Espace Généraliste

Revue de presse du 21 Mars 2008

vendredi 21 mars 2008 par JOSEPH Didier

Navigation rapide

L’assurance maladie veut lancer le « guide médecins »

à lire sur : http://www.medecinews.com/index.php...

Franchises : l’assurance-maladie va devoir rembourser plusieurs milliers de patients

à lire sur : http://www.lesechos.fr/info/sante/4...

Interview de Bernard Senet : "j’aiderai Chantal Sébire à mourir, quitte à être dans l’illégalité".

à lire sur : http://www.mediapart.fr/club/editio...

Multimédia

Le Généraliste entretient, depuis près de trente-cinq ans, une relation aussi singulière que logique avec les médecins généralistes. Un positionnement fait d’empathie, de proximité et de complicité avec ses lecteurs, qui à la vérité s’impose quand on est le seul hebdomadaire destiné exclusivement à vous, « spécialiste du premier recours et des soins primaires », comme désormais on vous qualifie dans les hautes sphères. De ce compagnonnage avec ses lecteurs, Le Généraliste tire à la fois sa raison d’être, ses lettres de noblesse et aussi – pourquoi ne pas le dire – quelques lauriers. Le courrier des lecteurs en fait foi, vous vous exprimez en nombre. Et votre hebdomadaire est en tête, dans sa catégorie, pour un critère qui nous tient à coeur : « l’indice d’intérêt » ! Oui, c’est au Généraliste que vous portez le plus d’intérêt. Quoi de plus naturel quand on sait le soin que nous portons à vous accompagner dans la mutation de votre métier et à décrypter les profondes évolutions du système de soins. Qu’il s’agisse de l’information professionnelle et politique, de l’actualité et de la formation médicale et, enfin, de la gestion du cabinet, et aussi, bien sûr, des loisirs et de la culture, notre obsession est de vous donner les moyens de vivre encore plus passionnément, avec bonheur et rigueur, ce métier dont les spécificités sont enfin reconnues.

Aujourd’hui, nous souhaitons aller plus loin en proposant à nos lecteurs un nouveau service qui vous apporte une rare richesse d’informations et, avant tout, de nouveaux services comme des vidéos, des blogs et, en définitive, de nouveaux outils interactifs. Pour notre journal, vigoureux trentenaire, il ne s’agit pas seulement de vivre avec son temps, et d’embarquer ses lecteurs dans un journal virtuel. Le but est très concrètement de se rapprocher encore de vous, de renforcer le lien entre tous les médecins généralistes et de casser l’isolement inéluctable, à un degré ou à un autre, de votre métier trop souvent encore solitaire. Edition papier, Internet, réunions, rencontres en régions, Le Généraliste est désormais résolument multimédia. Sans s’opposer, ces canaux d’information et de formation se complètent et s’enrichissent mutuellement pour vous apporter au meilleur moment l’information la plus pertinente et la plus adaptée aux besoins individuels de chacun d’entre vous.

Ne nous y trompons pas. Il s’agit là d’une véritable révolution de notre métier dont l’une des conséquences sera assurément un meilleur partage de la connaissance et, au bout du compte, une réalité… plus réelle.

http://www.legeneraliste.fr/layout/...

La réforme, comme vous la voyez

Les médecins généralistes sont-ils réservés sur les pistes de réforme du moment ? En surface, c’est ce que pourrait faire croire une lecture rapide des résultats de notre sondage (voir graphiques ci-contre et p. 20). Pourtant, à y regarder de plus près, des lignes de fractures réelles apparaissent au sein de la profession, notamment sur les mesures à prendre concernant la crise de la démographie médicale. Et une minorité active se montre assez ouverte aux changements. Un peu comme si, face à la réorganisation annoncée du dispositif de l’offre de soins de premier recours alors que les Etats généraux de la santé entament leur dernière ligne droite, les généralistes avaient déjà pris leur parti d’une prochaine redistribution des cartes. Certains seraient même prêts à travailler selon de nouvelles règles. A condition toutefois, que les mesures prises ne concernent pas trop directement ceux qui sont déjà installés, notamment en matière de gestion des flux de démographie médicale. Tel est le principal enseignement du sondage commandé par Le Généraliste auprès de l’institut Sthétos.

Un net distinguo entre villes et campagnes

Ainsi, vous êtes plus de 73 % à rester opposés à une modulation de la prise en charge des cotisations sociales par l’assurance-maladie en fonction de la densité médicale. Avec, malgré tout, un net distinguo entre villes et campagnes : les généralistes exerçant en milieu rural apparaissent beaucoup moins hostiles à la mesure que leurs homologues urbains. Ainsi, les confrères qui exercent dans une commune de moins de 5 000 habitants se déclarent à 46 % favorables à cette modulation, contre 20 % pour les autres.

Beaucoup moins tranchés sont les avis face à l’hypothèse de la création d’une carte sanitaire ambulatoire, sur le modèle de ce qui existe pour l’offre hospitalière, via les Sross. 41 % des généralistes estiment que cette carte doit limiter le conventionnement des médecins libéraux dans les zones en surdensité médicale. Autrement dit, une grosse minorité de la profession accepterait cette remise en cause de la liberté d’installation. Mais il est vrai que, contrairement à la modulation des cotisations sociales, on voit mal comment cette perspective pourrait concerner les médecins déjà installés. Dans des régions excédentaires, elle tendrait même plutôt à garantir à ces derniers, une absence de concurrence nouvelle dans les années à venir…

Dans cette logique, ce sont les médecins ruraux qui sont le moins opposés au numerus clausus à l’installation, puisque 55 % des médecins installés dans les communes de moins de 5 000 habitants y seraient favorables, contre 38 % en milieu urbain.

Côté maisons de santé, en revanche, la perspective de la construction de cent de ces établissements sur le territoire, promise par Roselyne Bachelot vous laissent plus partagés. Si vous êtes 56 % à penser, comme la Csmf, que ces structures doivent être cantonnées aux seules communes déficitaires en médecins, 38 % tout de même estiment que ce nouveau mode d’exercice ne doit pas être l’apanage des seules zones blanches. Une proportion non négligeable qui signifie peut-être que le modèle de l’exercice de groupe, plébiscité par la jeune génération, continue à faire son chemin, au-delà de la simple réponse aux problèmes de démographie médicale ? « Possible, répond le Dr Guy Bigot depuis son cabinet de Meung-sur-Loire. Il n’empêche que, pour ma part, je ne pense pas qu’elles soient la panacée. Certes, parmi les effets bénéfiques, elles contribuent, entre autres, à la rupture de l’isolement, et sont propices aux échanges de pratiques. Je ne suis donc pas surpris par le taux de réponse. Mais attention à ne pas plaquer des modèles univoques partout et surtout contre le souhait des médecins eux-mêmes. Je dis cela en faisant référence au contexte actuel des municipales où les maisons de santé ont fait chez nous, presque partie intégrante de la campagne électorale ».

