Revue de presse du 12 Avril 2008
samedi 12 avril 2008 par JOSEPH Didier
Navigation rapide
- Complémentaire santé : vers une nouvelle augmentation des prix, p1
- Pourquoi est-on encore généraliste ?, p1
- Dérapages contrôlés, p1
- « Déléguez au maximum ! », p1
- Peut mieux faire !, p1
- Bon pour les patients ou pour les médecins ?, p1
- M’installer où je veux, comme je veux !, p1
- L’ordonnance de l’Académie, p1
- Ce que Bachelot fera des Egos, p1
- Médecin traitant/patient : un mariage de raison, p1
- Une journée passée au Medec 2008, p1
- Mesures contre le détournement de certains médicaments, p1
- Rapport Larcher : la FHF et les directeurs applaudissent, les syndicats et le PS sur la réserve, p1
- Les fonctionnaires prêts à la mobilité ?, p1
- Michel Chassang veut remettre le Cnoss à plat, p1
- Egos des patients : On parle de vous sur la Toile…, p1
- "La proximité sera renforcée contrairement à ce qu’on entend", p1
- Maisons de santé : Roselyne Bachelot veut mettre de l’ordre, p1
- Quand la Sécu se défausse sur les médecins, p1
- C’est grave, docteur !, p1
- Hôpitaux- cliniques : radiographie d’une fracture sociale, p1
- L’enterrement de la Sécurité sociale, p1
- Le Collectif national contre les franchises médicales appelle à des manifestations samedi, p1
- Egos : premiers commentaires contrastés des professionnels de santé, p1
Complémentaire santé : vers une nouvelle augmentation des prix
L’instauration d’un ticket modérateur de 5 % sur les affections de longue durée, qui représentent 60 % des dépenses du régime obligatoire, entraînerait une hausse moyenne de 18 % des cotisations, estime le CTIP.
http://www.wikio.fr/news/PLFSS?wfid...
Pourquoi est-on encore généraliste ?
Pourquoi choisit-on de devenir généraliste ? D’abord « par envie de soigner les gens », répondent à 96 % et à l’unisson les médecins et les patients interrogés. Vient ensuite le « goût du contact humain », avec respectivement 92 et 89 % de réponses, puis à plus de 70 % « par vocation, sans savoir pourquoi ». Voici pour les opinions partagées tant par les Français que par leurs médecins traitants sur les critères qu’ils estiment avoir présidé au choix de l’exercice de cette discipline. Bien plus divergentes sont, en revanche, les appréciations que portent les généralistes eux-mêmes et leurs patients dès que l’on ausculte, non plus le seul métier, mais l’image sociale qu’il représente dans la société. Le taux des réponses citées pour tel ou tel item peut varier du simple au double.
Visions paradoxales
Ainsi, 74 % des Français pensent que la reconnaissance sociale a constitué un élément important dans le choix de la profession de généraliste pour les médecins traitants. Or, seulement 42 % de ces derniers indiquent ce critère comme facteur de choix prépondérant. Un écart que l’on retrouve également lorsque l’on sonde les motivations financières. 70 % du grand public cite « l’espoir de gagner de l’argent » comme motivation pour les « toubibs », contre seulement 39 % des intéressés. Enfin, et en dernière position, arrive « la pression familiale », dont l’importance apparaît, là aussi, mal jugée par le grand public. Le « Tu seras médecin, mon fils (ou ma fille) » n’a concerné que 11 % des médecins généralistes, contrairement à ce que pense un Français sur quatre.
Différences de vision du métier, qui influent sur les conseils que l’on donnerait à sa progéniture. Avec le paradoxe suivant : presque 70 % des Français conseilleraient volontiers à leurs enfants de faire médecine, contre seulement un généraliste sur deux (53 %).
Tout cela n’empêche pas les généralistes de continuer à jouir d’un prestige réel au sein de l’opinion publique, et ce, en dépit de la dégradation de leur image ces dix dernières années, relevée par la moitié de leurs patients et constatée par nombre de praticiens. Une réalité que résume cette phrase citée en exergue de l’enquête, malgré son côté quelque peu caricatural : « J’ai une amie dont le père était médecin. Eh bien chez elle, il y avait une cuisinière, une nounou, un jardinier et une secrétaire… Maintenant, on partage une secrétaire à quatre médecins… Vous voyez la différence de niveau de vie ».
Le prestige demeure…
Il n’empêche. La profession de médecin demeure la plus prestigieuse dans l’esprit des Français. Elle arrive même à la première place (58 %) dans le tiercé gagnant des professions les plus cotées, devant les enseignants (36 %) et les infirmières (31 %). Même si dans les faits, seuls 14 % des Français ont envisagé d’embrasser cette carrière, à laquelle se trouvent préférés les métiers d’enseignants, de chefs d’entreprise, d’infirmiers et d’artistes.
Pourquoi ne fait-on pas médecine ? Pour trois raisons principales : la difficulté des études de médecine, leur longueur et une certaine angoisse par rapport à l’exercice. Toutes raisons exprimées en deux phrases par certains sondés. La première, factuelle : « J’ai pensé à m’inscrire mais au dernier moment, je me suis dit que je n’allais jamais réussir ce concours et perdre deux ans pour rien ». Et la seconde plus fleurie : « Ce sont des études pour les fils de bourges. Quand il y a les parents derrière, OK, sinon, c’est même pas la peine ».
Pour autant, les anciens aspirants docteurs ne sont pas les seuls à porter un regard critique sur le cursus des études de médecine, les généralistes eux-mêmes ont la dent assez dure sur ce qu’a été leur formation initiale : « Ce ne sont pas des études de terrain… on se fait une image qui n’a rien à voir avec la réalité ». Une réalité qui se matérialise lorsque vient le moment de l’installation, vécue, de l’aveu des impétrants, de façon relativement dramatisée. Pour deux raisons majeures : la gestion libérale qui apparaît comme très difficile, et les relations-confrontations avec les patients. « Avant de me lancer, j’attendrai de me sentir confiant sur ma pratique et de savoir ce que je veux », explique ainsi l’un des internes interrogés.
