Revue de presse du 06 Mai 2008
mardi 6 mai 2008 par JOSEPH Didier
Navigation rapide
- Prescription, consommation et fiscalité des médicaments, p1
- L’impossible mise en place du stage de médecine générale en 2e cycle, p1
- Les très petits pas de l’Europe de la santé, p1
- Les médecins franciliens veulent des décisions rapides, p1
- Un rapport propose de renforcer les règles, p1
- Le RSI poursuit sa campagne sur le bilan gratuit, p1
- Les risques de l´enlisement, p1
- Nouvelle année zéro pour le DMP, p1
- Un plan santé pour les départements d´Outre-mer, p1
- La Fédération de la permanence des soins hospitalière menace d´une reprise du conflit, p1
- Enquête sur la formation médicale continue, p1
- Près de trois Français sur quatre opposés aux franchises médicales, p1
- Valérie Pécresse et les franchises médicales… Mensonges ? Incompétence ? Inconscience ? Janine Thombrau lui répond, p1
- Les prescriptions d’ezetimibe montent en flèche aux US, mais pas au Canada !, p1
- Les Français champions de la surconsommation de médicaments, p1
- La Santé n’est pas une marchandise comme les autres : les libéraux montent au créneau, p1
- Exclusif : Cancers et Tchernobyl, un médecin corse accuse, p1
Prescription, consommation et fiscalité des médicaments
La Mission d’évaluation et de contrôle des lois de financement de la Sécurité sociale (MECSS) a rédigé un rapport d’information sur "la prescription, la consommation et la fiscalité des médicaments". Elle appelle notamment à "améliorer l’encadrement de la vie du médicament et renforcer la sélectivité de l’accès au remboursement".
Lire le rapport d’information de la MECSS :
http://www.lesechos.fr/medias/2008/...
http://www.lesechos.fr/info/sante/3...
Un état des lieux dans 33 facultés de France
L’impossible mise en place du stage de médecine générale en 2e cycle
Selon une enquête du Syndicat national des généralistes enseignants (SNEMG), le stage de médecine générale pendant le 2e cycle, obligatoire depuis 1997, est très inégalement mis en place dans les 33 facultés de l’Hexagone. D’une durée variable, ce stage est rarement réalisé par l’ensemble des étudiants d’une promotion et les enseignants qui en ont la charge sont très mal rémunérés. « Un vrai stage de formation susceptible d’atteindre les objectifs pédagogiques et concernant l’ensemble des étudiants ne peut pas être organisé dans les conditions actuelles », estime le SNEMG.
LES RAPPORTS SE SUCCÈDENT ces derniers mois pour dénoncer la crise que traverse la médecine générale. La discipline souffre d’un mal de reconnaissance. En dépit de la création d’un diplôme d’études spécialisées (DES) en 2004, les étudiants ne choisissent bien souvent la spécialité qu’en dernier recours. Enseignants, étudiants et syndicats s’accordent à souligner la nécessité de mettre en valeur la médecine générale dès le 2e cycle des études médicales pour la rendre plus attractive. Obligatoire depuis mars 1997, ce stage en 2e cycle en médecine générale n’a pourtant jamais réellement vu le jour. Faute de volonté politique et de financement. « Malgré les annonces du ministre de la Santé en 2006, le stage n’a pu se mettre en place comme prévu faute de moyens humains dans les départements de médecine générale (DMG), sans nomination d’enseignants associés, sans titularisation universitaire, et faute de financement concret », explique le Dr Vincent Renard, président du Syndicat national des enseignants de médecine générale (SNEMG).
Inégalités. Pour en savoir un peu plus sur la réalité de ce stage en médecine générale pendant le 2e cycle des études médicales, le syndicat des généralistes enseignants a réalisé une enquête au cours du mois d’avril 2008 auprès des 33 facultés de France (hors Antilles-Guyane). Il ressort de cette consultation que 25 UFR ont mis en place un stage de médecine générale pendant le 2e cycle tandis que 8 autres y ont renoncé « compte tenu du contexte » (1). Lorsqu’il existe, ce stage est d’une durée beaucoup plus courte que celle des autres stages d’externat (trois mois à mi-temps ou six semaines à temps plein). Seulement 10 facultés respectent la durée énoncée par le projet national (2).
