Espace Généraliste

Revue de presse du 11 novembre 2007

dimanche 11 novembre 2007 par JOSEPH Didier

Alzheimer, un rapport pour mémoire

Santé. L’Elysée dévoilera en janvier un plan d’action inspiré du travail du Pr Ménard.

ÉRIC FAVEREAU

Cent jours pour plancher sur la maladie d’Alzheimer. A la demande de Nicolas Sarkozy qui veut en faire un chantier prioritaire de son quinquennat, le professeur Joël Ménard, entouré de plusieurs groupes de travail, a travaillé plus de trois mois pour élaborer un plan d’action. Et il a remis son rapport, hier, à l’Elysée.

Le résultat est une bonne surprise. Voilà un plan ni prétentieux, ni spectaculaire. Il se veut une déclinaison pratique des défis à venir et un recensement des faiblesses du dispositif actuel, le tout prenant la forme d’une série de 4 orientations, 10 objectifs, 26 recommandations et de 44 mesures. « Ces mesures vont être étudiées. Début janvier, le président de la République dévoilera son plan », a expliqué, hier, son porte-parole, David Martinon. En suspens, bien sûr, la question centrale du financement, peu abordée par le rapport Ménard.

Recenser le nombre de malades

Directement liée à l’allongement de l’espérance de vie, la montée en puissance du nombre de cas d’Alzheimer ne permet pas de douter de l’importance croissante de la maladie. « Pour autant, on n’a pas de données fiables sur le nombre de personnes touchées », explique le professeur Joël Ménard. Est ainsi lâché le chiffre de 800 000 personnes atteintes de la maladie, simple projection de l’Inserm. Le rapport donne le chiffre de 350 000 à 400 000 malades, comptabilisés dans le groupe des personnes atteintes d’affections de longue durée (ALD). « Il y a urgence à travailler sur l’épidémiologie », insiste au préalable le rapport

Investir dans la recherche

« C’est là qu’est le manque le plus cruel », reconnaît le professeur Ménard. « Jusqu’à présent, les investissements en recherche n’ont été ni réfléchis ni prioritaires. En France, on ne s’est pas encore donné les moyens de faire de la recherche solide dans ce domaine. » Alors que les Etats-Unis ont lancé dès 1989 des programmes coordonnés de recherche – selon le rapport, 45 % des nouvelles connaissances proviennent aujourd’hui des Etats Unis –, la France reste lourdement en retard. « Il y a de très bonnes équipes qui travaillent, mais elles le font de façon dispersée et éclatée. Nous proposons donc la mise en place d’un réseau national d’excellence. Autour de lieux forts, nous recommandons une politique de formation de jeunes chercheurs, avec des bourses de doctorat. Il y a urgence à renouveler la pyramide de l’âge des chercheurs. »

Deuxième volet, ouvrir la recherche à d’autres disciplines, comme la biochimie.

Enfin pour coiffer le tout, le rapport propose la création d’une Fondation de coopération scientifique, « ce qui permettrait de faire se rencontrer des chercheurs, de les coordonner, et que circulent en permanence les connaissances scientifiques, médicales et sociales ». Budget : « 60 millions d’euros par an. » Soit un euro par an et par habitant.

Etoffer le parcours de soins

C’est le cœur du dispositif : le rapport suggère une kyrielle de mesures pour permettre un tissage au plus près des besoins. Ainsi est proposé un dispositif d’annonce de la maladie : c’est un des moments les plus délicats, parce que le diagnostic est difficile à poser, mais aussi parce qu’il est difficile à entendre. « Cela doit être fait dans les consultations mémoire des hôpitaux, ou par les neurologues de ville. » Avec toujours, un même repère éthique : « Parler le plus possible à la personne, en s’assurant qu’elle comprend et qu’elle mémorise l’information. » Et un objectif : « Faire en sorte que la personne garde le plus possible son autonomie. »

Tout le parcours de soins repose ensuite sur une volonté de rapprocher « le médical du médico-social ». « Nous avons travaillé sur un modèle où le médecin généraliste suivrait entre 5 et 15 malades. Comment l’aider, le former ? On propose un forfait Alzheimer, car les consultations sont longues. Il y a, de plus, à envisager des consultations pour les proches, afin de les soutenir. »

Autre question, celle du logement. « Souvent, avec la maladie, l’habitat n’est plus adapté. Pourquoi ne pas imaginer des consultations logements par des infirmières, ou par des assistantes en gérontologie. Elles regarderaient l’état des logements, les améliorations à y apporter. On pourrait envisager des crédits d’impôts pour les travaux. »

Mettre en place un guichet unique

« Toutes les personnes concernées, proches comme malades, mettent en avant le souhait du maintien à domicile. Mais ils veulent des repères, savoir où aller quand cela ne sera plus possible », note le rapporteur. Tout l’enjeu est dans l’articulation. Comme le décrit le rapport, on reste le plus longtemps possible à domicile. Mais jusqu’à quand ? Comment faire pour que la personne entre en institution « au bon moment » ? « On estime à 20 % le nombre de malades très difficiles. Il faut des lieux pour les prendre en charge. »

Pour les patients comme pour leurs proches, le rapport demande « la création d’un guichet unique » qui permettrait à tout moment de se repérer dans le dédale des prises en charge.

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Ça rigole pour la Générale de santé

Santé . Le groupe privé va distribuer à ses actionnaires un dividende exceptionnel de 420 millions d’euros.

À l’heure où tant d’hôpitaux publics broient du noir, aux prises avec des déficits récurrents et grossissants qui les conduisent à prendre des mesures drastiques pour les personnels et les malades, la nouvelle frise l’indécence : Le groupe de cliniques privées, à but lucratif, Générale de santé, s’apprête à distribuer à ses actionnaires un dividende exceptionnel de 420 millions d’euros. Une assemblée générale des actionnaires a été convoquée pour le 17 décembre afin de ratifier cette décision. Générale de santé, c’est, depuis quelques années, le groupe privé qui monte, parallèlement au recul constant, pour cause de rationnement budgétaire, de l’hôpital public. Leader du secteur privé hospitalier en France, avec un chiffre d’affaires de 1,7 milliard d’euros en 2006 et une part de marché de plus de 16 %, présent aussi en Italie, il regroupe 183 établissements et centres de soins et 14 000 lits et places. Son cours de Bourse a augmenté de plus de 300 % depuis 2002.

À l’annonce de cette information, la Fédération hospitalière de France, institution représentative des établissements publics, n’a pas manqué de s’interroger sur « la cohérence d’un système de santé où les déficits sont tels qu’une partie de la dette doit être reportée sur les générations futures, où des efforts supplémentaires de solidarité sont demandés aux malades à travers la mise en place des franchises médicales… et où, dans le même temps, un grand groupe d’établissements de santé commerciaux - dont les recettes proviennent essentiellement des crédits de la Sécurité sociale - réalise de très importants profits et octroie à ses actionnaires un dividende exceptionnel- ». Dividende, précise la FHF, « d’un montant égal à la moitié des recettes générées par les nouvelles franchises médicales (850 millions d’euros) ».

Yves Housson

http://www.humanite.fr/2007-11-09_P...

   

Les insuffisances des soins à domicile

LE MONDE | 10.11.07 |

Rester chez soi lorsqu’on est âgé et dépendant nécessite le recours à deux types de prestations : l’aide ménagère et les soins. Le volet santé est pris en charge par la Sécurité sociale, sur prescription médicale. Mais l’offre des services de soins à domicile ne répond pas toujours aux attentes des utilisateurs.

Un lecteur, dont la mère, âgée de 87 ans, est atteinte de plusieurs pathologies (polyarthrite rhumatoïde, angine de poitrine, cholestérol, problèmes de vessie) et doit prendre chaque jour une quinzaine de médicaments, s’est adressé au Service de soins infirmiers à domicile (SSIAD).

Cette structure est gérée par la commune ou par une association (dans 75 % des cas). Des infirmières assurent la partie technique (escarres, perfusions) et des aides-soignantes sont chargées de la toilette et des soins annexes (instillations de collyres non médicaux, distribution des médicaments déjà préparés).

Notre lecteur nous fait part de sa déconvenue. Il reproche aux aides-soignantes des erreurs (une pommade antibiotique mise dans l’oeil alors qu’elle était destinée à soigner un furoncle), des maladresses (bas de contention déchirés) et une certaine brusquerie (exiger que la vieille dame lève la jambe pour enfiler ses bas). Il déplore aussi des négligences : certaines ont omis de mettre à la dame son patch cardiaque et oublié la clé de la maison, obligeant sa mère qui a du mal à se mouvoir à se lever pour ouvrir.

