Revue de presse du 12 Février 2008
mardi 12 février 2008 par JOSEPH Didier
Navigation rapide
- Un laboratoire pour la médecine de demain, p1
- Dr Luc Duquesnel, généraliste : la mise en musique sera déterminante, p1
- Etats généraux : le bilan en demi-teinte des syndicats, p1
- Guéguerre Hopital / Médecins de ville, p1
- Mieux répartir l’offre de soins, p1
- Publication de la loi relative aux personnels enseignants de médecine générale, p1
- Gardes : la maison médicale en bonne santé, p1
- Répartition des médecins : Bachelot privilégie les incitations, p2
La médecine 2.0
Blogs, wikis, forums, monde virtuel (le fameux Second Life)… : le Web collaboratif 2.0 offre aux médecins de nouveaux outils pour l’information et l’enseignement, le partage d’expériences et de conseils, le travail en réseau… « Le Quotidien » fait l’état des lieux de cette médecine 2.0, laboratoire pour la pratique de demain auquel participent déjà de nombreux professionnels. l’un d’entre eux y voit « une évolution majeure de la relation entre le médecin, le malade et la maladie ».
La médecine 2.0
Un laboratoire pour la médecine de demain
C’est une notion qui se répand chez les médecins les plus « branchés ». Médecine 2.0, comme on dit Web 2.0, le Web collaboratif qui inclut les blogs, les wikis, les forums, tout ce qui permet de travailler à plusieurs, de publier et de mettre en ligne textes et vidéo. d’ailleurs, le MEDEC a prévu une conférence sur ce thème*. Etat des lieux fréquentés par les médecins 2.0.
LA MEDECINE 2.0. Il y a ceux qui la pensent et ceux qui la font, souvent sans le savoir. l’article fondateur serait celui de Dean Giustini, de la bibliothèque biomédicale de l’UBC (University of British Columbia), « How Web 2.0 is changing medicine » (« BMJ », décembre 2006). Le mot est né peu après en France, où deux sites ont déjà une rubrique medecine 2.0. Atoute.org, du Dr Dominique Dupagne, généraliste à Paris, et Nephrohus.org, du Dr Thierry Hannedouche, néphrologue aux hôpitaux universitaires de Strasbourg.
Pour l’information et l’enseignement
Pour le Dr Hannedouche, la médecine 2.0, c’est essentiellement mettre les nouveaux outils du Web au service de l’information des médecins et de l’enseignement. Son site Nephrohus, destiné aux médecins et aux étudiants, expérimente depuis dix ans le e-learning médical. Attirant de 3 000 à 3 500 visiteurs par jour, c’est une référence en néphrologie. « Avec le Web 2.0, je peux proposer aux confrères un agrégateur de flux RSS qui regroupe sur une seule page toutes les nouveautés publiées sur Internet en matière de néphrologie. Ils peuvent même s’abonner. » « Aucun ne l’a fait », regrette le Dr Hannedouche, qui n’est pas loin de penser que ses confrères n’ont pas encore pris la mesure de la révolution.
Travail collaboratif
Les médecins sont-ils prêts au travail collaboratif ?
C’est le pari de la FHF, qui vient d’installer sur son nouveau site hopital.fr un dictionnaire médical en wiki. Les contributions doivent être envoyées directement par les médecins hospitaliers, avec un médecin coordonateur qui exerce un filtre. A suivre.
Wikipédia a tout de même réussi à mobiliser une équipe de professionnels de santé autour de son projet médecine.
Autre exemple, Urgencyclopédie, qui veut rassembler tous les documents sur le secourisme et les urgences avec possibilité d’ajout et de rectification. Quant aux podcasts médicaux, ils sont pour le moment le fruit d’institutions universitaires (Canal-U médecine, UMVF), de laboratoires pharmaceutiques (cf. les podcasts de Wyeth sur iTunes Store) ou d’initiatives privées (Radio IFM).