Médecins-patients : on s’estime, on s’apprécie
Mais, une fois l’étape franchie, et malgré les difficultés rencontrées, jeunes généralistes (et moins jeunes) ont une image positive de leur profession, puisqu’ils sont 82 % à se déclarer satisfaits de leur exercice professionnel. Tandis que, côté patients, 91 % de ces derniers déclarent avoir une bonne opinion des médecins généralistes.
De patient à médecin, on s’estime, on s’apprécie… Mais de part et d’autre du bureau du médecin, on n’a pas nécessairement la même apréciation de ce qui est important dans ce métier. Ainsi, 54 % des Français pensent que leur généraliste considère que « la relation avec les patients » est le premier critère de qualité dans son exercice. C’est à la fois vrai et faux, puisque si cet item arrive bien en première position, il n’est cité qu’à 35 % par les généralistes, à égalité avec leur « épanouissement personnel et celui de leur famille ». Ensuite, les écarts de perception s’accentuent. 24 % des patients, contre seulement 16 % des généralistes citent comme critère d’accomplissement pour un médecin de famille « la possibilité d’exercer le mieux possible cette discipline ».
Quant au revenu retiré de l’activité, on ne peut pas dire que les généralistes apparaissent guidés par l’argent. Mais de cela, le grand public n’est pas forcément convaincu, un quart des sondés plaçant le gain financier en deuxième position des satisfactions d’un médecin de famille, presqu’à égalité avec « le statut social conféré par ce métier » (24 %). Deux items qui ne recueillent en fait qu’un tout petit 1 % de la part des intéressés…
Il est, en revanche, un autre domaine sur lequel médecin et patient s’accordent : la désacralisation de la parole médicale, que les deux parties jugent majoritairement enrichissante. Conséquence, « pour tous les médecins interrogés, il est désormais indispensable d’user de pédagogie, de transparence et de sincérité avec les patients ». Mais ce n’est pas la seule évolution du métier. Les généralistes, surtout les jeunes médecins, ont profondément modifié leur relation au travail. Ils refusent désormais de se laisser phagocyter par leur vie professionnelle, et aspirent à une médecine différente, moins quantitative et plus qualitative. Au moins, une chose est sure, la médecine de papa, c’est terminée. On en jugera à la façon dont les praticiens acceptent désormais certaines des évolutions des règles du jeu libéral. Quitte même pour 47 % d’entre eux, à envisager d’aller exercer en zone démédicalisée…
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Dérapages contrôlés
C’est du jamais vu dans l’histoire du syndicalisme médical : sept organisations viennent de se voir lourdement sanctionner par le Conseil de la concurrence pour des consignes tarifaires plus ou moins avouées lancées au début des années 2000. D’ordinaire plus subtile, la Justice ne fait pas dans le détail. Et condamne la Csmf, le SML, la FMF et consorts à payer ensemble la bagatelle de 814 000 euros. Le motif prêterait à sourire, s’il n’était pas lourd de conséquences financières pour ces organisations. « Entente illicite ! » Comme si vos syndicats agissaient comme des trusts ou des consortiums, comme si le but de leur action était de fausser le jeu de la concurrence et comme s’ils étaient les bénéficiaires financiers directs de ce type de consignes. Heureusement, le ridicule ne tue pas. Et puis, c’est là de l’histoire ancienne : la décision du Conseil de la concurrence s’appliquant à des DE pris à une époque où il n’existait ni majoration de coordination, ni C2, ni DA pour améliorer l’ordinaire de vos correspondants. Comme de surcroît l’affaire porte exclusivement sur des spécialistes, peut-être vous demandez-vous d’ailleurs pourquoi un journal de généralistes s’aventure à la commenter.
A première vue, il faut, en effet, voir dans cette décision de justice, le énième épisode du problème des dépassements d’honoraires, un serpent de mer qui passionne la presse grand public, mais ne concerne guère, on le sait très bien, les médecins de famille. De cette décision très médiatisée, on déduira d’abord qu’alors même que Roselyne Bachelot fait de la lutte contre l’envolée des dépassements son cheval de bataille, les négociations promises sur le futur secteur optionnel devraient s’ouvrir sous haute surveillance. Pas de quoi provoquer, pour autant, un grand émoi dans les rangs de généralistes, privés pour l’heure de telles perspectives conventionnelles…
Il y a pourtant deux leçons que la profession doit absolument méditer dans cette première judiciaire. En fait de dépassements, en fait de spécialistes, ce sont des médecins secteur 1 qui sont exclusivement visés. Alors même que près de 90 % des généralistes exercent – de gré ou de force – sous ce régime des honoraires opposables, le message est on ne peut plus clair pour eux. En fin de compte, il serait bien plus facile demain de contraindre un praticien secteur 1 à ne pas abuser du DE que de condamner un confrère en secteur 2 pour dérapage sur le tact et mesure…
A l’heure où l’on cherche à redorer le blason de la médecine générale et à susciter des vocations, drôle de message indirectement adressé à la discipline. Pour vos syndicats, l’avertissement est moins réjouissant encore : d’ordinaire, ils ont déjà toutes les peines du monde à faire descendre les médecins dans la rue, ils hésitent à lancer un mot d’ordre de grève de peur de n’être pas suivis, et voilà qu’on leur interdit désormais toute action tarifaire collective. Pour obtenir le C à 23 euros, il faudra décidément se montrer patient…
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« Déléguez au maximum ! »
Le généraliste Vous êtes un fervent partisan de la délégation de tâches que vous jugez indispensable à la modernisation de notre système de santé. Pourquoi ?
