Espace Généraliste

Revue de presse du 09 Janvier 2008

mercredi 9 janvier 2008 par JOSEPH Didier

Le médecin et le patient internaute

Du bon usage d’Internet dans le colloque singulier

La Haute Autorité de santé vient d’inciter les médecins à devenir conseillers Internet de leurs patients. En les dirigeant notamment vers les sites santé de qualité labellisés HON (« le Quotidien » du 28 novembre). Qu’en pensent les médecins ? Sachant que la moitié des internautes santé n’osent pas évoquer leurs recherches avec leur médecin, cela suppose de la part du praticien une « Internet attitude » encore peu répandue. Et du temps.

ELLE (PLUTOT QU’IL, selon les sondages) a sorti de son sac une feuille imprimée qu’elle n’ose pas toujours déplier et qu’elle glisse sur votre bureau : « Docteur, qu’est-ce que vous en pensez ? » Si57 % des Français se déclarent « actifs » dans la recherche d’information médicale (selon un sondage IPSOS Insight Santé réalisé en octobre 2007), le problème n’est pas nouveau. Autrefois, c’était l’article découpé dans le journal que l’on vous mettait sous les yeux*. Aujourd’hui, l’information santé traîne d’abord sur Internet et sur les 30 millions d’internautes que compte le pays, 30 % en sont friands. Avec la maîtrise de moteurs de recherche comme Google, le patient peut devenir plus « informé » que son médecin sur « sa » pathologie.

Face à Dr Google. Les médecins ne sont plus surpris par l’irruption de la connexion dans leur consultation. Ils ont même tendance à surestimer le phénomène : ils pensent qu’Internet constitue à 90 % la source d’informations santé de leurs patients, alors que ceux-ci ne le citent qu’à 67 %, réservant 46 % de leurs faveurs à leur médecin traitant (sondage IPSOS Insight Santé).

« Une ou deux fois par semaine, j’ai des patients qui me parlent de leur recherche sur Internet, constate le Dr Patrick Sichère, rhumatologue à Paris. Le plus souvent, ce sont des cas de fibromyalgie ou de polyarthrite, des maladies douloureuses. Cela ne me gêne pas du tout. J’en profite pour donner la bonne information, car ce qu’ils ont trouvé n’est souvent pas adapté à leur cas, et dédramatiser. Ils seront de plus en plus nombreux, c’est dans la logique de la vulgarisation d’Internet. »« C’est de plus en plus fréquent », convient aussi le Dr Marcel Garrigou-Grandchamp, généraliste à Lyon, qui ajoute : « Heureusement, ils ne sont pas encore très bien formés !Quelquefois, ils se laissent abuser par l’info trouvée. Alors, je me connecte avec eux sur le site concerné et je leur apprends à déjouer le site uniquement commercial. Je leur en conseille certains.Il y a souvent un gouffre entre ce que l’on pense que les patients ont compris et ce qu’ils ont réellement assimilé. Internet peut jouer les répétiteurs. »

Le Dr Didier Mennecier, hépato-gastro-entérologue à l’hôpital Begin (Saint-Mandé) et maître Toile du site hepatoweb, va plus loin. « Je me sers d’Internet comme aide à la consultation. Je fais de la consultation pédagogique et je prends le temps. Je les incite à m’avouer qu’ils sont allés consulter DrGoogle. Dans 95% des cas, ils ont surfé et, si c’est une personne âgée, c’est son entourage. Je les interroge sur les informations recueillies. Ce qui m’aide à repérer leur capacité d’analyse, et je leurs remets des documents papier. Deux semaines plus tard, ils reviennent avec des questions précises. »

Au total, avoir un patient bien informé plutôt qu’un patient passif permet au médecin de discuter et d’obtenir une meilleure observance des traitements.

