Revue de presse du 07 septembre 2007
vendredi 7 septembre 2007 par JOSEPH Didier
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- Les nouveautés de la rentrée de la Sécu, p1
- Point de vue de Christian Lehmann,, p1
- les laboratoires pharmaceutiques proposent des économies, p1
- Une amère compensation, p1
- La santé chancelante de l’Amérique, p1
- La médecine générale, une spécialité, et après ?, p1
- Le marché du médicament revu à la hausse, p1
- Doutes sur l’affectation des franchises au plan Alzheimer, p1
- Médicaments remboursables : la croissance pourrait être plus forte que prévue en 2007, p1
Les nouveautés de la rentrée de la Sécu
Hors parcours de soins, vos patients ne sont désormais plus remboursés qu’à 50 % au lieu 70 %. Cette mesure phare du plan de redressement de l’assurance-maladie doit dégager un surplus de recettes de 50 millions d’euros en 2007. Le déplafonnement de 1 à 4 euros par jour du forfait patient est aussi opérationnel. Autre nouveauté : depuis fin juillet, les médecins libéraux peuvent accéder à l’historique des soins prescrits et remboursés à leur patient depuis un an. Il s’agit d’une extension du ´ Web médecin ª, expérimenté dans quatre départements des Yvelines. Ce dispositif – qui a reçu le feu vert de la Cnil, mais inquiète la Csmf et MG France – doit permettre au praticien de mieux repérer les risques d’interactions médicamenteuses, mais pourrait également aider la Sécu à mieux cibler les gros consommateurs de soins. A la mi-août, 3 000 médecins étaient inscrits. L’assurance-maladie mise sur 20 000 utilisateurs d’ici au mois de novembre. Pour s’en servir, il faut être équipé pour la télétransmission et disposer de l’Internet rapide. Il convient d’installer un logiciel sur son ordinateur et la connexion sécurisée s’effectue grâce à la carte CPS. L’assurance-maladie propose un service d’installation aux médecins qui le souhaitent.
L’accès à l’historique des remboursements est désormais possible.
N°2419 du 07/09/2007
Point de vue de Christian Lehmann,
médecin généraliste, initiateur, avec Martin Winckler, d’une pétition contre les franchises médicales.
« Nous avons un président qui rêve du modèle américain, et qui a eu cette phrase hallucinante : "Nous parlons d’assurance maladie. Y a-t-il une assurance sans franchises ?". » C’est sûr que si vous faites une croix sur le mot solidaire, vous vous retrouvez devant un simple problème de prestation commerciale… On est vraiment devant une américanisation du système. On nous dit, en gros : « La santé ne doit plus être payée par la collectivité. Que les gens se débrouillent ! » C’est le système assurantiel. Ce qu’on voit avec les forfaits sur les remboursements de soins, les déremboursements masqués, maintenant les franchises, c’est la montée de ce phénomène, qui aurait deux avantages pour le libéralisme économique. Premièrement, fragiliser les plus faibles, et donc les rendre plus malléables : si vous avez le chômage plus l’absence d’assurance maladie, vous êtes encore plus corvéable à merci. Deuxièmement, cela permet - à partir du moment où on n’a plus besoin de s’occuper des cotisations sociales d’assurance maladie dans les comptes sociaux - de générer plus de profits. Car, comme le montrent tous les économistes, le système américain est l’un des plus dispendieux ; comme il n’y a pas d’assurance maladie solidaire, les prix ont été poussés vers le haut.
Il n’y a pas de ligne brisée, mais une vraie continuité entre la réforme Douste-Blazy de 2004-2005 et ce qui se passe maintenant : peu à peu, dans les esprits, la notion de solidarité est vidée de son sens, et le seul moyen de responsabiliser les gens, éventuellement, semble être l’argent.
