Revue de presse du 05 Mai 2008
lundi 5 mai 2008 par JOSEPH Didier
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- GARDES MÉDICALES.— Malgré une réunion au ministère, mardi, les médecins ont cessé les gardes depuis hier, p1
- Le Conseil national des libéraux mène l’enquête, p1
- Les difficultés du CHU de Nantes, p1
- La 4e enquête de l’IGAS en quinze ans, p1
- Malgré les déclarations, les initiatives, les promesses, la santé reste un chantier, p1
- Valérie Boyer (UMP) : pas des réformes « gadget », p1
- Pascal Terrasse (PS) : une politique inefficace, incohérente et inquiétante, p1
- Ce président qui excite la glose des psys, p1
- Le Dr Piernick Cressard (Ordre) : Nicolas Sarkozy peut porter plainte, p1
- Pourquoi le bulletin de santé de novembre n’a pas été publié, p1
- Vente de médicaments en grande surface, Novelli est « plutôt ouvert », p1
- Mutuelle santé : 35% d’économie en choisissant de s’assurer autrement, p1
- Une Coop pour attirer un médecin, p1
- « Hôpital santé outremer », le plan de Roselyne Bachelot pour la Guyane, p1
- Le système de santé en France fait la fierté de ses habitants, p1
- Engendrer ou avorter - de la chair à la parole, p1
- Des cliniques pour les riches, des hôpitaux pour les pauvres…, p1
- Bientôt les sondes urinaires pour ne pas interrompre le travail ? Quand l’industrie pharmaceutique préconise le « lean management »…, p1
- Roselyne Bachelot se prononce sur la visite médicale et prône une certaine transparence tout en revisitant son CV. Les règles du métier ?, p1
- La députée Catherine Lemorton estime la hausse des franchises médicales probable. Que penser de sa proposition d’une « tutelle » des médecins par l’assurance-maladie et la HAS ?, p1
- Le médecin et le cordonnier, p1
- Pécresse va réformer la première année de médecine, p1
- Valérie Pécresse ment sur les franchises médicales lors d’un débat sur France 5, p1
- Les éditeurs de logiciels très inquiets devant les incertitudes du plan « Hôpital 2012 », p1
- La Relance du DMP… La Saga continue, p1
- Les vieux médicaments du futur, p1
- Les paradoxes de l’eau et de la pharmacie., p1
GARDES MÉDICALES.— Malgré une réunion au ministère, mardi, les médecins ont cessé les gardes depuis hier
La grève confirmée :Franck Meslin
Depuis hier, les médecins du département n’assurent plus les gar- des de nuit et du week-end. La réunion de mardi, au ministère de la Santé, avec les représentants syndicaux des médecins libéraux, un représentant de l’Ordre des médecins du Gers, de la Ddass et le préfet n’a pas permis de répondre aux attentes des médecins pour préserver une organisation « raisonnable » du système de garde.
lire la suite sur : http://www.sudouest.com/020508/reg_...
Quelle organisation pour la FMC obligatoire ?
Le Conseil national des libéraux mène l’enquête
Le Dr Bernard Ortolan, président du Conseil national de FMC des médecins libéraux, redoute que la formation continue soit confiée à la Haute Autorité de santé (HAS). Il lance une enquête nationale pour connaître les attentes des praticiens dans ce domaine.
INQUIET et à bout de patience. Le Dr Bernard Ortolan est las d’attendre le lancement de la formation médicale continue. Douze ans après les ordonnances Juppé qui rendaient la FMC obligatoire, Roselyne Bachelot vient de renvoyer le début du dispositif à la prochaine loi de modernisation de l’organisation de la santé, rebaptisée « Santé, patients et territoires ».
Cette décision est la goutte d’eau qui fait déborder un vase déjà bien plein. « Lors de sa dernière réunion, le Conseil national de FMC des médecins libéraux a décidé d’arrêter de rendre des avis d’agrément », affirme le président de cette instance, exaspéré par la tournure des événements. « Nous avons le sentiment d’être baladés », dit-il. Installés le 10 février 2004, les CNFMC vont bientôt arriver au terme de leur mandat. Et en dépit de leur action ces dernières années – ils ont notamment examiné plus de 300 dossiers d’agrément sur les 609 reçus –, ils redoutent de ne pas être reconduits dans leurs fonctions. « La ministre de la Santé souhaite simplifier le dispositif en supprimant les conseils régionaux de FMC. Et si la simplification extrême était la suppression des Conseils nationaux ? », s’inquiète le Dr Ortolan. Le président du CNFMC des libéraux craint par-dessus tout une « étatisation de la FMC » et la gestion du futur dispositif par la Haute Autorité de santé (HAS). Une hypothèse vraisemblable selon plusieurs experts du dossier… Roselyne Bachelot n’a jamais manifesté un grand enthousiasme pour la FMC depuis son arrivée avenue de Ségur. Quelques mois après sa prise de fonction, la ministre affirmait qu’elle allait « s’employer à résoudre le problème de formation continue des médecins ». « Pourquoi il y a ce taux de visites médicales, c’est parce que les médecins ont de vrais problèmes de formation médicale continue et d’évaluation des pratiques professionnelles et l’industrie pharmaceutique s’est engouffrée dans ce vide », commentait-elle en novembre dernier après la parution d’un rapport de l’IGAS sur l’emprise des laboratoires pharmaceutiques sur le corps médical. Elle a eu beau assurer quelques semaines plus tard devant la HAS que 2008 serait « l’année de la FMC », les spécialistes n’y croient plus. Le lancement d’une nouvelle enquête de l’IGAS sur les pistes de simplification de la FMC et de son financement, dont les conclusions sont attendues fin juin, n’est pas faite pour rassurer les représentants des conseils.