Il n’empêche que cela demande au médecin de se remettre en cause. Un cardiologue qui tient un blog sous le pseudonyme de Lawrence Passmore cite le cas d’un banquier qui, après un infarctus, a acquis un niveau d’interne en cardiologie. « Il me demandait des examens particuliers et il fallait que j’argumente. Au début, j’ai trouvé ça très dur et nos relations étaient tendues. Maintenant, chaque fois qu’il vient me voir, je recherche la veille s’il n’y a pas eu de nouvelles recommandations et si nous avons lu les mêmes articles. »

Pour une partie de la population et une certaine catégorie sociale, conclut Emily Renahy, au terme de l’enquête WHIST (enquête Web sur les habitudes de recherche d’informations liées à la santé) menée dans le cadre de l’INSERM et à laquelle ont répondu 3 884 personnes, Internet commence à faire partie de la consultation dans une relation triangulaire. Les médecins n’ont pas le choix et vont devoir s’y faire.

Déficit de communication. « Si les patients vont sur Internet, c’est que les médecins ne communiquent pas assez », convient le Dr Benoît Lefrancq**, généraliste à Lille. C’est ce qu’expriment majoritairement les participants de l’étude WHIST. Dans 69,4 % des cas, les internautes santé surfent sur le Web « pour mieux comprendre les informations données par les médecins » et, à 62,6 %, « pour trouver d’autres informations que celles données par le médecin ». Moins fréquemment pour confirmer les informations données (39,6 %) ou recevoir un second avis médical (25,6 %). L’automédication reste un phénomène marginal. Et 84 % pensent que cela n’a d’ailleurs rien changé à la fréquence des consultations médicales et a même conduit les malades chroniques à aller consulter plus souvent !

Consultation Internet. « Internet reste pour les patients un outil un peu magique où l’on trouve tout, y compris ce qu’on ne veut pas savoir », souligne Anne Festa**, actuellement en poste à l’INCa (Institut du cancer), après avoir été responsable de l’espace de rencontre et de formation de l’institut Gustave-Roussy.

« L’outil est très apprécié par la liberté qu’il apporte, mais l’information arrive brute, avec parfois des statistiques qui font mal. Ils expriment le besoin d’être accompagnés par leurs médecins. » D’autant plus qu’ils ne vérifient pas les sources (40 % seulement, selon l’enquête WHIST).

Le médecin est donc invité par la HAS à jouer le rôle d’« infomédiaire » :« En discutant avec vos patients de l’information qu’ils ont trouvée sur Internet, vous pourrez vérifier la qualité et l’adapter à leur cas particulier (…) Vous pouvez leur conseiller des sites de qualité concernant leur pathologie. »

Recommander un site connu peut, dans certains cas, faire gagner du temps au médecin. Lorsqu’il s’agit, par exemple, de fournir des explications sur une opération ou un examen à subir. Des cliniques l’ont très bien compris, ainsi que les médecins qui ont ouvert leur propre site.

En revanche, pour l’omnipraticien, même avec la meilleure volonté, la mission va se heurter à la réalité de la pratique. « J’essaye d’avoir un site à recommander par discipline, explique le Dr Lefrancq**, et en fonction de ce que les patients veulent, mais la demande n’est pas unitaire. Tous les patients ne souffrent pas de la même maladie de la même façon. Il faut donc adapter à chaque fois. La tâche peut se révéler difficile, surtout avec le paiement à l’acte. Le médecin ne peut pas passer vingt minutes à donner des explications à son patient, même si c’est son souhait. »

« Si un médecin de ville commence à recommander des sites, il n’a plus qu’à fermer son cabinet », confirme le Dr Dominique Dupagne, généraliste parisien. Il faudrait pouvoir facturer cet échange pour espérer une alliance efficace entre Internet et la thérapeutique. « La HAS pourrait faire remonter la volonté des médecins de terrain de mieux informer leurs patients », suggère le Dr Lefrancq**. A quand le remboursement de la consultation Internet ?

> MARIE-FRANÇOISE DE PANGE

* « Le Quotidien du Médecin » a créé, le premier, la rubrique « Vos malades ont lu » afin de tenir le praticien au courant de l’information santé parue dans la presse grand public. ** Intervenant le 17 décembre aux rencontres 2007 de la HAS lors de la session « Quelle stratégie pour promouvoir la qualité de l’information en santé ? L’exemple des sites santé ».