L’image qu’a Michael Moore de notre système, cela va nous aider à essayer de le défendre. Mais elle doit être mitigée par le fait que notre Sécurité sociale est très malade. Les méthodes de gestion, comme les pressions mises sur les médecins généralistes à propos des arrêts de travail, sont des méthodes de management à l’américaine. On est en train de sortir de ce qui avait été créé après 1945, dans les idéaux du Conseil national de la Résistance… Nous sommes à un moment crucial où il est important de dire aux gens, et en ce sens le film de Moore peut être utile : « Si vous voulez vous retrouver à la place de cet ouvrier obligé de se recoudre tout seul, de cette femme qui se demande si elle va vendre sa voiture pour payer ses frais de santé, eh bien continuez à aller dans ce système du "travailler plus pour gagner plus", ça vous permettra au moins de payer un petit pourcentage de vos dépenses de santé… »
Propos recueillis par Y. H.
http://www.humanite.fr/2007-09-05_C...
les laboratoires pharmaceutiques proposent des économies
Après la forte décélération des dépenses de médicaments en 2006, la reprise est vive depuis le 1er janvier : 4 % sur les sept premiers mois.
« On nous a piqué 3 milliards d’euros en trois ans, on a affaibli nos entreprises et, aujourd’hui, on en revient toujours au même point : il faut de vraies réformes structurantes pour réguler les dépenses de santé. » Avec son franc parler habituel, Christian Lajoux, président des entreprises du médicaments (LEEM), a présenté hier devant l’Association des journalistes de l’information sociale (Ajis), une série de propositions à l’adresse du gouvernement pour « mieux utiliser les médicaments », alors que le budget 2008 de la Sécurité sociale doit être présenté le 24 septembre. Il faut dire qu’après la forte décélération des dépenses observée en 2006 - les remboursements de médicaments n’avaient progressé que de 1,5 % en raison des baisses de prix -, la reprise est vive depuis le 1er janvier : les dépenses ont progressé de 4 % sur les sept premiers mois de l’année. Ce qui remet en première ligne les industriels comme les médecins.
Dent dure contre les pharmaciens
Le LEEM a néanmoins le sentiment que « le gouvernement a la volonté de ne pas refaire les erreurs du passé ». Il se dit donc prêt à coopérer avec les pouvoirs publics pour mettre en oeuvre des réformes, quitte à ce que certaines se traduisent par une baisse du chiffre d’affaires. Pour Christian Lajoux, la généralisation par l’assurance-maladie de l’historique de remboursement, qui permet aux médecins de connaître les prescriptions de leurs patients (médicaments, consultations, examens) sur les douze derniers mois, « va dans le bon sens ». Il propose ensuite que pour les affections de longue durée (cancer, diabète, etc.), la CNAM impose automatiquement (par une liquidation en ligne) le fait que les prises en charge à 100 % soient limitées aux traitements liés à l’ALD. Le LEEM souhaite que la maîtrise médicalisée soit développée à l’hôpital, grâce notamment à l’identification informatique du médecin prescripteur.
Mais les laboratoires ont aussi la dent dure vis-à-vis des pharmaciens. Christian Lajoux affirme que le projet de gros conditionnement des médicaments (boîtes permettant des traitements pour un mois), imposé par le précédent gouvernement, a été mis en oeuvre par les industriels « mais aujourd’hui ces boîtes n’accèdent pas aux officines parce que les marges des pharmaciens et des grossistes sont plus faibles ». Résultat, les 170 millions d’euros d’économies prévus ne sont pas au rendez-vous et les traitements, stockés dans les centres de distribution, vont être périmés. De même, les laboratoires sont agacés de la frilosité des pharmaciens sur l’automédication : « Nos officines ont un retard d’adaptation par rapport au marché européen », déplore le président du LEEM.
ÉTIENNE LEFEBVRE
http://www.lesechos.fr/info/sante/4...
Une amère compensation
Le "médecin référent" que j’étais est donc devenu un "médecin traitant". Le ministre de la Santé a fini par faire admettre une compensation financière, dite de "convergence du médecin référent vers le médecin traitant".