Dans 15 UFR, cette durée est plus courte que recommandée, avec, dans 6 d’entre elles, un stage de moins d’une semaine. « Ce stage reste une découverte très loin des objectifs de formation du projet dans 11 facultés avec une durée de moins de deux semaines », note le SNEMG. Lorsqu’il est mis en place, le stage est très loin de concerner tous les étudiants hospitaliers de la cohorte. Un tiers des facultés (11) réussit à sensibiliser tous ces étudiants à la discipline et une seule faculté, Nancy, a mis en place un stage de trois mois à mi-temps pour l’ensemble de ses étudiants. « Si le stage répond aux exigences de durée, il ne concerne pas tous les étudiants. En très grande majorité, les stages offerts à tous les étudiants ne sont que des stages de moins d’une semaine, se limitant à la découverte anecdotique. »
Rémunérations : désordre « complet ». L’échec de déploiement du stage de médecine générale pendant le 2e cycle est également lié à une insuffisance de moyens budgétaires, notamment pour intéresser les maîtres de stage. « Si la rémunération des externes est bien prévue, le budget de la rémunération des enseignants cliniciens ambulatoires (ECA) maîtres de stage est toujours incertain d’autant plus que la rémunération n’est à ce jour pas encore arbitrée, note le syndicat. De surcroît, le budget pour la formation des ECA demandée dès l’origine et promise par le précédent ministre de la Santé, ne semble pas prévu. » Quatorze facultés ont organisé une formation spécifique des ECA pour encadrer le stage et seulement 4 d’entre elles ont prévu un financement pour ces formations. « Dans la majorité des facultés, la formation s’est organisée selon le mode du bénévolat complet. Dans les 3 facultés bénéficiant d’un financement, la formation a pu être déclinée sur deux jours dans trois cas et sur une journée dans un cas. Les financements provenaient des URCAM, des collectivités régionales et du Fonds d’aide à la qualité des soins de ville (FAQSV). » La rémunération des ECA pour l’encadrement des stages est hétéroclite. « Entre les rémunérations effectives, promises, ou envisagées, le désor-dre est complet », souligne le SNEMG. Celles-ci sont absentes dans 5 facultés. Elles sont calculées soit à l’heure complémentaire, soit à la demi-journée, soit au mois, soit au stage. Ces rémunérations varient de 20 à 25 euros la demi-journée à plus de 800 euros par mois pour vingt demi-journées. « Il n’y a aucune cohérence nationale dans ces rémunérations qui sont versées par les facultés sans que les financeurs ne soient in fine les mêmes », explique le SNEMG. « L’absence de politique nationale sur la mise en place du stage aboutit au plus grand désordre, conclut le syndicat. Un vrai stage de formation susceptible d’atteindre les objectifs pédagogiques et concernant l’ensemble des étudiants ne peut pas être organisé dans les conditions actuelles. » Les généralistes enseignants estiment « indispensable » que l’organisation de ce stage revienne aux DMG – qui assurent dans la très grande majorité des cas le recrutement des ECA maîtres – et que ce stage soit d’une durée équivalente aux autres stages d’externat. Il plaide pour un financement national des formations des maîtres de stage sur le modèle de ce qui existe dans la formation professionnelle conventionnelle (FPC). Bref, ce premier état des lieux du stage de médecine générale pendant le 2e cycle illustre une nouvelle fois l’immense retard pris dans le développement de la filière universitaire de médecine générale.
> CHRISTOPHE GATTUSO
(1) Rouen, Paris-VI, Paris-VII, Paris-XII, Paris-XIII, Paris Île-de-France, Montpellier, Nice. (2) Angers, Besançon, Bordeaux, Dijon, Lille, Lyon, Nancy, Nantes, Toulouse et Tours.
