santé ne cachent pas que les maisons de santéseront une occasion – parmi d’autres (lire encadré) – de faire avancerles alternatives au paiement à l’acte. Certains n’attendent que ça.Témoin, Thomas Bourrez, généraliste à Val-de-Reuil : « Nous souhaitonsque la qualité rapporte. Nous appelons de nos voeux le paiement à laperformance ».

A propos des maisons de santé pluridisciplinaires supplémentaires qui doivent s’implanter, diriez-vous que :

C’est un danger pour l’exercice libéral de la médecine : 23 %

C’est un « plus » pour l’attractivité de l’exercice de la médecine : 34 %

Ne se prononcent pas : 43 %

Sondage réalisé du 19 au 23 mai par Internet auprès d’un panel représentatif de 201 médecins généralistes.

— -

François Baudier pour l’Urcam ouvre le colloque devant 350 participants. Les organisateurs avaient reçu le doubled’inscriptions….

http://www.legeneraliste.fr/actuali…

 Le plan Sarkozy pour les soins palliatifs

C’est donc la semaine dernière, depuis l’hôpital de Bourges et accompagné de Roselyne Bachelot, que Nicolas Sarkozy a présenté son plan de développement des soins palliatifs. 230 millions d’euros seront ainsi débloqués sur quatre ans. « On va faire passer le nombre de personnes prises en charge de 100 000 à 200 000 d’ici à 2012 », a ainsi déclaré le chef de l’Etat qui avait fait des soins palliatifs et de la maladie d’Alzheimer, deux grands chantiers présidentiels avant même son élection. Concrètement, cet objectif du doublement de l’offre de soins palliatifs se traduit par la création de 1 200 lits supplémentaires dans les unités de soins palliatifs des hôpitaux et par le développement des structures d’accueil extra-hospitalières. Le plan prévoit également la création de 75 équipes mobiles. Ces dernières s’ajouteront aux 337 qui interviennent déjà aujourd’hui auprès des malades. Le volet de la formation n’a pas été non plus négligé, Nicolas Sarkozy voulant introduire « une culture de soins palliatifs dans la formation médicale, dès la rentrée universitaire 2008-2009 ».

L’annonce du chef de l’Etat a été plutôt bien accueillie par les associations, même si elles ont prévenu qu’elles veilleraient à ce que « les lits et équipes ainsi créés soient vraiment des soins palliatifs et non des coquilles vides ».

Pour une meilleure répartition des professionnels

En revanche, ce sont les généralistes qui, en matière de liberté d’installation, pourraient bien avoir du souci à se faire dans les prochaines années. Car Nicolas Sarkozy, lors de cette annonce, n’a pas fait mystère de sa volonté de parvenir à une meilleure répartition des professionnels de santé sur le territoire. Et pour le président de la République, « le problème n’est pas seulement un numerus clausus à relâcher. Il faut que les médecins s’installent là où il n’y en a pas et dans les spécialités où on en a besoin ». Roselyne Bachelot, pour sa part, joue toujours le jeu de la concertation et des incitations, laissant les professionnels de santé « en discuter ». Après tout, tel est le rôle des négociations conventionnelles.

Pour autant, ces dernières ont manifestement intérêt à aboutir. Sinon, « Je le dis tout de suite : si ça ne marche pas, nous nous en mêlerons. Il faudra bien en venir à des décisions plus fortes. […] Des médecins seront encouragés à s’installer, et des médecins seront découragés à s’installer », a ainsi averti Nicolas Sarkozy, dont le déplacement dans le Cher pour annoncer ce plan de développement des soins palliatifs ne devait rien au hasard. En effet, avec seulement 72 médecins pour 10 000 habitants, ce département sous-médicalisé et dans lequel « la moitié des généralistes ont plus de 50 ans », illustre, selon l’Elysée, les ratés de la démographie médicale.

http://www.legeneraliste.fr/actuali…

 Le DMP, facultatif et ciblé

Relance Il n’est plus question d’imposer le DMP aux Français via des baisses de remboursement pour les réfractaires, a indiqué Roselyne Bachelot à notre confrère Le Quotidien du Médecin. La ministre a donc décidé de suivre les recommandations de la mission Gagneux et l’avis du Conseil consultatif d’éthique. Et elle a imprimé sa marque en rendant le patient clairement propriétaire de son DMP, un dossier partagé avec les professionnels de santé. En bonne logique, le dossier devra être prioritairement proposé aux patients qui en ont le plus besoin : les malades chroniques et les enfants. Ainsi, dès 2009, les premiers DMP seront établis dans des projets pilotes régionaux sur « des populations ciblées » (patients diabétiques ou cancéreux par exemple). Pour le CCNE, qui a rendu un avis sévère la semaine dernière, l’adhésion volontaire au DMP résout de manière indirecte la question du masquage des données par le patient. Un assuré qui souhaite ouvrir un dossier a, a priori, peu de raisons de vouloir y « caviarder » des informations.