Le décret d’application a été publié au Journal Officiel (avenant 18 à la convention nationale).
Le versement est prévu selon les syndicats signataires "au plus tard le 31 décembre" au titre de l’année 2007. Il était logique que cette somme soit répartie en trois ou quatre versements afin de permettre aux médecins référents une réelle compensation du préjudice. Dans mon cas plus de 1 000 dossiers à 22,87 euros l’unité !
J’ai donc demandé une avance le 6 juin 2007. La Cnamts m’a adressé une fin de non-recevoir. Elle précise que cette somme sera versée le 31 décembre 2007.
Ce qui revient à dire que je ne percevrai rien pendant l’année 2007 !
De plus, le calcul est, comme pour les versements ALD, calculé au niveau Cnamts national.
Est-il possible, sans déranger les fonctionnaires zélés et les syndicalistes signataires, d’obtenir le montant de la compensation afin de permettre une gestion budgétaire et, surtout, de vérifier le calcul de la somme et de la contester si besoin ?
Ah ! j’allais oublier, je suis maintenant "médecin spécialiste" ! Je préférais le temps où j’étais médecin référent. Le revenu réel par acte était réellement celui d’un spécialiste !
Je n’ai toujours pas compris pourquoi la majorité des confrères a ignoré cette option qui leur permettait des revenus dignes de leur exercice. Ils ont maintenant le "médecin traitant" avec les mêmes contraintes mais sans aucune rémunération supplémentaire !
N°2419 du 07/09/2007 Dr Jacques Raveleau,
Nemours (Seine-et-Marne)
http://www.legeneraliste.fr/index.c...
Sicko
Michael Moore dénonce dans "Sicko", son dernier documentaire, le scandale du système de santé américain, sujet brûlant qui ne manquera pas de susciter la polémique.
La santé chancelante de l’Amérique
On le sait depuis qu’il a lancé un appel à témoins sur Internet : la nouvelle cible de Michael Moore est le système de santé américain. Un système loin d’être à la hauteur du "pays le plus puissant du monde", puisque les Etats-Unis occupent le 37e rang mondial en matière de santé. Quarante-cinq millions de personnes y vivent sans couverture médicale, 250 millions en ont une ? mais ne sont même pas certains d’être correctement soignés. Pas de pitié pour le malade aux Etats-Unis : tout est fait pour qu’il se sente coupable. Témoignages à l’appui, Michael Moore mène l’enquête. Nixon avait, le premier, incité les assurances privées à faire du profit. Et l’on découvre, ébahis, que l’on impose aux employés de ces assurances un taux de refus de prise en charge de 10 % (assorti d’un bonus dans le salaire s’ils parviennent à récupérer une partie de l’argent versé !). La colère du cinéaste va loin : il montre ainsi certains malades, vieux et sans le sou, mis à la rue "comme des ordures". Il filme les aveux publics d’une femme, honteuse d’avoir provoqué la mort d’une patiente pour faire économiser 500 000 dollars à sa compagnie. Le tout est entrecoupé de reportages en Grande-Bretagne, au Canada et en France. Pour mieux faire comprendre à ses compatriotes "à quel point ça va mal chez eux !", il suit un docteur de SOS médecins dans les rues de Paris, n’hésitant pas à parler de "paradis français" ?
Tout culmine dans une de ces séquences délirantes dont il a le secret : ayant entendu dire que les prisonniers de Guantanamo bénéficiaient d’une "médecine de pointe", il a emmené à Cuba des secouristes volontaires intoxiqués lors du 11 septembre qui ont essuyé un refus des assurances américaines.
