Espace Généraliste

Revue de presse du 08 Mai 2008

jeudi 8 mai 2008 par JOSEPH Didier

 « Vous aussi, signez l’arrêt de travail de Sarkozy ! »

« Un arrêt de travail pour Sarko », c’est le mot d’ordre de la pétition lancée par la revue Pratiques pour dénoncer les effets de la loi de financement de la Sécurité Sociale. « L’arrêt de travail devient une faveur que l’on doit mériter, s’insurge le docteur Marie Kayser, le système devient profondément inégalitaire ». Le docteur Didier Ménard, président du Syndicat de la Médecine Générale, s’oppose à ce mouvement, forcé, de prise en charge des soins par le secteur privé. « En bout de course, le gouvernement choisit toujours le portefeuille des malades, souligne-t-il. L’accès aux soins est de plus en plus difficile. » Le site de la pétition est ici : http://www.pratiques.fr/Un-arret-de…

Docteur Marie Kayser, membre de la Revue Pratiques. « Avec la dernière loi de financement de la Sécurité Sociale, votée à l’automne 2007, l’arrêt de travail n’est plus un droit pour restaurer sa santé, mais devient une faveur que l’on doit mériter. Alors que les souffrances au travail s’accroissent, cette réforme a restreint l’accès à ce repos réparateur, indispensable aux travailleurs les plus touchés, en modifiant son système de contrôle. Aujourd’hui, lorsqu’un salarié est arrêté, ses indemnités proviennent en partie de l’assurance-maladie et en partie de l’employeur, en fonction des conventions collectives en vigueur. Lorsque ce dernier conteste l’arrêt de travail et demande un contrôle, la somme versée par l’entreprise peut être suspendue, si le médecin privé estime l’arrêt non justifié. L’indemnité provenant de l’assurance-maladie n’est pas touchée par cet avis médical. Seul le « médecin conseil », appartenant à la Caisse de l’Assurance Maladie, peut décider de supprimer cette partie. Expérimentée actuellement dans neuf Caisses d’assurance-maladie, choisies en raison d’un taux de prescription d’arrêt de travail élevé, cette réforme permet, sur simple avis du médecin employé par l’entreprise, de supprimer l’intégralité de l’indemnité. Ce dernier est en même temps juge et partie, puisqu’il est rémunéré par le patron qui conteste la validité de l’arrêt de travail.

En tant que médecin généraliste, j’ai reçu ainsi de nombreuses propositions de la part des entreprises, très bien rétribuées, afin d’opérer ces contrôles. L’assuré peut à son tour faire un recours, mais son indemnité est suspendue au préalable. Sur des arrêts de travail de quelques semaines, cela risque d’être vite abandonné. Il s’agit ainsi de renforcer les pressions, qui sont déjà exercées sur les « médecins conseil », pour faire diminuer le nombre d’arrêts de travail délivrés.

La lutte contre la fraude n’est qu’un prétexte. Phénomène minoritaire, elle représente entre 5 à 7% des arrêts. Je reçois plutôt de nombreux patients qui refusent les arrêts de travail, par peur de perdre leur emploi ou pour une question financière. En effet, les trois premiers jours d’arrêts de travail ne sont pas indemnisés par l’assurance-maladie, mais seulement avec la somme versée par l’employeur. Ensuite, la part varie en fonction de la durée de l’arrêt, mais pour ceux qui durent quelques semaines, la Caisse reverse environ la moitié du salaire, seulement. La fraude n’est donc absolument pas généralisée, mais concerne une toute petite partie des salariés. Les contrôles mis en place par l’assurance-maladie, par le biais des médecins « conseil », s’attaquent déjà à ce problème. Il est anormal que l’employeur puisse, par son médecin privé, imposer son avis à l’assurance-maladie, sur ce qu’elle doit, ou non, verser à l’assuré.

De la même manière, sous couvert d’une irresponsabilité des Français concernant leur consommation de médicaments, le gouvernement continue à renforcer le système de franchises. Ces dernières, qui ne sont remboursées ni par l’assurance-maladie, ni par les complémentaires, apparaissent avec la réforme de 2004 sur les actes médicaux, les radios et les analyses biologiques. Plafonné à un euro par jour pour chaque type d’acte, ce seuil est passé à 4€ en juin 2007. En effet, l’Objectif National de Dépenses d’Assurance Maladie (ONDAM), fixé chaque année par la loi, engendre, s’il est dépassé de plus de 0.7%, la mise en œuvre d’une panoplie de mesures pour remédier à cette hausse. En juin 2007, l’Objectif étant franchi, la Commission d’alerte a réagi, avec notamment cette augmentation du plafond à 4€. La technique est pernicieuse : l’Objectif est volontairement fixé très bas. Il est donc rapidement dépassé, ce qui permet au gouvernement de faire passer plus facilement ces mesures désagréables – vers un moindre remboursement des patients en général - présentées comme inévitables et dans l’urgence. Le gouvernement continue en ce sens avec l’instauration de nouvelles franchises dans cette loi de l’automne 2007 : 50 centimes sur chaque boîte de médicament (sans plafonnement), sur les actes paramédicaux, 2€ sur le transport en ambulance… Le plafond est fixé à 50€ par an par assuré. En ajoutant les franchises de 2004, cela représente 100€ ! Sans oublier bien sûr le ticket modérateur, payé par chaque assuré, qui représente environ 35% sur une boîte de médicament et 30% d’une consultation médicale.