Une vague de communiqués des syndicats de médecins libéraux a fait suite à l’annonce par le ministère de l’Enseignement supérieur de recruter huit postes d’associés à la prochaine rentrée universitaire (« le Quotidien » du 16 avril). L’Intersyndicale majoritaire (MG-France, FMF, Espace Généraliste, UCCMSF) a ouvert le bal des critiques en dénonçant un « nombre insuffisant et consternant, en complète contradiction avec les conclusions prônées lors des états généraux de l’organisation de la santé (EGOS) ». L’Intersydicale a apporté son soutien au SNEMG dans ses revendications - le syndicat réclame l’ouverture de cinquante postes d’associés. MG-France a écrit une lettre à Roselyne Bachelot pour lui demander un « rééquilibrage des moyens universitaires vers l’enseignement de la spécialité de la médecine générale ». « L’urgence est de donner un signal fort aux étudiants pour qu’ils commencent à croire le discours sur la revalorisation de la médecine générale », commente, pour sa part, la FMF-G. L’Intersyndicale nationale autonome représentative des internes de médecine générale (ISNAR-IMG) exprime son amertume : « On ne peut pas imaginer ne pas mettre en oeuvre les moyens nécessaires et suffisants pour développer une filière d’enseignement et de recherche qui sera salutaire pour les soins primaires en France. » Selon certaines sources, le ministère de l’Enseignement supérieur pourrait revoir à la hausse les nominations des enseignants associés de médecine générale.
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Le récit « de l’intérieur » de Françoise Grossetête
Les très petits pas de l’Europe de la santé
Députée au Parlement européen (groupe du centre-droit), membre de la commission de l’Environnement, de la Santé publique et de la Sécurité alimentaire, Françoise Grossetête ne cache pas les obstacles qui jalonnent la route de la construction d’une Europe de la santé. Les dossiers urgents, pourtant, sont légion.
ABSENTE DES TRAITÉS INITIAUX sur l’Europe, la santé reste aujourd’hui un parent pauvre de la construction européenne malgré la montée en puissance de nombreux sujets « santé » sensibles (information des patients, lutte contre la contrefaçon, politique de dérégulation concernant les pharmacies, médicaments innovants, etc.) actuellement examinés par l’Union ou au programme des prochains mois.
Députée au Parlement européen depuis 1994, Françoise Grossetête, qui était invitée des Rencontres de Lipp (1), a raconté non sans humour le chemin de croix de l’édification d’une Europe de la santé, tout en soulignant les progrès accomplis, au moins dans les esprits.
« En 1994, explique-t-elle, la politique européenne de la santé se réduisait à quelques grands programmes –cancer, sida, toxicomanies, etc.–, et c’est tout ! Au sein de la commission environnement-santé publique, la santé n’occupait qu’une faible part. Petit à petit, le sujet a pris de de la place, mais en réalité… tout reste à construire. »
Trois commissaires concernés.
Dans les faits, les choix des politiques de protection sociale (quels régimes d’assurance-maladie, de retraite ?) relèvent intégralement des États membres, très jaloux de leurs prérogatives en la matière ; et, selon Françoise Grossetête, « il n’est pas question d’une harmonisation à moyen terme de la protection sociale, sauf miracle ».
Côté Commission européenne, les sujets santé intéressent au moins trois commissaires, respectivement en charge de l’Environnement, de la Santé (Androulla Vassiliou a récemment remplacé Markos Kyprianou), mais aussi de l’Industrie (Günter Verheugen), pour toute la politique du médicament. Les querelles de frontières et de compétence ne sont pas rares, ce qui ne facilite guère l’avancée des dossiers. Surtout, décrypte Françoise Grossetête, le champ des services de santé qui avait été exclu – à une faible majorité – de la célèbre directive Bolkestein sur la libéralisation des services (2005-2006) reste l’objet d’incessantes « bagarres en coulisse » entre les « ultralibéraux » et les partisans d’un travail « plus équilibré » sur la directive services. Du coup, résume la députée, « nous sommes peu avancés ». Et les initiatives sont timides, étriquées : la commissaire « santé » a annoncé qu’elle allait s’occuper pour l’instant de la mobilité des patients en Europe…
Une mandature à attendre. La Commission européenne, explique Françoise Grossetête, « avance par paquets » de textes, mais, en matière de santé, progresse au train de sénateur. Plusieurs dossiers sont « dans les tuyaux » parfois depuis des mois (pharmacovigilance, lutte contre les contrefaçons et le commerce parallèle…), mais le point d’atterrissage est inconnu (la Commission devrait présenter des propositions à la rentrée). « Je suis exaspérée par les retards pris sur les questions de santé, se désole la députée européenne. Nous avons passé une mandature à attendre ! J’ai l’impression que la Commission européenne repousse au maximum les échéances : l’information des patients sur le médicament, on en parlait déjà en 2003, et rien n’a abouti. Nous sommes en fin de législature. Après l’été, il y aura quelques mois de travail avant une année blanche avec les législatives européennes (2009) et l’installation du nouveau Parlement… » Le tableau n’est pas reluisant.