Pr Guy Vallancien Elle s’inscrit dans ce que pourrait être une organisation optimale de notre système demain. Compte tenu des évolutions techniques qui permettent de faire des choses et des actes plus facilement qu’avant, on pourra déléguer à moindre risque. En même temps, il faudra concentrer les hommes sur les plateaux techniques les plus sophistiqués. Il faudrait qu’on arrive à ce qu’on ait, en France, 70 % de médecins traitants, des généralistes bien formés à leur métier, ce que ne fait pas souvent de façon correcte l’université : on diffuse du savoir, mais on apprend pas le savoir-faire. Il faut donc une vraie formation pour les généralistes, adaptée à l’exercice sur le terrain. Il faudrait 15 % de consultants médicaux, non interventionnels : je ne crois pas qu’il faille que tous les gastro-entérologues, par exemple, fassent de l’endoscopie. C’est une dispersion qui pousse à l’inflation d’actes, parce qu’il faut rembourser les investissements en matériels lourds. Et puis, il faudrait 15 % de spécialistes interventionnels, qui iraient de l’endoscopiste jusqu’au chirurgien. Voilà la vertu d’un système de santé bien organisé.
Et dont le médecin généraliste serait le « pivot »…
Pr G. V. Il n’y a aucun doute là-dessus. Moyennant quoi, il faut qu’il apprenne, quant à lui, à déléguer un maximum de tâches. Vu son temps d’études, sa spécificité doit être la décision et l’évaluation de ce qui a été fait. C’est la clé : je suis un vrai médecin si je décide par rapport à un malade donné. Et même si l’on est dans l’EBM, il y a toujours des cas particuliers. C’est justement le vrai rôle de l’expert de déroger à la règle, sinon, tout peut être fait par des assistants qui cochent des cases ! Le médecin doit rester dans son vrai métier qui est de transgresser éventuellement les règles. Et pour cela, il faut qu’il délègue une bonne partie d’actes qui ne sont pas médicaux, ou qui le sont mais ne nécessitent pas d’avoir fait tout le cursus des études médicales pour être exécuté. On n’a pas besoin de bac + 12 pour établir un certificat d’aptitude scolaire, pour demander de lire « ZU » à deux mètres, regarder si vous n’avez pas les genoux cagneux ou vérifier qu’il n’y ait pas de souffle au coeur : un souffle au coeur, une infirmière sait le détecter. Des infirmières avec une formation adéquate peuvent faire cela. Il faut rendre à la médecine sa vraie vertu, son vrai métier, le compagnonnage et la compassion, le colloque, je ne dirais pas singulier, mais stratégique, où l’on dit « Oui, pour vous, c’est cela qui convient ». Parce qu’on a discuté avec le patient, on sait ce qu’il veut et ce qu’il ne veut pas, et qu’il y a des moments on l’on dit « OK, je comprends, on va faire comme ça ». Et cela, nul ordinateur ne peut le prévoir. En revanche, dans l’essentiel de la pratique, tout est automatique – et c’est pour cela qu’on est bon d’ailleurs – et là, on peut déléguer pour garder le temps nécessaire à l’écoute lors de consultations longues. On n’est pas obligé de faire le geste, on peut dire : « Voilà ce qu’il faut faire », et revoir le malade par la suite pour juger du résultat. C’est ainsi qu’on améliore son expérience. C’est une réorganisation complète du métier. C’est dans ce sens, que je parle d’industrialisation du soin, pour libérer tout le temps de la compassion, de l’écoute, de la confiance entre médecin et malade, alors qu’aujourd’hui les blouses blanches que nous sommes, nous nous sommes retranchés derrière la technique pour ne plus exister. On prend l’outil pour la finalité, alors que ce n’est qu’un moyen, et ce moyen peut être bien souvent délégué.
Ce que vous préconisez implique un profond remaniement des études médicales. Comment les voyez-vous ?
Pr G. V. Sur le modèle du LMD. Je pense que les études médicales doivent être de même durée pour tout le monde, quel que soit le métier à terme. Trois ans de licence commune où l’on apprend aussi autre chose que l’anatomie complexe : entrer dans la vie active, savoir comment est organisé le système de soins, avoir des cours de psychologie, des cours de conduite d’entretien. Moi, je filme mes étudiants, je leur fais passer des examens à la caméra, je fais le malade… Ensuite, on fait un commentaire critique du film. Après ces trois ans de licence, l’étudiant s’oriente : filière généraliste, filière spécialiste, de même durée, donc, pour une même rémunération demain. Au cours des deux ans de master, on rentre dans la spécialité. On a droit aux regrets, bien sûr, et si au bout d’un an, le cursus ne correspond pas aux attentes, on peut faire marche arrière et en initier un autre. Après ces deux années de master, on se spécialise davantage, et l’on passe au doctorat en trois ans, au cours duquel on rentre véritablement dans le coeur de la spécialité. On doit former les étudiants en huit ans, et non plus en douze ans comme jusqu’alors.
Cela impose d’être confronté plus tôt dans le cursus avec la réalité de l’exercice ?
Pr G. V. Bien sûr ! Dès la deuxième année ! Et il faut que les futurs généralistes puissent être à la fois à l’hôpital et au cabinet de ville. On nous dit que les généraliste ne sont pas assez nombreux, ce n’est pas vrai ! A Paris, 40 % des généralistes ne font plus de médecine générale ; en France, cela représente 15 à 20 %. Arrêtons de croire qu’il n’y en a pas assez ! Et si on délègue, nul besoin de plus ! Augmenter le numerus clausus est une absurdité. On repart dans les mêmes erreurs que par le passé, avec des arguments spécieux, comme l’arrivée massive des femmes dans la profession qui, paraît-il, travailleront moins. Mais cela n’est pas vrai : les femmes font 110 % de travail dans 80 % de temps ! Arrêtons ces fantasmes machistes ! En plus, elles travailleront ensemble et organiseront leur chaîne de production.