Parmi les vraies surprises de ce sondage, certaines propositions se heurtent encore aux réticences d’un nombre non négligeable de confrères. Tel est le cas de la délégation de tâches. La moitié d’entre vous déclare « ne pas être prêt » à s’y résoudre (51 %). Et encore ne s’agit-il là que de la face émergée de l’iceberg. Car, à regarder de plus près les taux de réponse, vous êtes 24 % – soit tout de même un généraliste sur quatre – à déclarer « ne pas être du tout prêt » à déléguer la vaccination, la prise de tension ou l’éducation thérapeutique à des infirmières. « Peut-être avez-vous interrogé des généralistes d’un certain âge », sourit le Dr Vincent Hélis (lire témoignage p. 19) qui voit, dans l’importance de ce taux de réponse, la réaction de l’ancienne garde. « Un peu comme les ophtalmos qui refusent de laisser faire les corrections par les opticiens. Cela dit, le champ couvert par la question de votre sondage peut soulever des difficultés. Je fais ici référence à la vaccination qui est un véritable acte médical. Il faut prendre garde à vérifier qu’il n’y ait pas d’infection, la préexistence d’un traitement anticoagulant… Là, je peux comprendre, en effet, qu’un généraliste soit réticent à procéder à une délégation de tâche », témoigne le jeune praticien de trente-cinq ans, qui exerce en cabinet pluridisciplinaire dans les Deux-Sèvres.

Crispation sur les champs de compétence

Cette crispation sur les champs de compétence apparaît, pourtant, pour le moins surprenante au regard de l’évolution novatrice de la profession face à un domaine a priori bien plus polémique : le salariat d’un médecin par un autre. En effet, plus d’un tiers des généralistes ont déjà fait leur révolution culturelle en matière de type d’emploi et de mode de rémunération. Vous êtes ainsi 36 % à vous déclarer « prêt à salarier un confrère ». Sans doute faut-il voir dans ce pourcentage important une tentative de réponse à l’épuisement professionnel ressenti majoritairement dans les campagnes. Il est logique de constater que le taux de réponse par l’affirmative grimpe à 45 % chez les généralistes exerçant en milieu rural (contre 34 % en milieu strictement urbain). « D’autant que le salariat peut revêtir différentes formes, souligne le Dr Georges Delamare (lire témoignage p. 18). Il ne s’agit pas nécessairement de salarier un confrère cinq jours sur cinq, mais d’obéir aux lois du marché. Pour un généraliste qui croûle sous le travail, il est tout à fait imaginable qu’il emploie quelqu’un de façon souple. Deux jours par semaine, pour se libérer du temps. Si on ajoute à ceci le fait que, de l’autre côté, les jeunes et les femmes qui arrivent sur le marché hésitent à s’installer et sont preneurs de temps partiel, le système peut fonctionner. Tout le monde y trouve son compte. D’autant que la concurrence à la traditionnelle installation libérale existe déjà. Il n’y a qu’à voir le nombre croissant de contrats d’emploi signés par les généralistes au sein des Ehpad, par exemple ».

Conclusion, le Dr Delamare est persuadé que le visage du métier a déjà évolué. « Le socle du libéralisme sur lequel nous reposons depuis quarante ans n’est plus aussi intangible », estime-t-il. Et, ce n’est pas « l’effet trente-cinq heures », mais bien l’inadéquation entre le montant actuel du C et les contraintes inhérentes à l’exercice quotidien pour une personne exerçant seule. En clair, face aux emprunts à contracter pour s’installer et aux contraintes administratives, à 22 euros la consultation, l’installation libérale en solo, ne fait plus envie. En tout cas, beaucoup moins qu’auparavant.

http://www.legeneraliste.fr/layout/...

Premières ébauches pour la Ccam clinique

En sommeil depuis 2005, la réflexion sur la classification des actes cliniques du généraliste vient d’être réactivée. C’est le président de la République qui en a donné l’impulsion. La commission de hiérarchisation des actes et prestations (CHAP) s’est, en effet, réunie la semaine dernière. L’assurance-maladie a demandé à une société de service privée de décrire le contenu des actes de consultations. MG France redoute « une issue incertaine » sur le dossier de la Ccam clinique. La Csmf espère que cette première étape « enclenche une réforme des consultations qui permettra de déterminer le prix de l’acte en fonction du contenu et du temps passé ».

http://www.legeneraliste.fr/layout/...

Des dépenses 2007 contenues par la maîtrise médicalisée

La campagne des municipales a permis aux opposants des franchises médicales de donner à nouveau de la voix. Mais il faudra attendre encore un peu pour apprécier les effets de ces dernières sur la consommation de soins. Selon l’assurance-maladie, elles ont permis de dégager 69 millions d’euros d’économies en janvier. Mais leur effet de « responsabilisation » à long terme est beaucoup plus incertain. « Il faudra atteindre au moins un trimestre pour se faire une idée de l’effet des franchises sur les volumes », avance ainsi prudemment Frédéric Van Roekeghem, le directeur de l’Uncam. En bonne logique, le rendement des franchises devrait, en effet, être décroissant au fil de l’année, du fait du plafond à 50 euros par assuré. Pas de doute que cette évolution sera surveillée à la loupe par la Sécu à l’heure où le bilan des dépenses de médicaments sur l’année écoulée montre une progression toujours soutenue. En 2007, le poste des produits délivrés en ville a augmenté de 4,8 % par rapport à l’année précédente. On est loin des tendances du début des années 2000 où la croissance tutoyait les 9 % par an. « Ce bon résultat est lié essentiellement aux résultats de la maîtrise médicalisée ainsi qu’à la progression continue des génériques et les baisses de prix », se félicite le Dr Monique Weber, responsable du département des produits de santé à la Cnam. Ceux-ci viennent ainsi compenser en partie le poids des tendances structurelles de hausse que sont le vieillissement de la population, la prise en charge des maladies chroniques et l’innovation thérapeutique.

Vaccins en hausse

La hausse des dépenses de l’année dernière s’explique pour moitié par la croissance de médicaments dits de spécialités destinés par exemple au cancer, au Sida et à la polyarthrite rhumatoïde. Le coût global de la prise en charge des médicaments anticancéreux a ainsi augmenté d’un quart entre 2006 et 2007. Les vaccins connaissent également une forte progression (+ 17,5 %) portée notamment par le développement du Prévenar® contre les maladies à pneumocoque et l’introduction en juillet 2007 du Gardasil® pour prévenir l’apparition du cancer du col de l’uterus. Ce sont, de manière générale, les molécules récentes, mises sur le marché depuis moins de trois ans, qui portent 85 % de la hausse des dépenses. Ainsi par exemple, le Lucentis®, utilisé pour lutter contre la DMLA, « constitue un apport important en termes de service médical rendu et a représenté une dépense de 33 millions d’euros » depuis sa mise sur la marché en juin 2007.