Michael Moore est un bulldozer. Qu’il dénonce la mise au chômage d’une région entière (Roger et moi), la vente libre des armes (Bowling for Columbine) ou les mensonges d’un président (Fahrenheit 9-11), il n’y va pas par quatre chemins. Quand il termine son film en prônant "l’assurance-maladie comme un droit de l’homme et non comme un moyen de s’enrichir", quand il en appelle à "un monde du NOUS" contre un "monde du JE", il n’y a rien à redire. Militant convaincu, toujours près à aller sur le terrain, à donner la parole aux victimes comme aux responsables, cet homme-là est un humaniste. Et ses pavés dans la mare sont salubres.
N°2419 du 07/09/2007 Bernard Génin
http://www.legeneraliste.fr/index.c...
QUALIFICATION
Les premiers spécialistes de médecine générale issus du DES sortiront de la faculté en novembre prochain, et leurs aînés peuvent obtenir cette qualification auprès de l’Ordre. Certains jubilent, d’autres se montrent plus sceptiques. Mais tous sont d’accord : ce n’est qu’une étape, et faute d’une définition de leurs compétences qui leur donnera leur juste place dans le système de santé, et faute d’une reconnaissance pécuniaire équivalente à celle de leurs confrères ´ spécialistes ª, cette qualification ne sera qu’un leurre.
La médecine générale, une spécialité, et après ?
´On ne parviendra à remonter le courant que si l’on arrive à faire comprendre que ce qu’on appelait jusqu’à présent la médecine générale fonctionne en fait sur la même logique qu’une spécialisation, c’est-à-dire selon des compétences particulières. ª Ainsi s’exprimait dans nos colonnes (Le Généraliste nƒ 2288), en 2004, Martine Bungener, directrice du centre de recherche en médecine, maladies et sciences sociales, laboratoire Inserm-Cnrs de sociologie de la santé. C’était à l’occasion d’une grande ´ première ª : cette année-là, en effet, disparaissait l’internat au profit de l’examen national classant (ENC) qui mettait sur un pied d’égalité tous les étudiants de sixième année de médecine pour le choix de leur spécialité, les futurs généralistes comme les futurs ´ spécialistes ª. L’internat pour tous était né, en même temps qu’était mis en place, à la rentrée universitaire de cette même année, le diplôme d’études spécialisées (DES) en médecine générale. Trois ans ont passé et, en novembre prochain, les premiers détenteurs de ce DES sortiront donc de l’université ´ spécialistes en médecine générale ª.
De longues années de lutte
Sans remonter une fois de plus au déluge, on rappellera tout de même que ce qui est aujourd’hui une évidence pour les candidats aux études médicales, séduits par le métier de généraliste – mais si, mais si, il y en a encore !– est le résultat d’une très longue marche. Et d’un combat obstiné mené par des généralistes lassés de voir leur métier plus souvent choisi par l’échec à l’internat de spécialité que par vocation, et d’être considérés comme des ´ sous-médecins ª par leurs confrères spécialistes. Fâchés aussi de devoir subir une formation découpée selon les pointillés du modèle hospitalo-universitaire, bien éloigné de la pratique généraliste de ville. Humiliés, enfin, que la richesse de cette pratique, et que le vaste champ de son application, ne soient pas jugés dignes d’une activité de recherche.
A peine est-il créé sur le papier en 1984 que l’internat unique pour tous les étudiants de troisième cycle est supprimé par la réforme Barzach de 1987 qui instaure le résidanat pour les futurs médecins généralistes : quatre semestres hospitaliers et trente demi-journées chez un généraliste…
Entre-temps, en 1985, ont tout de même été créés les départements de formation et de recherche en médecine générale qui ont un avis consultatif auprès des UFR pour l’organisation de l’enseignement au cours du troisième cycle et les modalités de validation. Il faudra attendre six ans encore pour qu’en 1991, les premiers professeurs associés de médecine générale y soient affectés.