En résumé, il y a sufisamment de médecins, mais toujours très mal répartis…
Pr G. V. Je suis de ceux qui considèrent que la seule incitation ne marche pas, et que les futures Agences régionales de santé devront réguler l’installation. Il y a urgence à réorganiser la chaîne de production sanitaire, et cela ne peut pas se faire au coup par coup ! Les acteurs le comprendront bien : ce qui compte, c’est qu’un médecin soit bien payé pour une prestation bien faite, et qu’il soit évalué régulièrement. A la limite, qu’il soit rémunéré à l’acte ou salarié n’est pas le problème.
Et à l’hôpital ?
Pr G. V. La logique est la même, c’est pour cela que nous avons défendu (lire Repères ci-contre) auprès de la ministre de la Santé les contrats d’exercice globaux pour les chirurgiens, pour passer de l’hôpital à la clinique ou à son cabinet, dans une communauté d’établissements donnée qui couvrirait un territoire. Il s’agit d’un contrat qui comporte du paiement à l’acte et du forfait pour les tâches non curatives, et par lequel ceux qui le signent s’engagent à travailler en groupe, à s’évaluer chaque année, de façon plus stricte qu’aujourd’hui. Ce contrat serait passé entre les praticiens, l’ARS et le ou les établissements dans lesquels ils travaillent. Contrairement à ce qui est dit, ce n’est pas un CDD. C’est un CDI, mais révisable tous les trois ans, parce qu’un médecin pourra vouloir au bout d’un certain temps réduire son activité clinique au profit d’une activité d’évaluation, d’enseignement ou de recherche. Il sera payé autant mais avec un pourcentage moindre d’activité de soins. C’est libérer le praticien, lui offrir une carrière. Ceux qui ont poussé les hauts cris contre ce projet n’ont rien lu de notre rapport ! Et, sur le même schéma, on pourrait proposer une carrière technique et médicalisée aux infirmières, afin qu’elles puissent devenir assistantes médicales après un master qui pourrait être réalisé dans le prolongement de leur cursus ou secondairement. J’y suis particulièrement favorable car, aujourd’hui, leur carrière ne peut se faire que dans l’encadrement, sinon, elles n’ont pas d’avancement. Il faut diversifier leur formation : éducation sanitaire, aide aux soins, observance, prévention… La spécificité du médecin est de pouvoir « agresser » le corps légalement, tout le reste peut être fait par des personnels de santé non médicaux. Cela ne veut pas dire que les médecins soient exclus de la prévention et de l’éducation, mais ce n’est pas forcément uniquement à eux de le faire.
Ces pistes de réorganisation sont connues depuis longtemps, et, pourtant, rien ne bouge…
Pr G. V. Oui, il y a eu de nombreux rapports. Tout a été dit, il faut passer à l’action ! C’est une question de courage politique. Sans ce courage, on continuera dans l’agitation ambiante, dans la dépense insensée et inutile. Je trouve qu’il est presque scandaleux de ne pas accélérer la réforme. Les médecins n’ont rien à perdre. Bien au contraire, ils ont intérêt à jouer le jeu parce qu’ils s’y retrouveront en termes d’apaisement de leur profession, de meilleure reconnaissance, et de retour à l’humanisme. C’est cela la médecine libre ! Ce n’est pas la médecine pseudo-libérale.
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Peut mieux faire !
Voici, dressée à votre spéciale attention (par ordre décroissant), la liste des doléances et les chapitres sur lesquels vos patients estiment que vous pouvez vous améliorer. En tête du hit-parade des griefs (48 %) vient le temps d’attente trop long au cabinet par rapport à l’horaire de rendez-vous fixé. A vrai dire, c’est le seul partagé par la moitié de vos patients. Vient ensuite (à 33 %) « le délai d’attente demandé entre l’appel et la fixation du rendez-vous ».
Mais le déroulement de la consultation elle-même n’est pas exempt de reproche, puisque près d’un patient sur trois estime que son généraliste ne lui consacre pas suffisamment de temps, pendant qu’un patient sur cinq environ pense que le « docteur » pourrait améliorer la qualité de son accueil ainsi que son écoute. Un reproche sur la qualité de la prestation d’autant plus parlant que 19 % des Français trouvent le prix de la consultation élevé, une pierre dans le jardin du secteur 2, peut-être…
Côté humanité, dévouement et disponibilité, 18 % des personnes interrogées estiment que vous pouvez là aussi faire des progrès, mais seul un Français sur dix vous verrait d’un bon oeil améliorer vos compétences techniques. Enfin, 14 % des patients souhaiteraient une plus grande efficacité dans les soins que vous leur prodiguez.
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Bon pour les patients ou pour les médecins ?
La moitié des Français juge la santé et la Sécurité sociale comme une priorité pour la France dans les années à venir, tout juste derrière l’emploi (51 %). Normal, puisqu’une bonne majorité (69 %) estime que notre système de soins et de santé va aller en se détériorant, seul un quart le voyant s’améliorer. Acteurs au quotidien de ce système, les médecins généralistes sont encore plus pessimistes : 82 % redoutent sa détérioration, 11 % seulement d’optimistes misent sur son amélioration. Conséquence assez logique, les Français sont massivement (82 %) favorables à la tenue des Etats généraux de la santé : 27 % les jugeant « nécessaires » et 56 % « utiles ». Leurs médecins aussi sont favorables aux Egos (82 %), avec néanmoins une inversion dans les appréciations positives par rapport à l’ensemble de la population qui n’est pas sans intérêt : 39 % trouvent les Egos « nécessaires » et 43 % « utiles », comme si les praticiens se montraient plus circonspects face à cette énième consultation concernant le système de santé…
Si les Français et leurs médecins approuvent une réflexion sur notre système de santé, c’est visiblement qu’ils espèrent qu’une réforme en sortira pour le sauver. En attendant, que pensent-ils de la dernière réforme en date, celle qui a instauré le médecin traitant et le parcours de soins ? Plutôt du bien, mais pour des raisons sensiblement différentes. Presque trois quarts (71 %) des Français estiment que cela a fait du bien au chiffre d’affaires des généralistes. Inutile de préciser que ces derniers sont beaucoup moins nombreux (40 %) à partager cette opinion.