Qu’en disent les enquêtes ?

Le service qualité de l’information médicale de la HAS a passé en revue (mai 2007) la littérature consacrée au patient internaute, soit une cinquantaine d’études essentiellement anglo-saxonnes (trop récente, l’enquête WHIST n’est pas concernée).

Conclusions générales :

– les médecins discutent des informations trouvées sur Internet avec leurs patients si ceux-ci leur en parlent (ils seraient entre 16 et 62 % selon les enquêtes…). Moins de 20 % des médecins souhaitent l’ignorer.

– 75 % des internautes font confiance aux informations trouvées. Alors que l’information santé diffusée via Internet est jugée par les médecins comme partiellement exacte et pertinente. Voire dangereuse dès lors que l’on interroge des cancérologues.

– Plus de 50 % des médecins pensent que le patient va sur Internet pour mieux connaître sa maladie et son pronostic, trouver des traitements nouveaux ou des alternatives thérapeutiques. Vingt pour cent seulement évoquent un défaut d’information de la part des médecins.

– Les médecins perçoivent la croissance de l’information santé sur Internet (aux Etats-Unis, son utilisation concerne de 33 à 53,5 % des patients, contre 20 % en Europe) et jugent en majorité qu’elle n’entame pas la relation de confiance ni ne modifie la qualité des soins délivrés. Mais la discussion augmente le temps de consultation.

– Les patients internautes veulent avoir l’avis du médecin sur l’information trouvée. Ils pensent que leur recherche leur permet de mieux comprendre la maladie et son traitement. Moins de 20 % des patients estiment que le médecin peut se sentir concurrencé et moins de 10 % a été amené à changer de médecin à la suite d’une consultation d’Internet ou se sert du Web pour éviter d’aller voir le médecin.

Le nouveau savoir des patients

« Les internautes cherchent aussi des réponses auprès des personnes ayant vécu la même situation qu’eux », souligne le Dr Nicolas Evrard, responsable du site santé AZ, du groupe auféminin.com. D’où le succès des forums : 2 673 000 messages sur les forums santé d’auféminin.com. Plus de 85 millions de messages sur la centaine de forums du site grand public Doctissimo, leader incontesté en la matière.

Forums qui suscitent la méfiance des médecins. « C’est très bien pour se remonter le moral, mais il ne faut pas que le forum se substitue au médecin, estime le Dr Mennecier. Je les déconseille et je suggère plutôt d’adhérer à une association de patients qui organise des réunions. » Lui-même modérateur des forums ouverts sur son site d’Atoute.org (1,5 million de messages), le Dr Dominique Dupagne entrevoit, quant à lui, dans ce phénomène une prochaine révolution.

« La discussion entre patients sur les forums crée une autre forme de connaissance, différente de celles des médecins, une connaissance interpersonnelle à la fois intime et partagée de la maladie. Une connaissance qui, ajoutée à l’accumulation d’informations venues des experts ou des spécialistes, peut dépasser celle des experts. C’est le phénomène de la sagesse des foules qui converge globalement vers un avis très bon. La moyenne de l’expression des foules est supérieure au seul avis de l’expert. »

Lorsque le médecin se trouvera confronté à cette frange du public qui aura acquis cette nouvelle connaissance, ce sera pour lui un nouveau défi, prévient le Dr Dupagne, qui annonce la naissance d’une « médecine 2.0 », ayant ses racines dans les communautés Internet. A suivre.

Le Quotidien du Médecin du : 09/01/2008

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Crise des comptes épargne-temps à l’hôpital

Une semaine pour un accord

Roselyne Bachelot ouvre une concertation en deux temps pour calmer les hospitaliers. Priorité est donnée au déminage de la bombe CET : la ministre, qui dit disposer de 700 millions d’euros pour le financement des comptes épargne-temps, espère aboutir à un accord mardi prochain. D’autres négociations suivront sur la permanence des soins hospitalière et la rémunération des médecins. Apaisement momentané des intersyndicats de PH, mais urgentistes et anesthésistes restent mobilisés.