L’une des aides-soignantes n’a pas fermé à clé en partant, laissant le pavillon ouvert toute la nuit. "La plupart font l’impasse sur le lavage intime", ajoute-t-il. Enfin, il regrette qu’un grand nombre d’intervenantes se succèdent ("plus de trente, et parfois ce n’est pas la même le matin et le soir"), ce qui déstabilise la personne âgée. Quant aux horaires, ils sont fantaisistes : " Il arrive qu’on vienne lever ma mère à 11 h 30 et la coucher à 16 heures !"

Les responsables du SSIAD admettent certains incidents. "Il y a bien eu erreur pour la pommade, mais l’aide-soignante a alerté immédiatement l’infirmière", plaident-ils. Ils les attribuent en partie "au stress des personnels provoqué par le caractère irascible de la malade". Enfin, ils indiquent que "l’aide à la toilette" consiste à assister la personne âgée lorsqu’elle prend une douche, mais à lui laisser faire elle-même les gestes qu’elle est capable d’accomplir, afin d’entretenir son autonomie.

En revanche, les rotations de personnel et les horaires peu satisfaisants sont dus au manque de personnel qualifié, car la formation coûte cher. Fin 2006, on comptait 2 028 SSIAD (de petites structures en majorité) pour 91 418 personnes âgées. Quelle que soit la capacité de prise en charge du SSIAD (de 30 à 150 personnes), chaque aide-soignante a la responsabilité de six à sept patients.

"Il n’est pas possible de passer chez tout le monde à la même heure", explique la directrice. Priorité est donnée aux personnes atteintes de pathologies lourdes, incontinentes, ou isolées, qui ne peuvent pas se lever sans aide. Le SSIAD emploie des aides-soignantes à temps plein ou partiel (de 25 % à 85 %), ainsi que des vacataires. Elles travaillent de 8 heures à midi et de 16 à 20 heures, avec des roulements le week-end. Pour établir le planning, il faut jongler avec ces contraintes et faire face aux absences imprévues.

Notre lecteur s’est plaint à la direction départementale de l’action sanitaire et sociale (DDASS), qui attribue aux SSIAD une dotation en fonction du nombre de patients. Mais seul le préfet peut donner ou retirer l’agrément. Depuis, le SSIAD a mis fin à ses interventions. "Il n’y a pas d’obligation de suivi de soins, dans la mesure où l’on peut établir un relais avec un cabinet d’infirmières libérales", explique le responsable. "Les infirmières dispensent les soins, mais elles ne donnent que deux douches par semaine", répond notre lecteur.

Il s’est peut-être montré trop exigeant, mais il souligne les limites du système. Certains SSIAD ont le monopole d’un secteur géographique. On peut changer de SSIAD en demandant une dérogation à la DDASS, à condition qu’il y en ait un autre à proximité. Mais dans de nombreuses régions, il y a des listes d’attente.

Les services polyvalents de soins et d’aide à domicile (Spasad), qui assurent à la fois les soins et l’aide à la personne pour les activités ordinaires de la vie, sont rares. Les seules possibilités sont l’emploi à domicile ou le recours à des prestataires privés, dont le coût est dissuasif pour des retraités aux revenus moyens ou modestes.

Michaëla Bobasch

www.lemonde.fr

   

Génériques : le oui des Français

Troisième laboratoire de médicaments génériques sur le marché français, Sandoz, filiale de Novartis, vient d’interroger de nouveau l’Observatoire de l’opinion envers les génériques* mis en place à sa demande par l’Ifop. Les résultats de cette seconde étude montre que la confiance des Français dans les génériques s’est accrue d’un point : 88 % d’entre eux déclarent avoir une totale confiance dans les génériques, alors qu’ils étaient 87 % lors de la première étude de l’Observatoire en février 2006. Leur acceptation de ces médicaments est d’autant plus grande lorsqu’ils leur sont prescrits par leur pharmacien (76 %), mais surtout par leur médecin (85 %). D’ailleurs, parmi les 11 % de personnes déclarant de pas avoir confiance dans les génériques, 15 % les acceptent pourtant systématiquement si c’est leur médecin qui les leur prescrits.

Rien d’étonnant, dès lors, à ce que les Français soient peu nombreux à réclamer des génériques de leur propre initiative : 22 % réclament ces médicaments « souvent » à leur médecin (ils étaient 25 % en 2006) et 27 % à leur pharmacien (pourcentage identique l’an dernier). « On n’a pas éduqué les Français à être décideurs », commente Alain Renaudin, directeur général adjoint de l’Ifop. C’est moins le nom connu d’un laboratoire sur une boîte qui augmente la confiance (54 %), que la ressemblance d’un générique avec un médicament non générique (57 %). L’efficacité des médicaments génériques n’est pas mise en doute : une forte majorité (84 %) des Français les jugent aussi efficaces que des produits non génériques, moins chers (77 %), et avec ni plus ni moins d’effets secondaires (77 %). Une toute aussi large majorité (70 %) approuve la disposition « tiers payant contre générique », instaurée dans 22 départements du territoire, l’estime capable de générer des économies pour la Sécurité sociale (75 %) et ne remet absolument pas en cause la qualité des soins (83 %).

Dans ce contexte de confiance, il n’est donc pas étonnant que 53 % des Français considèrent que les médicaments génériques n’occupent pas encore une place suffisante dans l’ensemble des médicaments consommés.

C. S.

* Informations recueillies du 4 au 5 octobre 2007 auprès d’un échantillon national représentatif de 1 005 individus âgés de 15 ans et plus.

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Automédication : en attendant le décret

Alors que Roselyne Bachelot s’est récemment prononcée en faveur de l’accès en libre service des médicaments délivrés sans ordonnance les plus courants, Alain Coulomb, ex-directeur de la HAS et co-auteur du rapport sur l’automédication remis fin 2006 au ministre de la Santé, Magali Flachaire, déléguée générale de l’Association française de l’industrie pharmaceutique pour une automédication responsable (Afipa), et la société Kadris Consultants sont revenus sur les avantages et les conditions nécessaires à un développement de l’automédication en France. Très en retard dans ce domaine, avec 32 % d’achat en automédication et 68 % d’achat avec prescription, notre pays présente un ratio carrément inversé par rapport aux autres pays européens. Avec 406 millions d’unités achetées (1,8 milliard d’euros), l’année 2006 a cependant enregistré une hausse de 8,4 % de l’automédication. Les déremboursements intervenus en début d’année dernière expliquent évidemment cette augmentation, mais « on observe que la tendance se poursuit, indépendamment des déremboursements – puisqu’il n’y en a pas eu d’autres – et de toute décision politique », souligne Alain Coulomb.

Contexte favorable

Pour l’Afipa, « le contexte n’a jamais été aussi favorable à la mise en place d’une politique d’auto-médication » : l’annonce de la ministre, bien sûr, mais aussi le déficit des comptes sociaux, la démographie médicale en baisse, l’information toujours plus grande des patients sont des atouts. Sans compter le maillage du territoire par quelque 27 000 officines. Car « l’automédication, ce n’est pas le supermarché ! », insiste Alain Coulomb. Pour une politique d’automédication responsable, l’Afipa fait cinq propositions : le libre accès aux médicaments d’automédication mais accompagné en pharmacie ; le maintien du monopole des pharmaciens ; celui de la liberté des prix pour faire jouer la concurrence ; des incitations aux industriels (protection de l’innovation et simplifications administratives) pour dynamiser l’offre ; et enfin une communication institutionnelle positive à visée éducative auprès du public. En attendant le décret sur l’automédication qui pourrait intervenir dans trois mois, le collectif des « pharmaciens en colère », s’oppose violemment au libre service des médicaments de prescription médicale facultative (PMF), et des médecins font entendre leur désaccord avec la proposition ministérielle. Ainsi l’Urml de Bretagne la dénonce-t-elle comme « une proposition dangereuse et inadaptée ».