Médecin traitant, une image redorée
Le dispositif du médecin traitant est-il une bonne chose pour l’image des généralistes ? Les Français répondent oui à 63 %, pourcentage qui grimpe à 71 % chez les 65 ans et plus, âges où l’on a forcément un médecin traitant que l’on consulte plus souvent. Une petite moitié (51 %) de généralistes estiment leur image redorée par leur fonction de médecin traitant. Les vertus du parcours de soins pour la limitation des dépenses médicales en France font des scores proches mais assez moyens, aussi bien chez les Français (51 %) que chez les médecins (48 %). De même, tout juste la moitié de la population et 53 % des généralistes jugent-ils que ce parcours de soins est bon pour les patients. Ce qui signifie sans doute tout simplement que la réforme est venue formaliser un état de fait : la plupart des Français avaient déjà un médecin traitant vers lequel ils se tournent spontanément.
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M’installer où je veux, comme je veux !
Demain, où accepteriez-vous d’aller exercer ? Au classement des lieux d’installation favoris des généralistes, c’est la petite ville de province qui l’emporte : 70 % d’entre eux sont prêts à y partir, surtout s’ils ont entre 25 et 34 ans (79 % de partants). Mais la campagne ne vous rebute pas, puisque vous êtes 58 % à vous y imaginer volontiers. Quant à ceux qui y exercent déjà, contre toute attente et malgré le tableau sombre souvent fait de la médecine rurale, c’est bien simple, ils ne veulent pas en partir : 93 % d’entre eux choisiraient à nouveau d’exercer en zone rurale demain. Tout comme vos confrères de centre-ville qui, si c’était à refaire choisiraient à nouveau le bitume (93 %), alors qu’une moitié seulement de l’ensemble des médecins sont tentés par l’exercice en centre-ville. La banlieue pavillonnaire tente aussi 50 % des généralistes. Les 25-34 ans surtout (74 %). Les 35-49 ans sont moins preneurs (56 %), mais ceux qui y sont déjà installés la plébiscitent (96 %), tandis que les généralistes exerçant actuellement en cité populaire en rêvent (72 %). Décidément, ces « quartiers » ne font pas recette : un tiers (35 %) de médecins iraient bien s’y installer, mais 64 % refusent cette éventualité, catégoriquement pour 48 % d’entre eux. Cependant, 88 % des praticiens qui y travaillent actuellement s’y installeraient à nouveau demain. Ce qui tend à prouver que l’énorme majorité des généralistes se plaisent là où ils ont choisi d’exercer.
Liberté Et parce qu’ils ont justement eu la liberté de s’installer, il ne se trouve que 10 % de médecins pour trouver « assez convaincante » la mesure qui consisterait à imposer aux jeunes médecins une affectation autoritaire pendant leurs dix premières années d’exercice. Déconventionner ceux qui s’installeraient dans des zones déjà surmédicalisées trouve un peu plus de partisans, un petit quart (24 %) de praticiens y étant favorables. De l’incitation, rien que de l’incitation, martèlent les médecins, qui placent largement en tête (89 %) des mesures « assez convaincantes », celle qui consiste à favoriser l’implantation dans les zones sous-médicalisées de « maisons de professionnels de santé » pluridisciplinaires. Viennent ensuite le développement de la collaboration libérale et du travail en réseau (79 %), le temps partiel (75 %), la mise à disposition par les communes d’un local professionnel (74 %), la prime à l’installation pour les médecins s’installant dans ces zones (64 %). La possibilité d’exercer en plusieurs lieux et la délégation de tâches font un score quasi égal (62 et 60 %). La majoration de 20 % des actes médicaux et consultations pour les médecins installés en groupe ne remporte pas un franc succès (42 %).
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L’ordonnance de l’Académie
L’optimisme est aujourd’hui de rigueur à l’Académie de médecine. Pour revaloriser la médecine générale, il est urgent de communiquer sur la réalité de cette profession, disent les sages de la rue Bonaparte. Le groupe de travail mis sur pied en décembre de l’année dernière, et qui a enrôlé, pour l’occasion, quatre sénateurs dans ses rangs, est très heureux des conclusions de l’enquête BVA. « Nous sommes très contents car cette étude montre qu’on peut faire bouger les choses, se félicite le Pr Daniel Loisance chirurgien cardiaque. Nous avons été stupéfaits de voir que le grand public avait eu vent des Etats généraux. Les réformes semblent aujourd’hui possibles ». Au vu de ces résultats, le groupe formule un certain nombre de préconisations rendues publiques mercredi à l’occasion de la synthèse des Egos. Première cible : les études de médecine. Les Français les jugent longues, coûteuses et ingrates. « Il faut absolument identifier dès le départ les étudiants qui sont faits pour ce métier, juge le Pr Loisance. Même si ce n’est pas encore dans l’air du temps, je pense que l’orientation doit être dirigée. » Sur l’exercice médical en tant que tel, le diagnostic est complètement raccord avec les Etats généraux de l’offre de soins : favoriser la coopération médicale, inciter à l’exercice de groupe et aux maisons de santé pluridisciplinaires, en particulier dans les zones démédicalisées, limiter et simplifier les démarches administratives, repenser le mode des rémunérations, rémunérer la prévention et le dépistage…
Assurer la continuité du service public
A propos des zones sous-médicalisées, l’Académie voudrait que l’obtention d’une bourse soit conditionnée à l’engagement d’exercer sur ces territoires. Les mesures autoritaires comme l’obligation de s’installer à l’issue des études, et pour quelques années, dans une région qui manque de médecins est jugée difficile à faire accepter. Par le passé pourtant, certains académiciens s’étaient montrés moins prudents. La grève des internes de l’automne dernier a peut-être permis de faire passer les messages. Le groupe de travail rappelle néanmoins que « l’exercice de cette profession étant en grande partie subventionnée par l’Etat, un devoir d’assurer la continuité de ce service public sur tout le territoire s’impose ». Lors de la synthèse de la première phase des Egos, Roselyne Bachelot avait d’ailleurs plus ou moins employé les mêmes termes. Autrement dit, si la modulation des cotisations sociales en fonction de la densité médicale finissait de s’imposer, l’Académie ne protesterait probalement pas.