En quête de légitimité. Le gouvernement envisage-t-il oui ou non de confier la FMC à la HAS ? Le CNFMC des libéraux ne l’entend pas de cette oreille et lance une enquête nationale auprès des praticiens (1). « Nous ouvrons cette consultation nationale pour savoir ce que souhaitent les médecins en matière de FMC, d’EPP et de formation professionnelle conventionnelle (FPC) », indique le Dr Ortolan. Voici l’une des dix questions auxquelles pourront répondre les médecins : « Qui pourrait à votre avis être chargé du contrôle de la validation individuelle des obligations des médecins (FMC-EPP) ? Les CNFMC et/ou les CRFMC, l’assurance-maladie, la HAS, l’État, les Ordres ? » Le Dr Ortolan souhaite pouvoir s’appuyer sur une forte participation des médecins pour défendre les intérêts des CNFMC. « Nous comptons sur le CNOM, les associations, les universités, les syndicats et les CME pour nous soutenir », précise le Dr Ortolan qui espère recueillir 10 000 réponses. Les résultats de l’enquête seront annexés au rapport d’activité que vont rédiger les trois conseils et remettre à Roselyne Bachelot en juin.
Au ministère de la Santé, on assure n’avoir « rien de prêt dans les cartons » et attendre les conclusions du rapport de l’IGAS avant d’envisager toute réforme. « Tout le monde est conscient des difficultés de la FMC et on ne lance pas cette concertation pour faire disparaître qui que ce soit, mais pour que le dispositif soit plus efficace, confie-t-on avenue de Ségur. La HAS a une mission d’expertise scientifique et d’accompagnement scientifique de l’évaluation, mais n’a pas de mission d’organisation. La maîtrise d’ouvrage restera professionnelle et la validation du dispositif publique. » Interrogé par « le Quotidien », le directeur de la HAS indique que « la Haute Autorité, chargée de l’EPP, n’a pas de revendication spécifique sur l’ensemble du dispositif » de formation et d’évaluation. « L’essentiel, poursuit François Romaneix, est de définir des obligations claires et effectives, de simplifier le dispositif afin d’avoir un système plus cohérent que l’actuel. Le gouvernement lance une concertation et cette enquête de l’IGAS. Nous verrons ce qu’elles donneront. » Cette enquête de l’Inspection générale est la quatrième réalisée depuis 1993 (voir encadré). Ses conclusions, sur lesquelles devrait s’appuyer la ministre pour réformer la FMC, sont très attendues par l’ensemble des acteurs du dossier de la FMC.
> CHRISTOPHE GATTUSO
(1) Le questionnaire sera diffusé dans notre édition de demain et sur www.quotimed.fr.
Les présidents des trois conseils nationaux ne manquent pas de s’inquiéter
http://www.quotimed.com/journal/ind...
Les difficultés du CHU de Nantes
Pas de menaces sur l’emploi, affirme la direction
DANIEL MOINARD, ancien DG du CHU de Toulouse, va assurer l’intérim de la direction du CHU de Nantes pour trois mois. On sait que l’établissement connaît de graves difficultés, puisqu’il affiche pour 2007 un déficit de 31,5 millions et que son directeur, Pierre Gustin, a dû démissionner (voir « le Quotidien » du 30 avril).
Daniel Moinard se veut cependant rassurant. Notamment pour ce qui est de l’emploi. « Ce que nous allons faire, c’est gérer en bon père de famille », a-t-il annoncé. Première conséquence : la planification des projets de développement du CHU va être revue.
« Non, il n’y aura pas de plan social !, a-t-il poursuivi. Je le dis de la manière la plus solennelle. Nous allons maintenir l’effectif, y compris celui des contractuels. Nous partons du principe que nous allons augmenter l’activité. Pour que cela soit possible, il nous faut donc conserver le même niveau d’effectif. » Et cela, malgré l’augmentation du personnel en 2007, responsable de la dégradation de la situation financière, puisqu’elle s’est doublée d’une baisse de l’activité. « En 2007, le personnel a atteint 70% du budget, ce qui est très important », souligne Daniel Moinard.