Le succès des sites de partage de vidéos (You Tube, Daily Motion) a incité le Dr Augustin Salemkour, cancérologue, à ouvrir Medhubvideo.com, plate-forme destinés aux acteurs de santé. Il assure avoir un millier de médecins inscrits (dont 35 % de médecins francophones étrangers), mais les vidéos en ligne sont encore peu nombreuses. « On se donne un an pour réussir. »
Surfant sur la vague 2.0, la société Peter Holmes, spécialisée dans les essais pour l’industrie pharmaceutique, a également lancé mobile-health 2.0, une plate-forme communautaire permettant de regrouper des professionnels de santé équipé d’un smartphone en un réseau unique. l’effervescence du Web 2.0 atteint la santé.
Mais la médecine 2.0 n’en est qu’à ses débuts. C’est le temps des défricheurs. Etienne Caniard ne craint pas d’affirmer que la HAS (Haute Autorité de santé), dont il préside la Commission qualité et diffusion de l’information médicale, ne peut ignorer ces nouvelles technologies qui auront inévitablement un impact important sur les pratiques des médecins. « Investir dans ce domaine est essentiel pour remplir correctement nos missions. l’expertise sur ces sujets se met progressivement en place à la HAS, la diffusion des bonnes pratiques, par exemple, ne peut se passer des possibilités du Web 2.0. » Le partage du savoir se développe, ne serait-ce que par la consultation d’Internet. Mais pour la mise en réseau des pratiques, il faudra attendre le Web 2.1 ou 3.0.
La médecine en partage
Les échanges entre médecins sur des cas cliniques difficiles ou des demandes de conseils n’ont d’ailleurs pas attendu le Web 2.0 pour prospérer. Essentiellement sur des listes de diffusion. La liste ORL francophone, lancée en 1997 par le Dr Charles Paoli, chef de service à Montreuil (CHI), est devenue Docadoc en 2003. « Il y a un forum sur le site, les archives (15000mails) sont accessibles, les messages arrivent par push directement dans la boîte à lettres pendant la nuit au rythme d’une dizaine par jour. Un confrère reçoit une réponse à une question sous 48heures. » Par son nombre d’inscrits (1 600 abonnés payants, dont 1 400 ORL), Docadoc demeure une exception.
d’une façon générale, la vingtaine de listes de professionnels de santé gérées par Médicalistes est beaucoup moins active que la centaine de listes de patients du même hébergeur. MG list émet de 20 à 30 messages par jour, suivi de Dermatolist (266 abonnés).
Impossible de citer ici toutes les listes médicales. Mgclinique sur Yahoo Groupes (une centaine d’inscrits qui répondent souvent en temps réel aux cas cliniques qui leur sont soumis), Gynelist réservée aux gynécologues, aux médecins et aux sages-femmes, Fulmedico aux utilisateurs de logiciels médicaux, etc.
l’entraide virtuelle entre confrères, ça existe. « J’ai toujours été convaincu de l’intérêt manifesté par les médecins pour la liste plutôt que pour les forums, résume le Dr Cyril Quémeras, généraliste et fondateur de Médicalistes, car c’est du push et on peut regrouper les mails pour ne les lire qu’une fois par jour. » On est loin du réseau social américain Sermo.
Une communauté de blogueurs
Le Dr Lawrence Passmore, pseudo d’un cardiologue blogueur passionné par la blogosphère médicale (« le Quotidien » du 16 janvier 2007) a constaté un accroissement important du nombre de blogs de médecins. Soixante-six, selon le wiki de Gaétan. Un bon blog médical quotidien reçoit en moyenne 500 visites par jour. Peu de patients, mais une communauté d’habitués, confrères blogueurs ou non et étudiants.
« Le toubib », 44 ans, installé comme généraliste dans une cité-dortoir du Rhône avait envie « de faire connaître la réalité du terrain » et s’est pris au jeu.
De 30 à 45 minutes entre 15 et 17 heures avant que sa salle d’attente ne se remplisse, il met en ligne trois articles. « Je réponds aux commentaires (une vingtaine par jour), je clarifie, c’est didactique. Le blog révèle les problèmes d’organisation de la médecine, en particulier celle des urgences et l’absence de fléchage pour le médecin. »
DocRica, 38 ans, installé près de Toulouse, touche désormais un public plus large. Repéré par son blog « toubib or not toubib, anecdotes, récits et réflexions d’un médecin de campagne », le généraliste s’est vu proposer d’animer le groupe Médecine du « Post », un nouveau média en ligne, lancé en septembre par « le Monde interactif ». C’est ainsi qu’il est devenu posteur le 2 décembre dernier. Le 3, il était rejoint par un confrère bien dans l’air du temps, Jean Néralbol.