Cinq ans et les ordonnances Juppé rallongent le résidanat d’un semestre consacré à un stage chez le praticien, lequel entre en vigueur l’année suivante, en 1997. Notons au passage que c’est cette même année que la loi du 26 mars instaure un premier stage dans un cabinet de médecine générale dès le deuxième cycle, stage dont ne bénéficient encore à ce jour que quelques privilégiés… C’est encore en 1997 que les Prs Jean-François Mattei et Jean-Claude Etienne, dans un rapport que leur a commandé le gouvernement Juppé sur l’analyse de la formation initiale des médecins, avancent l’idée d’un internat obligatoire pour tous les étudiants. L’idée fait son chemin.
En juin 1999, clôturant les Etats généraux de la santé, le Premier ministre Lionel Jospin la reprend en dessinant les contours d’une réforme des études médicales qui donnerait ´ toute sa place à la médecine générale ª. Les étudiants entreront dans le troisième cycle ´ après avoir passé un concours de l’internat, national, anonyme et classant, déclare Lionel Jospin. La médecine générale sera reconnue comme une spécialité au même titre que les autres, et sa durée de formation sera portée à trois ans. Tout en étant mieux formés, seront donc généralistes les médecins qui en auront fait le choix. C’est ainsi que la médecine générale sera reconnue à sa juste valeur et qu’elle pourra tenir toute sa place dans le monde médical ª.
Deux ans plus tard, la réforme Jospin remplace donc le résidanat par un internat de médecine générale comprenant six semestres de stage ; l’internat de spécialité est supprimé et les épreuves nationales classantes anonymes (Ecna) sont créées. Dont la première session a eu lieu il y a trois ans.
Du chemin reste à faire
Voici donc les médecins généralistes spécialistes en médecine générale. Pour autant, sont-ils sur un pied d’égalité avec leurs confrères spécialistes ? Loin s’en faut, et du chemin reste à faire. Si la médecine générale siège enfin dans la sous- section 53-01 de la section 53 (médecin interne) au sein du Conseil national des universités (CNU), la mise en place de la filière universitaire de médecine générale (Fumg) est laborieuse. ´ Le statu quo est le maître mot ª, déplorait Pierre-Louis Druais, le président du Collège national des généralistes enseignants (Cnge), au début de l’été. Pour ce dernier comme pour le Syndicat national des enseignants de médecine générale (Snemg), la Fumg signifie : des chefs de clinique, la titularisation des généralistes enseignants, la revalorisation d’au moins 25 % de la rémunération des maîtres de stage et la création d’un statut universitaire de chargé d’enseignement pour ces maîtres de stage. Quelques promesses leur ont été faites en août (voir p. 34), mais le Snemg s’impatiente, et, mercredi dernier, dans un communiqué de presse, exigeait leur concrétisation immédiate. Faisons un rêve : la Fumg est mise en place. Les généralistes seraient-ils plus heureux ? Pas tous ! Certains se montrent sceptiques quant au bénéfice à en tirer.
Généraliste à Metz, attachée d’enseignement à la faculté de Nancy et maître de stage, Sophie Siegrist trouve la Fumg ´ trop calquée sur la filière universitaire spécialiste ª, et s’interroge : ´ Pour moi, la fonction même de chef de clinique est antinomique avec le concept de médecin généraliste. On a parfois du mal à faire admettre nos stagiaires à nos patients, et on aura des chefs de clinique, qui seront nos supérieurs hiérarchiques dans la hiérarchie hospitalière, mais pas dans nos cabinets ? J’aurai dans mon cabinet un chef de clinique qui donnera des ordres à mon interne ? Nos patients viennent voir un médecin généraliste qui les connaît, qui connaît leur famille et même le nom de leur chat ! Et on va changer de chef de clinique tous les six mois ? Ils feront de la recherche, je veux bien, mais comment faire de la recherche dans une spécialité qu’ils n’exerceront pas à temps plein ? ª
La qualification de spécialiste aux généralistes ressemble, dit-elle, à ´ un hochet qu’on nous a donné pour qu’on se tienne tranquille. Nous n’avons pas attendu d’être des spécialistes pour être des bons médecins généralistes ! Et au bout du compte, C n’est pas égal à Cs ! Face à un patient, mon acte de réflexion est le même que celui d’un spécialiste, souvent plus complexe même, mais ma réflexion est payée moins cher ! ª Pour Sophie Siegrist, ´ la qualification ne consiste pas seulement à suivre une filière universitaire. On ne veut pas créer une médecine générale de haut niveau, mais des carrières universitaires pour calmer les frustrations de certains généralistes en mal de reconnaissance universitaire ª.