Dans les mois qui viennent, la commission XVI de l’Académie consacrée à l’exercice libéral fera de nouvelles propositions plus spécifiques sur les liens entre les médecins généralistes et l’hôpital. Une autre grande réforme en cours.
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Ce que Bachelot fera des Egos
Décidément, les maisons de santé plurisdisciplinaires seront au coeur de la réforme. Lors de la première phase des Egos, le 8 février, Roselyne Bachelot avait déjà annoncé qu’elle en créerait cent dès 2008. Mercredi, en donnant le clap de fin de la deuxième phase, elle a promis que, l’an prochain, « cet effort sera poursuivi et amplifié », tout en précisant que ces créations procèderont « d’initiatives libérales ». Jusque-là, la ministre y voyait surtout une façon de rompre l’isolement des blouses blanches. Désormais, elle fait aussi de ces structures un vecteur pour mener à bien le partage des compétences. Ce deuxième volet des Egos a, en effet, consacré la nécessité d’accélérer la coopération entre professionnels. Et la ministre promet que son projet de loi de l’automne y accordera une large place. Une dynamique dont les médecins n’ont pas à avoir peur, selon elle, puisque cela reviendra à « tirer vers le haut les compétences de chacun, pour le plus grand bénéfice des patients. »
Affichant sa volonté de mettre un terme à l’hospitalocentrisme, elle a suggéré aussi de mettre en place des « interlocuteurs de sortie » pour les patients et les professionnels libéraux. Enfin, la ministre répète qu’elle entend « modifier sensiblement le système de formation initiale et continue ». Il se confirme que pour les retouches sur la FMC, il faudra attendre le projet de loi sur l’accès aux soins, donc la rentrée.
Négociations Même si officiellement cette seconde phase de la concertation était consacrée aux spécialistes et aux paramédicaux, les généralistes ont donc été, encore, au centre des débats. Le médecin traitant se voyant conforté comme principal coordonateur, en particulier pour les pathologies chroniques ou les polypathologies de la personne âgée. Les négociations conventionnelles qui mettront en musique ces préconisations devraient reprendre fin avril, le directeur de l’Uncam devant encore obtenir le mandat de son conseil.
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Médecin traitant/patient : un mariage de raison
Près de huit Français sur dix ont désigné leur médecin traitant et dans 93 % des cas il s’agit de leur médecin de famille, relève l’Irdes dans sa dernière enquête « Santé et Protection sociale ». Le dispositif est perçu – à tort – comme obligatoire par les quatre cinquièmes des patients qui ont fait leur choix. Crainte d’être moins bien remboursés (44 %), volonté de faire des économies à la Sécu (31 %), amélioration de la prise en charge (22 %) et conseil médical (13 %) sont les autres motifs du choix. Qui n’a jamais eu de « médecin de famille » voit sa probabilité de ne pas avoir désigné de médecin traitant multipliée par cinq. Mais ces vélléitaires représentent à peine 5 % de l’ensemble des assurés. « Ceci confirme définitivement l’hypothèse que le dispositif s’est plaqué sur un schéma informel préexistant », note l’Irdes. Au final, huit personnes sur dix ont le sentiment qu’aucun changement n’est intervenu dans leur suivi depuis la mise en place du parcours de soins.
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Une journée passée au Medec 2008
Voici sur deux minutes, un diaporama qui retrace la journée d’un congressiste au Medec 2008. En ligne sur le site BlogFMC , dialogue en continue de Denise Silver, vous verrez l’arrivée au Palais de Congrès, porte Maillot (Paris), l’accueil avec la remise des badges et des sacs, plusieurs stands dont celui du groupement des médecins écrivains, des médecins de l’armée et de la Confédération Syndicale des Médecins Français (CSMF), une conférence sur le E-learning, la FMC par Internet et, en fin de journée, un moment de détente bien agréable… De quoi rappeler pour certains, quelques souvenirs récents.
http://vusurleweb.blog.legeneraliste.fr/
Mesures contre le détournement de certains médicaments
La prise en charge par l’assurance-maladie de certains médicaments, comme la méthadone ou le Subutex, est désormais subordonnée à des conditions renforçant notamment le lien entre le médecin et le pharmacien. Il s’agit d’améliorer le bon usage de ces produits et la qualité des soins et de réduire les coûts, indiquent la Direction générale de la santé et l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (AFSSAPS), à l’origine de la disposition. L’ensemble des médicaments contenant de la buprénorphine haut dosage, du flunitrazépam (Rohypnol), de la méthadone et du méthylphénidate (Ritaline) sont concernés. Aux termes d’un arrêté publié au « Journal officiel » du 8 avril, le nom du pharmacien, désigné par le malade, doit figurer sur l’ordonnance. En outre, en cas d’emploi abusif ou de mésusage constaté par les services de contrôle médical de l’assurance-maladie, un protocole de soins entre le médecin traitant, le patient et le médecin conseil de la caisse est de rigueur. Le texte prévoit également l’établissement systématique d’une telle convention pour tout traitement par méthadone sous forme de gélule, précisent les autorités sanitaires. La mise sur le marché de cette nouvelle présentation pourrait conduire, en effet, à une augmentation des détournements.
> PH. R.
http://www.quotimed.com/flashs/inde...