Pour sa part, le « médecin de campagne » dit son « plaisir de la vulgarisation, loin des discours théoriques et scientifiques bien souvent trop loin de ce que peut assimiler le tout-public ».
Son top, « la Varicelle pour les nuls », avec plus de 18 000 lectures. Il estime retirer de cette expérience une mise en contradiction et une évaluation de ses pratiques et méthodes de prise en charge dans un cadre anonyme (« Ou presque, j’ai quelques patients qui m’ont pisté ! »). Il « post » la nuit, après la fin des consultations (21 h 30) : « Cela me permet d’évacuer certains pics d’émotion, de sortir de ce que fais à longueur de journée -écouter les patients- et de montrer à certains lecteurs (patients en puissance) les dessous de certains comportements de médecins qui pourraient leur apparaître comme inhumains. » Une façon nouvelle de communiquer entre médecins et patients.
Le blog est un espace de dialogue, c’est ce qui a séduit Pfizer, qui souhaitait apporter son soutien à l’organisation de la FMC en France. Sur blogfmc.fr, on vient discuter des nouvelles règles et des expériences.
Le blog est en train de s’installer dans le paysage.
Un nouveau savoir
De son poste d’observateur de modérateur de forums fréquentés par les patients, Dominique Dupagne va encore plus loin. « La médecine 2.0 traduit l’idée d’une évolution majeure de la relation entre le médecin, le malade et la maladie. »
l’accès au savoir médical se répand ; en discutant sur les forums, les malades créent une nouvelle connaissance et même de nouvelles maladies (une « néosologie »). Le Dr Dupagne cite le cas de la maladie de Gilbert symptomatique. Des symptômes quasi inconnus des livres de médecine, mais que les patients décrivent avec force détails : le teint jaune, la fatigue…
Le savoir des soignants s’étend lui aussi. C’est la fin du règne des experts. Les médecins peuvent communiquer en réseau de confrères. « Cent généralistes sont aussi bons qu’un cardiologue et cent malades atteints de polyarthrite en savent plus sur leur maladie qu’un rhumatologue », résume le Dr Dupagne
> Marie-Françoise de Pange.
* Médecine 2.0 : les outils communautaires au service de la médecine, jeudi 20 mars , 16 heures-17 h 30, dans le cadre du Congrès Informatique et NTIC Santé 2008.
Lancé en septembre 2005, lors d’une session de travail par Tim O’Reilly, l’une des personnalités du Web mondial, l’expression Web 2.0 est encore controversée, mais elle a en tout cas fait florès. Les nouveaux acteurs à succès du Web 2.0, comme les sites de vidéo You Tube et Dailymotion ou les réseaux sociaux MySpace et Facebook, ont pris une valeur boursière considérable. Au point que l’on a commencé à parler de bulle 2.0.
Pour concrétiser les choses, on peut dire qu’en passant du Web 1.0 au Web 2.0 :
- le site perso se transforme en blog ;
- l’Encyclopedia Britannica en ligne en Wikipédia ;
- le « chat » (conversation en ligne) en réseau social ;
- le PDF en document interactif ;
- les « liens » en fils RSS ;
- l’arborescence d’un site est remplacée par la folksonomie (la taxinomie des copains), un système de classification collaboratif des contenus fondé sur l’attribution de mots clés ou tags.
http://www.quotimed.com/journal/ind...
Les pistes ouvertes par les états généraux
Dr Luc Duquesnel, généraliste : la mise en musique sera déterminante
Généraliste dans la Mayenne et patron de la CSMF départementale, le Dr Luc Duquesnel exerce dans un des départements français les plus touchés par la crise de la démographie médicale, l’un de ceux qui a le plus travaillé à la définition d’une offre de soins territoriale à l’échelle de son département. Il a ainsi été l’un des initiateurs d’un projet de huit pôles de santé départementaux qui vient d’être validé tant par le préfet que par les élus, les caisses, l’Ordre des médecins et les collectivités territoriales. Il livre au « Quotidien » son analyse des premières propositions issues des EGOS.
