Revue de presse du 14 Mai 2008
mercredi 14 mai 2008 par JOSEPH Didier
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- La Sécu nous appartient, p1
- Débat sur le statut juridique des agences régionales de santé, p1
- Selon les urgentistes, les hôpitaux sont mal préparés à une canicule cet été, p1
- L’emploi dans l’industrie pharmaceutique en France, p1
- Le gouvernement peine à prolonger l’activité des médecins, p1
- L’inquiétude des étudiants et des internes, p1
- Vers une complète remise à plat dans le projet de loi ?, p1
- Des patients atteints de cancer affirment être « en rupture de soins », p1
- Dans l’Yonne, tout reste à faire, ou presque, p1
- Imposer une évaluation indépendante, p1
- Cris et chuchotements autour d’une réforme se crète, p1
- Sa directrice annonce la disparition de l’AFSSET, p1
- Les Français souhaitent être impliqués, p1
- Réforme de l´hôpital : les urgentistes encouragent les patients à porter plainte pour « perte de chance », p1
- Plan cancer : les spécialistes refusent « l´étatisation » de la cancérologie libérale, p1
- Vers une interdiction de la vente d´alcools aux mineurs, p1
- Industrie pharmaceutique : une étude prévoit la perte de 10 000 à 30 000 emplois, p1
- Les Hospices civils de Lyon, premier employeur de la ville, sont en faillite, p1
- Les leçons du cas Carlat : psychiatre VRP des firmes récemment sorti de l’hypnose industrielle, p1
- Le DSM V en préparation regorge de conflits d’intérêts des experts psychiatres. Et l’APA fait de la com’ pour noyer le poisson, p1
- Se soigner moins cher se révèle payant pour les centres E. Leclerc, par Bertrand Baheu-Derras, Elève-avocat, p1
- Défibrillateur automatique externe à domicile : à quoi bon ?, p1
- Une publicité tapageuse de GSK pour le Cervarix entraîne une remise en cause des campagnes « éducatives » des firmes à destination du grand public, p1
- De nouvelles formes de coopération entre professionnels de santé, p1
La Sécu nous appartient
13 mai 2008Par christian lehmann
« C’est en changeant tous un peu qu’on peut tout changer… » C’est au son de ce slogan mensonger qu’a été mise en œuvre en 2005 la réforme portée par Philippe Douste-Blazy puis Xavier Bertrand.
La mise en place du système du « médecin traitant » a été totalement dénaturée par la complexité tarifaire du parcours de soins, l’absence de tout investissement sur la médecine générale, l’explosion des dépassements d’honoraires, les divers forfaits sur les remboursements de consultation qui, nous disait-on, permettraient à la Sécurité Sociale d’équilibrer ses comptes en 2007… afin d’éviter des franchises sur les remboursements de soins !
lire la suite ici : http://www.mediapart.fr/club/blog/c...
Débat sur le statut juridique des agences régionales de santé
à lire sur : http://www.lesechos.fr/info/sante/4...
Selon les urgentistes, les hôpitaux sont mal préparés à une canicule cet été
à lire sur : http://www.lesechos.fr/info/sante/4...
L’emploi dans l’industrie pharmaceutique en France
à lire sur : http://www.lesechos.fr/medias/2008/...
Le débat national sur l’emploi des seniors
Le gouvernement peine à prolonger l’activité des médecins
Alors que les pouvoirs publics cherchent des solutions pour augmenter le taux d’emploi des seniors en France, un des plus bas d’Europe, la situation particulière des médecins libéraux révèle la difficulté de la tâche. Depuis quelques années, le gouvernement incite sans grand succès les praticiens proches de la retraite à rester en activité… après leur avoir proposé pendant plusieurs années exactement le contraire.
COMMENT AUGMENTER RAPIDEMENT le taux d’emploi des seniors en France, un des plus faibles de l’Union européenne (38 % environ pour les 55-64 ans) ? Le défi est érigé en priorité gouvernementale, alors que le débat fait rage sur l’allongement à 41 ans de la durée de cotisation pour les retraites. Mais à l’heure où le gouvernement cherche des solutions efficaces pour prolonger l’activité des salariés expérimentés, le cas particulier des médecins libéraux seniors lui montre l’ampleur de la tâche. Quelle est la situation ?
Après quinze années de gestion « malthusienne » (entre 1988 et 2003, les pouvoirs publics ont poussé 10 600 médecins à bénéficier du mécanisme d’incitation à la cessation d’activité – MICA – et, donc, à cesser leur exercice !), les gouvernements, brusquement alarmés par les prévisions de départs massifs, ont pris un virage à 180 degrés pour prévenir toute pénurie.
Non seulement le MICA a été fermé, mais des dispositifs incitatifs, dont le cumul emploi-retraite (lire encadré), ont été imaginés, puis renforcés, pour prolonger l’activité des seniors et même appeler à la rescousse les futurs médecins retraités.
Demi-mesures. Or, à ce jour, le succès est mitigé. La disparition du MICA a, certes, permis dans un premier temps d’allonger de quelques mois la durée de l’activité médicale libérale. Mais le phénomène s’inverse à nouveau de façon régulière : l’âge moyen de prise d’effet de la retraite était de 66,4 ans en 2005, 65,9 en 2006, 65,5 en 2007… Quant au cumul emploi-retraite, il connaît un succès très relatif pour diverses raisons : selon les experts, le plafond de revenus est trop bas, le fait que les cotisations ne donnent pas lieu à attribution de nouveaux points pour la retraite est pénalisant, de même que le prix prohibitif d’un nouveau contrat RCP lors de la reprise d’activité libérale… Au 1er janvier 2008, la CARMF recensait seulement « 1277praticiens » cumulant retraite et activité libérale, dont 1 040 hommes (70,3 ans en moyenne) et 237 femmes (69,6 ans).
Des effectifs à comparer avec les 2 700 médecins qui ont fait valoir leurs droits à la retraite pour la seule période comprise entre juillet 2006 et juillet 2007. Surtout, les prévisions sont alarmantes : à partir de 2012 – et jusqu’en 2022 –, les gros bataillons de médecins de la génération du baby-boom postuleront à la retraite : durant cette décennie, entre 5 000 et 5 500 médecins libéraux dévisseront leur plaque chaque année, selon les estimations. De l’avis général de la profession, il faudra davantage que des demi-mesures pour enrayer la tendance.
Opportunités. MG-France, en particulier, s’inquiète régulièrement du phénomène croissant de « déplaquage » des médecins généralistes libéraux à partir de 55 ans. « Il y a un phénomène de ras-le-bol de cette génération, analyse le Dr Claude Leicher, vice-président du syndicat. Mais on observe aussi de nouvelles opportunités pour ces médecins auxquelles on n’aurait pas pensé il y a dix ans : les EHPAD [établissements hébergeant des personnes âgées dépendantes], qui offrent des perspectives de carrière, mais aussi de nombreux postes de médecin salarié ou encore la médecine d’urgence. » Les nouvelles formes d’exercice regroupé et pluridisciplinaire peuvent aussi intéresser en fin de carrière.