Catherine Sanfourche

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Castellane solidaire de son généraliste

C’est tout un village qui réclame le retour en France de son médecin, le Dr Philippe Van Winkelberg, retenu au Tchad où il accompagnait l’Arche de Zoé. À Castellane, près de 600 habitants, soit le tiers de la population, ont manifesté samedi dernier pour soutenir le généraliste. Une pétition en sa faveur a déjà dépassé les 2 000 signatures. Son associée, le Dr Michèle Gastaldi, et le maire du village ont monté un comité de soutien. « Notre seul but est d’affirmer la moralité de Philippe et sa parfaite sincérité, explique la consoeur. Connaissant l’homme, nous sommes tous persuadés qu’il pensait pouvoir sortir des orphelins de guerre d’une situation de danger immédiat. »

Le généraliste n’a jamais été membre de l’association qu’il a découverte par Internet. Lors de la première mission humanitaire de sa carrière, son rôle a uniquement été d’assurer la sécurité sanitaire des enfants. Il y a un an, il avait mis des affiches pour alerter sur la situation du Darfour dans la salle d’attente de son cabinet. Et, avant de partir pour le Tchad, il avait expliqué les buts de sa mission à ses patients. La stupéfaction a été totale lorsque son arrestation a été rendue publique. C’est pourquoi son comité de soutien réclame aujourd’hui son rapatriement afin qu’en cas de jugement, celui-ci ait lieu en France. « Je veux rappeler que Philippe est parti simplement en tant que médecin, dit le Dr Gastaldi. C’est pourquoi la solidarité de la profession est très réconfortante. » La famille du médecin vient de recevoir un témoignage d’appui du Conseil départemental de l’Ordre.

V. H.

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Concertation plutôt que coercition

La ministre et les grévistes ont choisi de sortir du conflit par le haut. Il n’y aura pas de mesures coercitives. Et les jeunes sont partants pour discuter de l’offre de soins de demain. Le « Grenelle » de la démographie aura donc lieu en janvier et sera conduit par le Pr Yvon Berland, président de l’Observatoire national de la démographie et Annie Podeur, directrice de la Dhos. « Nous regrettons d’avoir été obligés de recourir au blocus et à la rue pour être entendus. Mais nous savons que le système de santé français est une richesse que nous devons préserver », a déclaré Olivier Mir, le représentant des internes, en signant le protocole d’accord avec la ministre. À l’unisson, celle-ci s’est félicitée de cette issue : « Une grave crise démographique est à venir si nous ne faisons rien. C’est pourquoi nous allons tous nous mettre au travail. » Les états généraux devront donc aborder tous les aspects qui concourent à la démographie. « Il sera nécessaire d’élargir le débat pour s’interroger sur bien d’autres thématiques, comme le champ de compétences des professions de santé ou la rémunération des médecins dans ses niveaux et ses modes », ont dit les jeunes dans une déclaration commune. Pour eux, la reconnaissance passe aussi par une revalorisation du C. La méthodologie des états généraux n’est pas encore complètement définie. Mais il est déjà acquis que la consultation se déroulera en trois temps.

Réunions de concertation

Selon la Dhos, des auditions préliminaires pourraient être organisées dès la fin de la semaine prochaine. Puis des réunions de concertation auront d’abord lieu en régions, comme l’a suggéré le président de la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale, Pierre Méhaignerie. Elles associeront toutes les parties prenantes : représentants des médecins, des internes, des étudiants, de l’État, de l’assurance-maladie, des patients et des collectivités locales. Ces travaux ne devront pas être en lien avec la mission Larcher sur l’hôpital et de la création des agences régionales de santé (ARS). Les états généraux proprement dit auront lieu dans le courant du mois de janvier au ministère de la Santé. Leurs conclusions, en particulier les mesures incitatives dans les zones déficitaires, seront ensuite transmises à l’Uncam « à titre de cadrage ». Et elles devront être mises en musique par les partenaires conventionnels.

Si certains qualifient déjà les états généraux de « nouvelle grand-messe », les jeunes semblent, pour leur part, confiants. « Même si le plus dur est devant nous, nous sommes satisfaits car les pistes de travail semblent très sérieuses », confiait Emmanuel Gallot, président de l’Isnar-IMG à l’issue de la signature du protocole.

V. H.

Roselyne Bachelot l’a dit aux représentants des internes et des étudiants en médecine : « Associer les jeunes médecins à la réflexion sur l’installation n’a jamais été fait. Prendre leur avis doit être un préalable. »

S.Carambia

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À quoi serviront les produits des franchises ?

Dans un premier temps, elles devaient avoir pour vertu de « responsabiliser » l’assuré face à ses dépenses de santé. Puis le président de la République a assuré que le produit des franchises ne serait pas destiné à combler le trou de la Sécu, mais à financer des dépenses de santé en forte augmentation : la maladie d’Alzheimer, le cancer et les soins palliatifs. Devant les députés, la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot-Narquin, a indiqué la ventilation des 850 millions de recettes attendus. Sans suprise, l’hôpital se taille la part du lion alors que les franchises sont de fait plutôt prélevées sur des dépenses de ville (médicaments, transports sanitaires et actes paramédicaux). « Pour la médecine de ville, 235 millions d’euros seront consacrés de la façon suivante : 145 millions pour la lutte contre le cancer et 90 millions pour la maladie d’Alzheimer, médicaments et soins de ville étant dans les deux cas dotés à part presque égales », a déclaré la ministre.

Les établissements de santé récupèrent 307 millions dont 211 millions pour les médicaments anticancéreux et le reste pour les prises en charge en court séjour et les Migac. Par ailleurs, 59 millions iront à la prise en charge et aux consultations portant sur la maladie d’Alzheimer. Les soins palliatifs bénéficieront de 89 millions notamment pour les prises en charge de court séjour et les équipes mobiles. Cette explication de chiffres, d’une étonnante précision, contredit néanmoins l’annonce par le gouvernement d’un Ondam équilibré entre la ville et l’hôpital. Selon les calculs de la Csmf, l’Ondam réel de ville n’est plus mécaniquement que de 2,3 % et non plus 3,2 % contre 4 % pour l’hôpital. Les marges de manoeuvre pour les revalorisations tarifaires en sont d’autant plus serrées. En outre, les montants annoncés des franchises ne figurent pas dans le texte du Plfss. Ils ne seront officialisés qu’au moment des décrets d’application. Ceci laisse penser que les franchises ont vocation à évoluer en même temps que les dépenses nouvelles qu’elles sont censées couvrir.

N°2427 du 09/11/2007

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Un Plfss qui fâche devant le Sénat

Après des débats parfois un peu confus devant une Assemblée nationale clairsemée, le Plfss sera examiné à partir de lundi par les sénateurs. Si le gouvernement a renoncé face à la pression des internes à lier les modalités du conventionnement médical à la densité des professionnels, le Sénat ne devrait pas rester muet sur le sujet de la démographie. Un amendement sur la promotion des maisons de santé sera proposé, ainsi que l’ouverture aux généralistes d’un statut de médecin salarié. Le Sénat entend aussi renforcer la lutte contre la fraude et proposer une taxe sur les boissons sucrées. Il reviendra aussi à la Haute Chambre de corriger le tir sur des amendements adoptés par les députés contre l’avis du gouvernement.

Amendement « vexatoire »

Il semblerait que l’un d’eux ait particulièrement irrité la ministre. C’est celui des rapporteurs UMP Jean-Pierre Door et Yves Bur, voté avec les voix de la gauche, qui oblige les spécialistes du secteur II à pratiquer « une proportion minimale d’actes sans dépassement d’honoraires ». Un amendement qualifié de « vexatoire » par Michel Chassang, président de la Csmf. Roselyne Bachelot souhaite également une relance des négociations sur le secteur optionnel, au point mort depuis un an. Le député du Bas-Rhin a également fait passer un amendement controversé sur la taxation des feuilles de soins « papier » (voir entretien, Le Généraliste n° 2426). Une contribution forfaitaire pour les récalcitrants à la feuille de soins électronique pourrait être demandée. Mais son montant et ses modalités d’application sont laissés aux soins des partenaires conventionnels. La Csmf y a déjà opposé une fin de non-recevoir. « C’est une mesure inutile qui braque les médecins pour pas grand-chose », a commenté Michel Chassang. Traditionnement enclins à écouter d’une oreille plus bienveillante les revendications des médecins, les sénateurs ne devraient pas pour autant retoquer tous les articles et amendements qui fâchent. Mais la Csmf semblait particulièrement remontée au moment du vote en première lecture à l’Assemblée nationale, la semaine dernière.

Pour faire monter la pression, elle enjoint ses adhérents à afficher en salle d’attente une mise en garde contre « le rationnement de soins ». Dans son collimateur, les stabilisateurs qui ont vocation à geler les revalorisations en cas de dérapage des dépenses, les contractualisations individuelles, le contrôle par les médecins conseils des employeurs des prescriptions des IJ et la mise sous tutelle des « surprescripteurs ». Moins controversé, un amendement du gouvernement vise à autoriser les infirmières à effectuer des renouvellements de vaccinations sans prescription. Un autre incite les éditeurs de logiciels d’aide à la prescription à afficher le coût des médicaments.