Reconnaissance, peut-être, mais à quel prix ?
´ Quel est ce besoin des généralistes de s’identifier aux supertechniciens que sont les spécialistes ? ª interroge, un rien provocateur, le Dr François Baumann, pour qui il y a quelque chose de paradoxal à accoler au terme de ´ généraliste ª celui de ´ spécialiste ª. Pour lui, les choses sont claires : ´ La médecine générale, c’est la médecine ; les autres spécialités naviguent autour, que les médecins généralistes utilisent. La palette du généraliste est large, ne serait-ce que le choix du spécialiste vers lequel il oriente un patient, ce que le spécialiste, lui, n’a jamais à faire. Nous ne sommes pas des hommes-orchestres, mais des chefs d’orchestre. ª Cela étant, pour François Baumann, l’acquisition de la spécialité pour la médecine générale marque un début et non une fin : ´ Une fois acquise cette conquête socio-politique, une réflexion doit s’engager sur ce que doit être l’évolution culturelle pour la médecine générale et le généraliste. Devenus spécialistes, les généralistes sont obligés de redéfinir le contenu de leur activité, notamment dans la relation entre le scientifique et l’humain. Si cette redéfinition se fait de façon positive, si la médecine générale est la base de toute la médecine, cela redonne un sens à la demande d’égalité, voire de gouvernance de la médecine instaurée par le dispositif du médecin traitant. ª
Le statut de spécialité pour la médecine générale ? Bernard Ortolan, président du Cnfmc des médecins libéraux et du comité de liaison des Cnfmc, y voit ´ l’opportunité de faire sortir enfin le médecin généraliste de la définition réductrice de ´spécialiste des soins primairesª, un terme pas très valorisant, et qui sent sa ´bobologieª ª. Pour lui aussi, rien n’est dit avec cette qualification de spécialiste et tout est à reconsidérer : ´ Si l’on redéfinit le rôle du médecin généraliste dans le contexte actuel de la santé publique, il devient l’acteur essentiel de prévention et de réduction des risques. Aujourd’hui, s’il joue un tant soit peu ce rôle, il n’est pas payé pour cela, et, demain, il ne le fera pas dans un système unique de paiement à l’acte sous-évalué. Il faut une Ccam clinique et un dossier médical qui tienne la route. Si tout cela se met en place, alors la qualification de spécialiste en médecine générale aura un sens. ª
Nouvelle spécialité, nouveau rôle
´ A nouvelle spécialité, nouveau rôle pour le médecin généraliste ª, s’enthousiasme Jacques Roland, ancien doyen de la faculté de Nancy, ancien président du Conseil national de l’Ordre des médecins et fervent soutien des généralistes dans leur combat pour leur reconnaissance universitaire. Pour lui, l’accession de la médecine générale au statut de spécialité est ´ l’aube d’un des plus beaux métiers médicaux. Mais il lui reste à redéfinir son contenu. ª Et à reconsidérer sérieusement le mode de rémunération de ceux qui l’exercent : ´ La spécialité de médecine générale correspond à des tâches non effectuées jusqu’à présent en raison du paiement à l’acte. La mission des généralistes est scotomisée au service des individus : pas d’éducation sanitaire, pas de prévention, pas de maîtrise du dossier médical… On ne peut pas laisser les citoyens maîtres de leur histoire sans leur donner l’éducation qui va avec. Le DMP va permettre cela, nous avons des armes nouvelles, et il faut que certains syndicats changent l’habitude qu’ils ont de s’arcquebouter sur le paiement à l’acte qui n’est ni nécessaire ni suffisant. Ne pas passer à la capitation serait une grave erreur. ª