Objectif 2012 En outre, conformément à l’avis de la Cnil, la clé d’entrée dans le dossier pour le patient sera un « numéro généré aléatoirement sans lien avec le numéro de Sécu ». Mais le CCNE rappelle que la sécurité absolue n’est jamais garantie en matière d’informatique. Ces mesures de relance du DMP seront inscrites dans la loi « Patients, santé et territoire » de l’automne. Roselyne Bachelot songe également à rebaptiser le DMP d’un nom qui fasse moins technocratique. Un moyen de lui donner un nouveau départ et de conjurer le mauvais sort qui s’est jusque-là acharné sur le DMP. Objectif de déploiement : 2012.

http://www.legeneraliste.fr/actuali…

 Les préservatifs sont de la Fête… de la musique

Les préservatifs sont de la Fête… de la musique Demain, à l’occasion de la Fête de la musique, 1,1 million de préservatifs seront distribués, accompagnés d’un message de prévention, spécialement aux 15-25 ans. C’est l’opération « Musique de chambre », premier volet de la campagne de promotion du préservatif de l’Inpes. De façon « pudique mais explicite », selon la ministre de la Santé, du 18 juin au 8 juillet, des spots télévisés mettant en scène un couple de jeunes hétérosexuels, un couple d’homosexuels masculins, et un couple de migrants originaires d’Afrique sub-saharienne, rappelleront que « seul le dépistage permet de renoncer aux préservatifs ».

http://www.legeneraliste.fr/actuali…

 Une Maison en Corrèze…

Un lampadaire devant leur bâtiment et 50 mètres de goudron pour le relier à la route : c’est toute la contribution de la commune de Seilhac à la création de la maison médicale qui vient de s’y installer. Une preuve par les chiffres que ce projet n’a rien d’une ambition politique mais repose bien sur la motivation unique des professionnels de santé qui l’ont mené à son terme. « La décision de nous regrouper a été collégiale, avec la volonté de créer un pôle de santé, en compagnie d’autres membres de la filière médicale. Nous n’avons sollicité aucune subvention, et il nous a fallu trois ans pour voir notre projet se concrétiser. » Le Dr Didier Bouilhac, généraliste exerçant dans cette commune de la banlieue de Tulle (Corrèze), a inauguré avec ses confrères la première maison médicale du département fin 2007. Anticipant sur un concept encouragé depuis par le conseil régional du Limousin, les praticiens, épaulés d’un podologue, d’un orthopédiste-rhumatologue et de quatre kinésithérapeutes se sont engagés sur leurs deniers, afin de dynamiser leurs activités en se donnant les moyens de leurs ambitions.

Association de moyens et de compétences

« Pour une dépense totale d’un peu plus de 600 000 euros, nous avons emprunté 570 000 euros », explique le Dr Didier Bouilhac. Pour gérer le tout, deux SCM ont été créées. L’une regroupe les médecins, l’autre les paramédicaux. Elles versent un loyer à la SCI qui compte neuf actionnaires à parts égales. Il permet de rembourser l’emprunt. Soit 3 600 euros par mois. Le reste des frais se règle au prorata des besoins, répartis entre diverses dépenses ponctuelles (entretien, chauffage, etc.). Chacun poursuit son activité sur un mode libéral, avec sa comptabilité personnelle.

Côté subventions, les associés relativisent la modeste participation de la mairie, soulignant n’avoir rien demandé, et monté leur projet sans attendre une aide quelconque. Un parti pris qui explique aussi le temps nécessaire à l’aboutissement de ce projet, entre le montage du dossier, la recherche de terrain, et la mise en oeuvre du chantier. Mais la volonté d’aboutir était issue d’une réflexion longuement mûrie. « Nous avons fait un constat, explique le Dr Didier Bouilhac, en nous appuyant sur l’existant. Il sera de plus en plus difficile, dans un proche avenir, d’attirer des médecins à la campagne, malgré les incitations financières des pouvoirs publics, de toute manière insuffisantes. Des structures comme la nôtre peuvent être une réponse à cette désertification annoncée, par l’attrait qu’elles peuvent exercer pour de jeunes généralistes en mal d’installation. Par ailleurs, les avantages de travailler ensemble sont patents et se vérifient tous les jours. »