Le conseil d’administration du 28 avril a voté un budget 2008 qui se base sur un gel du déficit. « Donc sur un gel de l’effectif », justifie le nouveau directeur.
À la question de savoir si le personnel sera en mesure de répondre à une augmentation de l’activité, ce qui signifie, pour Daniel Moinard, « mieux organiser les structures pour être plus attractif, augmenter les plages horaires des consultations externes (…) », alors que les syndicats se plaignent d’une pénibilité croissante, le nouveau patron répond qu’il va demander un audit sur la gestion du personnel… « Le niveau de personnel doit être suffisant puisqu’un recrutement important a été effectué pour une activité qui n’a pas été au rendez-vous », souligne-t-il.
« Quatre-vingt-cinq pour cent de la chirurgie réalisée localement est le fait du secteur privé, précise Daniel Moinard. Ce qui montre bien qu’il existe une marge. L’arrivée de la tarification à l’activité a été un choc culturel pour l’hospitalisation publique. Il est essentiel que le CHU tienne compte des activités de référence, mais aussi de l’activité de proximité. Pour cela, il va falloir améliorer l’organisation du plateau technique ; des marges de productivité sont à réaliser. Nous devons également favoriser les relations avec les médecins traitants… »
Autre priorité : le financement des missions d’intérêt général. Daniel Moinard affirme être déjà en négociation sur ce point avec l’agence régionale de l’hospitalisation pour augmenter leur financement de manière « significative ».
Priorités. « L’objectif est de faire entrer davantage de recettes dans les caisses du CHU », dit clairement Daniel Moinard. Pour lui, il en va de l’avenir de l’établissement. « Le CHU de Nantes a une capacité d’autofinancement aujourd’hui négative. Il n’est donc plus en capacité de développer ses propres investissements. Pourtant, les CHU ont un besoin d’adaptation permanent. Il doit retrouver sa capacité financière, sans laquelle il ne pourra émarger au plan Hôpital 2012. » L’établissement qui avait prévu un milliard d’euros d’investissements va donc devoir, selon l’actuel directeur général, « faire ressortir ses priorités essentielles ». « Nous n’avons pas un milliard de priorités », souligne le nouveau directeur.
A priori, il n’est pas question de remettre en cause le projet de l’île de Nantes imaginé pour redessiner l’offre hospitalière en tenant compte de l’éclatement des sites (huit aujourd’hui) et des déplacements urbains sur une agglomération en forte croissance depuis ces dernières années.
> DE NOTRE CORRESPONDANT > OLIVIER QUARANTE
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La 4e enquête de l’IGAS en quinze ans
L’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) planchera pour la quatrième fois sur le dispositif de formation médicale continue depuis 1993. La signature par Roselyne Bachelot de la lettre de mission aux inspecteurs est imminente. La ministre de la Santé souhaite que l’IGAS réfléchisse aux moyens de simplifier le dispositif de FMC, d’EPP et de formation professionnelle conventionnelle (FPC). L’IGAS va également proposer des pistes d’élargissement des sources de financement. L’IGAS a déjà rendu trois rapports sur la FMC depuis un premier « audit du dispositif de la FMC des médecins libéraux » en juin 1993, demandé par l’Union nationale des associations de formation médicale continue (UNAFORMEC). En 1998, un deuxième rapport déplorait la « mise en oeuvre difficile de la FMC obligatoire » et exposait plusieurs scénarios possibles d’organisation du dispositif. Les choses n’étaient visiblement pas plus claires huit ans plus tard puisque, en janvier 2006, l’IGAS publiait un nouveau brûlot sur l’organisation juridique, administrative et financière de la FMC. Il dénonçait des « conflits d’intérêts » dans la gestion du système de FMC, une articulation « floue » avec l’EPP, « l’absence de pilotage efficace » du dispositif, ainsi que des financements principaux « opaques »… Faut-il s’attendre à un état des lieux moins accablant à peine deux ans plus tard ?
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Malgré les déclarations, les initiatives, les promesses, la santé reste un chantier
Il y aura un an demain, Nicolas Sarkozy remportait largement le second tour de l’élection présidentielle. La campagne électorale, parfois rude, avait accordé une large place aux problèmes de santé et de protection sociale. Qu’en est-il un an après ? Le bilan est mitigé. Car si le président a fait bouger les choses par ses déclarations et certaines de ses initiatives, bien peu de réformes sont en chantier. La personnalité du chef de l’Etat ne laisse pas indifférent.
Ce que confirment les multiples commentaires de journalistes, de psychanalystes, voire de psychiatres, qui n’hésitent pas, parfois, à porter des diagnostics. Ce que l’Ordre des médecins juge inadmissible.