LA MARMITE bout à l’hôpital, et les municipales approchent. Pressée par Nicolas Sarkozy de rétablir la situation, la ministre de la Santé a décidé de parer au plus pressé. Lundi, c’est le dossier brûlant des comptes épargne-temps (CET) que Roselyne Bachelot a tenté de désamorcer. Les 4 millions de jours stockés par les hospitaliers – médecins et non-médecins – sur leur compte épargne-temps depuis 2002 connaissent un sort incertain. Pourront-ils être transmis aux ayants droit ? Oui, assurait la ministre en décembre, mais les textes se font attendre. Quid de leur monétarisation ? Chaque PH a stocké en moyenne 22 jours sur son CET. Ces jours pourront-ils être rachetés totalement, partiellement, et à quel prix ? C’est de cela qu’il sera question demain et le 15 janvier, lors de deux séances de concertation programmées au ministère avec les quatre intersyndicats de PH (CMH, CPH, INPH, SNAM-HP). La ministre espère signer un accord le 15. Ses marges budgétaires, dit-elle, se montent à presque 700 millions d’euros.

Suivra un « second round » de négociations, le plus important aux yeux des intersyndicats, où il sera question, selon un communiqué du ministère, de permanence des soins et de rémunération. Le calendrier n’est pas précisé. Lundi, la ministre a toutefois indiqué que ces discussions se tiendront en marge des travaux des états généraux de l’organisation de la santé et de la commission Larcher, qui planchent sur ces mêmes sujets. Le Dr Rachel Bocher, présidente de l’INPH, craint un empilement inutile des concertations. Mais au moins relève- t-elle une avancée : « On va dans le bon sens pour les CET. » Le président de la CMH, le Dr François Aubart, approuve : « Il existe un calendrier, une enveloppe. Nous sommes sur les bons rails. »

Vigilance.La vigilance reste néanmoins de mise. « Les praticiens ne seront calmés que si l’attractivité des carrières hospitalières est rétablie », prévient Rachel Bocher. Allusion faite au mouvement de grève lancé à Noël par les urgentistes, rejoints depuis par les anesthésistes-réanimateurs. L’INPH soutient leur grève sans s’y associer – de même que la CPH (voir entretien ci-dessous avec le Dr Pierre Faraggi, président de l’intersyndicat).

Les syndicats d’urgentistes et d’anesthésistes (SMARNU, AMUF, SNPHAR, SAMU de France), regroupés en une fédération de la permanence des soins hospitalière, devaient se réunir lundi soir pour décider de la suite de leur mouvement, s’orientant vers une poursuite de la grève. « La ministre ne propose que des demi-mesures, cela augure mal de l’arrêt du mouvement », estime le Dr Michel Dru, président du SNPHAR. Le Dr Patrick Pelloux, qui préside l’AMUF, est sur la même ligne. Lui qui voulait des mesures concrètes immédiates s’estime lâché par les intersyndicats de PH. La fédération de la permanence des soins (PDS) hospitalière demande à être reçue en direct par Roselyne Bachelot pour négocier l’accord.

Mais la ministre n’y semble pas favorable. Pas plus que les intersyndicats de PH, comme le laisse entendre le Dr François Aubart, président de la CMH : « La reconnaissance du travail nocturne est légitime. Mais les urgentistes et les anesthésistes ont déjà bénéficié d’avantages acquis non négligeables –pour la création des postes après la RTT et le paiement des plages additionnelles. J’ajoute que la permanence des soins est assurée par l’ensemble de la communauté hospitalière. Limiter la discussion à deux spécialités serait partisan », déclare le chirurgien.

La prudence des chirurgiens. Les chirurgiens, pour le moment, ne font pas grève. « Avant de crier au feu, il faut négocier. Nous verrons ensuite », explique le Dr Thierry Dufour, président du Syndicat des chirurgiens hospitaliers (membre de la CMH).