Véronique Hunsinger

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Vos syndicats entre confiance et déception

Déception chez Espace Généraliste

« Je pensais que sur ce sujet les pouvoirs publics bougeraient. J’y vois encore une opportunité ratée de faire bouger la médecine générale sur un dossier symboliquement fondamental. Les pouvoirs publics et l’assurance-maladie auraient pu faire très fort et ça aurait été une belle fête. Bien sûr, j’ai conscience de la difficulté d’articuler ville et hôpital, mais, de toute manière, comme ces problèmes il faudra bien les régler, autant le faire à temps. » Dr Claude Bronner

Impatience à MG-France

« Clairement, le sujet n’a pas été traité par l’équipe gouvernementale précédente, tandis que l’équipe actuelle renvoie aux états généraux de la démographie médicale. La création d’une filière universitaire de la médecine générale fera clairement partie de nos revendications lors de ces états généraux, comme l’application de la nomenclature spécialisée pour les titulaires du DES de médecine générale, on ne peut se satisfaire du statut transitoire actuel ». Dr Martial Olivier-Koehret

« Positive attitude » à l’Unof

« C’est dommage, personne dans les sphères gouvernementales n’a encore bien mesuré le changement profond qui s’opère dans la médecine générale. On a un peu le sentiment d’être relégué à rang accessoire, comme lors de la Wonca, pour laquelle la ministre ne se déplace pas, par peur des internes. Et l’hôpital porte toujours un regard dédaigneux sur la médecine générale. Mais ce qui est bien, c’est que, malgré tout, les choses avancent. Au moins, c’est parti. Les chefs de clinique aujourd’hui existent. Et ce n’est que le commencement. » Dr Michel Combier

Pragmatisme à la FMF-G

« La nomination de chefs de clinique assistants est une bonne chose, mais pour envoyer un vrai signal fort envers les jeunes, en matière de revalorisation de la médecine générale, ce gouvernement serait bien inspiré de nommer, dès maintenant, un généraliste enseignant titulaire par fac. Il est temps de cesser de céder au lobby hospitalier cramponné à ses diplômes. On peut très bien être hospitalier et universitaire, on peut aussi très bien être libéral et universitaire. Outre le fait que c’est une mesure de revalorisation qui financièrement n’est pas très onéreuse, elle démontrerait pour les jeunes qui se détournent de la médecine générale que cette dernière n’est véritablement plus considérée comme le parent pauvre des disciplines médicales. » Dr Jean-Paul Hamon

Réalisme au SML

« Il ne faut pas bouder son plaisir. Au moins le statut aujourd’hui existe. Évidemment, d’un point de vue strictement syndical, je déplore que tout n’ait pas pu être complètement réglé en temps et en heure. Mais au moins, les choses vont dans le bon sens. Il appartiendra aux différents acteurs de s’assurer que tout soit par la suite concrétisé et conforme. Après tout, c’est le travail des syndicats face à notre travers national de ne pas faire les choses en entier, simplement. » Dr Dinorino Cabrera

Confiance à l’Isnar-IMG

« La prise de fonction des chefs de clinique, ce début de semaine, a été plutôt théorique, du moins sur le versant activité de soins. En revanche, ils ont mis à profit ce délai pour s’investir directement dans les activités de recherche à l’université. Mais j’ai bon espoir que la version définitive du contrat que nous attendons voit le jour rapidement. Ce qui est clair, c’est que les chefs de clinique n’auront pas d’activité à l’hôpital mais bien en libéral pour la partie soins et ainsi que pour les thèmes de recherche à l’université. » Emmanuel Gallot

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L’EPP simplifié

HAS Aux dernières nouvelles ministérielles, ce serait au début de 2008 que paraîtrait le décret indispensable à la mise en place des conseils régionaux de FMC – leurs membres désignés l’attendent pour prendre leurs fonctions –, et donc au démarrage effectif du dispositif FMC-EPP. En attendant, les travaux continuent, et la HAS, présidée par Laurent Degos, a publié récemment une décision allant dans le sens d’une simplification. Exit la distinction entre évaluation « ponctuelle » et « continue », le praticien peut suivre une ou plusieurs actions évaluatives. Les médecins relevant de plusieurs modes d’exercice – libéral et salarié, par exemple – ne sont tenus de satisfaire aux exigences d’EPP que dans un seul mode d’exercice. Enfin, dès les Crfmc mis en place (début 2008 en principe), « les médecins auront cinq ans pour déclarer à leur Crfmc les démarches réalisées durant les cinq années précédant leur déclaration ».

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Le Leem pour un plan " innovation santé "

Sur la recherche, « La France décroche et perd du temps par rapport aux États-Unis, au Japon, à l’Allemagne et au Royaume-Uni », estime le président du Leem, Christian Lajoux. Exemple à l’appui de sa démonstration : notre pays compte 177 sociétés de biotechnologies contre 274 outre-Manche et 355 outre-Rhin. Dans ce contexte, le patron du Leem martèle que la France dispose d’atouts, à condition de les encourager. Intervenant lors de l’assemblée générale du Leem Recherche, il a appelé à un « plan innovation Santé » pour 2015. Dans le détail, l’association qui regroupe 37 laboratoires de recherche, le Cnrs et l’Inserm réclament une hausse de l’effort de recherche avec des engagements précis de l’État et des programmes ciblés sur des domaines thérapeutiques, à l’image du plan Cancer ou du plan Alzheimer. Le Leem Recherche juge également indispensable une révision de la loi bioéthique.

N°2427 du 09/11/2007

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Le DMP reporté dans… dix ans

Les premiers dossier médicaux personnels auraient dû voir le jour en juillet dernier. Mais patients et médecins n’ont évidemment rien vu venir. La semaine derniére, l’Igas a carrément enfoncé le clou en affirmant qu’ il n’y aura pas avant au moins une dizaine d’années un dossier patient contenant en un seul endroit toutes les données médicales … Lancé en 2004, en méme temps que la loi de réforme de l’assurance-maladie, ce projet ambitieux a été sans cesse reporté. Au juin dernier, Roselyne Bachelot, la ministre de la Santé, a fini par admettre qu’il était au point mort. Elle n’évoque plus, désormais, pour les deux prochaines années, que des expérimentations , par exemple pour certaines ALD. Trés sévére, le rapport de l’Igas pointe l’irréalisme des objectifs initiaux du projet, dont celui d’une mise en place pour 2007 é constamment mis en avant pour des raisons essentiellement politiques é. Plus grave, l’Igas estime que sa mise en place a été un véritable anti-modéle de gestion publique. Néanmoins, elle plaide pour une relance du projet à condition de le faire dans le bon ordre.

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Chefs de clinique assistants

Tous en piste… mais pas tout à fait en poste ! Avec la prise de fonction des seize premiers généralistes chefs de clinique, le lundi 5 novembre, devait consacrer l’avènement de la filière universitaire de médecine générale pour les titulaires du DES. Mais les atermoiements autour de ce nouveau statut ont un peu gâché la fête. Les heureux élus avaient néanmoins l’espoir d’être fixés sur leur sort dans les jours qui viennent. Nous leur avons donné la parole.

Les généralistes "chefs" entrent en scène

Communiquer ou ne pas communiquer ? À l’évidence, la question restait toujours cruciale en ce début de semaine pour les seize premiers chefs de clinique généralistes (voir la liste et les témoignages pages suivantes) qui devaient prendre leurs toutes nouvelles fonctions lundi dernier. « On marche sur des oeufs, c’est un dossier sensible. Tant que nous n’aurons pas signé de contrat, je préfère ne pas m’exprimer », explique l’un des impétrants, qui résume par cette seule phrase le malaise qui entoure la nomination, ou plus exactement l’entrée en fonction, des chefs de clinique de médecine générale. Et pourtant. La fête aurait du être belle. Elle devait, en effet, constituer une étape supplémentaire vers la consécration de la filière universitaire de médecine générale avec le triptyque « enseignement, recherche et soins », enracinant la médecine générale dans le paysage hospitalo-universitaire tout en lui préservant son visage libéral. Las, les atermoiements nécessaires pour parvenir ne serait-ce qu’à un accord sur le statut et la rémunération de ces nouveaux chefs de clinique – certains volets de la négociation n’ayant abouti que la semaine dernière – ont déjà douché l’enthousiasme initial de plusieurs candidats. Sur les vingt postulants de départ, quatre ont ainsi préféré se désister dans le mois précédent leur entrée (théorique) en fonction. À l’arrivée, les postes prévus à Rouen, Strasbourg, Nancy, Paris-Ouest et Tours resteront, quant à eux, vacants.