Ce qui n’empêche pas de s’interroger sur l’efficacité des politiques visant à augmenter le taux d’activité des seniors.Le Dr Irène Kahn-Bensaude, présidente de la section santé publique et démographie au Conseil national de l’Ordre des médecins (CNOM), souligne les limites des incitations à la poursuite d’activité en médecine libérale. « Comment voulez-vous que, dans les conditions actuelles, un médecin qui arrive à 65ans et qui a travaillé toute sa vie 70heures par semaine ait envie de continuer ? s’interroge la conseillère ordinale. Pour l’instant, rien ne pousse les médecins à continuer. »
> CYRILLE DUPUIS ET CHRISTOPHE GATTUSO
La loi Fillon du 21 août 2003 a introduit un dispositif qui autorise les médecins retraités à continuer d’exercer une activité médicale libérale à condition que les revenus net provenant de cette activité soient inférieurs au montant du plafond de la Sécurité sociale (33 276 euros). Ce plafond ne retient pas les revenus tirés de la participation à la permanence des soins ou à des activités à caractère artistique, littéraire ou scientifique exercées avant la liquidation de la pension de retraite…
Un décret du 5 octobre 2006 a porté le seuil de revenus non salariés cumulables avec la retraite à 130 % du plafond de la Sécurité sociale au profit des médecins ayant fait valoir leurs droits à la retraite après leur 65e anniversaire (43 259 euros).
Le médecin qui souhaite bénéficier du cumul emploi-retraite doit accomplir plusieurs formalités :
– informer la CARMF du maintien ou de la reprise d’une activité libérale et lui adresser l’avis d’imposition avant le 31 décembre de l’année suivant la poursuite ou la reprise d’activité ;
– prévenir le conseil départemental de l’Ordre des médecins de sa demande de cumul emploi-retraite ;
– souscrire une assurance de responsabilité civile professionnelle (RCP) ;
– effectuer toutes les démarches auprès des autres organismes concernés : URSSAF, assurance-maladie…
Plus de renseignements sur le site de la CARMF : www.carmf.fr.
Il n’existe pas de statistique précise sur l’âge de départ à la retraite des praticiens hospitaliers. Dans les rangs prédomine toutefois le sentiment que c’est de plus en plus jeunes que les PH jettent l’éponge. « Autrefois, il n’était pas rare que les médecins travaillent à l’hôpital jusqu’à 68ans et même au-delà ; maintenant, globalement, ils partent à 60ans », constate le Dr Rachel Bocher, présidente de l’INPH (Intersyndicat national des praticiens hospitaliers). Et dans la majeure partie des cas, quand les PH partent, c’est pour arrêter la médecine. « Ils n’en peuvent plus », explique le Dr Bocher, qui voit plusieurs raisons à ce ras-le-bol. « Ce comportement, dit-elle, est le reflet d’une déception. A soixante ans, les médecins souffrent de ne pas être reconnus comme des sages dans une discipline où ils ont de l’expérience –les progrès de la médecine sont tels que les jeunes ne leur demandent pas de conseils. Et ils ont du mal à travailler sur un mode qu’ils n’ont pas connu jusque-là –l’exercice est de plus en plus contraignant, la qualité est moindre… Ne pas être reconnu par ses pairs et travailler à 60ans comme à 40, ça fait beaucoup ! »
Preuve de l’appétit de retraite des PH : les mesures en projet pour écouler le stock de jours de RTT accumulés par eux sur des comptes épargne-temps (CET) prévoient que ces jours soient convertis en points retraite ou soldés en fin de carrière en guise de préretraite. L’une ou l’autre formule, selon Rachel Bocher, intéressera un tiers des médecins concernés.> K. P.
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Stages de médecine générale en 2e cycle
L’inquiétude des étudiants et des internes
Le stage de médecine générale pendant le 2e cycle des études médicales peine à se mettre en place. La dernière enquête réalisée par le Syndicat national des enseignants de médecine générale le prouve (« le Quotidien » du 6 mai). Vingt-cinq facultés ont instauré ce stage pendant le 2e cycle, mais seulement 10 UFR ont respecté la durée prévue par les textes réglementaires (3 mois à mi-temps ou 6 semaines à temps plein). S’ils partagent le constat des enseignants sur la difficile montée en charge des stages, les étudiants et les internes de médecine générale soulignent en revanche qu’il en va « de la responsabilité de tous de faire connaître la médecine générale et d’y former les étudiants ».
Dans un communiqué commun, l’Association nationale des étudiants en médecine de France (ANEMF) et l’Intersyndicale nationale autonome représentative des internes de médecine générale (ISNAR-IMG) soulignent que la rémunération du maître de stage, « qui était le frein majeur et l’un des derniers obstacles à la mise en place du stage, est enfin débloquée, rendant possible sa généralisation dans les UFR ». Le SNEMG demande une harmonisation de l’indemnisation des formations pour les maîtres de stage. L’ANEMF et l’ISNAR-IMG concèdent que tous les obstacles ne sont pas franchis. Les associations de jeunes médecins observent toutefois que certaines facultés ont déjà mis en place un stage de médecine générale pendant le 2e cycle de manière complète. « Il est possible, si tout le monde s’y engage, de faire de cet objectif une réalité », concluent l’ANEMF et l’ISNAR-IMG. Un appel du pied aux enseignants pour leur demander de ne pas bloquer le déploiement du stage pendant le 2e cycle.
> CH. G.
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FMC, EPP ou évaluation des compétences
Vers une complète remise à plat dans le projet de loi ?
LES SPÉCULATIONS vont bon train sur l’avenir de la formation médicale continue (FMC).
Depuis l’annonce d’un nouveau report du lancement de l’obligation quinquennale à l’automne, d’aucuns présument que le dispositif sera complètement chamboulé dans la prochaine loi « santé, patients et territoires ». Le Conseil national de la formation médicale continue des médecins libéraux (CNFMCL) s’inquiète ouvertement de l’avenir de la FMC et de son rôle dans le futur système. Il vient de lancer une enquête auprès des médecins pour connaître leurs attentes en matière de formation (« le Quotidien » du 28 mai). Le ministère de la Santé va, quant à lui, confier une nouvelle mission à l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS). Cette dernière sera chargée d’étudier la simplification du dispositif et de trouver des axes de convergence entre la FMC, l’évaluation des pratiques professionnelles (EPP) et la formation professionnelle conventionnelle (FPC), ainsi que des pistes d’élargissement des sources de financement de la formation. La lettre de mission n’est toujours pas partie. Ce qui fait craindre au Dr Bernard Ortolan, président du CNFMCL, que la mission de l’IGAS ne soit expéditive et que le prochain texte de loi ne soit « déjà écrit » et que la FMC soit confiée à la HAS. Ce que dément le ministère de la Santé. Les syndicats de médecins restent très discrets sur ces nouvelles péripéties réglementaires. Ils ne sont évidemment pas pressés d’accélérer le lancement de la FMC obligatoire. « Ils sont pris entre deux feux, commente un responsable syndical. Défendre une obligation nouvelle ne les enchante pas, mais il s’agit aussi pour eux de ne pas réagir trop tard car cette obligation de FMC pourrait être confiée à d’autres qu’à la profession. »
L’évaluation des compétences pour remplacer la FMC ? La Conférence nationale des présidents d’union régionale, qui fédère les unions présidées par la CSMF, manifeste quant à elle son inquiétude pour l’avenir du dispositif et refuse « une EPP étatisée ». Une crainte d’autant plus forte que, dans ses conclusions, la Mission parlementaire d’évaluation et de contrôle des lois de financement de la Sécurité sociale (MECSS), dans un rapport sur la prescription, la consommation et la fiscalité des médicaments, préconise d’adosser la FMC à la HAS (voir encadré). « Placer l’EPP et la FMC sous la coupe d’une structure administrative constituerait une atteinte au principe même de la médecine libérale », souligne la CNP. Selon un spécialiste du dossier, la nouvelle loi pourrait transformer l’obligation de FMC-EPP en une évaluation des compétences. « C’est en discussion, précise cette source. La mission de l’IGAS devrait démontrer que le bilan des CNFMC et de la HAS n’est pas négatif, mais que le dispositif actuel ne correspond pas à l’activité des médecins. Les praticiens ne peuvent pas adhérer au système, beaucoup trop complexe avec la FMC, l’EPP, l’accréditation… L’évaluation des compétences permettrait d’avoir une FMC dirigée vers une évaluation des connaissances médicales plus ciblée, comme le font les Canadiens, et l’EPP permettrait de voir si ces formations ont porté leurs fruits. » Le prochain dispositif n’est peut-être pas écrit, mais, dans certaines têtes, il est déjà bien avancé.