Pour le président de la section formation et compétences médicales du Cnom, Xavier Deau, la qualification de spécialiste ´ marque la reconnaissance du rôle de coordinateur des soins dans le système de santé ª du médecin généraliste. Sur le terrain, dans sa Lorraine où il exerce, Xavier Deau constate que ´ cela redonne de la fierté aux généralistes quinquagénaires, ça les relance dans de nouveaux projets ª. Mais s’il se félicite que la France rejoigne le club des douze pays européens qui avaient déjà cette qualification, et ce ´ avant d’autres grands Etats d’Europe ª, il fait de l’élaboration des référentiels métiers pour la médecine générale une urgence. ´ Je presse Yves Matillon en charge de ce dossier au ministère de la Santé. Tout le monde revendique ça, Matillon, Marc Brodin, la HAS, mais il n’y a toujours rien de fait. Il faudrait que ce soit fait pour la fin de l’année, mais je rêve ! ª Il reste donc aux spécialistes en médecine générale à (re)définir leurs compétences. Martine Bungener ouvre une piste intéressante : ´ générale ª ne signifie pas ´ je me disperse sur tout ª, mais ´ je me concentre sur ce qui fait lien ª.
http://www.legeneraliste.fr/index.c...
Le marché du médicament revu à la hausse
Le marché des médicaments remboursables devrait croître à un taux proche de 2% en 2007.
Le marché du médicament remboursable devrait croître de plus de 2% en 2007, après 0,7% en 2006, ont fait savoir, jeudi 6 septembre, Les Entreprises du médicament (Leem, patronat), revoyant ainsi à la hausse leurs prévisions de croissance.
"On pensait avoir une année entre 1 et 2%, je pense qu’aujourd’hui il est plus réaliste d’évaluer une croissance du médicament légèrement au-dessus de 2%", a déclaré le président du Leem, Christian Lajoux, lors d’une conférence de presse. La France, un pays sain
Les industriels de la pharmacie accusent les politiques de réduction des dépenses de santé de saper leur activité, du fait des déremboursements de médicaments et de la promotion des génériques. Des politiques qui, selon eux, expliquent que le marché, qui a augmenté en moyenne de 5.5% par an depuis 1996, n’enregistre qu’une progression de 0.7% en 2006.
Selon Christian Lajoux, "il faudrait comparer la consommation de médicaments aux systèmes de prise en charge dans les pays et à la qualité de l’état sanitaire de la population. Et la France, quoi qu’on dise, est un des pays qui a la meilleure qualité sanitaire".
Une "maîtrise médicalisée"
Pour que les médicaments soient mieux utilisés, l’industrie propose aux autorités de santé de s’engager "davantage avec eux sur des objectifs clairs de maîtrise médicalisée qui permettent d’éviter les gâchis et de mieux utiliser les médicaments". Une maîtrise des dépenses qui pourrait passer par le futur dossier médical personnel (DMP), par exemple, ou par l’"automédication", ou encore par les "grands conditionnements" (boîtes contenant davantage de médicaments).
Une réunion du Conseil stratégique des industries de santé (CSIS) devrait avoir lieu début 2008. Le Leem avait demandé en juin au gouvernement de convoquer un CSIS avant la fin de cette année.
http://www.challenges.fr/20070906.C...
Doutes sur l’affectation des franchises au plan Alzheimer
La vignette automobile avait été conçue pour les personnes âgées. Nicolas Sarkozy a repris cet exemple pour financer son plan contre la maladie d’Alzheimer et plus généralement contre la dépendance. Ce programme sera "adossé à des ressources nouvelles apportées par la franchise médicale", a confirmé le chef de l’Etat le 3 septembre, lors de l’installation de la commission chargée de présenter des mesures de recherche, de traitement et de prévention.