Un an après l’arrivée de Nicolas Sarkozy à l’Élysée, les réformes annoncées en matière de santé et de protection sociale n’ont guère avancé. Certes, le système des franchises, très contesté par l’opinion, est entré en vigueur, mais c’est à peu près tout. Pour le reste, qu’il s’agisse de l’hôpital, de la médecine libérale, du financement de l’assurance-maladie ou de la révolution annoncée des agences régionales de santé, on est prié d’attendre l’automne ou même 2009. Le mérite du président aura cependant été de faire bouger les choses.
ÉTATS GÉNÉRAUX de l’organisation de la santé, rapport Larcher, rapport Ritter, rapport Flajolet : les initiatives n’ont pas manqué pour tenter de réformer et mettre en place une nouvelle politique de santé. Pour autant, un an après l’arrivée de Nicolas Sarkozy à l’Élysée, et malgré les promesses de campagne et les déclarations du président (discours de Dunkerque, de Bordeaux, de Neufchâteau…), le bilan est bien mince.
Certes, on portera au crédit du chef de l’État sa volonté affirmée, lors de son déplacement à Nice, de lancer un plan pour la prévention et la recherche de la maladie d’Alzheimer par un financement assuré partiellement par les franchises médicales – ce qui ne manque pas d’alimenter la controverse et la polémique, alors même que les associations de patients se demandent où se trouvent ces crédits –, mais, pour le reste, on est prié d’attendre l’automne et la fameuse loi « Santé, patients et territoires » ou le projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2009, voire le début de l’année prochaine pour le texte sur la réforme du financement.
Mais, à l’inverse, on aurait tort de trop se moquer comme ne manquent pas de le faire certains commentateurs.
Le mérite du président et de son conseiller, Raymond Soubie (tout se décide, on le sait, à l’Élysée) aura été de faire bouger les choses. En posant clairement le problème de la liberté d’installation des médecins et de la démographie médicale, le chef de l’État – même s’il a nuancé ses propos devant la fronde des jeunes médecins et des internes – a ouvert un débat qui s’est traduit par la réunion des états généraux ; en mettant l’accent sur les difficultés de l’hôpital, il a permis que soit envisagée toute une série de réformes qui concernent aussi bien les établissements de soins que la permanence des soins ou plus largement l’accès aux soins, et notamment la mise en place des fameuses agences régionales de santé, dont on redoute cependant qu’elles soient des usines à gaz ; en mettant en avant les difficultés de financement de l’assurance-maladie, il a posé les problèmes explosifs d’une réforme du financement, mais surtout de la prise en charge (les polémiques sur l’optique, sur la réforme des ALD, sur les transferts de charge sont à cet égard significatifs).
Nicolas Sarkozy ne peut donc être accusé d’immobilisme total en matière de santé et de protection sociale. Peu de présidents, reconnaissons-le honnêtement, auront au cours de leur première année de mandat pris autant en compte ce problème de santé et de protection sociale. Comment se fait-il dès lors que bien des observateurs, même ceux qui soutiennent le président, aient l’impression du contraire ? Sans doute parce que les volontés de réforme du chef de l’État sont pour l’instant restées sans suite ; surtout parce qu’il ne suffit pas de faire dans l’incantatoire pour persuader. La santé reste encore un vaste chantier, et l’essentiel reste à faire. Rude tâche sans doute alors que la situation économique de la France s’annonce plus que délicate pour les prochains mois et que les sondages d’opinion se multiplient, qui disent la déception des Français un an après l’élection triomphale du 6 mai 2007. Même les médecins libéraux (voir « le Quotidien » du 28 février 2008) ont lâché Nicolas Sarkozy.
L’an II du président commence mal.
> J. D.
Le Président avec des infirmières à l’hôpital de Neufchateau
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Valérie Boyer (UMP) : pas des réformes « gadget »
Députée des Bouches-du-Rhône, secrétaire nationale de l’UMP à la santé, Valérie Boyer juge que les réformes de fond (hôpital, ARS…) ont été engagées.
LE QUOTIDIEN – Un an après l’élection de Nicolas Sarkozy, quel bilan d’étape dressez-vous sur la santé et l’assurance- maladie ?
VALÉRIE BOYER – C’est d’abord une grosse année de travail, de réflexion, d’impulsion et de mise en chantier des réformes de santé : plusieurs rapports – Ritter, Larcher… – nous permettent de préparer les changements de fond, structurels, qui sont inscrits dans la feuille de route présidentielle. Le calendrier a été tenu. On attend un texte majeur sur l’organisation du système de santé avec de nombreux volets : ARS [agences régionales de santé], accès aux soins, hôpital. Ce sera aussi une refonte d’envergure des missions des administrations de la santé. Tout cela exigeait un travail préalable d’expertise et une large concertation.
D’autres dispositions pas simples à porter ont été mises en oeuvre rapidement conformément aux engagements de campagne. En appliquant les franchises médicales, pourtant impopulaires, le gouvernement a assumé une mesure douloureuse mais nécessaire pour expliquer aux Français que la santé a un coût et pour financer surtout de nouveaux besoins de santé comme la maladie d’Alzheimer. On a trop longtemps vécu dans le fantasme de la santé gratuite. Le président de la République a aussi donné l’impulsion forte que mérite la prise en charge des pathologies du vieillissement.