Et même si quelques-uns des chefs de clinique n’hésitaient pas à affirmer, à trois jours de leur entrée en fonction : « Je ne commencerai rien tant que je n’aurai rien signé », la motivation générale de celles et ceux restant en piste était toujours aussi manifeste (voir témoignages pages suivantes). Bien leur en a pris, la situation devrait en effet être débloquée dès cette fin de semaine (voir encadré p. 21). Même si aujourd’hui, la question continue de se poser : comment en est-on arrivé là ?

Bricolages

Pour le Dr Vincent Renard, président du Syndicat national des enseignants de médecine générale (Snemg), la réponse est claire. « Tout simplement parce que les parties prenantes, tant l’assurance-maladie que le ministère de l’Enseignement supérieur du gouvernement précédent, ne se sont pas préparées à temps. Il est vrai que l’on crée quelque chose de nouveau. Mais, nous, cela fait plus d’un an que nous avons ficelé notre projet. » Potant, une avancée avait bel et bien vu le jour du temps de Xavier Bertrand. « Un décret statutaire de création de poste de chef de clinique de médecine générale avait été rédigé et déposé au Conseil d’État, l’année dernière. Depuis, aucune nouvelle », témoignent à l’unisson le Dr Renard et le Pr Pierre-Louis Druais, président du Collège national des généralistes enseignants (Cnge). Du coup, enseignants, hospitaliers et généralistes libéraux se retrouvent aujourd’hui contraints à « bricoler des montages transitoires », simplement pour permettre aux chefs de clinique de pouvoir exercer leurs nouvelles fonctions. Quitte à développer, le cas échéant, plusieurs scénarios. Comme à Paris V. « Nous avions appelé cela le plan A et le plan B », sourit le Pr Marc Brodin. Ce professeur de santé publique, par ailleurs membre du comité scientifique de la Cnam, n’était pas, en l’occurrence, en première ligne sur le dossier de Laurent Rigal, le nouveau chef de clinique parisien. « Mais c’est un garçon de valeur, et j’ai un peu suivi le déroulé. Il faut comprendre que ce n’est pas chose aisée que de définir des fonctions nouvelles qui s’articulent sur différents pôles. Il faut parvenir à allier l’activité de recherche, les fonctions d’enseignement et les soins en ambulatoire tout en ménageant à chaque fois des emplois du temps compatibles. » Pas facile, donc, de trouver le juste équilibre et le bon financement. « Pour ma part, comme je travaille également en HAD, j’avais proposé que nous prenions à notre compte le financement pour la “fonction universitaire”. Il me semblait en effet intéressant de pouvoir travailler sur le volet de l’hospitalisation à domicile avec un jeune généraliste chercheur. » Un plan initial qui, finalement, n’a pas été appliqué. Huit jours avant sa mise en oeuvre, le doyen de la faculté de Paris V a pu récupérer le budget de l’un des quatre postes des chefs de clinique qui se sont désistés.

Des consignes claires du Cnge

« Vous imaginez, dans ces conditions, la facilité avec laquelle on peut maintenir les vocations, ironise Vincent Renard. Il ne faut pas oublier que la plupart de ces jeunes ont déjà une famille dont ils sont responsables. Ce n’est pas un hasard si nous en avons perdu quatre en route depuis la rentrée. » Qui préféreront s’orienter vers un exercice plus traditionnel, en attendant de pouvoir revenir à leurs centres d’intérêts une fois que le statut des généralistes chercheurs sera pérennisé.

Du côté de leurs syndicats, on continue à y travailler : deux jours après leurs prises de fonction, les consignes du Cnge à destination des seize chefs de clinique étaient on ne peut plus claires : allez travailler, mais ne signez aucun contrat tant que nous n’aurons pas fini de négocier (voir entretien page suivante).

Pour le moment, au regard des textes, les chefs de clinique de médecine générale doivent partager leur activité entre quatre demi-journées au cabinet et six demi-journées pour l’enseignement et la recherche, même si des aménagements au cas par cas restent possibles. Quant à la rémunération de leur activité de soins « pour assurer l’activité clinique en secteur libéral chez les médecins généralistes », elle sera équivalente à celle « de leurs collègues chefs de clinique des hôpitaux ». Soit environ 17 000 euros avec une indemnité de 4 000 euros annuels. Enfin, ils exerceront avec le statut de collaborateur libéral en cabinet, soit avec un professeur associé, soit avec un médecin installé. Et afin de pouvoir toucher des honoraires pour leur activité de soins, ils devront signer un contrat avec l’Urcam de leur région.

Quant aux généralistes qui les accueilleront, « les hébergeurs », selon la terminologie consacrée, ils devraient percevoir 20 % des revenus de leur chef de clinique ainsi qu’un complément de l’Uncam pour ne pas subir de pertes de revenus. Seulement, ce dernier point pose manifestement problème. « Nous avons demandé à ce que ce dispositif fasse l’objet d’une évaluation au bout d’un an, afin de déterminer la réalité du coût pour le médecin hébergeur. Il est normal que ces derniers soient justement indemnisés. Ni plus ni moins », explique Vincent Renard. Seulement la ligne qui faisait mention de cette évaluation avait disparu de l’avant-dernière mouture du document de négociation… D’où, en partie, la situation de blocage actuel. Car les généralistes enseignants sont d’autant plus vigilants que la version finale devrait servir de socle contractuel à l’ouverture de postes de chefs de clinique assistants dans chaque faculté de médecine à la prochaine rentrée universitaire. Avec, donc, un statut bien définitif cette fois.

N°2427 du 09/11/2007 Dossier réalisé par François Petty

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Hôpitaux : le comité d´éthique souligne les limites de la T2A

P.M

Inquiète pour l´avenir de l´hôpital, confronté à des dépenses de santé croissantes et à des difficultés financières, Rose-Marie Van Lerberghe, à l´époque directrice générale de l´Assistance publique – Hôpitaux de Paris, avait demandé au Comité consultatif national d´éthique (Ccne) de se prononcer sur les problèmes éthiques posés par la contrainte budgétaire en milieu hospitalier. La question était de savoir sur quels critères fonder une décision équitable face à des impératifs souvent contradictoires : « préserver la santé d´un individu et gérer au mieux celle d´une communauté de personnes ». Le Ccne a rendu public aujourd´hui son avis sur le sujet* et forme plusieurs recommandations.

Pour commencer, les sages encouragent à « réintégrer la dimension éthique et humaine dans les dépenses de santé, afin de permettre à l´hôpital de remplir de manière équilibrée l´ensemble de ses missions, et pas uniquement les plus techniques ou les plus spectaculaires ». Mais ils invitent aussi à se réinterroger sur la « mission primaire essentielle de l´hôpital ». Car, pour le Comité d´éthique, l´hôpital a « dérivé de sa mission originelle d´accueil de la précarité et de la maladie, puis de sa mission de recherche et d´enseignement », jusqu´à devenir, de plus en plus, un « service public, industriel et commercial » où la rentabilité économique prime sur la dimension sociale. Or, rappelle le Comité, le maintien du lien social est indispensable, pour empêcher que des patients sombrent dans l´exclusion, une fois leur diagnostic établi et leur traitement entrepris.

Dans ce contexte, le recours à la T2A (tarification à l´activité) dans les hôpitaux n´est pas systématiquement approprié et devrait être réservé aux « actes techniques spécialisés pour le diagnostic et les soins », estime le Ccne. Les actes dispensés en psychiatrie, en gérontologie, en pédiatrie, où encore l´écoute et l´examen clinique approfondis, méritant selon le Comité d´être cotés différemment. Ainsi, espère-t-il, on éloignera la menace d´une « tyrannie du « tout quantitatif » ».

Bien sûr, concluent les sages, les aspects budgétaires doivent être pris en compte. Mais, assurent-ils, « la garantie d´un accès juste aux soins de qualité n´est pas en contradiction avec une rigueur économique ».

Avis 101, « Santé, éthique et argent : les enjeux éthiques de la contrainte budgétaire sur les dépenses de santé ».