LE QUOTIDIEN - Que vous inspire le discours de Roselyne Bachelot aux EGOS ?
Dr LUC DUQUESNEL -Quand Roselyne Bachelot dit qu’il y a 2,6 millions de Français qui ont des difficultés à trouver un médecin, je ne sais pas d’où elle tient ces chiffres.
Je ne veux évidemment pas dire qu’il n’y a pas de problème d’accès aux soins, mais 2,6 millions de personnes à la recherche d’un médecin, ça me paraît énorme.
Nous sommes nombreux à penser qu’il n’y a pas encore de réels problèmes d’accès aux soins, mais qu’en revanche l’avenir est vraiment sombre, vu les projections démographiques.
Sur les travaux des EGOS et le discours de Roselyne Bachelot, on a l’impression que les projets actuels vont au-delà des questions posées au départ.
Par exemple, je vois que pour les maisons de santé pluridisciplinaires au financement desquelles l’Etat propose de participer, il n’est pas spécifié que ce soit réservé aux zones déficitaires en offre de soins. Cela veut-il dire que les pouvoirs publics se proposent de participer à des investissements immobiliers dans des zones où il n’y a pas de problèmes d’accès aux soins ?
Est-ce que ça ne serait pas dans le but d’amener à d’autres formes d’exercice ?
Les propositions faites vous conviennent-elles ?
Les propositions faites pour les zones déficitaires ne sont pas nouvelles, mais sont intéressantes. Ce qui va être important, c’est la mise en musique de tout cela. Il y a des points qui me gênent un peu dans ce qu’a dit Roselyne Bachelot : on y parle assez peu de projet médical, et, quand on aborde la question du cahier des charges des maisons de santé, on précise « cahier des charges au minimum ».
Il faut tout de même savoir ce qu’on va mettre dedans, parce que, si le projet consiste juste à rassembler des professionnels de santé dans des murs communs, ce n’est pas forcément inintéressant pour les professionnels déjà en place, mais je crains que ce ne soit pas attractif pour les jeunes. Ceux qui travaillent sur le terrain savent bien que cette étape du projet médical et du cahier des charges est capitale. Certes, pour les élus, le plus important, en termes d’affichage, c’est de construire les murs de ces maisons de santé. Mais, si on saute cette étape du cahier des charges, on va au-devant de graves désillusions. Sans projet médical digne de ce nom, aucun jeune ne viendra dans ces zones fragiles. Pourtant, quand on explique aux élus locaux l’importance d’un projet médical, ils comprennent fort bien.
Roselyne Bachelot propose en quelque sorte la créa- tion d’un schéma régional d’organisation des soins (SROS) libéral de premier recours. Qu’en pensez-vous ?
A partir du moment où on pourrait obtenir des aides de l’Etat et des collectivités locales, même si cette idée peut surprendre des médecins libéraux, cela ne me choque pas. Il faut s’assurer que ces aides répondent à une demande de soins. En revanche, je trouverais choquant de vouloir faire la même chose dans des zones qui ne seraient pas déficitaires.
La ministre, dans un entretien au « Monde », propose de financer les maisons de santé pluridisciplinaires à concurrence de 50 000 euros. Cela vous convient-il ?
Cinquante mille euros, ce n’est pas suffisant pour construire une maison de santé. Ce que j’aurais voulu, c’est qu’il soit écrit que ces 50 000 euros ne peuvent pas constituer le seul financement.
l’Etat n’est pas forcément le mieux qualifié pour juger de la qualité d’un projet médical. s’il est admis que ces 50 000 euros ne peuvent être la seule source de financement, on pourra obtenir d’autres crédits complémentaires, notamment des caisses et des collectivités locales. Le financement croisé serait en quelque sorte la garantie d’un investissement intéressant.
Quand Roselyne Bachelot évoque les mesures de régulation, qu’est-ce que vous répondez ?