A deux mois du début de la présidence française de l’Union, le 1er juillet, l’Europe est pourtant attendue dans plusieurs dossiers majeurs sur la santé.
Quel sort pour l’initiative médicament innovant (IMI) dont l’objectif est d’aider l’Europe à redevenir le leader de la recherche biomédicale et biopharmaceutique à l’horizon 2013 (notamment en soutenant les PME) ? « J’espère que ce sera un succès », veut croire Françoise Grossetête, très favorable à un « small business act » à l’européenne.
L’idée, évoquée de façon récurrente, d’un prix européen du médicament semble beaucoup plus lointaine. « Il est nécessaire d’accroître la transparence, et il faudra un jour arriver à ce prix européen. Dans quelques années peut-être, on arrivera à bouger… »
Pandémie aviaire : l’Europe, mal préparée. Autre question dans l’air du temps : l’Europe, qui défend la libéralisation du marché et la concurrence pour faire baisser les prix, constitue-t-elle une menace proche pour les pharmacies françaises (monopole, implantation) ? Pour Françoise Grossetête, « le pharmacien n’est pas n’importe quel commerçant » et le rôle de l’officine doit être défendu. Mais, dans l’attente de décisions de la Cour de justice, elle invite la profession à « se préparer au changement », notamment en se regroupant. Quant à l’ouverture du capital des pharmacies, la députée suggère de la « tester sur un petit pourcentage ».
Sur la santé publique, enfin, peut-on espérer une politique européenne commune pour prévenir certaines menaces comme la grippe aviaire ? « La France est sans doute l’État le mieux préparé, mais l’Europe, elle, n’est pas prête », résume encore Françoise Grossetête, pas découragée pour autant et « convaincue » que la politique de santé de l’Union « se développera ». Même à petits pas.
> CYRILLE DUPUIS
(1) En partenariat avec « le Quotidien du Médecin ».
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Rapport Gagneux sur le DMP
Les médecins franciliens veulent des décisions rapides
L’UNION RÉGIONALE des médecins libéraux (URML) d’Ile-de-France estime que « les décisions politiques sur l’avenir du dossier médical partagé devront être prises prochainement » à partir du rapport Gagneux remis à Roselyne Bachelot (« le Quotidien » des 25 et 29 avril).
L’URML d’Île-de-France a lancé, avec les syndicats de biologistes et le soutien financier du GIP-DMP, un projet baptisé ARDOC qui doit favoriser une généralisation de l’usage des messageries sécurisées par les médecins libéraux franciliens. C’est pourquoi l’URML met en garde contre « tout nouvel atermoiement, pause, voire remise en cause des projets », qui risqueraient de « démobiliser définitivement » les professionnels de santé libéraux. L’URML d’Île-de-France souligne aussi la nécessité « d’accompagner concrètement » les praticiens pour qu’ils utilisent le futur « dossier patient virtuel et partagé ». Enfin, conclut l’union, « la coordination de tous les acteurs (GIP-CPS et Sesam-Vitale, CNAM, éditeurs de logiciels) est indispensable » en vue d’une interopérabilité.
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Prescription, consommation, fiscalité du médicament
Un rapport propose de renforcer les règles
La Mission d’évaluation et de contrôle de la Sécurité sociale (MECSS) du Parlement propose, dans un rapport, de maîtriser l’impact de la visite médicale, de simplifier le parcours administratif du médicament, de développer l’information du grand public et de rationaliser la fiscalité spécifique aux produits de santé.