> CHRISTOPHE GATTUSO
La Mission parlementaire d’évaluation et de contrôle des lois de financement de la Sécurité sociale (MECSS) veut adosser la FMC à la HAS. « L’éclatement de la gestion de la formation professionnelle continue et de l’EPP est source de complexité pour les acteurs et notamment pour les organismes de formation », constate-t-elle dans son dernier rapport. Comme l’IGAS l’avait recommandé dans une précédente contribution, la MECSS demande « que soit étudiée la possibilité d’adosser les CNFMC à la HAS et que le ministère de la Santé, la HAS et l’assurance-maladie soient associés à la décision sur les thèmes prioritaires de FMC et d’EPP ». Elle préconise de renforcer les conditions d’agrément des organismes de formation (cahier des charges plus précis et référentiel de qualité) afin d’assurer leur indépendance à l’égard de l’industrie pharmaceutique, de confier le contrôle du respect de l’agrément à des organismes habilités par la HAS et de prévoir des sanctions en cas de non-respect. Par ailleurs, la Mission souhaite qu’un dispositif de sanction soit prévu en cas de non-respect des obligations de formation continue et d’EPP.
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Conflit local entre l’hôpital d’Angoulême et une clinique
Des patients atteints de cancer affirment être « en rupture de soins »
L’hôpital d’Angoulême et l’agence régionale de l’hospitalisation de Poitou-Charentes réfutent les accusations selon lesquelles tous les patients atteints de cancer ne pourraient plus suivre de séance de radiothérapie. Une affirmation contestée par des médecins de la clinique Sainte-Marie, qui dénoncent la rupture d’une convention par l’hôpital, et le quotidien local « la Charente Libre » qui donne la parole à plusieurs malades.
Y A-T-IL UN SCANDALE de la radiothérapie dans la Charente et plus spécialement à Angoulême, chef-lieu du département ? Oui, si l’on en croit le quotidien « la Charente Libre », qui a publié plusieurs articles sur ce sujet. Le journal donne, dans son édition du 9 mai, la parole à des patients atteints de cancer qui affirment qu’ils sont désormais livrés à eux-mêmes et ont les pires difficultés pour suivre les séances de radiothérapie que leur médecin leur a prescrites.
Non, si on écoute la directrice de l’agence régionale de l’hospitalisation, Marie-Sophie Desaulle, et le directeur de l’hôpital Girac d’Angoulême, Thierry Schmidt, qui, tout en reconnaissant des difficultés récentes, affirment que tout patient envoyé par son médecin ne se heurtera à aucune difficulté pour suivre des séances de chimiothérapie ou de radiothérapie à l’hôpital.
Reste que l’on observera qu’un récent conflit a opposé l’hôpital à la clinique Sainte-Marie (le centre Clinicat) et que l’établissement public a dénoncé la convention qui le liait à la société d’exercice libéral à responsabilité limité (SELARL) des deux praticiens qui exerçaient dans le cadre de la clinique. Ce qui a conduit d’ailleurs cette société à déposer le bilan. Conséquence, un certain nombre de patients suivis par ces médecins sont aujourd’hui en plein désarroi et dénoncent une situation qui conduit, disent-ils, à ce qu’ils soient privés des soins que nécessite leur état de santé. « Nous sommes en rupture de soins », s’exclament certains d’entre eux dans le quotidien local.
Pour un médecin de la clinique qui suit cette affaire de près, mais qui n’y est pas directement mêlé, la situation est dramatique. « Il est clair, dit-il, que des problèmes de personnes, des incompatibilités d’humeur entre des médecins du service de radiothérapie de l’hôpital et les praticiens de la clinique ont contraint la direction de l’hôpital à dénoncer la convention. Mais cela se fait au détriment des patients ; plus grave, encore, les deux appareils dont dispose l’hôpital ne pourront suffire au traitement de tous les malades qui seront envoyés par leur médecin. »
Rassemblement devant la préfecture. Conséquence, insiste encore ce praticien de la clinique, un certain nombre de patients devront se tourner vers les hôpitaux de Bordeaux et de Poitiers, villes qui se situent toutes les deux à plus de cent kilomètres d’Angoulême.
Un scénario catastrophe réfuté par le directeur de l’hôpital. « Nous n’avons et nous n’aurons aucune difficulté à recevoir les malades qui seront envoyés par leur médecin, insiste Thierry Schmidt. La continuité des soins sera assurée. Sans délais d’attente supplémentaire. »
Le service de radiothérapie qui recevait aux heures normales d’ouverture, poursuit-il, 65 patients par jour peut accueillir 90 malades,« sans problèmes particuliers, en tout cas qui ne soient pas insurmontables, et sans qu’il soit besoin d’une troisième machine ».
Enfin, le directeur de l’hôpital affirme qu’il est en fréquent contact avec la direction de la clinique et l’agence régionale de l’hospitalisation pour qu’aucun malade ne souffre de la situation.
La directrice de l’ARH, Marie-Sophie Desaulle, est en tout cas encore plus catégorique. « Il est faux de dire que des malades sont en rupture de soins et n’ont pas accès aux services de radiothérapie de l’hôpital. Ce sont de fausses informations », assure-t-elle même. Le journal local et les patients qui ont témoigné apprécieront.
En tout cas, le raisonnement n’a guère convaicu les associations de patients du département. Ainsi, le comité interassociatif sur la santé (CISS) de la région Poitou-Charentes, structure qui regroupe des associations de patients, organise aujourd’hui mercredi un rassemblement devant l’hôtel de ville d’Angoulême, puis devant la préfecture, pour sensibiliser l’opinion et les pouvoirs publics locaux, voire nationaux, à la situation.
> JACQUES DEGAIN
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Les travaux de la mission sur l’organisation de la PDS
Dans l’Yonne, tout reste à faire, ou presque
Dans le département de l’Yonne, en grande partie rural, la permanence des soins en est à ses balbutiements : pas de régulation libérale, et seul un tiers des secteurs de garde est convenablement couvert. Si l’on ajoute à cela une certaine tension entre régulateurs hospitaliers et effecteurs libéraux, on aboutit à « une situation dramatique », selon l’expression d’un des membres de la mission, qui se penche sur les problème de la PDS et qui a auditionné les représentants de ce département la semaine dernière.