Sur quelques dossiers, enfin, lorsque les esprits n’étaient pas prêts, par exemple sur l’évolution de la liberté d’installation, le gouvernement a écouté et tiré les leçons : pour la première fois, la ministre a associé les syndicats d’étudiants afin de reposer le débat calmement.
Les réformes les plus lourdes – nouvelles recettes de la protection sociale, nouvelle frontière entre solidarité nationale et responsabilité individuelle, refonte des ALD – sont au menu des prochains mois. De ce point de vue, il n’y a pas eu de rupture libérale en un an…
Ces débats viendront sans doute au deuxième semestre 2008. Tout est lié. Le chantier de la santé et de la protection sociale est tellement vaste qu’il faut aussi garder du souffle pour les quatre années qui restent. Mais le prochain PLFSS sera passionnant.
Certains professionnels de santé ont été déstabilisés par la multiplicité des annonces ou des projets de réforme. N’aurait-il pas fallu davantage de hiérarchie dans un secteur aussi sensible ?
Si on avait traité uniquement tel ou tel problème, on aurait été accusé de prendre les choses par le petit bout de la lorgnette ! Là, c’est vrai, le président de la République a voulu s’attaquer à tous les sujets même si son action s’inscrit dans le cadre d’un programme sur cinq ans. Cela était indispensable. Nous n’avions pas les moyens de faire autrement. Il fallait beaucoup de courage politique et de lucidité pour procéder de cette façon, sachant que c’est difficile et sans doute douloureux. Désormais, tout le monde a conscience de l’ampleur de la tâche, y compris les professions de santé. Parce que la santé est un bien partagé par tous, c’est une matière encore plus délicate que le reste.
Le dossier médical personnel est complètement enlisé. N’est-ce pas un aveu d’échec ?
Un nouveau calendrier a été fixé. Roselyne Bachelot a repris le problème à bras-le-corps justement parce que le dossier était enlisé.
Concernant la médecine de ville, le cap a été mis sur les transferts de tâches, les regroupements, l’évolution des modes de rémunération… La nouveauté c’est la réforme au long cours plutôt que des mesures spectaculaires ?
Je ne vais pas vous dire qu’on a fait des réformes « gadget » ! La médecine de ville sera aussi traitée via les ARS, on va accompagner progressivement l’évolution de l’exercice, la démographie des professions de santé… J’ai le sentiment que les professionnels de santé de ville ont des revendications moins catégorielles qu’auparavant et plus « transversales », ce qui est un vrai progrès. Les médecins, les infirmières ont conscience de faire partie d’un tout. Les professionnels qui innovent, qui participent à des expérimentations savent que certains changements peuvent prendre du temps. Regardez le travail sur les réseaux : dès lors qu’on ne s’est pas trompé sur le diagnostic, il faut au moins trois ou quatre ans pour qu’un réseau fonctionne.
> PROPOS RECUEILLIS PAR CYRILLE DUPUIS
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Pascal Terrasse (PS) : une politique inefficace, incohérente et inquiétante
Secrétaire national du Parti socialiste à la santé, Pascal Terrasse donne sans surprise un « zéro pointé » à Nicolas Sarkozy pour sa première année de mandat.
LE QUOTIDIEN – Un an après l’élection de Nicolas Sarkozy, son action en matière de santé va-t-elle dans le bon sens ?
PASCAL TERRASSE – Il est toujours très difficile de faire l’évaluation d’une action politique au terme d’une seule année de responsabilités. La politique sanitaire et médico-sociale du gouvernement conjugue à la fois désenchantement des professionnels et mécontentement des patients.
Elle est inefficace sur le plan sanitaire, incohérente sur les choix politiques et inquiétante sur le plan financier.
Avez-vous des exemples ?
Les franchises, par exemple, sont un outil qui ne répond pas aux exigences de santé publique. De plus en plus de patients renoncent à se faire soigner, à cause du coût financier des soins. Et on pourrait parler sur le même sujet de l’augmentation des restes à charge pour tous les patients et de la poursuite des déremboursements de médicaments.
Ensuite, on nous dit qu’il y a des déserts médicaux et qu’il faut revenir sur la liberté d’installation. Il y a eu de grosses manifestations et le gouvernement a reculé. On nous dit aussi qu’il faudrait revoir le mode de remboursement des frais d’optique : là, c’est la ministre elle-même qui est revenue sur cette décision, un pas en avant, un pas en arrière. Enfin, nous avons de grandes inquiétudes sur le plan financier. Les comptes de l’assurance-maladie ne sont pas stabilisés, alors qu’on nous l’avait promis. À ce sujet, je suis intimement convaincu qu’au mois d’août prochain il y aura une augmentation de la CRDS (contribution au remboursement de la dette sociale), pour des raisons d’euro-compatibilité. Le ministre du Budget ne veut pas le dire pour le moment, mais à Bercy, on sait qu’on n’aura pas le choix.