Rapport Larcher : la FHF et les directeurs applaudissent, les syndicats et le PS sur la réserve
G.D.L
Le rapport Larcher sur les missions de l´hôpital a reçu l´accueil favorable des représentants de l´hôpital public et des directeurs de CHU, qui apprécient la notion de « communautés hospitalières de territoire » et les propositions d´assouplissement de la gestion.
La Fédération hospitalière de France (FHF) se félicite de la « grande convergence » entre les propositions du rapport Larcher, jugées « judicieuses et équilibrées » et ses propres préconisations. Selon Claude Evin, président de la FHF, la mise en place de « communautés hospitalières de territoire », destinée à favoriser une plus grande complémentarité entre les hôpitaux publics devrait permettre de développer de « véritables stratégies de groupe locales » entre les établissements de santé publics. Il demande cependant que les établissements, qui s´engagent dans cette démarche, bénéficient de « fortes incitations ». La FHF approuve par ailleurs « toutes les propositions visant à assouplir les règles de gestion des établissements publics de santé, en particulier en matière de marchés publics, de règles comptables, et de recrutement ». Elle applaudit « la volonté clairement exprimée d´une adaptation de la gouvernance interne des établissements publics ».
La Conférence des Directeurs de CHU se montre également satisfaite des préconisations du rapport Larcher et tout particulièrement « l´aspect qui concerne l´organisation territoriale, le management des établissements publics hospitaliers, l´enseignement, la recherche et l´innovation », reflet des travaux menés dans les Assises Hospitalo-Universitaires avec les Présidents de Commissions Médicales d´Etablissement (CME) des CHU et les Doyens. « L´assouplissement de la gestion dans un souci de plus grande réactivité devrait permettre aux CHU d´être plus efficients », souligne la Conférence présidée par Paul Castel, satisfaite de la proposition de développer la contractualisation avec les médecins. Autres points positifs : la certification des comptes et l´évolution vers un suivi budgétaire et financier qui est celui du plan comptable, « manière de rompre avec la lourdeur du système public actuel ordonnateur/comptable » et la présidence du Directoire par le Directeur Général, « décideur ultime dans le management de l´hôpital », qui « permettra une gestion plus réactive en liaison avec le Président de la CME, Vice-président du directoire ainsi qu´avec la représentation des soignants ».
La Mutualité Française salue « la qualité de la concertation, qui a permis la réalisation de ce rapport réaliste et constructif ». Elle se dit pour autant préoccupée par la « montée croissante de capitaux spéculatifs dans le domaine des soins hospitaliers » et par le problème des dépassements d´honoraires.
Plus réservé, le Parti socialiste approuve l´idée de la création de communautés hospitalières « si elle permet une meilleure coordination des soins et un regroupement bien compris de l´offre hospitalière », mais craint que les hôpitaux généraux et locaux du territoire soient cantonnés au rôle de « simple annexe ». Dans ce cas-là, « cette politique de regroupement géographique cachera une politique de restructuration purement économique qui ne s´assume pas », estiment les responsables santé du PS, Pascal Terrasse, Claude Pigement et Frédéric Pain. Le PS considère par ailleurs positives la proposition de directoire et de conseil de surveillance et la valorisation intellectuelle et financière pour les praticiens, en dehors de toute privatisation de leur statut, jugée inacceptable.
Dans le camp des détracteurs, plusieurs syndicats de médecins hospitaliers et libéraux s´inquiètent des dérives possibles des cliniques, susceptibles de « finir dans les mains des fonds de pension américains et suédois » (CMH), mais aussi du manque de moyens permettant de réduire l´inflation des dépenses hospitalières (Umespe).
La Coordination médicale hospitalière (CMH) pointe du doigt le risque d´un « avenir hospitalier concurrentiel entre deux secteurs, l´un public qu´il veut plus rassemblé et moins administré, l´autre, privé, auquel il veut assurer une extension des missions et une pérennisation des financements sur le long terme. » Le syndicat rappelle que lors de la présentation de son rapport d´étape, en janvier, Gérard Larcher avait stigmatisé le risque que faisaient courir, pour l´accès aux soins, l´introduction des fonds de pensions suédois ou américains dans le capital des cliniques. « Aujourd´hui, le rapporteur considère que « les cliniques privées ne peuvent aujourd´hui apparaître comme un simple complément à l´offre de soins du service public hospitalier » et qu´il convient donc d´en assurer la pérennité par des investissements et des financements gagés sur le long terme », constate la CMH qui craint que les fonds d´investissements mis en place finissent « dans les mains des fonds de pension américains ou suédois ». Le diagnostic de François Aubart est sans appel : « Notre système de santé, organisé verticalement (hôpital public d´un côté, cliniques privées d´un autre et médecins libéraux en ville) ressemble de plus en plus à « un grand corps malade ». Il énumère les renoncements aux soins, l´augmentation inéluctable des dépenses de santé, « les pratiques de détournements », « l´aléa de la qualité dans les prises en charges des malades ». La CMH qui demande après les ordonnances de 1945 et de 1958, une « ordonnance de 2008 » souhaite qu´elle soit à la fois « capable du pari de l´efficience, de la qualité en respectant l´indépendance professionnelle, capable d´instaurer, pour cette génération de démographie médicale en berne, un mode nouveau et partagé de rémunération médicale (…) et capable de reconnaître à côté de l´acte technique « roi » un acte clinique si indispensable aux malades. »
L´Union nationale des médecins spécialistes confédérés (Umespe. Csmf) émet des doutes sur l´efficacité des moyens proposés, « si un changement profond de méthode ne se fait pas au niveau des différentes administrations et agences (Dhos, INCa…) qui multiplient, sans coordination, les contraintes administratives pour les soignants sans efficience, ni pertinence clinique ». Très critique, l´Umespe s´oppose catégoriquement aux contrats tripartites et considère que le rapport ne contient « aucun élément crédible sur la pertinence financière, une réelle volonté de convergence « public-privé » dans le domaine de la tarification à l´activité, l´introduction de la maîtrise médicalisée à l´hôpital et la mise en place de moyens techniques permettant de réduire l´inflation inutile des dépenses hospitalières ». En brandissant la menace d´une grève de la permanence des soins des spécialistes libéraux le 1er juillet 2008, le Dr Jean-François Rey, président de l´Umespe, appelle le gouvernement à régler immédiatement « le problème de la permanence des soins des médecins spécialistes non reconnus dans leur mission de santé publique ».