MARDI 6 MAI, la mission d’appui (chargée de venir en aide aux départements ayant du mal à mettre en oeuvre la resectorisation demandée par Roselyne Bachelot) recevait notamment les représentants du département de l’Yonne.
Un département où l’organisation de la PDS en est encore à ses balbutiements : selon le Dr Daniel Buron, secrétaire général du conseil départemental de l’Ordre des médecins (CDOM), dans un bon tiers des secteurs du département, les gardes ne sont en effet pas du tout assurées, tandis que, dans un autre tiers, elles le sont épisodiquement. De plus, ce département ne dispose pas de régulation libérale, si bien que les patients qui appellent le 15 et dont la pathologie ne semble pas présenter de caractère d’urgence ou de gravité sont systématiquement renvoyés directement sur le téléphone professionnel du médecin de garde, quand il y en a un. Pour un des membres de la mission, qui fait état en conséquence d’une « situation conflictuelle entre les régulateurs hospitaliers et les médecins effecteurs », l’Yonne est dans une situation « dramatique en termes de PDS et, dans ce département, tout le monde est découragé. Ils sont dans la situation qui prévalait en France à la fin de l’année 2001, au moment de la grande grève des gardes, quand la PDS n’était ni financée, ni organisée, ni régulée ».
Conséquence de cette situation, la demande de resectorisation de la circulaire de Roselyne Bachelot n’est pas le plus grand souci de ce département. En effet, lorsqu’un bon tiers des secteurs n’effectue aucune garde, la réduction de leur nombre semble être une solution logique. Mais la régulation libérale n’existant pas encore dans ce département, « il va falloir que le CDOM et la DDASS (direction départementale de l’action sanitaire et sociale) mettent tous les acteurs autour de la table pour mettre en place cette indispensable régulation, indique encore un membre de la mission, et décident d’arrêter les gardes de nuit, pour lesquelles il n’y a pratiquement aucun acte, afin de dégager des volontaires pour des gardes plus utiles. Il va aussi falloir qu’ils s’organisent pour mettre en place des points fixes de garde pour faciliter l’effection ».
Pour le Dr André Deseur, tout à la fois membre du Conseil national de l’Ordre des médecins (CNOM) et de la mission, « cette situation est toutefois en partie occultée par le fait que beaucoup de médecins de l’Yonne assurent la garde pour leurs patients, à l’ancienne. Mais leur dévouement masque les difficultés à venir ». Car les faits sont têtus, et les courbes démographiques de ce département faisaient déjà état, à la fin 2006, d’une très faible densité de médecins généralistes en activité régulière, avec 138 médecins généralistes pour 100 000 habitants.
Nouvelles auditions. En tout, 36 départements auront sollicité l’aide de la mission d’appui, sans qu’il soit possible à ce jour d’en obtenir la liste exhaustive. Pour André Deseur, « certains départements n’ont pas souhaité être entendus par la mission, alors qu’ils correspondent au profil des départements déjà auditionnés. La raison en est qu’ils ne souhaitent pas modifier leur organisation qui leur donne satisfaction en l’état, et ce n’est pas le paiement de l’astreinte de 100euros pour le samedi après-midi, dont les deux tiers vont partir en impôts, qui vont les motiver à faire cette demande ». Néanmoins, les membres de la mission confirment que de nouvelles dates d’audition ont été ajoutées à celles initialement prévues, comme celles du 12 et du 18 juin. Une dernière réunion a été prévue pour le 1er juillet prochain, mais il s’agira cette fois d’une réunion de travail au cours de laquelle les membres de la mission réfléchiront à des propositions d’amélioration du dispositif général de la permanence des soins.
> HENRI DE SAINT ROMAN
Selon le Dr André Deseur, la marche à suivre pour tout département sollicitant l’aide de la mission d’appui est la suivante : tout d’abord, les représentants du département exposent à la mission leur situation locale et les raisons qui, selon eux, leur interdisent d’adhérer aux critères définis par la circulaire de Roselyne Bachelot. Les représentants du département et les membres de la mission explorent ensuite ensemble les pistes de solution.
Il est ensuite demandé au préfet ou à son représentant de proposer une perspective d’aménagement de l’organisation de la PDS qui aille « dans le sens » de la circulaire, à trois mois, puis, selon les cas, à un an ou à dix-huit mois.
Ces propositions sont transmises au cabinet de la ministre qui envoie au préfet une feuille de route rédigée dans le sens des propositions formulées.
Selon André Deseur, « si le préfet, au cours d’une réunion du CODAMUPS (comité départemental de l’aide médicale urgente et de la permanence des soins), s’engage à respecter la feuille de route, il peut espérer un paiement rapide des astreintes du samedi après-midi ».
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Haut Conseil de la santé publique
Imposer une évaluation indépendante
Le Haut Conseil de la santé publique (HCSP), chargé d’apprécier les plans Cancer, Alzheimer, Environnement et Maladies rares, s’emploie à faire naître une évaluation des politiques de santé publique indépendante de groupes de pression, dit au « Quotidien » son président, le Pr Roger Salamon, à la veille de l’annonce par le chef de l’État d’un nouveau programme quinquennal sur les tumeurs malignes.
EN PLACE DEPUIS le printemps 2007, le Haut Conseil de la santé publique a repris les missions du Conseil supérieur de l’hygiène publique de France et du Haut Comité de la santé publique, en les élargissant. Avec ses 105 membres et les représentants des neuf agences qui entourent le ministère de la Santé (voir encadré), il répond aux saisines des pouvoirs publics sur des questions d’actualité, ce qui a donné lieu par exemple à une recommandation sur l’arrêt de l’obligation de la vaccination par le BCG. À cela s’ajoute un champ d’intervention nouveau, la loi quinquennale de santé publique du 9 août 2004. « Il nous appartiendra d’évaluer la législation –non pas l’année prochaine, mais en 2010, prévoit déjà le ministère– et de formuler des propositions nouvelles au législateur », explique au « Quotidien » son président, le Pr Roger Salamon, épidémiologiste bordelais*. « Pour l’heure, nous avons passé au crible 39 des 105objectifs de la loi. » Les premiers bons points, appels à mieux faire ou correctifs à apporter, intéressent notamment les maladies transmissibles, l’alcool, le tabac et le cancer. Dans ce dernier cas, le HCSP couvre, dans sa dimension prévention-dépistage-soins, le plan impulsé le 23 mars 2003 par Jacques Chirac, qui sera relancé pour cinq ans le mois prochain par Nicolas Sarkozy, l’IGAS veillant aux conditions de prise en charge pluridisciplinaire et la Cour des comptes au financement. « Notre tâche, en dehors de toute pression, est d’analyser par exemple le dépistage du cancer du sein ou du côlon : est-il bien fait ? Ne crée-t-il pas des inégalités ? Ne compte-t-on pas trop de faux négatifs ou de faux positifs ? Qu’advient-il de l’éducation à la santé ? »
Avec les plans Maladies rares 2005-2008, Environnement 2004-2009 et Alzheimer 2008-2012, le Haut Comité se veut tout aussi exigeant et délié de toute influence. « Nous ne sommes pas un comité ad hoc pour rigoler, tient à affirmer son responsable, nommé pour trois ans. De même que la Haute Autorité de santé intervient à titre ponctuel afin de mesurer l’efficacité de telle ou telle pratique, notre rôle consiste à peser au trébuchet de la rentabilité telle ou telle politique de santé. Face aux buts à atteindre, on se donne des indicateurs qui servent à savoir si le chemin emprunté est le bon. La démarche n’a rien à voir avec une opération de contrôle. C’est un exercice pionnier, car la France manque d’une grande culture de l’évaluation. Et lorsqu’on a recours à des intervenants extérieurs, ceux-ci se doivent d’être nécessairement indépendants. J’observe que, en ce qui concerne l’environnement, bien des choses n’ont pas encore été prises en compte pour maîtriser, entre autres, l’incidence des champs électromagnétiquesou des pesticides dans l’alimentation. » Des groupes seraient-ils prêts à faire pression ?