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MG-France réclame une base publique d´informations sur le médicament

G.D.L

« Il faut relancer la formation continue des médecins et l´élaboration de référentiels adaptés à la pratique de la médecine générale », vient de demander le syndicat MG-France, quelques jours après la publication du rapport de l´Igas (Inspection générale des affaires sociales)sur l´information des généralistes sur le médicament. Le syndicat exige la constitution d´une base publique d´informations sur le médicament. « Les informations de l´Afssaps (agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) ne sont pas adaptées à la pratique de premier recours dans des conditions d´équipement technique qui ne sont pas celles de l´hôpital. Il n´ y a pas de référentiel thérapeutique et aucune base publique de médicaments », a souligné jeudi Martial Olivier-Koehret devant la presse, rappelant que le budget de la formation professionnelle conventionnelle (FPC) 2006 était de 730 euros par médecin généraliste, « soit 35 fois moins que le budget » que l´industrie pharmaceutique consacre à la formation. Rappelons que la formation professionnelle conventionnelle est un dispositif de FMC géré dans le cadre de la convention médicale. Le coût des formations est pris en charge et les médecins qui suivent les séminaires reçoivent une indemnisation équivalente à 15 C ou 15 CS par jour.

Pour MG-France, ces carences témoignent de « la défaillance du pilotage de l´Etat ». Le syndicat en appelle donc à définir les missions de la médecine générale « au sein d´un système organisé et cohérent ». Un exemple est « significatif », fait valoir le Dr Olivier-Koehret : celui de la dépression. « La France est le pays dans lequel il y a le plus de morosité et un nombre de suicides trois fois plus élevé que le nombre de morts dans des accidents de la route. D´un côté l´Inpes organise une campagne de communication autour du dépistage et de la prévention de la dépression. D´un autre côté, on élimine ce thème comme celui des violences conjugales ou de la souffrance au travail de la FPC. La seule réponse de l´assurance maladie est l´obligation faite aux médecins de baisser de 5% leurs prescriptions, en stigmatisant les généralistes qui prescrivent trop de psychotropes ».

Signe de cette « incohérence totale », le syndicat de médecins généralistes dénonce l´autorisation réaffirmée jeudi par Roselyne Bachelot d´une mise à disposition de médicaments de prescription facultative devant le comptoir, alors que « le médicament est un produit dangereux ».

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Plfss : le Cnps en appelle aux sénateurs

Le Centre national des professions de santé (Cnps) vient de demander aux sénateurs qui commencent, mardi, l´examen du projet de loi de financement de la sécurité sociale (Plfss) pour 2008 d´amender ce texte pour qu´il « ne soit plus le Plfss dirigé contre les professions de santé libérales, mais un Plfss qui leur donne de nouveau un avenir ». S´il n´obtenait pas satisfaction sur le projet de loi le Cnps engagerait, indique-t-il, « des actions nationales et/ou régionales fortes ».

Le Cnps - qui regroupe une trentaine d´organismes représentant ce secteur d´activité - estime notamment que le système conventionnel (qui régit les relations entre les professionnels libéraux et l´assurance maladie) est « très sérieusement menacé ». Il dénonce en particulier les mesures qui permettent de différer, voire de suspendre, l´entrée en vigueur des revalorisations d´honoraires négociées dans le cadre des conventions. Il proteste aussi contre la possibilité des caisses de proposer aux praticiens volontaires des « contrats individuels » qui, moyennant le respect de certains engagements, leur permettraient de bénéficier de rémunérations complémentaires. Ces mesures de « contractualisation individuelle (…) isolent et fragilisent les professionnels », estime le Cnps.

Le Centre national des professions de santé - qui vient de porter à sa présidence le Dr Michel Chassang (Confédération des syndicats médicaux français) - entend participer activement aux Etats généraux de la santé qui vont être organisés par le gouvernement et intervenir « dans le débat autour de la régionalisation avec la création des futures agences régionales de santé » qui devraient voir le jour en 2009.

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La LDH contre les franchises médicales

La Ligue des droits de l’homme (LDH) a dénoncé vendredi le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2008 qui comporte l’instauration de franchises médicales et doit être examiné lundi par le Sénat…

lire la suite sur : http://fr.news.yahoo.com/afp/200711...

   

Franchises médicales : Ségolène Royal somme Martin Hirsch de réagir

"Je m’étonne que Martin Hirsch cautionne cette réforme !" Ségolène Royal a vivement interpellé vendredi le Haut commissaire aux Solidarités actives et ancien président d’Emmaüs au sujet des franchises médicales, dont elle a exigé le retrait en dénonçant une "faute" et un nouvel "impôt sur les malades".

L’ex-candidate du PS s’était pour l’occasion invitée dans un cabinet médical du XVIIIe arrondissement de Paris. Assise derrière le bureau d’un généraliste, elle s’en est prise à l’ancien président d’Emmaüs sur les franchises. Tout juste nommé au gouvernement, celui-ci avait jugé le 21 mai que ce n’était "pas une bonne mesure"….

lire la suite sur : http://fr.news.yahoo.com/ap/2007110...

   

La contraception orale et cancer du col de l’utérus

Le Lancet vient de publier une étude démontrant que les contraceptions orales accroissent le risque de cancer du col de l’utérus. Cette étude Internationale a été menée par Oxford sur 52 000 femmes qui ont participé à 24 études à travers le monde.

L’étude a démontré que le risque augmentait selon la durée de prise de la contraception orale. Les femmes ayant pris une contraception orale pendant 5 ans ont deux fois plus de risques de développer un cancer du col de l’utérus que les femmes ne l’ayant jamais prise. 10 ans après que les femmes aient arrêté de prendre une contraception orale, les risques sont les mêmes que pour les femmes ne l’’ayant jamais prise.

Dans les pays développés, comme la Grande Bretagne, le risque de développer un cancer du col de l’utérus est de 3,8 pour 1 000 femmes n’ayant jamais utilisé la pilule. Ce risque est de 4 pour 1000 pour celles qui la prennent pendant 5 ans et 4, 5 pour 1000 pour celles qui la prennent pendant 10 ans.

Source : The Lancet 2007 ; 370:1591-1592

© genethique.org

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Sarkozy pille la Sécu pour faire plaisir aux pêcheurs

Vendredi, 09 Novembre 2007

Cela devient une habitude : à l’heure du supposé "trou" de la Sécu qui légitime l’instauration de franchises médicales et de listes de médicaments à ne plus rembourser, l’argent de la protection sociale est de plus en plus en souvent détourné de sa fonction première pour servir à régler des conflits ou satisfaire des appétits privés.

C’est Xavier Bertrand, alors ministre de la Santé, qui avait déjà utilisé cette manne pour apaiser rapidement la grogne des praticiens libéraux face à la flambée de leurs primes d’assurance : grand seigneur, il décida que la Sécurité sociale en assumerait les 2/3, soit 20 millions d’euros par an d’argent public ainsi offert aux compagnies d’assurances privées, rien que pour satisfaire une profession plutôt pas mal lotie…

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Alzheimer : des pistes pour améliorer la prise en charge

LE MONDE | 09.11.07 |

’ancien directeur général de la santé, le professeur Joël Ménard, a présenté à Nicolas Sarkozy, jeudi 8 novembre, les conclusions de la commission chargée de réfléchir à l’élaboration du plan Alzheimer 2008-2012. Ces propositions seront soumises à la consultation des professionnels, le public étant invité à donner son avis sur Internet (planalzheimer.gouv.fr). Le chef de l’Etat annoncera les grandes orientations du plan avant la fin de l’année, pour une mise en oeuvre au 1er janvier 2008.

Deux plans de lutte contre la maladie d’Alzheimer se sont succédé depuis 2001. Etait-il nécessaire d’en élaborer un troisième ?

Oui, ne serait-ce que pour mettre l’accent sur le besoin de recherche, sur lequel les précédents plans n’avaient pas particulièrement insisté. Par rapport au poids de la maladie d’Alzheimer dans notre pays, les investissements en termes de recherche sont relativement faibles. Nous proposons la création d’un réseau national d’excellence, coordonnant plusieurs disciplines, par le biais d’une fondation de coopération scientifique, susceptible de mettre en place des partenariats public-privé. C’est d’autant plus important que des pistes de recherche commencent à être prometteuses dans la maladie d’Alzheimer, et pourraient déboucher dans les trois à cinq ans.

Que préconisez-vous en matière de prise en charge des malades ?