En ce qui concerne les médicaments « chroniques », leur croissance est modérée à 2,9 %. La maîtrise médicalisée y a joué pleinement son effet. Les statines enregistrent parmi les baisses les plus sensibles (- 3,7 %) ainsi que les psychotropes (- 4,1 %). Dans le même temps, l’assurance-maladie tient à souligner l’impact du transfert croissant des médicaments de l’hôpital vers la ville. En 2007, les prescriptions des médecins hospitaliers représentent près de la moitié de la croissance des dépenses de médicaments de ville. Or la politique de maîtrise est encore embryonnaire. Reste à espérer que le directeur de l’Uncam s’en souvienne lors des prochaines négociations tarifaires. Et qu’une hausse de l’Ondam de ville grevé par l’hôpital ne viennent pas compromettre le C à 23 euros.

http://www.legeneraliste.fr/layout/...

La Cnam dit tout sur les tarifs

Dans les prochains mois, l’assurance-maladie va améliorer son service d’information sur les tarifs des médecins. Selon son enquête de satisfaction annuelle, c’est en effet une forte demande des assurés. L’année dernière, la Cnam avait installé ce dispositif dans toutes les plates-formes téléphoniques. « Info soins » permet aux assurés de connaître les coordonnées des médecins proches de chez eux et de savoir s’ils prennent la carte Vitale. Il communique également les tarifs de consultation de ces professionnels de santé et leur niveau de remboursement. Quant aux médecins à honoraires libres, la Cnam donne une fourchette des tarifs utilisés par le médecin ainsi que le tarif le plus fréquemment pratiqué. « L’information est préalablement vérifiée auprès du professionnel », souligne Frédéric Van Roekeghem. « Les tarifs des principaux actes techniques et ceux des actes dentaires les plus fréquents » seront prochainement précisés. À cette occasion, la Sécu entamera une campagne de communication vers le grand public. En juillet, un numéro de téléphone unique sera créé.

http://www.legeneraliste.fr/layout/...

« La tendance est au regroupement »

« Je ne suis pas étonné par le taux de réponses favorables à la limitation du conventionnement dans les zones surnuméraires. Ce n’est pas la peine d’être hypocrite. La majorité de la profession installée aujourd’hui est constituée de quinquas et ces derniers ne veulent pas scier la branche sur laquelle ils sont assis. Le conventionnement sélectif est une forme de numerus clausus à l’installation déguisé. Quant à la question de l’emplacement des maisons de santé, en ville ou en campagne, je ne crois pas que le critère géographique soit pertinent. La tendance généralisée aujourd’hui est au regroupement, c’est dans l’air du temps, quel que soit le lieu où l’on exerce. Quant à la réticence à appliquer la délégation de tâches, qui est aussi dans l’air du temps, je crois surtout que les généralistes ont peur du côté chronophage de l’affaire. Ça me prendra moins de temps de faire moi-même la piqûre d’un vaccin antigrippe que de faire les paperasses nécessaires et les vérifications pour que l’infirmière puisse la réaliser sans problème. »

http://www.legeneraliste.fr/layout/...

« On demande l’impossible aux médecins »

Le Généraliste. N’est-ce pas une gageure que de vouloir apprendre à des généralistes installés depuis des années les fondamentaux de la relation médecin-malade ?

Dr Isabelle Moley-Massol. Dans le brouhaha général de l’évolution de la médecine, un journal comme le votre, qui fait partie de la culture de la médecine, rappelle l’importance du savoir-être en consacrant une rubrique régulière à ce thème. On demande beaucoup à un généraliste. On demande l’impossible. C’est pourquoi, il est plus que jamais essentiel pour les médecins de se rassembler sur les fondamentaux de ce qu’est la relation médecin-malade. De même que l’on n’a pas peur de dire ce que l’on sait sur une pathologie, il ne faut pas avoir peur de dire où l’on en est sur la relation médecin-malade. Car tout évolue, l’environnement de chacun, mais aussi l’environnement mental.

Quel est le but de votre livre ?

Dr IMM. Il n’est pas question de transformer le médecin généraliste en analyste ou en psy. Il ne s’agit pas non plus de lui donner des recettes. Le but du livre est de les aider en pointant les fondamentaux pour permettre à chacun d’élaborer sa propre réflexion, sa façon d’être en tant que médecin dans sa relation avec son patient. C’est pourquoi le livre est structuré en une première partie théorique sur les fondamentaux, une deuxième sur les grands points qui président à la communication médecin-malade, et, pour finir, des cas cliniques qui sont traités sous forme de questionnements pour ouvrir le dialogue.

Pensez-vous que les médecins sous-estiment leur pouvoir d’influence sur les patients ?

Dr IMM. Que ce soit avec des médecins hospitaliers ou des généralistes, on entend toujours les mêmes questionnements de base au sujet d’Internet. Alors que, justement, Internet n’enlève rien au médecin. C’est une parole froide, impersonnelle alors que la parole des médecins est une parole qui est investie, c’est une parole pleine d’affect. Les médecins n’ont pas toujours conscience de l’importance de leur parole.

A vous entendre, un patient qui débarque avec des informations glanées sur Internet ne remet pas en cause l’autorité de son médecin ?

Dr IMM. Internet est aujourd’hui incontournable. Il doit devenir une opportunité pour ouvrir le dialogue avec le patient et recentrer l’information sur son histoire médicale, dans toute sa singularité. L’éducation du patient impose de prendre en compte la spécificité du sujet, ses croyances, sa culture, ses peurs et, surtout, ses contradictions face à sa santé. C’est une construction pas à pas, une mise à disposition du patient d’une information, une écoute de son point de vue pour travailler ensemble vers un changement autour d’idées préconcues et de ses positions. Cela nécessite du temps.

Cela fait longtemps que l’on reproche aux médecins de ne pas écouter leurs patients !

Dr IMM. C’est vrai que beaucoup de médecins ont perdu une qualité d’écoute. Aujourd’hui, on communique, mais plus on communique et plus on est vide de paroles. Il y a des paroles vides et des paroles pleines. Les paroles pleines, ce sont celles qui vont faire sens pour une personne. Elles sont très rares. Ce qui est paradoxal, c’est que la communication est un bruit qui empêche que des choses s’entendent. Plus on communique comme on le fait aujourd’hui et plus on fait un bruit assourdissant. On ne s’entend pas et les patients n’ont plus l’impression d’être écoutés. Le cabinet du médecin – avec celui du psy – est l’un des derniers lieux d’écoute de la parole du malade. Or si les gens ont recours au psychiatre, c’est bien parce qu’il y a ce besoin fondamental de parole. Il y a une telle avidité des patients que, peut-être, les médecins ne sont pas en mesure d’y répondre, ne serait-ce que par manque de temps.

N’est-ce pas toujours la volonté de guérir qui amène le malade au médecin ?

Dr IMM. C’est la plainte qui amène le malade. Mais, dans les troubles fonctionnels, par exemple, le médecin doit finalement accepter que l’acte médical soit d’entendre et d’accueillir cette plainte que, de toutes façons, le malade revienne parce que ce qui est important pour lui, c’est la relation. « Accompagner toujours, soulager souvent, guérir parfois », disait Hippocrate, mais accompagner toujours. Ce n’est pas parce que le symptôme ne disparaît pas que le médecin est en échec.

Qu’est-ce qui a changé dans la relation médecin-malade ?