Les citoyens doivent s’emparer du débat parce que ce n’est que le début. Les autorisations de dépassement, présentes dans le secteur 2, pourraient être généralisées, avec un plafonnement, dans un secteur dit « optionnel ». Les assurés auraient beaucoup plus de dépassements à payer de leur propre poche, avec leur complémentaire par exemple. Ces augmentations des coûts non remboursés poussent le patient vers les mutuelles et assurances privées. Ce système est fondamentalement inégalitaire : lorsque l’assuré cotise pour l’Assurance Maladie, c’est en fonction de ses revenus ; avec les complémentaires, ce n’est pas le cas. L’accès aux soins devient de plus en plus difficile pour ceux qui en ont le plus besoin ».

Docteur Didier Ménard, président du Syndicat de la Médecine Générale (SMG). « L’offensive contre l’assurance-maladie remonte au gouvernement Raffarin. Diminuer les dépenses, voici la seule solution apportée pour lutter contre le déficit. Défendue depuis très longtemps, précisément dans le rapport Chadelat, commandé sous le gouvernement Raffarin, cette vision poursuit un seul objectif : transférer les dépenses de santé vers le secteur privé, en réduisant au minimum le panier de soin pris en charge par l’Etat. On choisit ainsi de ne pas augmenter les recettes, de peur d’affecter la croissance. Pourtant, depuis plusieurs dizaines d’années, ce choix n’engendre pas de grande réussite. La réforme de 2004, qui instituait le parcours de soin, est un échec total, reconnu par tous à demi-mot. D’où la nécessité d’une nouvelle réforme, les déficits continuant leur progression. Retour à la case départ !

En essayant d’obliger les Français à consommer moins de soins, on sous-entend que l’abus est général. Pourtant, cette « errance » médicale, injustifiée, concerne seulement 0.72% des patients. Ce discours de culpabilisation du malade, nouveau bouc émissaire, est purement idéologique, ne s’appuyant sur aucun élément concret. Poursuivant en ce sens de restriction des dépenses, l’Etat contraint les médecins à limiter la prescription de certains médicaments. Actuellement, il s’agit des anti-cholestérols, au moment même où l’ensemble des études démontrent que le cholestérol est l’une des causes essentielles de maladie cardio-vasculaire. Encore une fois, on ne réfléchit aucunement en termes de politique de santé, il s’agit simplement de faire baisser les coûts. Pourtant, la prévention permet elle aussi d’économiser : les accidents cardio-vasculaires coûtent très cher à la Sécurité Sociale. L’Etat laisse totalement de côté la lutte contre les causes de maladie alors que cela constitue un réel investissement sur l’avenir. Les maladies d’affections de longues durée représentent ainsi 60% des dépenses de l’assurance-maladie. Au-delà des progrès technologiques ou médicaux, la prévention sur l’environnement, l’alimentation et le comportement des patients a des conséquences très importantes sur la diminution du nombre de malades, par exemple en luttant contre l’obésité pour le diabète, ou contre les souffrances au travail pour les maladies mentales. Il n’existe aucune volonté politique de s’attaquer à ces causes. Effectivement, les maladies, c’est aussi un secteur marchand à satisfaire, avec une industrie pharmaceutique très puissante. Vendre des médicaments est en effet plus rentable et moins compliqué.

En bout de course, le gouvernement choisit toujours le portefeuille des malades. L’accès au soin est de plus en plus difficile. Médecin généraliste dans le quartier populaire des Franc-Moisins à Saint-Denis, j’ai dû embaucher une assistante, afin de trouver à mes patients les soins et spécialistes « abordables » financièrement, pour suivre leur traitement ».

Réalisé par CAMILLE STROMBONI

http://contrejournal.blogs.liberati…

 Public ou privé : choisir son système de santé en Espagne

L’Espagne bénéficie d’un système de sécurité sociale qui couvre les principaux besoins en matière de santé, excepté les soins dentaires. Mais l’attente pour un rendez-vous et les contraintes du système public incitent beaucoup à choisir une mutuelle privée, plus flexible. Explications.

à lire sur : http://www.lecourrier.es/modules/ne…

 Pub sur les médicaments : "la pharmacie n’a pas dit son dernier mot"

à lire sur : http://fr.news.yahoo.com/afp/200805…

 Le Leem répond aux députés sur le médicament

G.D.L

Le Leem (Les entreprises du médicament) a réagi au rapport de la mission d´évaluation et de contrôle des lois de financement de la sécurité sociale de l´Assemblée nationale (Mecss), en rappelant que la forte consommation de médicaments est liée aux 8 millions de patients en ALD, dont la consommation a augmenté de 6,5 % en 2006 et au meilleur respect des recommandations de santé publique, la France ayant « les meilleurs indicateurs de santé publique des pays de l´Ocde ».