Nous proposons d’abord qu’un dispositif d’annonce de la maladie soit élaboré comme cela a été fait pour le cancer. Il faut humaniser ce moment, qui doit concerner autant la personne malade que son proche. Ne pas hésiter à recourir à d’autres professionnels, comme les psychologues, et prendre son temps pour expliquer leschoses, notamment quand le malade peut encore dialoguer.

Par ailleurs, il faut rapprocher le médical du social. Nous proposons que le médecin traitant puisse travailler avec une tierce personne, comme un travailleur social, qui serait chargé de l’organisation de la prise en charge de la maladie. Il y a actuellement une quinzaine de professions qui gravitent autour d’un patient, ces interventions ont besoin d’être coordonnées. Dans ce cadre, nous suggérons de rémunérer les médecins non plus à l’acte, mais au forfait, dès lors qu’ils s’engageraient à prendre en charge une dizaine de patients.

Comment améliorer au quotidien le bien-être des 800 000 malades ?

Il faut favoriser au maximum le maintien à domicile, souhaité par la plupart des personnes malades et leurs proches. Il y a des techniques qui permettent d’éviter l’hospitalisation par un suivi régulier à domicile, notamment pour éviter les crises. Cela passe par une meilleure formation des personnels à ce qu’est un trouble comportemental.

Pour la toilette, par exemple, il est recommandé de ne pas laver le visage en premier, de toucher d’abord les mains, de s’approcher progressivement de la personne… Ces métiers méritent une valorisation humaine mais aussi financière, c’est la condition d’une véritable amélioration de la prise en charge.

Et quand les personnes sont trop dépendantes pour rester à domicile ?

Cela pose le problème de l’aménagement des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD). Il y a environ 20 % des malades qui sont extrêmement difficiles, car ils sont agités, déambulent, ont des comportements gênants pour les autres. Là encore, c’est en renforçant la formation des personnels et en créant des petites unités de 12 patients que les malades seront mieux pris en charge.

Les patients sont vulnérables, souvent incapables de faire valoir leurs droits. Comment respecter leur subjectivité ?

Bien prendre en charge un patient Alzheimer passe par une réflexion éthique constante. Faut-il faire un diagnostic précoce ou non ? Qu’est-ce qu’on dit au malade, ce qu’on ne dit pas, comment on le dit ? Si la personne a fait une déclaration anticipée sur son devenir, qu’est-ce qu’on en fait, qui décide, qui ne décide pas ?

Notre commission n’était pas là pour trancher ces débats, mais pour les poser. Nous étions ainsi partagés sur l’utilisation du bracelet électronique de type GPS. C’est pourquoi nous proposons la création d’un centre d’éthique, spécifique à cette maladie, qui aiderait les professionnels à répondre aux grandes questions qu’ils se posent.

Propos recueillis par Cécile Prieur

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Médicaments : un rapport sur les programmes d´accompagnement des patients »

P.-Y. P

Les programmes d´accompagnement des patients refont parler d´eux. Contraint de les retirer d´un projet de loi transcrivant le droit communautaire, Xavier Bertrand, alors ministre de la Santé avait demandé en mars dernier un rapport sur la question à l´Inspection générale des affaires sociales. Selon « Le Monde », ce rapport aurait été remis en août dernier à Roselyne Bachelot. De quoi s´agit-il ? De la possibilité pour les laboratoires pharmaceutiques de mettre en place des programmes d´accompagnement pour lui rappeler les nécessités et les moyens d´observer son traitement. Selon le Monde, l´Igas recommanderait d´inscrire dans la loi « le principe de l´interdiction de tout contact direct ou indirect entre laboratoires pharmaceutiques et public ». Elle préconise de n´autoriser – et encore sous dérogation – que « certains programmes d´accompagnement » intervenant après la prescription du médicament et « lorsqu´un bénéfice collectif ou individuel particulier et important peut en être escompté ».

De son côté, le Leem (Les Entreprises du Médicament) rappelle que cet accompagnement ne concerne que des patients atteints de maladies chroniques et pour lesquels « l´observance est un enjeu crucial pour l´efficacité du traitement ou pour éviter l´apparition de résistances », mais que « aucune bénéfice commercial ne doit être attendu dans la mise en oeuvre de ces programmes ».

D´autre part, ces programmes sont mis en œuvre après prescription du traitement par le médecin et sur la base du volontariat à la fois du médecin et du patient. C´est sur la base de ces principes, poursuit l´organisation qui représente l´industrie pharmaceutique, que le Leem est « toujours en phase de dialogue et de concertation avec l´ensemble des acteurs pour prendre en compte les attentes et les besoins de l´ensemble des parties prenantes, afin que l´efficience de la prescription, le bénéfice pour le malade et la santé publique prévalent sur toutes autres considérations ».

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Rapport Ménard : France-Alzheimer satisfaite mais vigilante

Gaëlle Desgrées du Loû

Le Président de la République a désormais deux mois pour élaborer son plan d´action sur la lutte contre la maladie d´Alzheimer, inspiré par le rapport ambitieux que le Pr Joël Ménard lui a remis jeudi. « C´est un travail complet dont nous nous réjouissons. Nous craignions que l´effort soit exclusivement porté sur la recherche, mais ce n´est pas le cas et il est largement question de l´accompagnement des malades et familles. Beaucoup d´idées fortes de l´association France-Alzheimer sont reprises, telles la dignité du malade dont la commission souligne l´importance en permanence, la reconnaissance de la place et des besoins de l´aidant familial, l´intégration dans le parcours de soins du couple aidant-aidé, les efforts à fournir pour décloisonner le médical et le médico-social et l´affirmation de la place centrale du médecin généraliste », analyse Arlette Meyrieux.

La présidente de France-Alzheimer se dit aussi satisfaite du projet de « porte d´entrée unique », dans chaque département, pour faciliter l´accès des malades et de leurs familles aux dispositifs de soins et d´accompagnement. Elle se félicite du renforcement de la formation spécifique des professionnels de soin préconisée par le rapport. « Nous l´avions demandé non seulement pour les intervenants mais pour l´ensemble des personnels administratifs qui traitent les dossiers », tempère-t-elle.

Pour autant, l´association France-Alzheimer se veut prudente. « Ce ne sont que des propositions. Seront-elles reprises dans leur ensemble ? Qu´en sera-t-il du financement qui doit s´exprimer en milliards d´euros ? C´est une étape qui marque un vrai pas en avant mais nous restons vigilants. Il faut de manière urgente engager ce plan pour un million de Français qui en bavent chaque jour, par manque d´accompagnement », assure-t-elle.

Guidée par des orientations humanistes et l´exigence d´une réflexion éthique, la commission Alzheimer, qui s´est appuyée sur les travaux d´une centaine de chercheurs, de médecins, d´acteurs du monde social, rappelle en préambule « qu´une autonomie altérée dans les gestes de la vie quotidienne et les relations avec autrui ne rend pas moins respectable la personne atteinte de maladie d´Alzheimer ». Joël Ménard l´a d´ailleurs réaffirmé hier à sa sortie de l´Elysée : « La personne malade, dans l´ensemble de son cheminement, est le cœur de ce plan ». Sans aborder la question du financement – « ce n´était pas notre rôle », justifie Joël Ménard- la commission renvoie à la nécessité d´une « politique publique volontariste ». L´accent est mis, en premier lieu, sur la recherche actuellement « sous-dimensionnée, quantitativement insuffisante à la fois par rapport aux besoins des citoyens français et par rapport à la compétition internationale ». La commission recommande de renforcer les groupes les plus productifs en recherche fondamentale, expérimentale et clinique, d´attirer de nouvelles techniques, en particulier en biologie cellulaire et en biologie systémique et de s´inspirer du « modèle d´excellence » de l´Agence nationale de recherche sur le sida et ce, dans une approche de collaboration nationale et internationale. Elle souhaite que soit engagé un investissement significatif en faveur de la recherche en sciences sociales et propose la création d´une Fondation de coopération scientifique, fédérant les équipes de recherche en sciences du vivant, de la santé et des sciences humaines sur la maladie d´Alzheimer. Le rapport propose d´inscrire la lutte contre la maladie d´Alzheimer comme priorité de l´Union européenne lors de la présidence française en juillet 2008. Visant à construire un plan national « recherche-santé-solidarité », Joël Ménard insiste sur la nécessité d´une évolution du système de soins et d´une meilleure coordination des soignants, afin de développer la prévention.