Dr IMM. Aujourd’hui, dans la relation médicale, nous sommes passés d’un mode paternaliste à un mode qui se veut plus égalitaire entre partenaires de soins. Il y a une espèce d’illusion d’égalité, de partage de l’information. Le malade veut savoir, il a besoin d’une information sur lui-même et sur sa maladie. Mais ce n’est pas le même savoir, les positions ne sont pas interchangeables. Il existe une dérive dangereuse à penser que le malade a besoin de savoir tout ce que le médecin sait. Ce serait une violence faite au malade. Tout autant que de le priver de savoir. La relation est une construction dans l’intersubjectivité médecin-malade : que dit-on à chaque malade, pourquoi, quand et comment, à quel rythme...

http://www.legeneraliste.fr/layout/...

Santé participative : la démocratie jusqu’aux quartiers

à lire sur : http://www.carnetsdesante.fr/spip.p...

La santé des pauvres est de l’intérêt des riches

à lire sur : http://www.carnetsdesante.fr/spip.p...

Santé : entre sécurité et liberté

à lire sur : http://www.carnetsdesante.fr/spip.p...

Santé publique : vers la maturité

à lire sur : http://www.carnetsdesante.fr/spip.p...

Ni pause ni ralentissement dans les réformes 2008

Sarkozy garde le cap et conforte Bachelot

Au lendemain de la défaite de la droite aux municipales, le chef de l’Etat a annoncé qu’il tiendrait le cap des réformes. Dans le champ de la santé, le programme 2008 s’annonce considérable, qu’il s’agisse du volet « organisation » (accès aux soins, hôpital, agences régionales de santé) aussi bien que du financement avec le réexamen des ALD et un nouveau partage entre solidarité nationale et assurance complémentaire. Roselyne Bachelot a été confortée avenue de Ségur. Les syndicats y voient un gage de lisibilité dans l’action.

NICOLAS SARKOZY avait promis qu’il tiendrait compte du message des Français. C’est au conseil des ministres que le chef de l’Etat a réservé son analyse du dernier scrutin dans un discours volontariste appelant chaque membre du gouvernement à « se consacrer à sa tâche sans se laisser détourner en rien des objectifs assignés ». Parce que les élections « ont exprimé une attente, une impatience » et que la charge de travail reste « immense », il convient pour Nicolas Sarkozy non pas de relâcher la pression mais au contraire de se retrousser les manches dans tous les domaines pour obtenir davantage de « résultats ».

Il n’y aura donc, qu’on se le dise, « pas de changement de cap, ni ralentissement des réformes ». Pas non plus de « plan de rigueur », a-t-il affirmé sans précision, alors que le PS annonce depuis des semaines un prochain et sévère tour de vis (au choix, hausse de la CSG, de la CRDS, TVA sociale) dans un contexte de croissance en berne.

Pédagogie de la réforme. Le maintien de la feuille de route initiale vaut en particulier pour les nombreux chantiers concernant la santé et l’assurance-maladie, qui vont se déployer au deuxième semestre de 2008. A cet égard, la confirmation de Roselyne Bachelot avenue de Ségur (son périmètre a même été élargi à la vie associative) et d’Eric Woerth aux manettes des Comptes publics, est perçue par la profession comme un signal très encourageant, gage de continuité et de cohérence dans la conduite de réformes ardues. Reste à savoir quelles seront les attributions exactes d’Hubert Falco, propulsé secrétaire d’Etat chargé de l’aménagement du territoire (rattaché à Jean-Louis Borloo). Le maire de Toulon aura-t-il un oeil sur la délicate recomposition hospitalière ? Si tel était le cas, il devrait prendre sa part dans la pédagogie de la nouvelle carte hospitalière et contribuer si besoin au déminage auprès d’élus locaux inquiets, là où l’hôpital est le premier employeur. Au ministère de la Santé comme à l’Elysée, on restait discret sur le champ d’intervention d’Hubert Falco, en attendant le décret d’attribution.

Quoi qu’il en soit, les syndicats médicaux approuvent la décision de l’exécutif de ne pas tout chambouler en cours de route dans un secteur sensible. « Roselyne Bachelot va être très exposée dans les mois qui viennent, analyse le Dr Cabrera, président du SML. Le fait de la reconduire avec un champ élargi démontre son poids politique. C’est bien. » Le Dr Martial Olivier-Koehret, président de MG-France, juge même « très positif » cette stabilité. « Nous restons dans la même dynamique intéressante, se réjouit-il. Un changement de ministre aurait pu remettre en cause le discours que nous avons entendu aux EGOS [états généraux de l’organisation de la santé] sur l’accès à la médecine générale sur tout le territoire, l’inscription des missions du généraliste dans le code de la santé publique, ou encore la promotion des maisons de santé pluridisciplinaires. Toutes ces perspectives sont confortées. »

Le Dr Michel Chassang, président de la CSMF - dont une délégation a été reçue à l’Elysée il y a un mois -, n’est guère surpris par la volonté du chef de l’Etat de tenir le même cap, malgré les turbulences. « Sur la santé, le cadrage se fait au plus haut niveau de l’Etat, c’est même du jamais vu. On sait à quoi s’en tenir : même si c’est difficile, même s’il y a des mécontents, Sarkozy veut faire en priorité la réforme de l’hôpital, gouvernance et carte sanitaire. Il veut aussi s’attaquer enfin au financement. Et il nous a même indiqué son souhait d’aboutir sur le secteur optionnel et la CCAM clinique (réforme des consultations). Ce sera la réforme, rien que la réforme mais toute la réforme. »

Equilibre des finances en 2012. Au salon du Medec, Roselyne Bachelot a insisté sur le travail « d’expertise et de réflexion sans précédent » engagé ces derniers mois. Comme pour préparer les esprits au temps des choix politiques.

De fait, les états généraux de l’organisation de la santé (EGOS) centrés sur les soins de premier recours s’achèveront le 9 avril. Ils fourniront au gouvernement un « pack de mesures » sur l’installation, la définition explicite du métier de médecin généraliste et un renforcement des soins primaires. Les propositions de la mission Larcher sur l’hôpital sont également imminentes (voir encadré). La concertation s’ouvre parallèlement sur les futures agences régionales des santé (ARS). Quant au député UMP André Flajolet, il devrait apporter mi-avril un éclairage sur les « inégalités d’accès aux soins ». Toutesces contributions doivent dégager les « principes » du projet de loi de « modernisation de l’organisation de la santé » que Roselyne Bachelot défendra au Parlement « à l’automne ». Dans nos colonnes (« le Quotidien » du 15 février), la ministre en a dévoilé les grands titres : ARS, soins de premier recours, hôpital et santé publique.

Côté comptes publics enfin (Etat, Sécu, collectivités locales), Nicolas Sarkozy a confirmé en conseil des ministres l’impératif de retour à l’équilibre « à l’horizon 2012 ». Dans le cadre de la révision générale des politiques publiques (RGPP), le non-remplacement d’un départ sur deux à la retraite sera « strictement tenu », ce qui fera peser une contrainte forte sur toutes les administrations (le réseau des caisses n’échappe pas à cette règle).