Peut-être le ministère de la Santé table-t-il sur ces divergences entre les spécialistes pour que s’enlise la grève aux urgences. « J’ignore si l’intention est de diviser pour mieux régner, déclare le chirurgien Thierry Dufour. Mais les chirurgiens, comme les autres médecins, sont exaspérés. Nos astreintes –le tiers de nos revenus– ne comptent pas pour la retraite : chaque ministre de la Santé nous le promet pourtant depuis quatre ans. » A Roselyne Bachelot, le syndicat des chirurgiens, comme les autres syndicats, fait la même demande pressante : des actes, et vite.

> DELPHINE CHARDON

La gauche monte au créneau

Le PS et le PCF ont réagi prestement aux annonces de Roselyne Bachelot sur les CET. Des « actes concrets et financés », réclame le Parti socialiste, qui « soutient les revendications des personnels hospitaliers en termes de rémunération et de conditions de travail ». « Malgré les promesses et l’urgence des difficultés (…), ajoute le PS, le gouvernement Fillon peine à tenir parole » à l’égard des médecins hospitaliers. De son côté, le Parti communiste a déclaré « que ce qui a été promis doit être payé ». L’enveloppe annoncée – 700 millions d’euros – financera « moins de la moitié des seules RTT non payées », ajoute le PCF, qui somme Roselyne Bachelot de mettre plus généreusement la main au porte-monnaie.

Le Quotidien du Médecin du : 09/01/2008

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Pierre Faraggi (CPH) : les CET, ce n’est pas tout

Sans minimiser l’ampleur du non-financement des CET, le président de la CPH (Confédération des praticiens des hôpitaux, qui abrite l’AMUF du Dr Pelloux) trouve bien d’autres motifs de « déflagration » de l’institution.

LE QUOTIDIEN – Vous avez eu lundi, au ministère, votre première réunion de concertation sur l’avenir des comptes épargne-temps (CET) à l’hôpital. Comment les choses s’engagent-elles ?

DrPIERRE FARAGGI – Cette rencontre avait un peu des allures de « figure imposée ». Il faut tout de même se souvenir que la question des CET a constitué le premier engagement de Roselyne Bachelot lorsqu’elle est arrivée aux affaires – quand, avec la CPH, nous avons rencontré la ministre en juillet, c’est de ce sujet qu’elle nous a entretenus. Bien sûr, le dossier est important : il y va de la juste rémunération d’un travail effectué « en plus » par les médecins, et il faut évidemment trouver une solution. Maintenant que la ministre a confirmé l’enveloppe de 700 millions d’euros dont elle dispose pour financer le dispositif, il nous reste à avancer sur les points suivants : combien de jours on monétise et à quel prix, quel pourcentage des CET peut donner lieu à transformation en points de retraite… ? Pour ce faire, nous avons une nouvelle réunion demain et une autre mardi prochain que la ministre veut conclusive. Le 15 janvier au soir, donc, ça passe ou ça casse : ou il y a un accord sur les CET, ou bien la grève des urgentistes et des anesthésistes pourrait bien s’étendre. Si la ministre a pris lundi l’engagement d’aboutir sous huit jours, nous manquons pour l’heure d’éléments de réponse importants.

A quel propos ?

Les 700 millions d’euros de crédits, par exemple. Personne ne peut dire aujourd’hui s’ils suffiront à payer les CET que les professionnels souhaiteront solder – vraisemblablement, non. On ne sait d’ailleurs pas si cette somme va être dévolue au paiement des jours déjà stockés sur les compte épargne-temps et monétisés ou si elle va aussi gager des jours pris ultérieurement.

La contestation semble pour l’instant circonscrite aux urgentistes et aux anesthésistes. D’autres spécialistes sont-ils dans les starting-blocks ?

Les urgentistes et les anesthésistes sont les premiers à relever la tête du guidon mais je n’hésite pas à dire que la conjonction de multiples difficultés – les CET, la détérioration des conditions de travail, les menaces que l’on sent peser sur l’avenir du service public hospitalier… – est de nature à créer une déflagration à l’hôpital. S’il devait y avoir un mouvement général déclenché par la CPH, les chirurgiens, par exemple, répondraient sans nul doute présents.