À COUP SÛR, le rapport de la Mission d’évaluation et de contrôle de la Sécurité sociale (MECSS) sur le médicament ne fera pas que des heureux, notamment au LEEM (Les Entreprises du médicament) dont le président, Christian Lajoux, a eu beau jeu d’expliquer aux parlementaires qui l’auditionnaient que les chiffres généralement mis en avant pour mesurer la consommation française de médicaments ne reflétaient pas fidèlement la réalité. Car la mission estime que « les Français détiennent le record européen de la consommation de médicaments », même si elle reconnaît un peu plus loin que, « dans certaines classes de médicaments, les écarts de consommation avec les principaux pays européens ont tendance à se réduire ». Des études récentes conduisent en effet à nuancer cette analyse, note la mission parlementaire, « en faisant notamment apparaître que la France est aujourd’hui devancée par d’autres pays pour certaines classes thérapeutiques : par exemple, par le Royaume-Uni pour les antiasthmatiques et les statines, par l’Allemagne pour les antihypertenseurs ou encore par l’Espagne pour les inhibiteurs de la pompe à protons ».
Mais, globalement, le rapport n’en estime pas moins que « les médecins français prescrivent beaucoup », et même que « les médicaments prescrits ne sont pas toujours efficaces et la qualité des prescriptions n’est pas toujours optimale ». Financièrement, ajoute la mission, les dépenses de médicaments « représentent une part importante du PIB ».
La mission est également très prolixe sur les remèdes à apporter à cette situation, et ne fait pas moins de 92 propositions pour améliorer les choses.
Les auteurs notent tout d’abord que le chemin que doit suivre un médicament de sa conception à sa commercialisation est « long et complexe ». Il doit en effet passer par l’AFSSAPS (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) pour obtenir une AMM (autorisation de mise sur le marché). Il doit ensuite passer par la commission de la transparence (une des divisions de la HAS ou Haute Autorité de santé), qui octroie pour sa part le SMR (service médical rendu) et l’ASMR (amélioration du service médical rendu). C’est ensuite le ministre de la Santé qui, au vu de l’avis de la commission de la transparence, prend ou non la décision d’inscrire le nouveau produit sur la liste des spécialités remboursables. Enfin, le CEPS (Comité économique des produits de santé) fixe le prix de ces nouvelles spécialités, en fonction notamment du SMR et de l’ASMR. « D’autres pays, note le rapport, ont un système de régulation plus regroupé », comme la Belgique, notamment, qui concentre en une seule entité administrative tous les aspects de la vie administrative d’un médicament.
Mais le rapport propose aussi de « renforcer les règles de l’admission au remboursement et à la fixation du prix des médicaments ». Et notamment de recourir plus souvent au critère de l’Intérêt pour la santé publique (ISP) pour l’admission au remboursement, alors que, selon les auteurs, en France, « le SMR est principalement apprécié en fonction de l’efficacité et des effets indésirables du médicament, c’est-à-dire de son intérêt clinique ».
Mieux informer les patients. Les parlementaires préconisent également de maîtriser l’impact des visiteurs médicaux envoyés par les laboratoires dans les cabinets médicaux. Notamment en « dotant les organismes certificateurs de la visite médicale des moyens juridiques nécessaires afin de leur permettre de contrôler le respect de la charte de la visite médicale ». Le rapport suggère même d’« instaurer un dispositif de sanctions en cas de non-respect de la charte », et de confier au CEPS plus de responsabilités en matière de « régulation quantitative de la visite médicale ». En parallèle, le rapport propose de « développer et coordonner l’information du grand public sur le médicament », notamment en faisant de l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (INPES) « le pilote de la diffusion de l’information sur le médicament en direction du grand public ».
Enfin, sur la fiscalité spécifique au médicament, le rapport propose de « simplifier, stabiliser ou rendre plus structurantes les taxes affectées à l’assurance-maladie », et de « mobiliser la taxe sur les dépenses de promotion pour améliorer la régulation de la visite médicale ».