Le document parlementaire, rendu public il y a quelques jours, indique que la France est le premier consommateur de médicaments en Europe et le deuxième ou troisième consommateur dans le monde, après les pays d´Amérique du Nord. Il précise que la consommation de médicaments récents, innovants et plus chers que la moyenne des médicaments du marché est bien supérieure aux autres pays européens. « Une approche qui n´encouragerait pas l´innovation et se répercuterait sur la recherche qui est la seule façon de faire reculer la maladie et de diminuer à terme les coûts de la prise en charge », répond le Leem. S´agissant des médicaments innovants, il souhaite que soient ajustées la régulation et la rémunération en fonction des intérêts de santé publique et des services médicaux rendus. « Le Leem ne peut que s´inquiéter d´une vision publique qui serait plus malthusienne que volontariste, alors que le défi français est de relancer sur notre territoire les investissements dans les sciences du vivant et l´innovation dans le monde de la santé », ajoute-t-il.

Alors que la Mecss préconise d´« améliorer l´encadrement de la vie du médicament, renforcer l´accès au remboursement et gérer de manière plus active la liste des médicaments remboursables », le Leem la rejoint sur ce point, en estimant que la meilleure façon d´atteindre le bon niveau de consommation est d´avoir « une stratégie thérapeutique de bon usage du médicament, c´est-à-dire du juste soin pour le patient », pour une bonne prescription et une bonne observance.

Le Leem partage aussi l´avis de la Mecss qui souhaite simplifier la fiscalité spécifique au médicament, caractérisée par onze taxes (soit un prélèvement de 5,5 % sur le CA) et la rendre « plus structurante ». Les Entreprises du médicament plaident ainsi pour l´inscription du régime de fiscalité du médicament « dans une harmonisation au niveau européen pour attirer l´investissement de recherche et de production en France ».

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 Trois organisations hospitalières instruisent le procès de la gouvernance hospitalière

P-Y.P

« Les vacances de postes dans les hôpitaux publics n´ont jamais atteint un tel sommet », s´exclame le président de la Coordination médicale hospitalière (CMH). Alors que 24 % des postes de praticiens hospitaliers sont vacants dans le secteur public, François Aubart n´hésite pas à parler « d´une vraie fracture en terme de fonctionnement ». Pourtant, les réformes de l´hôpital se sont succédé. Mais elles se sont attachées aux structures des établissements et non aux hommes. La crise « bien réelle » se manifeste, côté secteur public, par des rigidités, et côté hospitalisation privée, par des dépassements d´honoraires. Pourtant, paradoxe, le nombre des médecins n´a jamais été aussi élevé. Bref, « aujourd´hui le système est en panne d´adaptation et d´évolution », estime le leader syndical, qui a présenté, aujourd´hui mardi, les troisièmes rencontres « Convergence santé hôpital » qui se tiendront cette année à Toulouse les 17, 18 et 19 septembre prochains.

Pour aider à son évolution, pour éclairer les choix qui seront retenus dans la réforme de l´hôpital présentée à l´automne, la CMH, le Snam-HP et le syndicat national des pharmaciens praticiens hospitaliers ont imaginé faire « le procès » de la gouvernance hospitalière lors des « Convergences santé hôpital » qu´ils co-organisent. Ce procès en sera le moment fort. « Nous craignons, explique François Aubart, que la proposition de loi sur l´hôpital ne soit pas l´occasion d´un débat démocratique suffisant. Nous souhaitons y apporter notre pierre ».

Ce débat, la CMH compte sur les journées d´action et de grève du 15 et 22 mai prochains pour l´enrichir, en organisant dans les établissements des rencontres et des discussions autour de ses propositions. Une phrase de François Aubart résume l´orientation de ces propositions : « Il faut faire en sorte que les équipes hospitalières et de ville travaillent ensemble, avec une évolution convergente des rémunérations qui permettent de combler les différences qualitatives et quantitatives d´exercice en ville et à l´hôpital. »

Outre le « procès » dont la CMH prépare l´instruction dès aujourd´hui, les co-organisateurs des « Convergences » ont retenu pour grand thème la gériatrie, qui illustre parfaitement le dysfonctionnement de notre système de santé dans son ensemble. Le deuxième thème sera « l´hôpital et l´argent ».

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 La France a consacré 6,4 % de ses dépenses à la prévention en 2002

Quoique portant sur des données de 2002, une étude de l´Irdes (Institut de recherche et documentation en économie de la santé) sur les dépenses de prévention donne un éclairage nouveau sur la destination des dépenses de santé. Ainsi, cette année là, la France consacrait 10,5 milliards d´euros à la prévention, soit 6,4 % de la dépense courante de santé.

L´étude - et c´est inédit - isole la part de prévention émargeant d´ordinaire dans la consommation de soins et des biens médicaux (Csbm). Celle-ci s´élève à 5,7 milliards d´euros, répartie comme suit : 2,9 milliards en soins ambulatoires, 2,6 milliards en médicaments et biens médicaux, le reste en soins hospitaliers. L´étude aborde aussi les dépenses de soins par pathologie (hormis la prévention, donc).

Il en ressort que les maladies cardiovasculaires représentent le poste le plus important (12,6 % de la Csbm) devant les troubles mentaux (10,6 %) et les maladies ostéo-articulaires (9 %). Les affections de la bouche et des dents prédominent dans les dépenses ambulatoires, tandis que les troubles mentaux et les maladies circulatoires concentrent plus du quart des dépenses hospitalières.