A l’origine de la grève, le Dr Patrick Pelloux (dont le syndicat, l’AMUF, est membre de la CPH) a regretté de ne pas avoir été reçu par Roselyne Bachelot…

Je souhaite aller avec Patrick Pelloux aux discussions techniques de demain et du 15 janvier. Je pense que, au jour d’aujourd’hui, se diviser entre PH relèverait de l’erreur historique. D’une spécialité à l’autre, les sujets qui nous rassemblent sont beaucoup plus nombreux que ceux qui nous séparent.

La ministre a indiqué que, au-delà du 15 janvier, la discussion allait se poursuivre sur les sujets de la permanence des soins à l’hôpital et de la rémunération des médecins hospitaliers. Qu’en attendez-vous ? Les CET sont un problème important mais ils représentent « peanuts » dans l’océan des problèmes de l’hôpital. Il est devenu indispensable de parler de la démographie médicale, de l’attractivité des carrières et de la revalorisation de la permanence des soins à l’hôpital. Et tout est lié. Je pense aux astreintes en particulier, qui sont à l’hôpital une épine irritative : l’écart entre le public et le privé est un scandale ; il faut avoir vraiment un idéal chevillé au corps pour préférer être obligé d’avoir des astreintes sous-payées plutôt que d’avoir le choix de participer à une garde bien honorée !

> PROPOS RECUEILLIS PAR KARINE PIGANEAU

Le Quotidien du Médecin du : 09/01/2008

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Les dossiers de 2008

L’ANNÉE A COMMENCÉ comme s’est achevée la précédente : sur un conflit dans les hôpitaux. Et pour le gouvernement, l’urgence commande qu’une solution soit rapidement trouvée, faute de quoi le feu qui couve depuis plusieurs semaines pourrait bien se déclarer. Et cela concerne aussi bien les praticiens hospitaliers que les personnels.

La ministre de la Santé a redit en pleine trêve des confiseurs que le gouvernement considérait la santé comme un chantier prioritaire, il lui faut le prouver et rapidement mettre cette grande idée en pratique. Car aussi bien du côté des médecins libéraux que des hospitaliers, voire de l’ensemble des professionnels de santé, l’optimisme n’est pas de rigueur.

Certes, la réunion des états généraux est une occasion sans doute rêvée pour apaiser les passions. Encore faudrait-il que la déception ne soit pas au rendez vous. Le gouvernement joue gros dans cette affaire.

Mais il est d’autres dossiers dont les enjeux sont tout aussi importants. Ne serait-ce que celui du financement de la Sécurité sociale, dont le Premier ministre après le président de la République, a fait une priorité. Et voilà que resurgit depuis quelques jours la recette de la TVA sociale dont on se souvient du succès, un euphémisme, au printemps dernier.

Après l’instauration des franchises médicales, qui ne suscitent guère l’enthousiasme dans l’opinion, l’idée d’une augmentation de la TVA, avec ses risques d’inflation et de hausses de prix, n’est sans doute pas de nature à rassurer les Français.

Le débat sur le financement de protection sociale et d’un élargissement de l’assiette des cotisations est pourtant indispensable.

L’année 2008 n’est pas une année décisive pour le pouvoir, contrairement à 2007. Il n’empêche : les résultats des élections municipales de mars sont importants pour le gouvernement et son Premier ministre qui vient d’ailleurs de décider de faire de ce scrutin un enjeu national. Raison de plus pour ne pas négliger les problèmes de santé et de protection sociale, dont on sait l’importance dans l’opinion et chez les médecins.

> J. D.