PLFSS 2009 musclé. Pour l’assurance-maladie, le prochain projet de loi de financement de la Sécurité sociale (2009), discuté à l’automne, s’annonce comme LE rendez-vous de premier plan. « Ce sera musclé, prédit un expert, loin de certains budgets de transition. » Nicolas Sarkozy a déjà programmé un réexamen du partage entre solidarité nationale, assurance complémentaire et responsabilité individuelle (panier de soins) ; une refonte des ALD ; et une action renforcée sur la régulation des dépenses (prescriptions et arrêts de travail). Ce qui, décidément, ne laissera guère de répit au monde de la santé.

> CYRILLE DUPUIS

La bouillonnante marmite hospitalière

De toutes les réformes « santé » promises par le gouvernement Fillon, celle de l’hôpital devrait être la première à voir ses contours dessinés : la mission Larcher, qui planche sur le sujet, rendra ses propositions au début du mois d’avril – les dates du 4 et du 10 circulent. L’échéance se rapprochant, la température s’élève au coeur de la marmite hospitalière. La guerre des projets fait rage, des feux et des contre-feux sont allumés, des sondes et des ballons d’essai sont très certainement lancées.

Avec la fin des élections municipales, l’agitation monte encore d’un cran. En sourdine pendant le scrutin, la question épineuse (du point de vue de l’aménagement du territoire et de l’accès aux soins) des restructurations resurgit. Témoin de ce phénomène : la presse nationale s’empare du sujet. En particulier, « le Nouvel Observateur » consacre cinq pages de son dernier numéro à ces hôpitaux que le magazine dit « en sursis », annonçant en gros titre que « le gouvernement veut remettre à plat la carte hospitalière » – de fait, Gérard Larcher devrait suggérer la constitution d’établissements de territoire. Déjà inscrit au programme des dernier SROS (schémas régionaux d’organisation sanitaire), le sort des petits blocs opératoires cristallise les inquiétudes, après celui des petites maternités. La question des structures d’accouchement en France n’est d’ailleurs pas totalement close : « l’Express » publie dans son édition parue hier un classement des maternités franciliennes ; et les gynécologues-obstétriciens réunis au sein du CNGOF viennent de rejeter le projet d’implantation de « maisons de naissances » que portait le dernier plan « périnatalité » (2004).

> K. P.

http://www.quotimed.com/journal/ind...

Relance du dossier médical personnel

Les premières pistes de la mission Gagneux

Michel Gagneux, de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) et pilote de la « task-force » du DMP, a énoncé au Medec les principes clés qui devront présider à la relance du projet. Il remettra au début d’avril une série de propositions à la ministre de la Santé.

LE DOSSIER MÉDICAL personnel (DMP), toujours en stand-by depuis le rapport d’audit très dur rendu en novembre sur la conduite du projet, n’attend plus maintenant que les propositions de la « task-force » (ou groupe resserré d’experts) nommée par la ministre de la Santé pour connaître un nouveau départ. Les premières propositions devraient être remises à Roselyne Bachelot dans « une quinzaine de jours » – c’est-à-dire au début d’avril –, a précisé Michel Gagneux, coauteur du rapport d’audit et pilote de cette task-force, lors de la conférence du Medec consacrée à la relance du projet DMP.

Depuis le début de l’année, a souligné Michel Gagneux, les membres de la task-force ont cogité « sans tabou » pour réviser chacun des postulats de départ du projet DMP. Ils ont aussi consulté « l’ensemble des principaux acteurs » afin d’« identifier les zones de consensus et de divergence ».

Sans dévoiler la teneur du rapport que recevra Roselyne Bachelot, l’inspecteur de l’IGAS a énoncé « quelques principes d’action qui devront présider à la relance du DMP ».

Tout d’abord, « le projet n’a de sens que si c’est un outil utilisé par les professionnels de santé et permettant une amélioration des soins », a rappelé Michel Gagneux. Compte tenu de « l’enjeu culturel d’accompagnement des changements de pratiques », il faudra fonder le DMP « sur l’usage concret, au quotidien, par les différents utilisateurs, avant de déterminer l’architecture et les normes sur le plan technologique ». D’où la nécessité de « mettre en place des phases pilotes pour que les utilisateurs puissent identifier l’intérêt de tel ou tel usage, pour telle ou telle pathologie ».

La fin des grand-messes ? En tout état de cause, « il faut bâtir un projet qui soit évolutif sur le plan des usages et sur le plan technologique ». Evoquant brièvement les initiatives récentes de groupes privés (comme Microsoft, Google et Orange) dans le domaine des dossiers médicaux virtuels, l’inspecteur des Affaires sociales a indiqué que le DMP, outil public, sera conçu de telle façon qu’il n’exclura pas le recours à « toutes sortes de services » complémentaires. « En permanence, le projet DMP devra trouver un compromis entre la facilité d’usage, l’utilité pour les utilisateurs et la préservation des règles de protection et de confidentialité des données, a poursuivi le chef de la task-force. Le DMP doit d’abord être un outil de santé, de gain de chances pour le patient. » Enfin, la relance du DMP exige « un régime de gouvernance particulièrement rigoureuse et adaptée », contrairement à celle du passé qui « n’était pas à la hauteur de la complexité du projet ».

Le responsable de la task-force n’a pas éludé les éléments qui handicapent encore le projet, et notamment « la trentaine de professionnels de santé libéraux sur cent qui maitrîsent l’informatique pour la gestion de leur patientèle ».

Autres « enjeux immédiats » à ses yeux : « adapter les systèmes d’information hospitaliers, remettre des ponts entre la ville et l’hôpital », mais également « faire en sorte que l’ensemble des opérateurs –soit une vingtaine d’organismes travaillant sur des projets connexes, voisins et parfois mitoyens– soient mis sur un même terrain de convergence ». Cela suppose, a-t-il admis, « beaucoup de travail auquel l’administration, le service public, sont souvent mal armés ». Pour y parvenir, selon lui, il conviendra d’avoir une démarche « coopérative » avec les différents acteurs sur le terrain.

Mais, d’ores et déjà, la mission Gagneux aimerait convaincre la ministre de renoncer au séminaire qu’elle prévoyait en clôture de la phase de concertation à venir. Les acteurs concernés (médecins, patients, industriels…), plaide l’inspecteur de l’IGAS, ont déjà eu « beaucoup de discours » et éprouvent « maintenant le besoin de toucher » le futur DMP. Par conséquent, ajoute Michel Gagneux, « on fera de la bonne concertation » seulement si elle « est appliquée à la pratique ». La task-force souhaite, en somme, mettre un point final aux grand-messes sur le DMP, comme celle qui s’était déroulée à Roissy en octobre 2004.