L’avenir des regroupements

La composition de l’équipe médicale de Seilhac semble donner raison à son fondateur. Elle a permis de réunir les trois médecins généralistes locaux qui exerçaient chacun, jusque-là, dans des cabinets distincts. Le Dr Jean-Luc Rondeau a quitté pour sa part la commune voisine de Chamboulive où il exerçait en association avec un jeune confrère, le Dr Fabrice Allemand, qui a suivi le mouvement sans rentrer dans le montage. Placé sous statut de médecin-collaborateur, il bénéficie des installations de la maison médicale et de l’expérience de ses confrères. Le phénomène a fait tâche d’huile : le Dr Joaquim Koebke, rhumatologue allemand retraité, a sollicité une équivalence pour pouvoir exercer en France et s’installer en Corrèze. La maison de santé a compétence sur le canton (six communes, 6 000 habitants) et déborde parfois au-delà. Elle a récupéré les clientèles de ses créateurs. Après quelques mois de fonctionnement, ces dernières auraient augmenté d’environ 15 % si l’on en croit l’addition des actes établis individuellement. Une évolution que le Dr Bouilhac attribue en grande partie à la juxtaposition des différentes disciplines regroupées désormais sous un même toit. « Il s’agit désormais d’un véritable plateau médical avec ses spécialités. Chacun d’entre nous bénéficie de l’apport des autres. Les patients des kinésithérapeutes, du podologue, du rhumatologue peuvent venir aussi consulter un généraliste dans le même temps, sans effectuer de déplacement supplémentaire. Cela fonctionne dans les deux sens. Au sein de notre équipe de généralistes, lorsque l’un d’entre nous détecte une pathologie qui nécessite le recours à l’un de nos confrères, il oriente, bien entendu, l’intéressé vers ce dernier. »

Une opinion confirmée par Marc Bouyssou, kinésithérapeute spécialisé dans les pathologies du dos. « J’ai de nouveaux patients qui ont d’abord poussé la porte de l’un de mes voisins, médecin généraliste ou spécialiste, avant de venir se présenter à la mienne. » Une synergie d’autant plus forte que chaque kinésithérapeute exerce dans une spécialité différente : ostéopathie, uro-gynécologie, dos…

Cette synergie se manifeste à d’autres niveaux de l’activité de ces professionnels. C’est le cas des gardes partagées, ou du secrétariat commun aux six médecins. Kinésithérapeutes et podologue ont opté pour un secrétariat distinct et déporté qui gère la prise des appels et des plannings. Le partage des tâches s’arrête ici, chacun assumant ses relations avec les caisses dans une autonomie totale.

Mais ce rapprochement a fait naître, à l’inverse, de nouvelles servitudes. Le Dr Allemand ainsi que deux kinésithérapeutes effectuent le trajet quotidien Brive-Seilhac (30 km). La constitution des sociétés exige également de la rigueur en matière de gestion. C’est le Dr Bouilhac qui assure la gérance de la SCI. « Il est évidemment très agréable de travailler de cette manière, reconnaît le Dr Claude Boirleaud, l’un des généralistes associés. La convivialité, la rencontre permanente avec les confrères, les locaux, tout est positif, et la clientèle a suivi sans problème. La charge de travail est importante, liée à l’étendue du territoire personnel, au départ d’un autre confrère local qui a pris sa retraite. Je serai néanmoins plus réservé quant aux possibilités de développement. » Le Dr Claude Boirleaud note que, depuis l’ouverture de la Maison, aucune candidature de jeune confrère ne s’est manifestée. Il estime également que les contraintes subsistent, mise en commun de moyens ou pas, notamment en matière de gardes. « Plus qu’une réponse à la désertification, à laquelle je ne vois que très peu de solutions, surtout en zone très rurale, cette union en est une à la solitude des généralistes. Les moyens communs, la cohabitation avec d’autres professionnels sont également des côtés positifs. »

— -

Toute l’équipe de la maison de santé de Seilhac, le jour de son inauguration, en présence de François Hollande, député de la Corrèze.

http://www.legeneraliste.fr/actuali…

 Le Rebeau et le Cornard *

Docteur Rebeau en son cabinet perché Tenait en son bac (+ 10) un fromage. Maître Cornard, par la CPAM dépêché, Lui tint à peu près ce langage : Hé, bonjour, Monsieur du Rebeau Vous n’êtes pas joli, vous prescrivez bien trop ! Sans mentir si votre scribage N’est pas conforme aux objectifs, Gare à votre plumage, Je traquerai les rétifs. A ces mots, le Rebeau ne put que rester coi, Et comme il se trouvait sans voix, Sa mâchoire se décrocha, Et son précieux coulant tomba. Le Cornard s’en saisit et dit : Je vais analyser vos parts de camembert, Puis je reviendrai dans 3 mois après l’hiver Mon bon monsieur, apprenez que tout toubi’b Dépend de la Caisse qui le met sur écoute. Ne m’en faites pas tout un fromage ; en route ! Le Rebeau amer et déçu Jura : « Nom d’un pétard ! », et maudit la Sécu.

*Cornard, terme militaire signifiant erreur d’objectif.

Dr Danielle Therond, Orgeval (Yvelines).

http://www.legeneraliste.fr/actuali…

 Jean qui rit et Jean qui pleure ou l’élasticité de la rigueur

à lire sur : http://guillemette-reveyron.blog.le…


Accueil du site | Contact | Plan du site | | Statistiques | visites : 346433

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Infos-Actualités  Suivre la vie du site Revue de Presse   ?    |    Les sites syndiqués OPML   ?

Site réalisé avec SPIP 2.0.6 + AHUNTSIC

Version Ipod

Creative Commons License