Le Quotidien du Médecin du : 09/01/2008

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Hôpitaux : Nicolas Sarkozy réaffirme sa volonté de réformer la gouvernance

Nicolas Sarkozy estime que « l´hôpital est en déshérence, que les 35 heures lui ont porté le coup fatal », et réaffirme son intention de « changer complètement la gouvernance de l´hôpital de fond en comble ». Le président de la République a également souligné ce mardi, lors de sa conférence de presse, qu´il convient de transformer « les hôpitaux sous utilisés pour accueillir les personnes âgées » et a indiqué qu´un « effort » sera fait pour des urgences. La réforme de la gouvernance des hôpitaux destinée à donner davantage d´autonomie aux établissements est l´un des leitmotivs du discours sarkozien sur la politique de santé et constitue l´un des principaux sujets sur lesquels planche actuellement la commission de concertation sur l´avenir de l´hôpital conduite par Gérard Larcher et qui devrait formuler des propositions concrètes au printemps. Evoquant par ailleurs les problèmes de la démographie médicale, le chef de l´Etat a réaffirmé son souhait d´aider les jeunes praticiens à s´installer dans les zones sous-médicalisées. « Il faut qu´on arrête de voir les mêmes médecins s´installer dans les mêmes quartiers », a-t-il souligné. Nicolas Sarkozy a également estimé qu´il aurait mieux valu parler de « transferts de charge de la production à la consommation » plutôt que de parler de TVA sociale.

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RTT et heures supplémentaires : les revendications des agents hospitaliers

Gaëlle Desgrées du Loû

Deuxième round des concertations pour la ministre de la Santé : une rencontre était prévue ce mardi après-midi avec les huit organisations syndicales représentatives des agents de la fonction publique hospitalière pour aborder le sujet des jours de RTT stockés dans les comptes épargne temps et des heures supplémentaires non payées. Roselyne Bachelot « affiche la volonté de mettre les compteurs à zéro en payant (tout ou partie ?) de ce stock d´heures », affirme le syndicat Force Ouvrière.

Après une première séance de discussions lundi, jugée globalement satisfaisante par les représentants des médecins (CMH, Inph, CPH, Snam-HP) – voir article attaché - les syndicats de fonctionnaires hospitaliers (Cfdt, CGT, Cftc, Sud Santé, Ffass CFE-CGC, Fédération Unsa-Santé et Snch) attendent eux aussi des réponses claires sur une situation qualifiée de « délirante » par Yolande Briand, secrétaire générale de la fédération santé-sociaux de la Cfdt. « Il faut d´abord apurer la situation actuelle avant de discuter de l´avenir. La question des heures supplémentaires et celle des comptes épargne temps doivent être traitées indépendamment l´une de l´autre, explique-t-elle à Egora. Pour les heures supplémentaires, nous demandons que le préjudice subi par les salariés, du fait du non-respect de la réglementation, soit reconnu avec une valeur minimale de rémunération à 107 % pour les huit premières heures, puis à 127 % pour les suivantes. A l´avenir, il faudra un traitement dissuasif en transposant la règle du privé dans le public, comme l´a dit notre Président de la République. Ainsi l´ensemble des heures supplémentaires devra être payées à 125 % pour les huit premières heures et à 150 % pour les suivantes. Nous demandons un traitement individualisé, mais si l´on doit discuter du paiement par forfait, nous le ferons. » Le chiffre des 23 millions d´heures supplémentaires accumulées mériterait, selon elle, d´être relativisé. « Ce n´est pas un chiffre vérifié, ni vérifiable, car il est fondé sur du déclaratif ».

Alors que la question des comptes épargne temps (CET) des praticiens hospitaliers trouve un écho médiatique grandissant, amplifié par le mouvement de grève lancé à Noël par les organisations d´urgentistes et rejoint le 3 janvier par les anesthésistes réanimateurs, Tolande Briand veut faire entendre le problème des infirmiers et des aides-soignants. « On ne parle pas assez du personnel non médical qui fait aussi des heures et qui fait crédit à l´hôpital d´une grande partie de son travail. On en a assez d´avoir des gens comme le Dr Pelloux qui passent leur temps à dénigrer l´hôpital public. Chaque jour, des gens se battent pour que ça marche. Son discours est contre-productif ».