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 Les pharmaciens perdent en appel face à Leclerc

Le distributeur Leclerc a finalement gagné son appel. La Cour d´appel de Colmar vient d´infirmer l´interdiction faite le 21 avril à Leclerc de poursuivre sa campagne de publicité pour la vente en grande surface de médicaments non remboursés. Le groupement de pharmaciens qui avait déposé un référé pour faire cesser une publicité qui se vantait de faire baisser de 25 % les prix des médicaments a donc été débouté. Leclerc envisageait d´engager une procédure au fond pour obtenir réparation du préjudice subi. Dans son arrêt, la Cour d´appel considère que la campagne de publicité de Leclerc ne relève ni du dénigrement, ni de la diffamation.

le jugement : http://publimanager.publibuilder.co…

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 Ne passez pas à côté d’un joint

C’est une étude originale qu’a présentée une jeune généraliste chercheuse lors du MEDEC 2008. Le Dr Caroline Huas a décortiqué, entre autres données, les résultats de l’enquête Espad réalisée par l’Office français des drogues et des toxicomanies (Ofdt) et l’Inserm qui se penchait sur les consommations de substances psycho-actives chez les élèves de 12 à 18 ans. L’échantillon est de taille puisqu’il inclut plus de 16 000 élèves scolarisés au sein de 400 établissements du second degré (collèges et lycées des secteurs publics et privés). Pour résumer, à l’arrivée, il existe bel et bien une corrélation entre le fait, pour un adolescent, de consommer du cannabis et de sécher les cours de façon importante, d’entretenir de mauvaises relations avec sa mère ou encore de vivre au sein d’une famille recomposée.

Toutes indications complémentaires qui peuvent représenter des signaux d’alerte pour le médecin généraliste, et lui mettre la puce à l’oreille. Même si « les informations les plus significatives restent constituées par l’inter-relation entre tabac et cannabis. Plus de la moitié des jeunes qui fument des cigarettes fument aussi du cannabis », indique le Dr Huas. Difficile donc, en théorie, pour un adolescent de passer à travers les mailles du filet de détection, puisque 90 % de ces derniers consultent, en France, un généraliste au moins une fois par an.

Autocensure

Seulement voilà, le plus souvent, c’est le généraliste lui-même qui a tendance à s’autocensurer et à ne pas aborder la question de la « fumette ». « Alors même que si les jeunes n’abordent quasiment jamais le sujet de leur propre initiative, sauf en cas de grosse consommation problématique, ils en parlent très librement dès que le médecin leur demande s’ils fument et ce qu’ils fument », explique le Dr Philippe Binder, dont l’association qu’il préside a mis à disposition des confrères sur Internet une manière de guide de la conduite à tenir (lire article page ci-contre). Un outil utile.

Car, chiffres officiels comme « ressenti » des médecins vont dans le même sens : les « joints » se sont banalisés dans le quotidien des adolescents. Selon l’Ofdt, qui fait état du bilan de deux ans d’activité des 278 consultations cannabis, près de 32 000 jeunes consommateurs ont été vus une fois ou plus, et environ 25 000 personnes de l’entourage du consommateur ont été accueillies entre mars 2005 et mars 2007.

Un constat qui n’étonne guère l’ancien président de la Sfmg. Ce dernier estime qu’ « aujourd’hui, tout adolescent a au moins essayé une fois ». Pour le Dr Olivier Kandel, « bien sûr que les généralistes sont sensibilisés au phénomène, mais il faudrait aussi savoir ce que veut la société » (lire témoignage page suivante). Dit d’une autre manière, le Dr Huas s’interroge, elle, sur « ce qu’on fait après, une fois ce diagnostic posé ».

Les pouvoirs publics, Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les toxicomanies en tête, mettent, pour leur part, la dernière main à un début de réponse. A l’ordre du jour, aucune remise en question pour l’instant de la loi de 1970 sur les stupéfiants, mais un tour de vis sur les politiques menées à l’égard des consommateurs de drogue, cannabis compris. Comme le résume le président de la Mildt, Etienne Apaire, « il faut en finir avec le romantisme d’usage envers le cannabis » (lire entretien ci-dessous). Premier constat, fumer régulièrement coûte cher. Une récente étude de l’Ofdt évalue à environ 150 euros par mois le budget d’un fumeur de « shit » régulier. Comment un adolescent parvient-il à se procurer cette somme ? Soit en « dealant », soit en faisant lui-même pousser ses plants ou, pourquoi pas, les deux ensemble. D’où le premier appel de la Mildt en direction des parents, des éducateurs et des professionnels de santé. Et sa volonté de responsabiliser les usagers. Des stages de sensibilisation payants, pour adultes et pour adolescents, pris sur le fait, devraient donc être généralisés dès cet été.

Quasi concomitante avec les tests de dépistage salivaires d’alcool et de drogue au volant, dont la police annonce la mise en oeuvre dans un « avenir tout proche », cette initiative marque donc le début d’une politique globale, où prévention rime désormais avec respect de la législation. Mais aussi avec formation. En effet, le ministère de l’Enseignement supérieur et celui de la Santé, travaillent conjointement pour renforcer la partie addictologie dans les programmes de formation initiale et continue des professionnels de santé.

Le premier produit stupéfiant en France

Et Roselyne Bachelot, en présentant son plan « Santé des jeunes » à la fin du mois de février dernier, rappelait que le cannabis était « le premier produit stupéfiant saisi sur le territoire ». Tout en dévoilant un arsenal de mesures « visant à lutter efficacement contre les conduites à risques » et les sommes qui leur seront allouées.