> HENRI DE SAINT ROMAN
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Prévention
Le RSI poursuit sa campagne sur le bilan gratuit
LE RÉGIME SOCIAL des indépendants (RSI, troisième régime d’assurance-maladie) propose pour la deuxième année consécutive à ses assurés (artisans, commerçants et professions libérales) un bilan de prévention gratuit auprès de leur médecin traitant.
Cette consultation spécifique est « guidée par un questionnaire que l’assuré aura préalablement rempli » pour informer son médecin traitant sur ses antécédents personnels et familiaux, ses habitudes de vie et son activité professionnelle. Le bilan de prévention vise surtout certaines périodes de la vie : avant 30 ans, pour « sensibiliser (les patients) à une bonne hygiène de vie », après 40 ans, pour les risques de maladies cardio-vasculaires et de cancers, et, après 65 ans, pour prévenir les risques de perte d’autonomie.
Le RSI prévoit une « prise en charge à 100% sans avance de frais » de la consultation-bilan de prévention et des éventuels examens sanguins prescrits par le médecin traitant. Les autres examens complémentaires prescrits à la suite du bilan sont remboursés aux taux habituels.
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Les risques de l´enlisement
PANORAMA DU MEDECIN du 5 mai 2008
Bruno Keller, rédacteur en chef
Dans leurs pires moments de désespoir, les ministres de la Santé doivent regretter de n´avoir pas hérité du portefeuille de la Défense, là où les réformes sont exécutées le petit doigt sur la couture du pantalon, là où d´un claquement de talon les militaires regagnent leur foyer et la vie civile. Bref, ils doivent envier ce que Gérard Larcher qualifiait récemment de « méthode unedeux ».
La semaine dernière, deux éléments sont en effet venus rappeler à quel point réformer la santé est à peu près aussi aisé que de s´attaquer au mammouth de l´Éducation nationale. Remis officiellement à Roselyne Bachelot, le rapport de Michel Gagneux sur le dossier médical personnel formule quelques pistes pour tenter de sortir cette réforme de l´impasse dans laquelle elle se trouve. Serait-ce trop cruel que de rappeler que le DMP était censé faire économiser plusieurs milliards par an à la Sécurité sociale et être disponible pour tous les Français en juillet 2007 ? Ambitions trop hautes, calendrier irréaliste, crise de la gouvernance, insuffisance du financement, polémiques sur la confidentialité ont signé l´arrêt de mort du DMP, du moins dans sa version initiale. Il faut maintenant, avec l´abnégation de Sisyphe, tenter de sauver, en faisant preuve de pragmatisme, ce qui était présenté comme une pièce essentielle de la réforme de l´assurance maladie de 2004. Une réforme dont on mesure au fil des mois, soit dit en passant, les insuffisances, pour ne pas dire l´échec, et dont l´Élysée semble aujourd´hui faire peu de cas.
Si le DMP est dans l´impasse, que dire de la formation médicale continue obligatoire ? On comprend l´agacement – le mot est faible – que viennent de manifester les conseils nationaux de FMC devant les retards accumulés dans la mise en oeuvre d´une réforme qui aurait dû s´appliquer depuis 1996 et dont Xavier Bertrand affirmait, avec son indéniable virtuosité de bonimenteur, qu´elle serait effective en 2007. Voici qu´elle est toujours au point mort et que le gouvernement, prenant acte des difficultés passées, entend maintenant remettre à plat le dispositif pour le simplifier.
Les avatars du DMP et de la FMC permettent de nourrir quelques doutes sur le sort qui sera réservé aux grandes réformes annoncées : hôpital, accès aux soins, agences régionales de santé, financement de l´assurance maladie. La modernisation ne se juge pas à l´aune du nombre de réformes votées mais à la capacité à les mettre en oeuvre, c´est-à-dire à vaincre les lourdeurs administratives, à surmonter la coalition des corporatismes, à trouver les financements nécessaires. Dans ce domaine, le pire des risques c´est celui de l´enlisement.
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Nouvelle année zéro pour le DMP
Un rapport remis à Roselyne Bachelot dessine les contours du futur dossier médical personnel.