Pour beaucoup de raisons, je suis totalement opposé aux mesures de régulation. d’abord parce que le jour où elles seront mises en place, ça sera une bonne raison pour ne plus prendre des mesures incitatives. De plus, les zones bien dotées en médecins vont voir leurs prix s’envoler ; la seule possibilité pour un jeune de s’installer dans ces zones sera d’y racheter une clientèle puisqu’il n’aura plus le droit de créer un cabinet. Ce sont des effets pervers : seuls les plus fortunés auront la possibilité de s’installer là où bon leur semble.Mais il y a d’autres choses qui m’embêtent un peu dans ce texte : on ne parle plus de zones déficitaires ou fragiles, on parle de zones sous-dotées ou très sous-dotées. On va finir par s’y perdre. Par endroits, on parle de maisons de santé pluridisciplinaires, on parle aussi de pôles de santé, il va falloir s’attacher à savoir de quoi on parle, sinon on va très vite ne plus s’y retrouver.
Finalement, y a-t-il du bon selon vous dans ces propositions ?
Moi, je crois que tout cela reste cependant positif. Pousser à réfléchir à l’organisation des soins primaires dans les zones déficitaires, ça me paraît très important. En revanche, je dis attention à ne pas étendre l’organisation des SROS libéraux à toute la France. l’Etat se heurterait à un refus massif des professionnels en place. En plus, ce serait un gaspillage d’énergie. C’est déjà beaucoup de travail de s’occuper de tout ça dans les zones sous-dotées, consacrons-nous à ces zones-là, on verra plus tard pour les autres régions.
> PROPOS RECUEILLIS PAR HENRI DE SAINT ROMAN
http://www.quotimed.com/journal/ind...
Etats généraux : le bilan en demi-teinte des syndicats
G.D.L
La première phase des Etats généraux de l´organisation de la santé (Egos), achevée vendredi en grande pompe à Paris devant plusieurs centaines d´invités, laisse un sentiment mitigé aux syndicats médicaux, qui oscillent entre satisfaction et prudence. Si le Syndicat des médecins libéraux (SML) se dit favorable à « toute mesure de clarification du rôle du médecin généraliste dans le parcours de soins et de revalorisation de cette spécialité », il met en garde contre une possible évolution vers la notion de « filière de soins ». En effet, craint-il, cela « ramènerait les autres spécialités médicales et les professions de santé au rôle de supplétif de la médecine générale ». Le syndicat du Dr Dinorino Cabrera précise : « Il ne faut pas confondre réseau de soins dans lequel chaque acteur a un rôle défini qu´il exerce en coordination avec les autres et filière de soins dans lequel une hiérarchie est établie entre les acteurs de santé ». La définition des prérogatives du généraliste reste néanmoins la mesure qui suscite le plus de réactions positives. Non signataire de la convention, mais signataire en décembre de l´avenant conventionnel n°27 sur la permanence des soins, le syndicat MG-France se félicite de l´ « acte fondateur » de cette réunion des Egos, qui est la valorisation de la formation initiale à la spécialité de médecine générale par la ministre de la Santé. Cette affirmation « complète les avancées récentes du DES de spécialiste en médecine générale, de la filière universitaire de médecine générale, de l´introduction de la médecine générale au CNU (Conseil national des universités) et la création par un vote unanime des députés du corps de médecins généralistes enseignants », se réjouit le Dr Martial Olivier-Koehret, président du syndicat. « Les moyens nécessaires au fonctionnement de la filière universitaire de médecine générale doivent être alloués rapidement pour que soit gagné le pari de l´attractivité de la médecine générale », ajoute-t-il, dans un communiqué.
« Le bilan de ces Egos en matière de revalorisation de la médecine générale est positif et va dans le bon sens, même si l´on enfonce des portes ouvertes. Mais je m´interroge fortement sur les moyens financiers qui accompagneront tout cela. Est-ce que tout ne va pas se terminer en queue de poisson après les municipales ? » observe le Dr Michel Chassang, président de la Confédération des syndicats médicaux français (Csmf), qui plaide pour la réforme des consultations, seule façon selon lui de vraiment valoriser les médecins. « Quand on fera une consultation, on sera payé en fonction de son contenu, et ce quel que soit celui qui fait l´acte et quelle que soit sa spécialité », explique-t-il. Alors que Roselyne Bachelot a promis d´aider financièrement à la création de 100 maisons de santé pluridisciplinaire « à hauteur de 50 000 euros par projet » dans les zones sous dotées, dès 2008, le Dr Chassang rappelle que c´est « une solution et pas la solution ». Avec un brin d´ironie, il souligne que la candidate socialiste à l´élection présidentielle, Ségolène Royal, défendait dans son programme la création de 500 maisons de santé.