Attendu lui aussi avenue de Ségur, Philippe El-Saïr, président du Syndicat national des cadres hospitaliers (Snch), qui revendique la représentation de 50 % des directeurs d´hôpital et des cadres hospitaliers, considère qu´il y a « deux enjeux majeurs » dans la négociation à venir : « On instille de la souplesse dans les modes de récupération des 35 heures, puisque la récupération de temps devra de toute façon perdurer et on ouvre la possibilité de transformer les jours de RTT en points retraite. » Pour autant, insiste-t-il, « il ne faut pas mettre en péril tout le système hospitalier et pour cela respecter l´autonomie de chaque hôpital ». Le leader du Snch estime qu´« il est temps de résoudre la question des CET mais qu´il faut le faire avec beaucoup de minutie, car le sujet est très dangereux ». Le syndicat FO, représenté au ministère par Didier Bernus, secrétaire fédéral, souhaite pour sa part qu´« au-delà du règlement de cette situation explosive (…) soient améliorées la réglementation et la rémunération des heures supplémentaires ». Favorable à la définition d´un cadre national et à une négociation au niveau des établissements pour la mise en œuvre du dispositif, FO indique, dans un communiqué, qu´elle souhaite « un alignement de la rémunération de ces heures sur ce qui se passe au niveau du secteur privé ».

Un rendez-vous est d´ores et déjà donné aux représentants des praticiens hospitaliers les 14 et 15 janvier, dans l´espoir d´aboutir à un accord avec le gouvernement le 15 au soir. Alors que la ministre de la Santé a confirmé hier qu´elle disposait de 700 millions d´euros de « marges budgétaires » pour financer les 3,5 millions de jours de RTT accumulés et les 23 millions d´heures supplémentaires, Gérard Vincent, délégué général de la Fédération hospitalière de France (FHF) ne cache pas que « dans la plupart des cas, les provisions dans les hôpitaux ont été absorbées par les déficits ». Le Parti socialiste a lui aussi remis en cause ce montant : « Le compte n´y est absolument pas. La ministre semble méconnaître la détresse financière des hôpitaux publics qui sont incapables d´exécuter cette injonction, et connaissent un déficit de près d´un milliard d´euros au terme de l´année 2007 ». Par la voix de Pascal Terrasse, secrétaire national à la santé, le PS exprime son soutien aux revendications des personnels hospitaliers « en termes de rémunération et de conditions de travail ».

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Pour une autre politique du médicament

JEAN-PIERRE DAVANT

Les Français sont les premiers consommateurs de médicaments au monde. Or cette situation n’a pas de fondement sanitaire. En France, consultation égale ordonnance et ordonnance égale prescription. Une vraie politique du médicament est une politique de rupture, notamment avec ces mauvaises habitudes….

lire la suite sur : http://www.lesechos.fr/info/analyse...

   

RTT et heures sup à l’hôpital : le gouvernement veut aller vite

Roselyne Bachelot a ouvert la concertation sur le paiement des heures supplémentaires et les jours de RTT stockés. Elle souhaite boucler les discussions en une semaine, grâce à une enveloppe de 700 millions, pour un paiement en février.

lire la suite sur : http://www.lesechos.fr/info/france/...

   

La ministre de la Santé veut calmer la grogne à l’hôpital public

Hôpitaux. Bachelot débloque 700 millions d’euros pour régler les heures supplémentaires.

lire la suite sur : http://www.liberation.fr/actualite/...

   

Méthodes douteuses pour imposer un médicament en occultant les effets indésirables

à lire sur : http://pharmacritique.blog.20minute...

   

Spécialité médecine générale : plus de succès que prévu

La Drees (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques du ministère de la Santé) a analysé les choix des étudiants à l’issue des ECN (épreuves classantes nationales) de 2007, dans une récente note "Études et résultat".

lire la suite sur : http://www.studyrama.com/article.ph...

   

Écourter la formation des médecins

Le Journal de l’Association médicale canadienne (JAMC) recommande de réduire la durée de formation des médecins pour la ramener à trois ans au lieu de quatre à l’heure actuelle.

lire la suite sur : http://www.radio-canada.ca/nouvelle...

   

Un "chèque santé" pour aider les plus pauvres à acquérir une mutuelle

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