Au premier chef, les consultations jeunes consommateurs seront désormais insérées dans le nouveau cadre juridique des Centres de soins d’accompagnement et de prévention en addictologie (Csapa). Ce qui traduit la volonté de mieux prendre en compte la problématique, bien réelle, de la polyconsommation. « Aucun coût supplémentaire pour ce dispositif », a indiqué la ministre, dont le financement actuel de 4 millions d’euros est couvert par l’Ondam médico-social. Ensuite, les pouvoirs publics entendent lancer l’expérimentation d’un test de dépistage de l’usage à risque du cannabis dans les établissements secondaires des trois académies d’Ile-de-France. Les 60 000 euros nécessaires pour la conception du test ont été financés par la Direction générale de la santé. A charge pour les infirmières scolaires d’assurer la mise en oeuvre pratique dans les établissements. Histoire à suivre donc…

De l’importance fondamentale du milieu scolaire, le Dr Jacky Maillard est également convaincu, même si la prévention qu’il y propose est d’un autre genre. « Lorsque nous voyons les patients, adolescents comme adultes, les habitudes de consommation que ce soit l’alimentation, l’hygiène de vie ou la consommation de cannabis, sont souvent déjà ancrées chez les individus. Le personnel de l’Education nationale est, lui, au contact quotidien des enfants et des adolescents. Ce personnel est donc à même de développer auprès d’eux une éducation sanitaire dès le plus jeune âge. Ce qui lui fait défaut parfois, c’est une formation adaptée. En la dispensant, les généralistes pourraient jouer un rôle très important », développe celui qui a planché sur le sujet avec une infirmière du rectorat de Paris (lire témoignage page 18).

La culture du relais, donc, à l’épreuve du terrain. Pour enrayer la montée en puissance d’un autre phénomène, inquiétant, observé dans le mode de consommation du cannabis des grands adolescents : l’usage en solitaire, avant midi. Selon l’analyse du questionnaire Cannabis Abuse Screening Test et l’exploitation des données Escapad, « 14 % des jeunes de 17-18 ans présenteraient ainsi des signes suggérant un risque élevé d’usage problématique, tandis que 6 % seraient engagés dans une consommation présentant un risque plus modéré de dériver vers un usage problématique ».

Pour autant, nombre de confrères n’ont pas attendu ces statistiques pour exercer leur vigilance. Et appliquer, à l’instar des Drs Olivier Kandel et Michel Kopp (lire témoignages page 16 et ci-dessus), « le questionnement systématique lorsqu’ils viennent me voir pour un certificat d’aptitude au sport ». Une opportunité de dialogue privilégiée à ne pas manquer.

Dossier réalisé par Dossier réalisé par François Petty.

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 « La prévention est une mission de santé publique »

Le Généraliste Vous n’étiez pas au départ spécialiste de santé publique. Comment avez-vous été amené à vous intéresser à ces sujets ?

André Flajolet. Dans une vie antérieure, je me suis intéressé à d’autres sujets de santé publique. J’ai été notamment rapporteur de la loi sur l’eau en 2006. Et, en tant qu’élu local du Pas-de-Calais, je pense avoir un peu compris les liaisons directes qu’il y a entre les questions d’alimentation et la santé. J’ai auditionné plus de deux cents personnes pour rédiger ce rapport. J’ai particulierement apprécié le regard des gens de terrain au cours de deux tables rondes régionales. J’ai aujourd’hui la conviction que l’accès aux soins est le deuxième étage d’une politique de santé.

La prévention étant donc le premier ?

A.F. Oui, et cela change complètement le regard sur les problématiques de santé. Il existe des inégalités fondamentales chez l’homme par rapport à sa santé : historiques, économiques, psychologiques. Mais les déterminants sociaux sont également très importants. D’un point de vue individuel et collectif, on peut en particulier agir sur le schéma comportemental et nutritif.

Qu’est-ce que les « communautés de santé » que vous appelez de vos voeux ?

A.F. Sur un territoire de proximité, c’est l’ensemble des personnes qui concourent à la santé publique : élus locaux, responsables associatifs et ensemble des soignants. Ils participent à la prévention en réseau et non de façon individuelle.

Qui peut s’occuper de prévention ?

A.F. Le médecin n’est pas seulement celui qui gratte des ordonnances. Il conseille, il suit en amont et en aval. Mais je crois aussi qu’il faut redéfinir les tâches de chacun. Le médecin a besoin d’accompagnement pour qu’il puisse se recentrer sur sa mission. Je ne prendrais pas position sur la définition de la « délégation de tâches » qui s’apparente parfois à une querelle byzantine. Mais les expérimentations montrent qu’il y a certainement des choses à promouvoir pour peu que le travail soit coordonné. Dans ma région, par exemple, les fonds d’oeil ne sont plus réalisés exclusivement par les ophtalmologues.

Comment peut-on rémunérer la prévention ?

A.F. Je ne pense pas qu’il faille développer des actes qui supposent un contrôle. Il ne faut pas considérer la prévention comme de la surveillance, ce qui modifierait la relation entre le médecin et le patient. En même temps, la médecine, ce n’est pas seulement des actes techniques et prescriptifs. C’est pourquoi, je crois que la prévention doit être considérée comme une mission de santé publique. Elle peut être rémunérée par un contrat particulier entre le médecin et l’assurance-maladie.