PANORAMA DU MEDECIN du 5 mai 2008
Catherine Le Borgne
Le DMP est mort, vive le DMP. Nommée par Roselyne Ba chelot en décembre dernier pour proposer une relance du chantier du DMP, la mission Gagneux vient de rendre ses conclusions. Majoritairement applaudie par les syndicats médicaux de libéraux, cette « task force » préconise un plan de relance rapide en plusieurs points, étalé dans le temps, sur une période de dix ou vingt ans. La mission estime que le coût global du projet pour la période 2006-2012 devrait être de l´ordre de 900 millions d´euros, dont 190 à 250 millions prélevés sur la dotation Hôpital 2012 (80 mil lions ont déjà été dépensés). Enfin, le budget annuel du groupement d´intérêt public (GIP) du DMP, à périmètre constant, pourrait se situer aux environs de 100 millions d´euros à partir de 2009. Le ministère de la Santé fera connaître à la mi-mai les dispositions du plan qu´il reprend à son compte.
La mission préconise un redémarrage du chantier du DMP assez solennel, lors d´une « Journée de relance du DMP », réunissant tous les acteurs. S´ensuivrait le lancement d´une phase pilote et transitoire à caractère expérimental, permettant un « développement progressif des usages ». Il s´agit en effet pour la mission, d´« augmenter progressivement » l´intérêt à utiliser le dossier pour les professionnels de santé, qui doivent se réapproprier prioritairement l´outil. La confidentialité doit être certes, garantie, mais de manière à ce que « le régime de consentement protecteur des droits des patients soit non pénalisant pour l´usage du DMP », ajoute la mission.
Enfin, pour garantir le succès de cette relance, la « task force » envisage une nouvelle gouvernance à forte légitimité et préconise la création d´un « club des promoteurs de projets », ainsi que la mise en place d´un « séminaire de “baptême des projets pilotes” ». En guise d´instance de surveillance, l´équipe de Michel Gagneux envisage la création d´un comité de surveillance éthique des systèmes d´information tandis qu´une Agence pour le développement des systèmes d´information de santé partagés réunirait sous une même autorité, l´ensemble des « leviers stratégiques » du système du DMP.
Roselyne Bachelot a également confié au Comité national consultatif d´éthique une mission de réflexion sur les conditions du masquage des données de santé par le patient, dont la loi autorise une pratique « encadrée ».
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Un plan santé pour les départements d´Outre-mer
Lors de son déplacement ce week-end en Guyane, sur le thème de l´accès aux soins et de la prévention du sida, Roselyne Bachelot a annoncé le lancement d´un plan « Hôpital, santé, Outre-mer ». Ce plan sera décliné en sept axes. Il devra « concrétiser » les grands projets de chacun des départements d´Outre-mer, notamment le rayonnement du centre hospitalier régional de La Réunion dans l´océan Indien et la création du pôle de formation et de recherche en Guadeloupe et en Martinique. Il est également question de « développer une politique de ressources humaines dynamique pour les professionnels de santé exerçant dans les DOM » et de « rénover le dialogue social ».
La création de centres régionaux de télé-enseignement est envisagée pour « développer la formation initiale sur place et la formation permanente à distance ». Ce projet vise aussi à fidéliser les étudiants en médecine qui effectuent leur premier cycle dans les DOM. En matière de santé publique, ce plan devra renforcer le dispositif de lutte contre les conduites addictives et la transmission du VIH. Enfin, il est question de « valoriser les compétences acquises dans les Dom sur certains sujets spécifiques », notamment les maladies infectieuses et la télémédecine.
La ministre de la Santé a confié à la directrice de l´hospitalisation et de l´organisation des soins (Dhos) la constitution d´une mission sur ce plan. Celle-ci devra remettre « un programme précisant les objectifs à atteindre et les programmes à mettre en œuvre » autour de ces grandes orientations.
La ministre a profiter de sa venue en Guyane pour visiter le centre de protection maternelle et infantile et le centre médical de Maripasoula où elle a assisté à une démonstration de télémédecine avec le centre hospitalier de Cayenne. Sa visite s´est poursuivie au service des urgences de ce centre hospitalier et par une présentation du pôle de santé tropicale. La visite de la clinique Véronique, installée dans le chef lieu du département, a été l´occasion d´une nouvelle démonstration de télé radiologie. Enfin, lors de son voyage, Roselyne Bachelot a rencontré un grand nombre d´acteurs départementaux.