Questionné par ailleurs sur l’idée de regrouper les agences sanitaires (lire page 14), le Pr Salamon la juge « parfaitement acceptable ». « Il suffit de considérer les redondances, ou éparpillements, en matière de nanotechnologies, puisque chacune des agences en question dispose d’un laboratoire de réflexion sur leur existence, pour y voir une excellente idée. Ça ne me choque pas, il m’apparaît toujours bon de chercher à vouloir améliorer tel ou tel fonctionnement, ne serait-ce qu’un tout petit peu. »
> PHILIPPE ROY
* Le Pr Roger Salamon, chef de service au CHRU de Bordeaux, chercheur INSERM, est à l’origine de l’Institut universitaire de santé publique, d’épidémiologie et de développement.
Cancer : le dépistage précoce reste la clé pour les cancers du sein, de la prostate, du poumon et du côlon, qui représentent un peu moins de la moitié des décès et des nouveaux cas.
Environnement : un prébilan, mené par un comité d’évaluation (juin 2007), placé sous la responsabilité du Pr Isabelle Momas, vice-présidente du HCSP, montre que 60 % des 45 actions du plan se révèlent conformes aux prévisions.
Maladies rares : pour le HCSP, il s’agit de veiller au développement d’une information des familles s’appuyant sur des prises en charge validées.
Alzheimer : la création de « maisons pour l’autonomie et l’intégrations des malades d’Alzheimer », porte d’entrée unique des patients et de leurs familles dans le dispositif de prise en charge, donnera lieu, en 2012, à une évaluation de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie, tandis que le HCSP se penchera sur la question du diagnostic.
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Les agences sanitaires sur le gril de la RGPP
Cris et chuchotements autour d’une réforme se crète
Dans le cadre de la révision générale des politiques publiques (RGPP), le dernier conseil de la modernisation (CMPP) a annoncé le regroupement des agences nationales nées de la loi de 1998 sur la sécurité sanitaire. En l’absence de toute information officielle sur le sujet, « le Quotidien » a recueilli les réactions partagées des dirigeants des agences. Et révèle l’une des dispositions de la future réforme : la suppression de l’AFSSET (environnement et travail), immolée sur l’autel des économies budgétaires.
IL Y A TROP d’agences. Sus à « l’agenciarisation galopante ». Depuis quelques années, des voix s’élèvent pour dire que, nées dans l’urgence des grandes crises (vache folle, sang contaminé…), dessinées avec des périmètres flous, dotées de financements et de statuts mal définis, les grandes agences sanitaires (Agence française de sécurité sanitaires des aliments, Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé, Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail), sans parler des instituts (Institut de veille sanitaire, Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire, Institut national de l’environnement industriel et des risques, Institut national de prévention et d’éducation pour la santé), doivent être réformées. Dans son rapport sur la veille sanitaire en France, en 2006 (« le Quotidien » du 5 octobre), le Pr Jean-François Girard dénonçait « un dispositif qui pèche par de trop nombreuses interfaces et une excessive complexité ». L’année suivante, le rapport sénatorial de Nicole Bricq en remettait une couche. Il fustigeait « la gouvernance de ces objets administratifs non identifiés, sans contrôle, leurs chevauchements, l’incompatibilité de leurs systèmes d’information, leur foisonnement et leur hétérogénéité ». De fait, comme l’a souligné Nicolas Sarkozy, présidant le 4 avril le deuxième conseil de la modernisation des politiques publiques (CMPP), « nous n’avons rien inventé, dès lors que de nombreuses mesures liées à la RGPP (révision générale des politiques publiques) s’inspirent de travaux parlementaires. » D’ores et déjà, le programme était annoncé : « Les agences sanitaires nationales seront regroupées afin de simplifier les conditions de leur pilotage par l’État, de renforcer leurs capacités d’expertise interne, de réduire les risques de redondance entre elles et de rendre plus lisible l’ensemble du dispositif. » Le communiqué officiel se contente de préciser : « Leur regroupement, qui devra être ambitieux, s’effectuera de manière à organiser des pôles cohérents qui correspondent à leur grande mission. »
« Un chantier normal et nécessaire ». Un programme qui n’est pas sans rappeler les conclusions du rapport Girard : il faut remodeler le dispositif actuel autour de trois opérateurs qui exerceront les trois métiers constitutifs des agences, à savoir : la surveillance et la veille, la police sanitaire des produits et des aliments destinés au consommateur ou au malade et, enfin, l’évaluation des risques des milieux (air, eau, sol).
Au cours des trois dernières semaines, les patrons des agences ont été auditionnés pour s’expliquer sur leurs modes de fonctionnement et leur envie de réforme, devant un cabinet d’audit privé, des inspecteurs de l’IGASS et des inspecteurs des finances. Comme ses homologues, le Dr Pascale Briand a planché à plusieurs reprises devant le tribunal de la RGPP. Tout en « se félicitant de l’ouverture d’un chantier normal et nécessaire pour penser, repenser et optimiser le travail des agences, dix ans après leur naissance », la directrice générale de l’AFSSA refuse d’être « prisonnière de cadres inamovibles dès lors qu’ils ne seraient plus jugés pertinents. C’est bien sûr primordial de rendre le travail des agences plus lisible et plus cohérent », insiste-t-elle. Sans s’engager jusqu’à dire que « l’AFSSA doit rester l’AFSSA », elle a prêché devant le CMPP « pour un regroupement des métiers qui fasse sens dans l’analyse, pour une meilleure réactivité, la logique de projet ne devant pas être mise à mal par des périmètres inappropriés ». Autrement dit, « d’accord pour envisager de nouveaux schémas s’ils ont du sens. »
Au passage, Pascale Briand souligne que, à sa connaissance, la réflexion n’est pas achevée, mais qu’« améliorer la lisibilité des pôles existants est déjà un objectif partagé par les agences ». En bref, la RGPP ne l’inquiète pas. Et n’entame nullement, assure-t-elle, son « calme, (sa) sérénité, non plus que la motivation des équipes de l’AFSSA ».