> AGNÈS BOURGUIGNON

Près de 168 000 dossiers pharmaceutiques

L’Ordre national des pharmaciens espère une généralisation à partir de septembre du dossier pharmaceutique (DP), qui liste tous les médicaments délivrés en officine à un patient sur les quatre derniers mois (avec son autorisation) afin d’éviter les prescriptions redondantes et les interactions indésirables. Outil professionnel à l’usage des seuls pharmaciens d’officine, le DP doit alimenter à terme le volet médicaments du futur DMP.

En attendant, l’Ordre des pharmaciens poursuit les expérimentations du DP avec l’autorisation de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL). Au 10 mars 2008, les 370 officines impliquées dans les six départements pilotes (Doubs, Meurthe-et-Moselle, Nièvre, Pas-de-Calais, Rhône, Seine-Maritime) avaient déjà créé 167 810 dossiers pharmaceutiques depuis juin 2007, sachant que 20 % des patients sollicités par leur pharmacien ont refusé de donner leur accord. La CNIL a donné son feu vert il y a un mois pour une extension progressive des expérimentations à 2 000 autres pharmacies sur l’ensemble du territoire.

http://www.quotimed.com/journal/ind...

Maisons de santé pluridisciplinaires

Des financements pourront être attribués dès le printemps

Roselyne Bachelot l’avait annoncé lors de la fin de la première phase des EGOS (états généraux de l’organisation de la santé) : des financements, à concurrence de 50 000 euros, pourront être attribués dès 2008 à une centaine de maisons de santé pluridisciplinaires. Selon la Direction de l’hospitalisation et de l’organsiation des soins (DHOS), des appels à projet en ce sens seront lancés avant la fin avril par les missions régionales de santé. Pour être retenues, ces maisons de santé devront néanmoins remplir un certain nombre de conditions.

LES MAISONS DE SANTÉ pluridisciplinaires sont des lieux de consultations et de soins libéraux dans lesquels travaillent conjointement des médecins généralistes, des professionnels de santé paramédicaux et, éventuellement, des spécialistes qui peuvent venir y effectuer des vacations. En règle générale, ces maisons de santé se situent dans les zones rurales, afin de rompre l’isolement des professionnels, et de pallier une démographie médicale vacillante. Ce rapprochement de professionnels permet en outre aux populations de trouver en un même lieu une large offre de soins de premier recours.

A l’issue des premiers travaux des EGOS (états généraux de l’organisation de la santé), Roselyne Bachelot annonçait que l’Etat participerait au financement de cent maisons de santé pluridisciplinaires, « à hauteur de 50000euros au maximum par projet », avant la fin de l’année 2008.

Projet de santé. Lors du congrès de médecine générale du Medec, la DHOS (Direction de l’hospitalisation et de l’offre de soins, une des grandes directions du ministère de la Santé) a fait le point sur ce sujet.

Des évaluations de ces maisons de santé pluridisciplinaires vont en effet incessamment débuter dans les régions, assorties du soutien financier annoncé par Roselyne Bachelot.

Pour être éligibles à ces évaluations, la DHOS précise que ces maisons de santé, existantes ou en projet, devront avoir élaboré « un projet de santé », que les médecins impliqués dans les maisons de santé appellent un projet médical. Elles devront être implantées prioritairement (mais pas nécessairement) dans des zones sous-dotées en offre de soins, et être en mesure d’accueillir au moins deux généralistes et une infirmière. Ces maisons de santé devront en outre constituer le lieu principal d’exercice des professionnels de santé qui y travaillent, et être en mesure d’accueillir et d’encadrer des étudiants et des stagiaires.

Cahier des charges. De son côté, la DHOS, en concertation avec les acteurs concernés, est en train de mettre la dernière main à un cahier des charges général des maisons de santé pluridisciplinaires. Ce cahier constituera « un socle national » que les missions régionales de santé pourront ensuite utiliser tel quel ou enrichir.

« Dès le printemps », indique encore la DHOS, les missions régionales de santé lanceront des appels à projet autour de ces maisons de santé. Renseignements pris, ces appels à projet devraient en fait être lancés « avant la fin du mois d’avril ». Dès la publication de ces appels à projets, les promoteurs de maisons de santé pluridisciplinaires, en fonctionnement ou en préparation, pourront alors déposer leur dossier pour espérer être éligible au financement annoncé par Roselyne Bachelot. Ces financements seront issus du FIQCS (fonds d’intervention pour la qualité et la coordination des soins).

A la DHOS, on précise que ces évaluations, qui n’ont pas vocation à sanctionner un projet plutôt qu’un autre, sont des procédures courantes dès lors que des financements publics sont attribués. Un peu comme pour les maisons médicales de garde (MMG), dont le fonctionnement a été évalué après qu’elles eurent reçu des fonds FAQSV (fonds d’aide à la qualité des soins de ville).

Selon la DHOS, d’autres expérimentations doivent être prochainement menées « sur de nouveaux modes de rémunération ». Le projet n’est pas encore finalisé, mais, à cette occasion, des modes de rémunération tels que des forfaits pour les charges fixes des maisons de santé, des rémunérations à la capitation ou à la performance devraient être testés.

> HENRI DE SAINT ROMAN

Les ambitions de la Sarthe

Toujours au Medec, le conseil général de la Sarthe a informé les médecins et l’ensemble des congressistes sur les différentes aides qu’il accorde aux futurs et aux jeunes médecins pour les fixer sur son territoire. Selon le Dr Pierre Hélier, vice-président du conseil général, le département a, par exemple, mis en place des aides à destination des étudiants en médecine.

Ainsi, ce département offre 700 euros par mois pendant les trois années d’internat aux étudiants de 3e cycle. Ces mêmes étudiants s’engagent en contrepartie à effectuer des remplacements dans la Sarthe pendant leur internat, et, dès la fin de leurs études, à exercer pendant une période minimale de cinq ans dans une zone déficitaire en offre de soins du département. Le conseil général offre en outre une bourse mensuelle de 400 euros par mois aux étudiants de 3e cycle effectuant leur stage dans la Sarthe, sous réserve que deux des trois praticiens qui les accueillent soient installés hors Le Mans métropole. Enfin, le conseil général offre des indemnités de transport forfaitaires de 200 euros par mois aux étudiants de 3e cycle effectuant leurs stages dans la Sarthe.

Mises en place tout récemment, ces aides ont pour le moment attiré trois étudiants de la faculté d’Angers. Mais Pierre Hélier est bien conscient que ces aides ne résoudront pas à elles seules les problèmes de démographie médicale de son département : « Les futurs médecins du département vont déjà découvrir que les gardes y ont été aménagées (en moyenne une garde toutes les douze semaines), mais l’exercice isolé d’autrefois, c’est fini ! Nous allons maintenant nous engager dans des aides de toutes sortes pour proposer aux jeunes médecins des maisons de santé pluridisciplinaires accueillantes. » L’objectif du conseil général étant, selon Pierre Hélier, de mettre en place une maison de santé par canton ou par communauté de communes. « La Sarthe est prête à mettre le paquet », a-t-il conclu.

> H. S. R.

http://www.quotimed.com/journal/ind...