Lors de cette première étape des Egos (avant le travail du deuxième groupe des médecins spécialistes et des paramédicaux), la ministre de la Santé s´est fait l´apôtre de la liberté d´installation en assurant ne pas vouloir toucher aux « principes fondamentaux de la médecine libérale ». Pourtant, dans les zones « très surdotées », Roselyne Bachelot n´a pas exclu le recours à des « mesures de régulation respectueuses de la solidarité intergénérationnelle ». Sur ce point, les syndicats montrent leurs armes. « Le retour - au nom de la solidarité intergénérationnelle - à l´obligation de la permanence des soins serait une erreur autant qu´une mauvaise réponse à un vrai problème », a réagi le SML. « Les difficultés de couverture médicale résultent plus de dysfonctionnements organisationnels, notamment de sectorisation, et d´un manque de coordination entre l´Etat et l´assurance maladie que du désengagement des médecins », fait-il valoir.
Les jeunes médecins, en revanche, ont rangé leurs critiques au placard. Alors que ces Etats généraux ont été organisés pour calmer leur grogne à la suite de leur grève automnale contre la remise en cause de la liberté d´installation, la satisfaction est de mise. « De cette concertation sont nées des orientations fortes : la nécessité de réorganiser le système de santé autour du médecin généraliste, médecin de premiers recours et de la prise en charge globale du patient ; la nécessité d´une véritable formation à la médecine générale ambulatoire, dès le second cycle, dans le cadre d´une filière universitaire de médecine générale disposant de moyens humaines et financiers adaptés ; la nécessité de favoriser l´installation des jeunes médecins et de conforter l´offre existante en améliorant les conditions d´exercice, au moyen notamment de structures pluridisciplinaires, mais également par une diversification des modes de rémunération », notent dans un communiqué commun l´Anemf (étudiants), l´Isnar-IMG (internes en médecine générale), l´Isnih (internes des hôpitaux) et le Snjmg (jeunes médecins généralistes). « A l´heure où la valorisation sous toutes ses formes de la médecine de premier recours doit venir encourager un certain nombre d´engagements professionnels, il faut se garder de recourir à des mesures désincitatives venant sanctionner par anticipation des acteurs motivés », préviennent-ils pour autant.
Seule la Csmf Jeunes médecins sort du lot par son pessimisme. Pour le Dr François-Charles Cuisigniez, « les mesures sont certes intéressantes et consensuelles, mais en aucun cas innovantes ». Il évoque le « discours beaucoup moins réjouissant (…) tenu à demi mots » sur les mesures désincitatives dans les zones sur dotées. « Ne nous y trompons pas, si la proximité des élections municipales a calmé les discours, les idées sont bel et bien dans les tiroirs. La synthèse des Egos est donc à la hauteur de leur organisation : décevante ! », souligne le leader du nouveau syndicat de jeunes, affilié à la Csmf.
http://www.egora.fr/commun/script/w...
Guéguerre Hopital / Médecins de ville
à lire sur : http://www.lepost.fr/article/2008/0...
Mieux répartir l’offre de soins
A l’occasion de la première étape des Etats généraux de l’organisation de la santé (Egos), le 8 février, Roselyne Bachelot s’est prononcée en faveur de mesures "incitatives" afin d’encourager les médecins à s’installer en zone rurale. La liberté d’installation n’est pas remise en question.
à lire sur : http://www.premier-ministre.gouv.fr...
Publication de la loi relative aux personnels enseignants de médecine générale
à lire sur : http://www.net-iris.fr/veille-jurid...
Gardes : la maison médicale en bonne santé
Ouvert début novembre, gare sud, ce cabinet partagé répond à la demande de sécurité des médecins. Et des patients, qui poireautent moins qu’aux urgences. Le point avec le Dr Lecomte.
à lire sur : http://www.lemans.maville.com/Garde...
JOSEPH Didier
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