Ciblé vers une grande cause nationale, ce prélèvement exclusif auprès des patients est certes plus acceptable politiquement. Sa mise en oeuvre pourrait se révéler plus complexe, voire impossible. Au final, les franchises que le gouvernement a prévu d’instaurer à partir du 1er janvier 2008 pourraient bien ne servir qu’à combler le trou de la Sécurité sociale, évalué pour 2007 à 12 milliards d’euros.
A Dax (Landes), le 31 juillet, le chef de l’Etat avait présenté le détail de cette contribution de 0,5 euro par boîte de médicament et de 2 euros sur les transports sanitaires et certains services médicaux. Elle serait plafonnée à 50 euros par an et exclurait les moins de 16 ans, les femmes enceintes et les bénéficiaires de la CMU. Sur la base d’une estimation incertaine, le gain attendu pourrait s’élever à 850 millions d’euros.
A moins de recréer un nouvel impôt dans le budget 2008, les sommes ainsi collectées par les trois caisses du régime général (CNAM), de la mutualité sociale agricole (MSA) et du régime social des indépendants (RSI) - peuvent difficilement être affectées à une dépense ciblée dans le budget de l’Etat, d’une fondation, voire de la caisse nationale de solidarité (CNSA). Les nouvelles franchises devraient compléter les mesures adoptées depuis 2004 pour réduire la part de remboursement des assurés sociaux et alléger le déficit de la Sécu. Elles devraient s’ajouter à la perception d’un euro par acte et non plus par jour. En vigueur depuis le 1er septembre, cette mesure de déplafonnement a été décidée dans le plan d’économies de juillet. Elle devrait rapporter 150 millions d’euros d’économies supplémentaires en plus du forfait hospitalier de 18 euros.
Alors que le projet de TVA sociale est repoussé et que toute hausse de CSG est exclue, Roselyne Bachelot, ministre de la santé, a confirmé, aux Echos le 3 septembre, que, face au déficit aggravé de la Sécu, il faudra bien "trouver les financements les plus justes et les moins pénalisants pour l’économie." Sans en préciser ni l’ampleur, ni la nature.
Michel Delberghe
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0,36-951907,0.html
http://www.quotimed.com/flashs/inde...
Médicaments remboursables : la croissance pourrait être plus forte que prévue en 2007
Le marché du médicament remboursable pourrait croître de plus de 2% en 2007, après 0,7% en 2006, selon Les Entreprises du médicament (Leem). « On pensait avoir une année entre 1 et 2%, je pense qu’aujourd’hui il est plus réaliste d’évaluer une croissance du médicament légèrement au-dessus de 2 % », a déclaré le président du Leem Christian Lajoux lors d’une conférence de presse ce jeudi. L’évolution du chiffre d’affaires du médicament remboursable en ville n’a augmenté en 2006 que de 0,7 % contre (+ 5,5 %) les huit ou dix années précédentes. Dans la perspective du prochain projet de loi de financement de la sécurité social qui sera débattu à l’automne, le président du Leem a notamment rappelé que la hausse des besoins de santé des Français ne peut pas être inférieure à deux points de croissance au-dessus du PIB (produit intérieur brut). Ponctionnée de 3 milliards d’euros ces trois dernières années pour réduire le déficit de la sécurité sociale, l’industrie pharmaceutique attend des pouvoirs politiques des « mesures structurantes » et le retour pour les entreprises du médicament à « une fiscalité de droit commun ». La réunion du Conseil stratégique des industries de santé (CSIS) souhaitée par les syndicats des industriels de la pharmacie avant la fin de l’année pourrait « vraisemblablement » se tenir début 2008.
Quotimed.com, le 06/09/07
JOSEPH Didier
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