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La Fédération de la permanence des soins hospitalière menace d´une reprise du conflit
G.D.L
La reprise du conflit, qui avait été marqué par une grève des gardes en janvier dernier, est imminente du côté de la Fédération de la permanence des soins hospitalière (Fpsh). Contrairement à ce qu´elle avait annoncé la semaine dernière, la Fédération n´a finalement pas signé le relevé de conclusions sur l´organisation de la permanence des soins et l´amélioration des conditions de travail avec la Direction de l´hospitalisation et de l´organisation de la santé (Dhos). « Nous assistons à un blocage manifeste, à une absence de volonté d´aboutir, et à la preuve accablante que le ministère cherche à marginaliser la Fpsh et a définitivement choisi de privilégier les interlocuteurs classiques », fustige la Fédération d´urgentistes et d´anesthésistes-réanimateurs, qui envisage « une reprise du conflit ». Les syndicats visés par la Fpsh sont la Coordination médicale hospitalière (CMH) et le Syndicat national des médecins, chirurgiens, spécialistes et biologistes des hôpitaux publics (Snam-HP) qui, selon elle, « jouent le rôle de mauvais conseillers ».
Le dialogue avait repris depuis février entre la fédération qui regroupe les acteurs de la permanence des soins hospitalière et les pouvoirs publics. Mais si des « avancées théoriques notables sur la revalorisation de la permanence des soins, la prise en compte de la pénibilité du travail de nuit et de week-end, sa valorisation et la prise en compte du travail réalisé au-delà de la 39e heure » ont été notées, la Fpsh n´accepte pas que la phrase « Dans l´optique d´une négociation avec l´ensemble des acteurs concernés » soit notée dans le relevé de conclusions.
Le Smarnu (anesthésistes), le Snphar (anesthésistes), l´Amuf (urgentistes), Samu de France et le Symhospriv (médecins des hôpitaux privés), regroupés au sein de la nouvelle fédération, appellent le ministère à négocier avec la Fpsh es qualité et à respecter les résultats des élections médicales hospitalières de 2006. Faute de quoi, la grève des gardes reprendra, préviennent-ils.
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Enquête sur la formation médicale continue
Inquiet pour l´avenir du dispositif de formation médicale continue (voir article du 29 avril ci-dessous) que la ministre de la Santé veut revoir dans le cadre de la loi de modernisation de l´organisation de la santé examinée à l´automne prochain, le conseil national de formation continue des médecins libéraux (Cnfmcl) lance une « grande enquête nationale ». Le Cnfmcl demande aux médecins leur avis « pour faire avancer » l´évaluation des pratiques médicales (EPP) et la FMC.
Le questionnaire, ci-joint, est à retourner par mail à l´adresse suivante [Email] ou par fax au 01 43 37 38 95 avant le 26 mai 2008.
Enquête nationale sur la formattion médicale :
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Près de trois Français sur quatre opposés aux franchises médicales
Parmi les 14 mesures prises par Nicolas Sarkozy depuis son accession à la présidence, la création des franchises médicales est la mesure la plus impopulaire avec 72 % d´opinions défavorables, selon un sondage paru lundi dans Le Figaro. La réforme de la carte hospitalière ne recueille aussi que 37 % d´opinions favorables.
A l´inverse, la possibilité de pouvoir disposer plus vite de la participation aux bénéfices de son entreprise (84 % d´opinions favorables), la réforme des droits de succession (82%), l´instauration des peines planchers pour les récidivistes (80 %) et la défiscalisation des heures supplémentaires ( 73 %) sont des mesures plébiscitées.
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Les médicaments et les Français
Les Français champions de la surconsommation de médicaments
à lire sur : http://sante.nouvelobs.com/Site/Act...
Valérie Pécresse et les franchises médicales… Mensonges ? Incompétence ? Inconscience ? Janine Thombrau lui répond
à lire sur : http://pharmacritique.20minutes-blo...
Les prescriptions d’ezetimibe montent en flèche aux US, mais pas au Canada !
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JOSEPH Didier
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