Dans la perspective de son conseil d’administration

Le SML prépare un plan pour relancer la politique conventionnelle

LORS DE LA PRÉSENTATION de l’avis juridique qu’il a sollicité auprès d’un avocat du Conseil d’Etat sur la composition des instances conventionnelles, le Syndicat des médecins libéraux (SML) a une nouvelle fois demandé la mise en place d’un calendrier cohérent pour faciliter la vie conventionnelle (« le Quotidien » du 20 mars). « Nous souhaitons qu’il y ait une plus grande clarté pour éviter que ne se reproduise la situation de blocage que nous sommes en train de vivre, a déclaré le Dr Dinorino Cabrera. On ne peut pas continuer sur ce modèle avec des règles du jeu qui changent à tout moment. » Le président du SML souhaite que, à l’occasion des discussions pour l’élaboration de la prochaine convention – qui entrera en vigueur en 2010 –, une enquête de représentativité soit réalisée entre 6 et 9 mois avant la fin de la convention en cours. Il serait préférable, selon lui, que les élections aux unions soient organisées pendant la phase d’enquête administrative. « Au vu de l’enquête administrative et du résultat aux élections, le gouvernement décrétera quelles sont les organisations représentatives et les négociations conventionnelles pourront se dérouler en dehors de toute pression électorale future. »

Remise à plat du financement. Profitant de l’ouverture du débat sur la représentativité syndicale par le gouvernement, le Dr Cabrera demande également de remettre à plat le financement des syndicats médicaux. « Nous souhaitons que le financement des syndicats ne dépende pas des signatures des conventions et que la formation soit totalement indépendante des syndicats. On ne s’est pas engagés dans la convention pour ça ! »

Enfin, le SML réclame à l’assurance-maladie une relance de la vie conventionnelle. « Le directeur de l’UNCAM avait accepté le principe de réunions d’accompagnement de la convention, mais elles n’ont jamais vu le jour, déplore le Dr Cabrera. Hormis l’avenant sur la permanence des soins signé en décembre dernier, nous n’avons rien eu et nous allons nous retrouver avec une année blanche pour les rémunérations. Il appartient au directeur de savoir s’il a envie de relancer la convention. Ce ne sont pas les médecins ou le SML qui retardent les opérations. »

Selon le Dr Cabrera, rien ne s’oppose à ce que les négociations conventionnelles puissent se dérouler sans délai.

Le SML, qui doit réunir son conseil d’administration les 12 et 13 avril, entend rester un partenaire actif de la convention. « Nous voulons préparer l’avenir et partir sur de nouvelles bases. Nous présenterons à l’occasion de notre CA un nouveau projet car cette convention présente des limites. »

> CHRISTOPHE GATTUSO

http://www.quotimed.com/journal/ind...

Euthanasie : la mort de Chantal Sébire n´éteint pas le débat

Gaëlle Desgrées du Loû

Chantal Sébire, qui avait sollicité le droit de recourir à un « suicide assisté » par un médecin lui prescrivant un produit létal – ce qui lui a été refusé lundi par un juge de Dijon au nom du code de déontologie médicale et de la Convention européenne des droits de l´homme - a été retrouvée morte mercredi soir à son domicile. En début d´après-midi jeudi, les circonstances et les causes de son décès n´avaient pu être déterminées. Une enquête judiciaire pour « recherche des causes de la mort » a été ouverte, mercredi, par le parquet de Dijon. La question de savoir si une autopsie allait être pratiquée n´était pas encore été tranchée jeudi. Atteinte d´une tumeur évolutive et incurable des sinus et des cavités nasales, qui la défigurait, cette femme de 52 ans réclamait « le droit de mourir dans la dignité » et était soutenue par l´Association pour le droit de mourir dans la dignité (Admd). En médiatisant son cas depuis trois semaines, Chantal Sébire avait relancé le débat sur la légalisation de l´euthanasie.

Quelques heures avant l´annonce de la mort de Mme Sébire, le rapporteur de la loi de 2005 sur la fin de vie et les droits des malades, le Dr Jean Leonetti, a été chargé mercredi d´une mission pour « évaluer son application ». Il devra faire des propositions pour « remédier à la méconnaissance ou à la mauvaise application des textes et éventuellement à l´insuffisance de la législation », en vue de la révision des lois de bioéthique en 2009. A la sortie d´une réunion à Matignon, la ministre de la Justice, Rachida Dati a souligné jeudi qu´il y avait des « adaptations nécessaires » à la loi Leonetti. Le groupe PS à l´Assemblée nationale a annoncé pour sa part qu´il constituait un groupe de travail, autour du député Manuel Valls, pour déposer une proposition de réforme de la loi dans les mois à venir.

Les réactions à la mort de Chantal Sébire ont été nombreuses dans la classe politique et associative. « Même si c´était le souhait (de mourir) de Chantal, j´ai beaucoup de tristesse, car c´était une femme d´exception, avec un caractère exceptionnel, une grande force, une volonté et une voix pour un combat formidable : celui de la fin de vie dans la dignité », a déclaré sur RTL Jean-Luc Roméro, président de l´Admd. Sur RTL également, le député PS de la Vienne, Gaëtan Gorce a appelé à une évolution rapide de la loi Leonetti, d´ici à « la fin de l´année », jugeant que dans la situation de Chantal Sébire, la législation n´apportait pas de solution directe. Le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a jugé « humain et nécessaire » de créer une exception à la loi. La nouvelle secrétaire d´Etat à la Famille, Nadine Morano, s´est elle aussi prononcé en faveur de la création d´une « commission nationale d´exception d´euthanasie ». Un concept qui avait été proposé par le Comité consultatif national d´éthique (Ccne) dans l´avis n°63 du 27 janvier 2000. « L´acte d´euthanasie devrait continuer à être soumis à l´autorité judiciaire. Mais un examen particulier devrait lui être réservé s´il était présenté comme tel par son auteur. Une sorte d´exception d´euthanasie, qui pourrait être prévue par la loi, permettrait d´apprécier tant les circonstances exceptionnelles pouvant conduire à des arrêts de vie que les conditions de leur réalisation. Elle devrait faire l´objet d´un examen en début d´instruction ou de débats par une commission interdisciplinaire chargée d´apprécier le bien fondé des prétentions des intéressés au regard, non pas de la culpabilité en fait et en droit, mais des mobiles qui les ont animés : souci d´abréger des souffrances, respect d´une demande formulée par le patient, compassion face à l´inéluctable. Le juge resterait bien entendu maître de la décision », expliquait le Ccne.

Dans le camp des opposants à la législation de l´euthanasie, l´Alliance pour les droits de la vie a fait part de son « profond malaise devant l´exploitation médiatique et judiciaire faite par un mouvement pro-euthanasie » de la situation de Chantal Sébire. « Pour spectaculaire qu´il soit, ce drame de la maladie et de la dépendance n´est pas si différent de ce que nous rencontrons au quotidien, au travers des services d´aide aux personnes en fin de vie que nous animons. Nous savons bien que le choix d´un cas emblématique vise à faire basculer notre système de santé dans le suicide médicalement assisté. Ce serait entrer dans la logique de l´exclusion des personnes gravement malades ou handicapées. Ce serait cautionner l´idée fausse qu´elles n´ont plus de places dans notre société. Ce serait laisser gagner la peur plutôt que la confiance qui se confirme chaque fois qu´on fait l´effort d´accompagner jusqu´au bout les personnes qui vont mourir, sans jamais prétendre qu´elles ont perdu leur dignité », a réagi l´association.