Quel périmètre devront occuper, selon vous, les futures ARS ?

A.F. Il devra être le plus large possible incluant la prévention, la médecine scolaire, la médecine du travail et les établissements médico-sociaux. Il y a beaucoup à gagner en termes d’organisation, de gestion, de suppression de doublons. Les ARS permettront, en outre, de définir des priorités infrarégionales. Il faudra garder à l’esprit le travail des groupements régionaux de santé publique qui permettent des déclinaisons territoriales d’objectifs de prévention nationaux. Les priorités sont en effet différentes selon les régions et à l’intérieur même de chacune d’elles.

Vous souhaitez une expérimentation régionale pour le Nord-Pas de Calais. Sous quelle forme ?

A.F. Je suis heureux que l’on reconnaisse que la région a été une des premières à s’investir dans le champ de la santé et de la prévention. Je crois qu’il faut commencer par accompagner les régions où les critères de santé sont les moins bons comme le montre l’Atlas de la santé de la région qui vient de paraître . Une des premières idées est de généraliser le programme de prévention de l’obésité des enfants, EPODE, sur trois ans et sur toute la région.

Dossier réalisé par Propos recueillis par Véronique Hunsinger.

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 Les Cnfmc mobilisent

« Des bruits de couloir, il y en a eu, mais nous n’en avons jamais tenu compte et nous avons continué à travailler ». Le président du Cnfmc des médecins libéraux, Bernard Ortolan, a beau ironiser, on sent poindre une certaine inquiétude chez lui, comme chez ses deux homologues, Dominique Bertrand et Alain Beaupin, respectivement présidents des trois conseils nationaux de FMC des hospitaliers et des salariés. Il est vrai que la dernière rumeur en date concerne rien moins que la disparition des Cnfmc, dont la première mandature s’achèvera en février prochain. Avec le démarrage sans cesse reporté de la première période quinquennale de formation obligatoire, il y a de quoi nourrir quelques craintes.

Vers la simplification du système ?

En effet, depuis le discours de clôture des Egos par Roselyne Bachelot, le 9 avril dernier, les médecins savent à présent que cette première période quinquennale ne démarrera qu’avec la loi de modernisation de l’organisation de la santé – rebaptisée loi « Patients, santé et territoires » –, qui sera débattue à l’automne. Laquelle loi doit apporter des modifications au dispositif de FMC, allant dans le sens de la « simplification » du système, un peu « usine à gaz », il faut le reconnaître. Mais auparavant, la ministre de la Santé aura pris connaissance, en juin prochain, d’un nouveau rapport demandé à l’Igas sur la FMC… Cette nouvelle mission confiée aux inspecteurs des affaires sociales porterait, notamment, sur l’opportunité d’une régionalisation de la FMC, sur les sources de financement de la formation médicale, sur la simplification du système et sur la convergence entre EPP, FMC et FPC. Autant de pistes qui posent autant d’interrogations aux Cnfmc. Si l’on supprime les Crfmc, pourquoi envisager une régionalisation du système ? A moins que les futures ARS ne récupèrent la FMC dans leur giron ? Concernant le financement, la charte signée par le précédent ministre de la Santé, les Cnfmc et le Leem serait-elle remise en question ? Que viserait exactement une convergence entre EPP, FMC et FPC ?

« Il n’est pas question de dessaisir la profession de la représentation des Cnfmc », affirment les trois présidents. Histoire de marquer leur mécontentement de voir une fois de plus ajournée la mise en route du dispositif de FMC, les trois conseils ont décidé « de continuer l’examen des dossiers mais de suspendre le rendu des décisions d’agrément et l’avis donné à la HAS sur les dossiers EPP ». Pour autant, la « grève » des Cnfmc sera active. Conformément aux missions qui leur sont imparties, ils feront au ministère de la Santé « des propositions d’amélioration du dispositif FMC/EPP/FPC et l’élargissement des sources de financement ». Et des idées, ils n’en manquent pas ! Touchant à la simplification du système, mais pas seulement. « Il n’existe aucun lien entre la formation initiale des médecins et la FMC, indique Alain Beaupin, et ce n’est pas normal. Nous allons donc rencontrer la conférence des doyens – le 24 mai – pour réfléchir à un développement professionnel continu. » De même semblerait-il tout à fait pertinent aux Cnfmc d’élaborer des formations pluriprofessionnelles à l’heure où l’on parle tant de coopérations professionnelles, « et dès lors que les médecins sont déjà nombreux à travailler en équipe, avec d’autres professionnels de santé », insiste Alain Beaupin.

Au programme de travail des Cnfmc également, la rédaction d’un rapport d’activité sur « l’ensemble des missions effectuées depuis quatre ans », c’est-à-dire depuis leur mise en place. Ils sont censés remettre chaque année au ministre de la Santé un rapport sur l’activité de FMC obligatoire des médecins. « Mais comme rien n’a démarré, nous n’avons pas pu faire de rapport jusqu’à présent », persifle Bernard Ortolan. Annexés à ce rapport, se trouveront les résultats d’une consultation que le Cnfmc des libéraux vient de lancer auprès des médecins, sous la forme d’un questionnaire en ligne sur www.cnfmc.fr. Et qui ressemble assez à un appel au soutien de la profession en faveur des Cnfmc, un tout petit peu contre la HAS…

Quelle obligation de formation ?