Inquiétude et révolte.Avec son homologue de l’AFSSET, Michèle Froment-Védrine, mais sur un tout autre registre (lire ci-dessous), Pascale Briand est la seule directrice d’agence à accepter de s’exprimer publiquement sur la réforme en gestation. Les autres, inquiets de savoir à quelle sauce ils seront mangés, restent mutiques. « Laissons travailler les responsables de la RGPP, confie l’un, qui, habitué à toutes sortes de processus d’évaluation et d’audit, mais ne pouvant rien maîtriser dans la manoeuvre en cours, affecte de ne pas être encore concerné. Même si, ajoute-t-il, « on ne parle que de ça, bien sûr ».
Dans certaines agences, on ne cache pas « la désagréable impression d’être renvoyé dix ans en arrière. Au mépris de l’aventure scientifique que nous avons vécue depuis 1998. On dirait que les technocrates de la RGPP sont en train de réinventer le monde sanitaire ».
« Tout se passe comme si la réforme se manigançait sauvagement dans notre dos, murmure un troisième, avec une opacité étudiée. »
Les grands anciens de la sécurité sanitaire à la française s’émeuvent aussi. Dans la tribune que publie « le Quotidien », le Pr Claude Huriet, auteur de la loi du 1er juillet 1998 sur le renforcement de la veille sanitaire et le contrôle de la sécurité sanitaire des produits destinés à l’homme, brandit l’étandard de la révolte contre la superagence qu’on est en train d’imaginer sous couvert de modernisation et d’optimisation économique des politiques publiques. De Washington, où il est conseiller social à l’ambassade de France, le Pr Jacques Drücker, qui fut le premier directeur général de l’InVS, déclare comprendre que, « devant un paysage en pleine évolution, la question du juste format des agences et de leur pilotage pointu soit à nouveau posée. Ne cédons pas aux vieux clichés sur la guéguerre entre administrations centrales et agences. Mais gardons-nous aussi de casser une dynamique qui a largement fait ses preuves depuis dix ans. Les Américains eux-mêmes nous l’envient. Pour la sécurité alimentaire, notre dispositif est dix fois plus performant que le leur ».
Ancien directeur de cabinet de Bernard Kouchner, et l’un des principaux artisans de l’histoire sanitaire, Didier Tabuteau prévient : « L’absence de transparence du processus de réforme est très inquiétant. Sans faire de procès d’intention, il ne faudrait pas que l’enjeu majeur de la santé publique soit sacrifié à des considérations purement financières, en passant par profits et pertes les leçons des grandes crises sanitaires dont nous sommes sortis. »
> CHRISTIAN DELAHAYE
Avec 166 mesures dans de nombreux secteurs et un objectif global, selon Bercy, de 7 milliards d’économies à l’horizon 2011, le vaste chantier de la révision générale des politiques publiques (RGPP) vise à rendre l’état plus efficace et moins dispendieux. Dans le domaine de la santé, outre les restructurations nécessitées par la mise en place des agences régionales de santé (ARS), qui étaient déjà sur les rails, la RGPP a décidé, lors du conseil de la modernisation réuni le 7 avril à l’Élysée, de regrouper les différentes agences sanitaires nationales. On en saura plus lors du 3e conseil qui a été repoussé à la fin mai, le temps de mener à bien les audits conduits confidentiellement par des cabinets privés. Une loi de programmation budgétaire pluriannuelle (2009-2011) devrait être adoptée à la fin juillet en conseil des ministres. Et elle devrait être soumise au Parlement dès la rentrée de septembre.
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Sa directrice annonce la disparition de l’AFSSET
Michèle Froment-Védrine dirige l’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (AFSSET) depuis sa création. Elle annonce au « Quotidien » que son établissement va être absorbé au sein d’une structure plus importante. Elle dénonce « une réforme adoptée par des financiers qui bradent la sécurité environnementale en France ». Et elle exprime ses craintes au sujet de prochaines crises sanitaires.
2002-2008. L’AFSSET aura tenu six ans face aux vents contraires qui ont soufflé sur la plus jeune et la plus petite agence sanitaire, dès sa naissance. « En 2002, rappelle au “Quotidien” sa directrice générale, le Dr Michèle Froment-Védrine, à la différence des autres agences dotées d’emblée de puissants moyens, nous avons souffert de l’insuffisance de nos budgets et d’une réglementation défavorable : lancés avec un effectif de 12personnes, sans même disposer d’un local, nous avons cependant assumé notre rôle de tête de réseau d’expertise. Sans produire nous-mêmes d’évaluation, nous coordonnons les travaux de partenaires extérieurs, sans que les pouvoirs publics aient obligation d’en passer par nous. Le résultat, c’est qu’aujourd’hui nos cinq ministères de tutelle (Écologie, Santé, Travail, Agriculture et Économie) commandent en direct des études à des organismes divers, qui partent dans tous les sens. »
Pour Michèle Froment-Védrine, il faudrait donc recréer l’AFSSET. Et adopter une meilleure gouvernance de l’expertise scientifique. « Mais la RGPP a choisi de nous démanteler, accuse-t-elle, nous allons être avalés par l’AFSSA. »
Pourtant, l’agence avait fini par atteindre une masse critique satisfaisante, estime sa directrice, avec 120 collaborateurs réunis en quatre départements (chimie, biocides, air et agents physiques) et un budget de 20 millions d’euros. Le contrat d’objectifs et de moyens signé l’an dernier avec le gouvernement pour la période 2008-2011 avait confirmé le rôle de l’AFSSET dans deux plans jugés sensibles : le plan national Santé-Environnement (PNSE) et le plan Santé-Travail. L’expertise de l’agence devait également contribuer à l’application du règlement européen concernant l’enregistrement, l’évaluation et l’autorisation des substances chimiques (REACH). En 2007, l’AFSSET a publié une douzaine d’avis sur des sujets variés : fibres minérales artificielles, virus H5N1, éthers de glycol, qualité de l’air dans les parkings couverts, fixation de valeurs toxicologiques de référence, valeurs guides de l’air intérieur, coûts liés à la prise en charge de certaines pathologies liées à la pollution.
« Des audits pour maquiller a posteriori un plan ». Auditionnée comme les autres directeurs d’agence dans le cadre de la révision générale des politiques publiques, la directrice de l’AFSSET estime qu’elle n’a « absolument pas été entendue » par ses juges. « Ils m’ont écoutée sans émettre la moindre objection, confirmant par leur indifférence ma certitude : ces audits sont seulement destinés à maquiller a posteriori un plan qui a été décidé dans la foulée du rapport Girard, pour ramener à trois le nombre des agences sanitaires. Pourquoi trois ? Cela n’apporte rien et personne n’est en mesure de me l’expliquer, pas même deux des ministres de tutelle que j’ai pu rencontrer. »
Michèle Froment-Védrine ne décolère pas. « Cette réforme a été adoptée sous la pression de quelques financiers qui bradent la sécurité environnementale en France, lance-t-elle. Sous couvert de réaliser des économies qui vont vite se révéler illusoires, on sacrifie les impératifs scientifiques et on s’expose à voir éclater bientôt des crises graves, par exemple dans le domaine des biocides. »
La directrice de l’AFSSET présente ce matin à la presse son rapport 2007, qui, selon toute vraisemblance, dit-elle au « Quotidien », sera le dernier. Vendredi, elle quittera ses fonctions, parvenue au terme de son second mandat. « A ma connaissance, je ne serai pas remplacée, même de manière intérimaire. Pour les quatre chefs de département de l’agence et leurs équipes, tout risque de s’arrêter. C’est un énorme gâchis scientifique et humain. »
> CH. D.