Etonnement, le Symhop (Syndicat national des médecins de l´hospitalisation privée), affilié à la Confédération des syndicats médicaux comme l´Umespe, se félicite de ce que rejetait l´Umespe : la proposition d´une convention tripartite entre les futures Agences régionales de santé, les établissements et les médecins. Le syndicat se déclare favorable à la mutualisation de l´organisation de la permanence des soins en incluant l´hospitalisation privée et les médecins qui exercent dans ce secteur. Comme l´Umespe, cette fois-ci, il revendique une reconnaissance financière pour tous les médecins qui y prennent part en clinique.
La CGT fustige pour sa part une « logique d´entreprise strictement financière, visant à « regrouper les hôpitaux pour réduire la voilure au niveau de certaines activités (…), à renforcer les pouvoirs des directeurs d´hôpitaux pour qu´ils puissent devenir de véritables chefs d´entreprise (…), à casser les statuts des personnels pour introduire la concurrence et des rémunérations variables selon des critères de volume de « production » et de « rentabilité » (…) et à poursuivre le soutien au secteur privé lucratif ».
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Les fonctionnaires prêts à la mobilité ?
Alors que la future réforme hospitalière s´accompagnera vraisemblablement d´une mobilité accrue des personnels, notamment dans le cadre des « communautés hospitalières de territoire » que préconise la mission Larcher, une enquête du ministère du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique semble indiquer que les fonctionnaires acceptent cette perspective. Selon ce sondage - qui a été réalisé par Ipsos en deux vagues auprès de plusieurs milliers de représentants des trois fonctions publiques (Etat, hôpitaux, collectivités territoriales) - 95% des personnels interrogés jugent nécessaire un effort de modernisation en faveur de la mobilité et de l´évolution des parcours professionnels. Et 86% d´entre eux pensent qu´une fonction publique modernisée doit pouvoir donner à ses agents la possibilité de pouvoir changer de métier tout en restant dans la fonction publique, selon des résultats partiels publiés dans un communiqué du ministère.
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Michel Chassang veut remettre le Cnoss à plat
La Csmf (Confédération des syndicats médicaux français) dénonce dans une lettre adressée à la ministre de la Santé le fonctionnement du Comité national de l´organisation sanitaire et sociale (Cnoss), en particulier dans sa section sanitaire et réclame une révision de sa composition. Le Dr Michel Chassang, président du syndicat, estime en effet que la dernière séance du 3 avril a été « caricaturale », les positions exprimées par les représentants de l´hospitalisation publique étant « des a priori inacceptables ». Jugeant que sa composition est actuellement déséquilibrée, la Csmf souligne qu´il est indispensable que les médecins exerçant en hospitalisation privée soient mieux représentés. Il revendique aussi auprès de Roselyne Bachelot une représentation des Conférences médicales d´établissements privés et de la médecine libérale de premier recours. Objectif : que le Cnoss « reflète réellement la diversité de notre système de soins ».
Le Cnoss est une instance consultative pour l´organisation sanitaire et sociale en France, créée par la loi du 31 juillet 1991 et chargée de rendre des avis, en particulier sur les schémas d´organisation du secteur social et sanitaire. Elle est composée de représentants des collectivités territoriales et des organismes de sécurité sociale, de représentants des institutions et des établissements de santé, des établissements sociaux, publics ou privés, notamment des établissements spécialisés, de représentants des personnels et des usagers de ces institutions et établissements, de représentants des professions de santé et de personnalités qualifiées.
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Egos des patients : On parle de vous sur la Toile…
Après les médecins, la parole est donnée aux Français. Sitôt prononcé son discours de clôture des Egos, mercredi 9 avril, Roselyne Bachelot ouvrait à leur intention un Forum sur le Net.
à lire sur : http://etats-generaux-offredesoin.b...
"La proximité sera renforcée contrairement à ce qu’on entend"
à lire sur : http://www.challenges.fr/actualites...
Maisons de santé : Roselyne Bachelot veut mettre de l’ordre
à lire sur : http://www.localtis.info/servlet/Co...
Quand la Sécu se défausse sur les médecins
à lire sur : http://www.mediapart.fr/club/editio...
MÉDECINE. —La sécurité sociale de Charente déterre la hache de guerre avec les médecins en leur ordonnant de payer des remboursements selon elle versés à tort
C’est grave, docteur !
à lire sur : http://www.sudouest.com/100408/reg_...
Hôpitaux- cliniques : radiographie d’une fracture sociale
à lire sur : http://www.lexpansion.com/economie/...
L’enterrement de la Sécurité sociale
à lire sur : http://www.humanite.fr/2008-04-10_C...
Lutte contre le mésusage et le détournement de certains médicaments Parution de l’arrêté d’application de l’article 162-4-2 du code de la sécurité sociale
à lire sur : http://afssaps.sante.fr/htm/10/filc...
Le Collectif national contre les franchises médicales appelle à des manifestations samedi
à lire sur : http://tempsreel.nouvelobs.com/depe...
Les véritables objectifs du rapport Larcher : 5 milliards d’économie pour la Sécurité Sociale et la fermeture de 200 hôpitaux !
à lire sur : http://www.cgt.fr/internet/html/lir...
Egos : premiers commentaires contrastés des professionnels de santé
à lire sur : http://www.infirmiers.com/actu/deta...
7 Français sur 10 pensent que le système de santé va se détériorer
à lire sur : http://www.challenges.fr/actualites...
JOSEPH Didier
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