Dans cette perspective d´une meilleure qualité et continuité des soins, il suggére d´optimiser le diagnostic de la maladie d´Alzheimer, en renforçant les consultations mémoire, en créant une nouvelle tarification externe hospitalière « bilan Alzheimer », en expérimentant un forfait pour les neurologues libéraux et en mettant en place un dispositif d´annonce de la maladie « compte tenu des caractéristiques propres à cette maladie, qui requiert, au-delà du soin, une prise en charge sociale de longue durée ». Considéré comme le garant de la continuité des soins, le médecin traitant doit, selon le rapport Ménard, poursuivre l´évaluation « en étant attentif aux prescriptions associées de psychotropes et aux risques de iatrogénie » , recevoir l´aidant familial et déclencher si besoin un avis social. Joël Ménard propose également la création d´un « forfait Alzheimer » annuel pour les généralistes qui pourrait prendre en compte notamment des jours de formation continue pour le médecin, la réalisation d´un bilan annuel de santé envoyé aux unions régionales de médecins libéraux (Urml), la participation aux actions de coordination et le remplissage d´un carnet de suivi.

Un grand panel de propositions répondent au besoin « d´améliorer le suivi de santé et le soutien psychologique des aidants familiaux », telle le développement de « structures de répit » et d´aides pour le réaménagement des logements.

Le rapport Ménard prône par ailleurs la création d´un droit universel d´aide à l´autonomie, qui formerait un ensemble de prestations, biens et services modulable et évolutif, selon les phases de la maladie d´Alzheimer. « Il s´agit d´une perspective centrale, permettant de résolument construire un parcours de prise en charge correspondant à la fois au cas de chaque malade et à la situation de chaque famille ». Quatre priorités ont gouverné la rédaction de cette feuille de route : « un libre choix du maintien à domicile, une qualité de vie meilleure en établissement, la reconnaissance des professionnels engagés au service des personnes atteintes de la maladie d´Alzheimer et la nécessité d´un choix clair en termes de financement public et de politique publique ».

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Pesticides aux Antilles : le rapport Belpomme décrédibilisé

Après la controverse suscitée par son rapport publié en septembre, dénonçant "un scandale sanitaire aux Antilles", le cancérologue a été auditionné mercredi par les députés.

ELIANE PATRIARCA

Le 17 septembre dernier, le cancérologue Dominique Belpomme annonçait une « catastrophe sanitaire » aux Antilles due à la pollution par un pesticide, le chlordécone, en s’appuyant sur une expertise qu’il avait « coordonnée » sur place au printemps. Des déclarations qui avaient suscité un vent de panique, un emballement médiatique, et provoqué des déclarations de Michel Barnier et Roselyne Bachelot. Mardi, auditionné par la Commission des Affaires économiques à l’Assemblée nationale, et confronté à des scientifiques de l’Invs, de l’Afssa et de l’Inserm très critiques, il a reconnu des « inexactitudes » dans son rapport, puis enchainé des explications douteuses et imprécises.

Dans son rapport, remis en juin mais rendu public en septembre, élaboré lors d’un séjour de quelques jours en Martinique, début mai 2007, le professeur Belpomme estimait que l’usage du chlordécone aux Antilles jusque dans les années 90 constituait « une bombe à retardement » sanitaire.

Il s’inquiétait notamment du nombre très élevé de cancers de la prostate et du sein en Martinique et en Guadeloupe, sans établir un lien de causalité avec le chlordécone ; mais en ajoutant que cette flambée de cancers n’était pas le fruit du hasard. Hier, il a d’abord accusé les médias de lui avoir fait dire ce qu’il n’avait jamais dit. Puis il a reconnu « des inexactitudes dans les détails » de son rapport. « Mais le message de fond reste pertinent », a-t-il ajouté.

Les députés ont pu ensuite entendre le Professeur Luc Multigner, chercheur épidémiologiste à l’Inserm, spécialisé dans les pathologies de la reproduction. Un scientifique qui travaille sur l’impact sanitaire des pesticides et notamment du chlordécone aux Antilles depuis… 1999. Car le professeur Belpomme n’a en fait rien « révélé », il n’a fait que répéter ce que l’on sait depuis plusieurs années. C’est en 1999 qu’a été mise en évidence une pollution des sources d’eaux destinées à la consommation humaine aux Antilles. Même si les pouvoirs publics n’ont vraiment pris la mesure de l’ampleur du problème sanitaire et environnemental dû au chlordécone qu’à partir de 2002.

Les eaux et les sols antillais sont hélas effectivement gorgés de cet insecticide, un organochloré utilisé contre le charençon dans les bananeraies. Interdit aux Etats Unis dès 1976, en raison de sa toxicité -il est cancérigène pour l’animal et classé cancérigène possible pour l’homme-, le chlordécone a été autorisé en France cinq ans plus tard.

Finalement interdit en 1990, il sera pourtant encore utilisé aux Antilles jusqu’en 1993 grâce à deux dérogations successives accordées par le ministère de l ’Agriculture aux planteurs. Un enchaînement regrettable et très bien reconstitué dans le rapport de la mission d’information parlementaire rendu en 2005. Un rapport que les ministres Barnier et Bachelot semblent avoir négligé de lire avant de réagir aux propos du Pr Belpomme.

« Vous avez repris à 80% le constat fait depuis 1993, a souligné le président de la Commission, Patrick Ollier, c’est cela qui n’est pas très honnête dans votre communication ».

C’est donc fort de neuf ans d’études avec son équipe et en collaboration avec les médecins antillais que Luc Multigner a pu témoigner hier. Fort aussi d’études validées par des pairs et répondant à des protocoles scientifiques standardisés. Il a souligné que le professeur Belpomme n’avait pourtant pas jugé bon de le contacter, lui ou un chercheur de son équipe, pour réaliser son expertise

Sur le fond, il a rappelé que les populations antillaises ont, dans l’absolu, moins de cancers que la population métropolitaine. Mais le cancer de la prostate fait exception, avec un taux de prévalence très fort, "notamment en Guadeloupe où il est l’un des plus élevés au monde".

Luc Multigner et ses collaborateurs, en métropole et aux Antilles,ont mené plusieurs études épidémiologiques depuis 1999 pour approfondir l’impact sanitaire du chlordécone. La première a concerné la population la plus exposée à la contamination : les ouvriers agricoles des bananeraies. Rendus publics en 2006, les résultats ont montré que si l’on retrouvait du chlordécone dans le sperme de ces ouvriers, il aurait, heureusement, fallu « des concentrations dix à 100 fois plus importantes pour que cela porte atteinte à leur fertilité », a expliqué le chercheur.

Il a évoqué les autres grandes études épidémiologiques qui pistent les effets des pesticides sur le développement intra-utérin et postnatal ou traquent les liens avec le cancer de la prostate. Actuellement en cours en Guadeloupe, elles devraient apporter des réponses fin 2008, a précisé le chercheur

Luc Multigner a aussi rappelé que les cancers sont des maladies multifactorielles. Pour le cancer de la prostate, on sait que l’âge, l’environnement, la nutrition mais aussi les origines géographiques sont des facteurs de risque. De nombreuses études scientifiques ont établi depuis les années 70 que certaines populations étaient plus vulnérables au cancer de la prostate, parmi lesquelles on trouve les populations noires d’origine africaine.

Ensuite, les députés ont pu entendre Juliette Bloch, pédiatre épidémiologiste de l’INVS (institut national de veille sanitaire). Elle a fermement réfuté les affirmations du Pr Belpomme concernant un boom des cancers du sein aux Antilles. « Le nombre de ces cancers augmente aux Antilles comme qu’en métropole mais l’augmentation est moins importante », a-t-elle même précisé.

« Personne n’est parfait », s’est alors enfoncé le professeur Belpomme, reconnaissant encore des « imperfections » dans son rapport mais en rejetant la faute sur des « épidémiologistes antillais » qui lui auraient transmis des « informations erronées ». « Les incertitudes, peut-être même les inexactitudes, qui existent dans ce rapport résultent d’une tromperie des informations que nous avons récoltées en Martinique », s’est maladroitement défendu le professeur.

« Je vous remercie, professeur, d’avoir indiqué que votre rapport comportait des inexactitudes, a ironisé Patrick Ollier. Je dis à ceux qui l’ont utilisé qu’il faut faire attention avant de le lancer dans les médias »

La Commission va continuer ses auditions pour faire la lumière sur cette controverse. L’audition du Professuer Belpomme a néanmoins laissé un profond sentiment de malaise, devant ce qui ressemble pour le moins à un manque de rigueur impardonnable pour un scientifique, sur des sujets aussi délicats et anxiogènes pour les populations concernées.

http://www.liberation.fr/actualite/...

   


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