Auditionnée le 6 mai par l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST), Michèle Froment-Védrine a présenté un bilan de ses mandats et un résumé du rapport d’activité 2007 de l’agence. Selon l’OPECST, l’audition a révélé que l’agence « avait démontré l’existence d’un réel besoin d’expertise dans son champ de compétence ». En 2007, en dépit, notamment, de moyens limités, elle a répondu aux saisines qui lui ont été adressées et s’est parfois autosaisie, ce qui a abouti à 12 avis publiés (fibres minérales, H5N1, éther de glycol, qualité de l’air dans les parkings couverts, coûts de prise en charge de pathologies liées à la pollution, etc.).
L’audition a permis d’évoquer plusieurs voies pour améliorer la gouvernance de l’expertise scientifique, relève encore l’OPECST, dont la coordination des saisines émanant des autorités de tutelle et des autres ministères, la définition des conditions permettant à une personne de se dénommer « expert » et la protection de l’expert « contre certaines manoeuvres d’intimidation ou visant à le décrédibiliser ».
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Débats sur la santé
Les Français souhaitent être impliqués
Une enquête menée par l’IFOP pour GSK met en évidence les fortes préoccupations des Français concernant les questions de santé. Le laboratoire va poursuivre sa démarche initiée en 2005, en organisant, en juin 2008, une 4e Conférence de citoyens.
LES RÉSULTATS de la première enquête IFOP-GSK « Citoyenneté et santé : le regard des Français » montrent que les questions de santé se placent en troisième position des sujets qui préoccupent le plus les Français (39 %). Cinquante-huit pour cent des personnes se disent bien informées. Mais de fortes inégalités existent : les ouvriers, les employés et les inactifs sont nettement moins informés que les cadres et les professions libérales. Alors qu’elles montrent une forte préoccupation en ce qui concerne les questions de santé, les personnes interrogées font état d’un jugement sévère sur le comportement de leurs semblables par rapport au système de santé. Soixante-treize pour cent des interviewés affirment en effet que la plupart des patients se comportent comme des consommateurs de soins pensant avant tout à leur santé et à celle de leurs proches sans prendre en compte le coût des soins pour la collectivité, alors même qu’ils déclarent qu’il faut agir en amont de la consommation médicale en adaptant ses pratiques quotidiennes pour rester en bonne santé. Le comportement vis-à-vis du médecin doit aussi évoluer, par exemple, pour 40 % des interviewés, en respectant ses prescriptions et ses recommandations.
Cette étude révèle également un clivage générationnel marqué. Les moins de 35 ans et leurs aînés expriment en effet des avis divergents concernant les comportements à avoir, mais également au sujet de l’implication dans le débat et des acteurs les plus à même de porter la parole des citoyens ; les plus jeunes font largement plus confiance aux professionnels de la santé, alors que les plus anciens souhaitent davantage l’implication des corps intermédiaires, tels que les associations ou les mutuelles.
Il ressort aussi de cette enquête que le rapprochement « citoyenneté et santé » a un sens aux yeux des Français : 70 % des personnes interrogées affirment que les citoyens doivent pouvoir participer directement au débat sur les questions de santé.
Conférence de citoyens. Toutes ces données confortent le Laboratoire GlaxoSmithKline dans sa démarche. Ainsi, aujourd’hui, le laboratoire donne une nouvelle impulsion au débat « Avenir de la santé », lancé il y a trois ans, en renouvelant ses bases pour consulter un plus grand nombre de citoyens et plus fréquemment.
« Il s’agit d’une démarche logique pour nous. Notre système de santé doit évoluer et nous souhaitons avoir un rôle de catalyseur de ce débat », a déclaré Christophe Weber (GSK). En 2008, le débat s’articulera autour d’un nouveau dispositif renforcé avec un site Internet (www.avenirdelasante.fr) plus riche et plus pédagogique, une quatrième conférence de citoyens, en juin prochain, autour du thème du parcours de soins et de l’organisation des soins. Plusieurs enquêtes IFOP permettront de tester auprès d’un panel de 1 000 citoyens-internautes les pistes de réforme.
> CHRISTINE FALLET
Conférence organisée par le Laboratoire GSK.
« Ma santé demain. Onze décideurs répondent » : Hélène Cardin et Hervé Réquillart, journalistes spécialistes des questions de santé, sont allés à la rencontre de onze décideurs, parmi lesquels Frédéric Van Roekeghem (directeur général de la CNAMTS), Didier Houssin (directeur général de la santé), en leur proposant de réagir aux recommandations des citoyens. En regroupant ces onze entretiens, l’ouvrage « Ma santé demain… » permet de répondre à de nombreuses questions concernant la prévention, la qualité des soins, la place du patient… Il est publié aux Éditions Odile Jacob-Duvernet, en collaboration avec le Laboratoire GSK, et est préfacé par Roselyne Bachelot.
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Réforme de l´hôpital : les urgentistes encouragent les patients à porter plainte pour « perte de chance »
G.D.L
Le rapport Larcher qui préconise des redéploiements hospitaliers autour des « communautés hospitalières de territoire » aboutit à « une remise en cause profonde de l´accès aux soins », selon l´Association des médecins urgentistes de France (Amuf). « Les urgences deviennent l´alpha et l´oméga de la réforme de l´hôpital. On ne peut pas tout fermer et laisser les services d´urgences isolés. Un service d´urgence sans lit d´aval et sans hospitalisation, ce n´est pas possible. La recomposition hospitalière est effrayante », estime Patrick Pelloux, président de l´Amuf. Il appelle donc les patients à porter plainte contre les Agences régionales d´hospitalisation (ARH) pour « perte de chance ». Et dénonce notamment la situation de danger de la population de Clamecy (Nièvre), dont la maternité a fermé et de Carhaix (Finistère), où la maternité et la chirurgie sont menacés de fermeture.
Devant la presse mardi, Patrick Pelloux s´est par ailleurs inquiété des prévisions de fermeture de lits pour l´été, qui « promettent d´être encore plus importantes que les années précédentes » et de la situation « dramatique » de manque de personnels dans les hôpitaux, alors que les menaces climatiques (canicule) sont de plus en plus fortes. « Au ministère de la Santé, on empile des structures qui proposent des observatoires et publient des rapports qui ne servent à rien. Mais il ne se passe rien. Tout est fait pour déstructurer les services publics de santé », a souligné le leader syndical.
Côté négociations sur la permanence des soins, c´est la stagnation. Alors que le rendez-vous était pris mardi matin pour signer le relevé de conclusions entre la Fédération de la permanence des soins hospitalière (Fpsh), composée d´urgentistes, d´anesthésistes-réanimateurs et de médecins des hôpitaux privés, et la Direction de l´hospitalisation et de l´organisation des soins (Dhos), la signature a de nouveau été ajournée. « Nous avions trouvé un compromis, mais ils ne veulent pas qu´on signe au nom de la fédération », a expliqué le Dr Pelloux, porte-parole de la Fpsh, en fustigeant le « mépris » du ministère à l´égard de la nouvelle structure syndicale qui regroupe des acteurs de la permanence des soins hospitalière. Après plus de trois mois de réunions, le calendrier de négociations pour une valorisation du travail de nuit et une comptabilisation des heures supplémentaires n´est donc pas établi. La menace d´une reprise du conflit – grève des gardes et des astreintes- se fait donc de plus en plus prégnante.