Il y a quand même des dossiers qui avancent, comme les futures ARS. Est-ce que ça ne va pas dans le bon sens ?
Si les ARS sont là pour donner plus de souplesse, de lisibilité et de proximité aux régions, je n’y vois que des avantages. Si elles sont là pour mieux coordonner les secteurs sanitaire, ambulatoire et médico-social, je n’y vois aussi que des avantages. Mais s’il s’agit de transférer, comme je le crains, les inconséquences, le centralisme, la technocratie sanitaire de Paris vers les régions, ça n’a pas de sens.
On pourrait aussi mentionner la réforme de l’hôpital. Ne fallait-il pas s’y attaquer ?
Sur l’hôpital, il est clair que l’objectif est de s’engager, dans l’esprit du rapport Vallancien, sur la fermeture d’une centaine d’hôpitaux de proximité, par l’asphyxie financière ou par le non-remplacement des PH ou des libéraux qui y travaillent. Cela va renforcer encore les déserts médicaux.
Les EGOS n’ont-ils pas eu au moins le mérite de poser un certain nombre de problèmes sur la table ?
Oui, mais il y en a déjà eu dans le passé, notamment avec Bernard Kouchner. Ce que je reproche aux EGOS, c’est qu’ils se sont déroulés dans une mauvaise période, électorale. Ils se sont déroulés trop rapidement et ont été trop centralisés. On a certes mis les professionnels autour de la table, mais essentiellement ceux qui vivent à Paris. Mais les Français et les élus locaux n’ont pas été consultés.
Un très grand nombre de chantiers sont en cours en matière de santé. Nicolas Sarkozy ne répond-il pas à une réelle urgence ?
En effet, parce que tout ce qui a été fait ces six dernières années a été lamentable, il fallait donc agir. Le problème est que la ministre de la Santé n’a pas les coudées franches car elle ne maîtrise pas le budget de la protection sociale, qui est à Bercy. Je ne pense donc pas qu’on puisse attendre du gouvernement actuel une vraie réforme de la santé. Nous aurons une réforme à caractère financier car c’est Bercy qui va faire les arbitrages. Nous aurons donc une réforme à la calculette et non une réforme qui réponde à des exigences d’égal accès aux soins pour tous. Roselyne Bachelot nous promet sa réforme SPT (santé, patients, territoires), nous aurons une réforme SPT, comme sacrifices, pauvreté et traumatismes.
Quelle note donneriez-vous à Nicolas Sarkozy sur la santé ?
Si on doit l’évaluer sur un an, ça serait plutôt zéro pointé. Mais il faut encore lui laisser un an ou deux pour pouvoir tirer réellement une conclusion de son action. Je l’épargne donc pour le moment, au bénéfice du doute. Mais Nicolas Sarkozy est dans une logique très doctrinaire, il a grillé beaucoup de cartouches, notamment avec son paquet fiscal de 15 milliards d’euros, ce qui représente 0,7 % du PIB. Je vous rappelle que, pour rééquilibrer les comptes de la santé, on n’aurait besoin que de 4 % du PIB.
> PROPOS RECUEILLIS PAR HENRI DE SAINT ROMAN
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Ce président qui excite la glose des psys
La personnalité de Nicolas Sarkozy suscite un déferlement de livres, d’articles et de colloques sans précédent, en France, mais aussi à l’étranger. Aux allégations des journalistes et aux interprétations des psychanalystes se mêlent les diagnostics que des psychiatres portent sur la place publique, ou dans le cadre de séminaires universitaires.
« SARKOZY a-t-il toute sa tête ? » C’est le « Washington Post » qui pose la question dans son édition du 15 février, soulignant qu’« elle bruisse dans la France entière ». La presse internationale est à l’avenant. « La Sarkologie est un sujet de conversation autant dans les bars que dans les espaces académiques oules séminaires psychiatriques », écrit le deuxième quotidien espagnol « El Mundo », qui titre sur « la surestimation phallique deS. ». Autre journal ibérique, « El Païs », sous la manchette « Sarkozy, c’est fini » (en français), affirme que le chef de l’État est malade : « L’infirmité dont souffre Sarkozy n’a pas la gravité du cancer de la prostate de Mitterrand, mais elle affecte cet organe vital qu’est l’ego, et qui souffre d’une hypertrophie probablement irréversible. »
La rumeur psy gagne les cénacles médicaux. De retour d’un congrès européen de psychiatrie qui s’est tenu à Munich, le Pr Frédéric Rouillon s’émeut : « Avec mes collègues français, nous n’avons cessé d’être interpellés pendant les pauses par nos collègues anglais, allemands ou italiens, toujours sur le même thème : “Alors, votre président, ce qui se dit est-il vrai, est-il crazy ?” »
Une société de psychopathes. En France, des psychiatres n’hésitent pas à s’emparer du sujet Sarkozy. Dans « Un président chez le psy »(éditions Scali), le psychiatre-psychanalyste Pierre Lembeye écrit que « les Français auraient élu comme président une personnalité vraisemblablement psychopathe, qui n’aurait jamais pensé à autre chose qu’à lui et à ses billes, depuis celles avec lesquelles il jouait enfant, au parc Monceau. Un homme impulsif, ne s’intéressant qu’à lui. » Il évoque « la dissolution du Surmoi présidentiel, la jet-setisation du chef, son infantilisme, son acculturation profonde qui lui a fait préférer Mickey Mouse à Michel-Ange au Louvre ». Le Dr Lembeye s’en tient cependant à une démarche surtout littéraire, dans le sillage de Norman Mailer et de sa thèse sur l’avènement d’une société de psychopathes.