Sur France-Info, la ministre de la Santé a réitéré son opposition à la légalisation de l´euthanasie. « Le droit au suicide est un droit irréfragable de la liberté individuelle. L´euthanasie active, c´est de demander à un médecin de vous administrer cette mort active », a souligné Roselyne Bachelot, en estimant que la loi de 2005 était encore trop mal connue des professionnels de santé et de leurs patients. Le président de l´Assemblée nationale, Bernard Accoyer, a appelé sur Radio-Classique à ne « jamais légiférer dans la précipitation, dans la pression passionnelle, même si celle-ci est particulièrement douloureuse et émouvante. » Sur France-Inter, l´ancien président du Comité d´éthique, Didier Sicard, s´est dit lui aussi opposé à une réforme de la loi sur l´euthanasie « à partir d´une situation particulière » et qui aboutirait à « un débat parlementaire escamoté ».

Lire l´avis du Ccne « fin de vie, arrêt de vie, euthanasie » du 27 janvier 2000 : cliquez ici pour télécharger le document : http://www.egora.fr/actualites/jour...

Consulter la loi Leonetti : cliquez ici pour télécharger le document : http://www.egora.fr/actualites/jour...

http://www.egora.fr/commun/script/w...

Coopération entre professionnels de santé : le projet de la HAS approuvé par les infirmières

Le projet de recommandation de la Haute autorité de santé (HAS) qui prévoit de nouvelles formes de coopération entre professionnels de santé, dans une logique de substitution des tâches et de diversification des activités, a été jugé satisfaisant par 75% des 218 personnes qui ont répondu à la consultation publique.

Parmi ces répondants, 30% sont des infirmières, 18 % des masseurs kinésithérapeutes et 6% seulement des médecins. Les personnes qui ont participé à l´enquête, précise la HAS, se sont montrées « favorables à une évolution du cadre juridique de définition des professions de santé sur la base d´un modèle mixte faisant référence à des actes mais aussi à des missions générales ». Par ailleurs, 80% d´entre elles plaident pour un développement d´une offre de formation du niveau master (bac+5) accessible aux professionnels paramédicaux. Le projet de recommandation dont la version définitive sera rendue publique le 16 avril a été soumis à la consultation publique du 17 décembre 2007 au 31 janvier 2008. Pour développer les nouvelles formes de coopération, il estime qu´il convient de jouer sur trois leviers : le cadre juridique de l´exercice des professions de santé, les formations dont bénéficient les professionnels de santé, et le contexte économique et organisationnel de l´exercice des professionnels.

Lire le projet de recommandation sur les nouvelles formes de coopération entre professionnels de santé : Cliquez ici pour télécharger le document : http://www.egora.fr/actualites/jour...

http://www.egora.fr/commun/script/w...

Les URML veulent leur place dans la concertation sur les ARS

La Conférence nationale des présidents des Urml compte faire entendre sa voix dans le débat sur la création des Agences régionales de santé et demande à être associée à la phase de concertation ouverte par Roselyne Bachelot. « Les Urml doivent être des acteurs majeurs de ce débat », fait valoir le Dr Philippe Boutin, (Urml Poitou-Charentes). Le nouveau président de la Conférence nationale des présidents d´Urml, élu lors du renouvellement du bureau le 15 mars dernier, a comme vice-présidents les Drs Betty Claman (Urml Guadeloupe) et Roger-Marie Loupec (Urml Guyane).

http://www.egora.fr/commun/script/w...

CH/Statistique des médecins 2007 : augmentation grâce aux femmes

à lire sur : http://www.romandie.com/infos/news2...

Infos médicales générales sur univadis

à lire sur : http://www.univadis.fr/medical_and_...

Santé : les coops gagnent en popularité

à lire sur : http://www.hebdos.net/jsb/edition10...

Discrètement, le dossier pharmaceutique prend son essor

à lire sur : http://www.jim.fr/en_direct/pro_soc...

La mort de Chantal Sebire rouvre le débat sur l’euthanasie en France

à lire sur : http://www.jim.fr/en_direct/pro_soc...

Etes-vous prêts à être notés par vos patients ?

à lire sur (inscription gratuite pour les médecins) :

http://www.impactmedecine.fr/index....

« Manque d’argent »

Dr MICHEL ROUEFF, président de l’URML Ile-de-France

à lire sur (inscription gratuite pour les médecins) :

http://www.impactmedecine.fr/index....

« Des règles peu claires »

Dr PASCAL CHARBONNEL, généraliste et trésorier à la Fenodep (Fédération des organismes agréés).

à lire sur (inscription gratuite pour les médecins) :

http://www.impactmedecine.fr/index....

La HAS se penche sur les enjeux juridiques des informations

à lire sur (inscription gratuite pour les médecins) :

http://www.impactmedecine.fr/index....

La Cnamts commande une étude sur les actes cliniques

La réforme des consultations va-t-elle mettre plus de dix ans pour aboutir comme c’est le cas pour les actes techniques ?

à lire sur (inscription gratuite pour les médecins) :

http://www.impactmedecine.fr/index....

Secteur optionnel : l’Unocam ouverte aux négociations

à lire sur (inscription gratuite pour les médecins) :

http://www.impactmedecine.fr/index....

La reforme du statut du médecin agite l’hôpital

à lire sur (inscription gratuite pour les médecins) :

http://www.impactmedecine.fr/index....

Les étudiants font entendre leur voix sur le projet de réforme des études

à lire sur (inscription gratuite pour les médecins) :

http://www.impactmedecine.fr/index....

L’hôpital tire les dépenses des médicaments

à lire sur (inscription gratuite pour les médecins) :

http://www.impactmedecine.fr/index....

LE CHEQUE SANTE : MODE D’EMPLOI

à lire sur (inscription gratuite pour les médecins) :

http://www.impactmedecine.fr/index....

- PEUT-ON ETRE CONDAMNE AU CIVIL MALGRE UNE RELAXE AU DISCIPLINAIRE ?

à lire sur (inscription gratuite pour les médecins) :

http://www.impactmedecine.fr/index....

LE RESPECT DE LA DEONTOLOGIE NE PROTEGE PAS DU JUGE CIVIL

à lire sur (inscription gratuite pour les médecins) :

http://www.impactmedecine.fr/index....

Une fenêtre sur les inégalités de santé à la Réunion

à lire sur : http://www.clicanoo.com/index.php?p...


Enregistrer au format PDF impression suivre la vie du site syndiquer le forum 0 réaction
Accueil du site | Contact | Plan du site | Espace privé | Statistiques | visites : 34885

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Infos-Actualités  Suivre la vie du site Revue de Presse   ?

Site réalisé avec SPIP 1.9.2e + ALTERNATIVES

Creative Commons License