En attendant, avec ses alliés de la Fpsh, l´Amuf s´associera aux grèves et mobilisations du 15 mai, pour défendre le service public hospitalier.
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Plan cancer : les spécialistes refusent « l´étatisation » de la cancérologie libérale
L´Union nationale des médecins spécialistes confédérés (Umespe) dénonce, dans le cadre du Plan Cancer, « la mise en œuvre de mesures technocratiques (…) imposées par l´Institut national du cancer » et qui menaceraient l´activité des spécialistes libéraux. « En aucun cas, les spécialistes d´organes ne doivent être exclus au profit d´oncologues exclusifs aux compétences plus limitées », souligne le syndicat, qui réaffirme la nécessité d´une prise en charge pluridisciplinaire pour les patients atteints de cancer.
Les « pseudo-restructurations » envisagées dans des structures centralisées « ne sont en réalité que l´étatisation au profit de centres anti-cancéreux qui n´ont pas fait preuve de leur efficacité médico-économique et qui veulent imposer aux praticiens spécialistes libéraux et aux spécialistes d´organes de regrouper leurs patients et leurs compétences dans des structures techno-centriques à l´opposé du maintien de la médecine libérale comme nous l´a affirmé le président Sarkozy », estime l´Umespe.
Le Dr Jean-François Rey, président de l´Umespe, rappelle le rôle de coordinateur des soins des spécialistes dans leur cabinet et dans les établissements.
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Vers une interdiction de la vente d´alcools aux mineurs
La ministre de la Santé a annoncé mardi sur RTL que les ventes d´alcools pour les mineurs seraient « très prochainement » interdites dans les supermarchés et les épiceries. Un décret est également en préparation pour interdire aux mineurs l´achat d´alcool dans les stations service, en vitrines réfrigérées, a annoncé Roselyne Bachelot.
La ministre avait annoncé lundi l´installation obligatoire d´éthylotests électroniques dans les bars nocturnes et discothèques.
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Industrie pharmaceutique : une étude prévoit la perte de 10 000 à 30 000 emplois
P-Y.P
Les industries du médicament (Leem) publient une étude réalisée par Arthur D Little inquiétante en ce qui concerne l´avenir de l´emploi dans ce secteur, traditionnellement pourvoyeur d´emplois. D´ici à 2015, ce secteur économique aura réduit ses effectifs de 10 000 à 32 000 personnes selon que les scénarios choisissent le statu quo ou se veulent « volontariste ». Cinq grands facteurs se conjuguent pour fragiliser la place de la France dans la production de médicaments : la pression sous les coûts, l´émergence de nouvelles zones de croissance dans le monde, le développement des génériques, la fragmentation de la chaîne de valeur (de la recherche à la commercialisation en passant par la production) et enfin le retard pris par la France en matière de biotechnologies. Si bien que la France qui, jusqu´à présent, avait le leadership de la production en Europe, risque de voir ses positions s´affaiblir.
Jusqu´à présent les sites de production étaient installés à proximité des marchés, aux Etats et en Europe de l´Ouest. Or de nouveaux marchés émergent : Europe de l´Est, Amérique du sud, Asie. « Ces produits émergents vont produire leurs propres médicaments », estiment les auteurs de l´étude, d´autant que les salaires qui y sont pratiqués accusent un sérieux différentiel avec les nôtres. « La France a perdu en 18 mois plusieurs arbitrages industriels de localisation, lourds de conséquences à moyen terme », notent les auteurs de l´étude. Par ailleurs, alors que jusqu´ici les laboratoires souhaitaient maîtriser l´ensemble de la chaîne de valeur, ils recourent de plus en plus à l´externalisation. En résumé, les délocalisations des sites de production, mais aussi de recherche, devraient se poursuivre.
Le retard de la France dans les biotechnologies n´arrange pas les choses. La part des médicaments qui en sont issus s´accroît. « Les entreprises de biotechnologie françaises n´ont pas atteint une taille suffisante pour devenir des acteurs significatifs de la bioproduction. » Les pays qui tireront leur épingle du jeu sont ceux qui ont su valoriser leurs centres de recherche dans ce domaine.
Par ailleurs, pour des questions réglementaires, notre pays n´a pas su attirer les producteurs de génériques. Enfin, l´encadrement des dépenses de médicaments rogne les marges des laboratoires et l´on peut penser que le mouvement de fusions va se poursuivre, entraînant des réductions d´effectifs.
Si on en reste au statu quo, si l´attractivité du territoire français continue de décroître, l´industrie pharmaceutique aura perdu 32 000 emplois. Elle n´en perdra « que » 10 000 dans le scénario « volontariste » décrit dans l´étude qui consiste à faire porter l´effort sur la recherche, à mettre en place un maillage entre centres de recherches, sociétés de biotechnologies, entreprises réalisant des essais cliniques, centres de production.
En ce qui concerne la production (pourvoyeuse d´emplois), il convient de faire attention « au cycle de vie des produits » pour faire face à l´obsolescence. En ce qui concerne les biotechnologies, « la France devra s´appuyer sur son expertise dans la production de vaccins, même s´il existe des différences dans le processus de fabrication ».
Mais c´est la recherche qui demeure l´enjeu fondamental. « On identifie clairement des leviers d´action pour accroître l´attractivité de la France, écrivent les auteurs de l´étude. Tout d´abord, agir sur le capital humain, le nombre et la qualité des chercheurs, en améliorant leur formation (réforme des universités et attractivité des carrières), leurs liens avec l´industrie (structures de valorisation de la recherche), mais comme chacun le sait, cela prendra du temps et d´autres mesures doivent intervenir. Parmi celles-ci, la nécessité de garantir le succès des pôles de compétitivité santé en est une. » Artur D Little s´inscrit dans cette logique, en identifiant plusieurs « clusters » : l´un tourné vers la production (les vallées de la Seine, de la Loire et la région de Dreux), l´autre tourné vers la production de vaccins et de produits biologiques (la vallée du Rhône et une partie de l´Auvergne) et le troisième vers la production de produits biologiques (l´Alsace et les zones frontalières, et l´existence du pôle de compétitivité Bio Valley).
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Les Hospices civils de Lyon, premier employeur de la ville, sont en faillite
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Les leçons du cas Carlat : psychiatre VRP des firmes récemment sorti de l’hypnose industrielle
à lire sur : http://pharmacritique.20minutes-blo...
Le DSM V en préparation regorge de conflits d’intérêts des experts psychiatres. Et l’APA fait de la com’ pour noyer le poisson
à lire sur : http://pharmacritique.20minutes-blo...
Se soigner moins cher se révèle payant pour les centres E. Leclerc, par Bertrand Baheu-Derras, Elève-avocat
à lire sur : http://www.village-justice.com/arti...,3757.html
Défibrillateur automatique externe à domicile : à quoi bon ?
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Une publicité tapageuse de GSK pour le Cervarix entraîne une remise en cause des campagnes « éducatives » des firmes à destination du grand public
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De nouvelles formes de coopération entre professionnels de santé
à lire sur : http://infos.actusite.fr/fr?p=aW5mb...
JOSEPH Didier
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