Beaucoup plus incisif est le Dr Serge Hefez. Dans « Libération » et « Marianne », le psychiatre distille sa « petite leçon » sur « le pervers narcissique » qu’est selon lui le président de la République. Il recense les situations cliniques de « déni, de jouissance du sous-entendu, d’amour de la traîtrise » qui lui permettent de poser un diagnostic sur « sa mégalomanie, son narcissisme, voire sa paranoïa ». Et de stigmatiser « le pervers narcissique et ses complices ».
Un séminaire a même été consacré à « Sarkozy, le symptôme ». Son organisateur, le psychiatre et psychanalyste Hervé Hubert, explique qu’il a étudié le cas présidentiel dans deux ouvrages : « Témoignage », un livre publié par l’intéressé (XO Éditions) et « Un pouvoir nommé désir », signé de la journaliste Catherine Ney (Grasset). Revenant sur le « Casse toi, pauvre con ! » proféré au Salon de l’Agriculture, ou sur « le remplacement de Cécilia par Carla comme marqueur de jouissance », le Dr Hubert va jusqu’à présenter Nicolas Sarkozy comme « une personnalité pathologique, dangereuse ».
Évidemment, les psychanalystes ne sont pas en reste. Auteur des « Hommes politiques sur le divan » (Calmann-Lévy), Jean-Pierre Winter note que « Nicolas Sarkozy personnalise complètement l’action gouvernementale, qu’il se substitue à tout le monde, qu’il fait preuve d’une certaine ubiquité. On peut prendre les choses soit du côté d’une espèce d’hypernarcissisme, mais cela serait un peu de la psychologie sans grand intérêt, soit il pense qu’il y a besoin d’un chef. Et ce qu’il faut alors interroger, c’est l’idée qu’il se fait d’un chef. Or, dans une démocratie, un chef, c’est d’abord quelqu’un qui a une grande capacité à déléguer. Et, là, il y a effectivement un problème. »
Sur Internet, blogs et forums foisonnent sur le sujet Sarkozy et les psys. Les médias s’en emparent. Sur le registre de l’anthologie, « le Monde » publie une pleine page titrée « Sarkozy couché de force sur le divan » (26 mars).
Sur un mode franchement polémiste, Jean-François Kahn ne regrette pas, quant à lui, d’avoir donné le signal à cette curée , avec le numéro de « Marianne » publié entre les deux tours de la présidentielle, sur « le vrai Sarkozy ». « Je suis plutôt fier d’avoir dit à l’époque des choses qui aujourd’hui me semblent essentielles, commente-t-il. Tout ce qui s’est passé depuis un an montre que, quelque part, il a un grain. J’ai dit qu’il était fou quelque part, précise-t-il, je n’ai pas dit qu’il fallait le mettre à Charenton tout de suite ! »
> CHRISTIAN DELAHAYE
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Le Dr Piernick Cressard (Ordre) : Nicolas Sarkozy peut porter plainte
Membre de la section éthique et déontologie au Conseil national de l’Ordre des médecins, le Dr Piernick Cressard qualifie d’« inadmissibles » les diagnostics portés médiatiquement par des psychiatres sur le président. Et il invite Nicolas Sarkozy à porter plainte devant une chambre disciplinaire de l’Ordre pour que soient condamnés ces « confrères parjures au serment d’Hippocrate ».