C’est vrai que depuis le début, les conseils nationaux de FMC ont toujours dû s’imposer face à cette structure publique dotée d’une assise institutionnelle et financière qu’ils n’ont pas. Et ce n’est un secret pour personne que certains, au sein de la profession, estiment que l’essentiel étant d’évaluer la compétence des médecins, seule l’EPP devrait être obligatoire, toute liberté étant alors laissée aux praticiens pour se former, où, quand, comment, et avec qui ils veulent. Quelle simplification pour le coup ! C’est le vent de ce boulet-là que doivent sentir venir les Cnfmc… Leur appel à la mobilisation des médecins aujourd’hui dit d’ailleurs que s’ils dédaignent les bruits de couloirs, ils les entendent.

« Pas question de dessaisir la profession de la représentation des Cnfmc », affirment les présidents Alain Beaupin, Dominique Bertrand et Bernard Ortolan.

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 MG prend de l’avance sur le « Plan santé jeune »

C’est à la fin de février dernier que Roselyne Bachelot a annoncé le « Plan santé jeune » comportant une consultation de prévention annuelle et en tiers-payant chez le généraliste de son choix pour les jeunes de 16 à 25 ans. A 16 ans, les jeunes recevront leur carte vitale et un « passeport pour la santé ». Le calendrier de ce plan prévoit son entrée en vigueur le 1er janvier 2009. Beaucoup de travail en perspective pour respecter cette date… MG France a, en quelque sorte, pris de l’avance en élaborant un contenu à cette consultation. « Il s’appuie sur des outils validés, évalués mis à la disposition des médecins généralistes », explique Marie-Hélène Certain, vice-présidente du syndicat. Il s’agit, notamment, des tests TSTS (Traumatologie, Sommeil, Tabac, Stress) et CAFARD (Cauchemars, Agression, Fumeur, Absentéisme, Ressenti Désagréable). « Nous sommes dans une logique nouvelle, commente Martial Olivier-Koerhet, président de MG France. Aux généralistes de s’emparer de leur avenir et de leur contenu conventionnel. Je n’imagine pas que ce sont les DAM qui vont nous expliquer comment exercer notre métier, comme ils essaient de le faire. A nous de mettre du contenu dans cette consultation comme dans d’autres et, ensuite, de la valoriser avec les pouvoirs publics. » Une valorisation estimée à « deux fois l’acte de base » par MG France qui l’entend comme 2 CS. Sous le label « MG Qualité Plus », le syndicat généraliste entend décliner cette démarche pour d’autres consultations, notamment celle des 70 ans et plus.

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 L’éternel relance du DMP

La version officielle du rapport Gagneux sur le DMP a été remise la semaine dernière à Roselyne Bachelot mais n’a pas été rendue publique. Pour l’heure, la ministre n’a fait aucun commentaire si ce n’est que « le gouvernement, après une analyse approfondie, fera part d’ici la mi-mai des suites qu’il entend donner au rapport afin de relancer le dossier médical personnel dans les meilleures conditions ». Entretemps, le Conseil consultatif d’éthique rendra un avis sur la question du masquage. La Cour des comptes prépare un rapport sur l’informatisation des données de santé. Enfin, le Cnom devrait également expliquer sa position sur le DMP dans un « livre blanc » dans les prochaines semaines.

http://www.legeneraliste.fr/layout/…

 En mai, Madame Bachelot fait ce qui lui plaît avec les infirmières …

La FNI appelle à un arrêt des soins à partir du 7 mai 2008 pour

lui rappeler ses engagements !

à lire sur : http://www.fni.fr/article.php3?id_r…

 La préemption vue de près : un bouclier juridique pour les firmes. Editorial édifiant du New York Times

à lire sur : http://pharmacritique.20minutes-blo…

 L’industrie pharmaceutique veut une immunité totale pour les effets indésirables. La prétention à la préemption ou le déni de responsabilité

à lire sur : http://pharmacritique.20minutes-blo…

 DMP : le rapport Gagneux prône un retour vers le futur

Le rapport de Michel Gagneux sur la relance du dossier médical personnel (DMP) a été remis mercredi 23 avril 2008 au cabinet de Roselyne Bachelot. Changement de concept et réforme de la gouvernance sont les points clés de ce nouvel épisode qui conforte les ambiguïtés autour de ce dossier. Aperçus.

Il était une nouvelle fois le DMP…

à lire sur : http://www.i-med.fr/spip.php?article202

 Organisation de la santé : comment garantir un égal accès aux soins à tous, sur tout le territoire ?

à lire sur : http://www.forum.gouv.fr/article_ar…

 De la relation médecin-malade à la relation malade-médecin

à lire sur : http://www.carnetsdesante.fr/spip.p…

 Les ALD concentrent 60% des dépenses maladie

Les dépenses de soins sont sept fois plus importantes pour un patient en ALD que pour un assuré classique. Un régime devenu inflationniste et que le gouvernement compte bien maîtriser. Reste à savoir comment. Médecins et patients sont vigilants.

à lire sur : http://www.medecinews.com/index.php…

 « Le trou de la Sécu n’existe pas »

VIDÉO - Éric Merlen, journaliste d’investigation, et Frédéric Ploquin, grand reporter à Marianne, viennent de publier « Ma Sécu. De la libération à l’ère Sarkozy ». Ils ont répondu à vos questions sur cette institution née au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Pourquoi est-elle en déficit ? Peut-on la quitter ?

à voir sur : http://www.lefigaro.fr/economie/200…

 Objectif lynchage public

Les professionnels de santé se font lyncher régulièrement sur la place publique à l’occasion du remboursement de prestations indues […] Sans me positionner sur le bien-fondé ou non de ces remboursements auprès des caisses, je m’élève contre leurs pratiques de vouloir prouver à la population l’efficacité de leur action dans le cadre de la récupération d’indus : elles affichent publiquement des sommes récupérées importantes tout en égratignant un peu plus les professions de santé.

Les professionnels de santé sont surveillés au jour le jour : il suffit de faire deux FSE consécutives par erreur le même jour pour un même patient pour que, dans le mois suivant, la Sécu vous pose la question de savoir si le patient doit être remboursé deux fois. Il est de notoriété publique que les petites mains de la Sécu recopient chacune de nos prescriptions pour en faire des statistiques […] consultables sur le web-médecin. Il est évident qu’un certain nombre de « récupération d’indus » résultent de dénonciation de la part de patients notant des anomalies sur leurs bordereaux de remboursement.

Il est certain qu’un certain nombre d’anomalies ne sont pas détectables […]. Le troisième mécanisme de récupération d’indus a été dénoncé dans Le Généraliste. Exemple : le remboursement des prescriptions des compléments alimentaires est lié à la condition de certaines pathologies graves ALD. A la première prescription inexacte, la Sécu est en mesure de connaître l’erreur. Mais la Sécu connaît-elle la notion de responsabilité collective ? Il est à craindre qu’elle s’en sente à l’écart. La Sécu surveille alors un point particulier auquel elle s’attache. Elle fait les comptes et, quand une somme conséquente à récupérer est à l’horizon, elle dénonce publiquement. Puis récupère pour démontrer son efficacité. Une autre méthode moins visible eût été de prévenir le professionnel de santé d’un constat d’anomalie, et de mettre le compteur à zéro. Seulement voilà, il n’y aurait sans doute plus grand chose à récupérer. Mais cela ne serait-il pas plus économiquement efficace pour un système de soins à responsabilités partagées ? […]

Dossier réalisé par Dr Yves Adenis-Lamarre, Angoulême (Charente).

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 Le SOS d’un médecin rural

Comment pouvons nous imaginer, esseulés, ces patients de tous âges que nous soignons au quotidien […] car en campagne il y a des patients, comme en ville ! Comment imaginer une seconde de les laisser seuls au fond du « désert » médical. Pourquoi les priver de leurs droits à l’accès aux soins, parce qu’ils sont ruraux ? Hallucinant ! Pourtant, ce sont des humains qui eux aussi cotisent, vivent, travaillent, parfois survivent, et font vivre les leurs, et le corps médical aussi par la même occasion ! Comment leur imposer un système qu’aucun d’entre nous ne voudrait pour les siens ! […] Sommes-nous au Moyen Age ou au XXIe siècle ? N’ayant plus de médecins, la médecine foraine s’installera dans nos campagnes. Adieu prévention, surveillance, relation médecin-patient, psychologie, exercice de l’art… Bonjour au « Mac drive médical ». […] Triste et dramatique évolution ! N’abordons pas la permanence des soins… Il faudra bientôt des bases d’hélico dans toutes nos communes pour recevoir l’urgentiste parachuté ! […] Par pitié, franchissez le pas, venez faire votre métier, venez dans les campagnes, exercer une médecine, celle du terrain, du contact confraternel en cabinet de groupe, la médecine de famille. Certains groupes médicaux sont en souffrance, menacés pour certains dans leur existence… Il y a du travail pour tous, à condition de le vouloir… Seul, ce n’est plus possible, mais à plusieurs les choses sont beaucoup plus simples. C’est le juste retour aux valeurs, celles du médecin de campagne. La patientèle d’aujourd’hui s’inquiète, à raison, de voir disparaître « Le » Docteur. Certes, il y aura des aménagements… mais pas de progrès ! Mais en voyant « Le » Docteur » venir, la patientèle sera heureuse de le conserver, heureuse de le lui faire savoir, croyez-moi… ! En Périgord Vert, il y a de très bonnes places à prendre ! Contactez-moi. […]

Dossier réalisé par Dr Philippe Faroudja-Deveaux, Saint-Pardoux-la-Rivière (Dordogne).

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Couverture santé

 Quelle solution pour les pays pauvres ?

· Plus de 70 pays en débattent à Paris

Plus de 70 pays sont attendus aujourd’hui à Paris pour une conférence destinée à encourager la création de systèmes de sécurité sociale dans les pays pauvres, où l’absence de prise en charge des soins de santé aggrave chaque année la misère de millions de personnes. De nombreuses institutions internationales, ONG, syndicats ou entreprises privées doivent également participer à cette rencontre. La conférence, présidée par l’ancienne ministre française de la Santé Michèle Barzach, veut promouvoir l’idée que l’investissement dans la santé n’est pas une simple charge supplémentaire pour les pays en développement, mais un atout pour leur décollage économique. « Investir dans la santé, c’est investir dans la croissance et dans le développement, avec un retour mesurable », fait-on valoir au ministère des Affaires étrangères…

lire la suite sur : http://www.leconomiste.com/article….


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