LUI-MÊME neuropsychiatre, le Dr Cressard fustige avec véhémence les confrères qui se livrent au sujet du président de la République à des « diagnostics d’omnibus portés à la volée. Sur le plan éthique, c’est inadmissible, s’écrie-t-il. Sur le plan humain, c’est déplorable. Sur le plan de l’exercice de la psychiatrie, c’est décrédibilisant et dépourvu du moindre sérieux. »
« Malheureusement, explique l’ancien président de la section éthique et déontologie du CNOM, nos statuts ne nous permettent pas d’engager de notre chef des poursuites contre ces praticiens. Je suggère donc à M.Sarkozy de porter plainte par l’intermédiaire d’un avocat devant une chambre disciplinaire de l’Ordre. Les fautifs seront condamnés selon les sanctions prévues par le code de déontologie, qui vont de l’avertissement à la radiation, en passant par le blâme et la suspension. »
Car, pour le Dr Cressard, les faits sont caractérisés : « Ces confrères sont parjures au serment d’Hippocrate dans la mesure où ils se sont engagés à taire à tout jamais non seulement ce qu’ils ont vu ou entendu, mais aussi ce qu’ils ont compris. Ces praticiens sont d’autant moins excusables que leurs motivations procèdent essentiellement de leur envie de se produire à la télévision. »
Contacté par « le Quotidien », le conseiller communication-presse de l’Elysée, Franck Louvrier, prend note de la réaction ordinale. La question d’une plainte déposée par le président est, nous dit-il, « à l’étude ».
À propos de relations entre les médecins et les présidents, le Dr Cressard fait encore référence à deux précédents : « Dans le cas du président Paul Deschanel, qui fut invalidé en 1920 par un jury composé de trois médecins, il faut se rappeler qu’aucun diagnostic n’avait été rendu public à l’époque, le communiqué officiel faisant seulement état d’une inaptitude à l’exercice de la fonction. En ce qui concerne le médecin de François Mitterrand, le DrClaude Gubler, il avait choisi de divulguer des informations en violation du secret médical. Or, dans le cas des médecins qui publient des diagnostics sur Nicolas Sarkozy, il ne s’agit pas d’information, mais de ragots, et de ragots plus méchants encore que bêtes. »
Mélange des genres. La sévérité du membre du Conseil national est partagée par les responsables syndicaux interrogés par « le Quotidien ». Président du Syndicat des psychiatres français (SPF), le Dr Pierre Stael fustige des « manquements déontologiques dégoûtants, inadmissibles, scandaleux, qui procèdent d’un mélange des genres et d’une curée malsaine ».
Secrétaire général du SPEP (Syndicat des psychiatres d’exercice public), le Dr Gérard Milleret, tout en considérant que « le cas de Nicolas Sarkozy, avec son agitation incessante et sa poursuite frénétique des choses, prête à commentaire psychologique », estime qu’« un psychiatre qui ne dispose que de bribes d’actualité ne saurait avoir l’objectivité requise pour étayer son avis et encore moins pour le rendre public. Il n’a ni les moyens ni le droit d’une démarche intrusive bien imprudente ».
Devant ce qu’il faut bien regarder comme un emballement médiatique, le Pr Michel Lejoyeux, auteur d’« Overdose d’infos, guérir des névroses médiatiques » (Seuil), souligne que « la machine à produire de la rumeur fonctionne à fond, selon un mécanisme d’autoalimentation bien connu : la rumeur crée la rumeur qu’elle consomme. D’où la multiplication des interventions sur le sujet, en particulier via Internet ». Pour le professeur de Paris-VII, il convient cependant de bien différencier les intervenants : « Que les psychanalystes se piquent d’interprétation sur n’importe qui, après tout c’est dans leur rôle et Freud lui-même a donné ses lettres de noblesse à l’application de la démarche psychanalytique à l’univers social. Toute autre est l’élucubration d’un psychiatre qui prétend s’abriter derrière sa science médicale pour se livrer à des assertions de dîners en ville et de propos de comptoir. Là, il y a dérapage. C’est d’autant plus gênant qu’ils emploient sur la place publique des termes psychiatriques qui stigmatisent. Au bout du compte, ce sont nos patients qui sont victimes de ces diagnostics de télévision, puisque leurs pathologies, dans leurs énoncés, se trouvent employées sur le mode de l’insulte. »
En effet, confirme le Pr Michel Rouillon (Paris-V), « ces psychiatres manquent de respect pour nos malades et ils déshonorent notre discipline. La psychiatrie est trop sérieuse pour qu’on tolère qu’elle soit dévoyée ainsi. Pour ma part, je me garderai de toute analyse psychopathologique sur un patient sans m’être entretenu au moins une heure et demie avec lui. Car, à la différence de ceux qui sont posés dans les autres spécialités, nos diagnostics s’appuient sur une approche dimensionnelle plus que catégorielle : en psychopathologie, c’est le degré, le franchissement d’un certain seuil qui permet d’attester de l’existence du trouble. Quels que soient les traits de comportement du président, son caractère impulsif, ou des épisodes comme celui du SMS (envoyé ou non à son ex-épouse), aucun de ceux qui s’expriment sur son cas ne sont donc à même de prononcer un diagnostic psychiatrique autorisé ». Et le Pr Rouillon de rappeler que, devant l’histoire, même des dossiers classés comme celui de Louis II de Bavière ou de Camille Claudel continuent de faire l’objet de conjecture et de débats. De quoi inviter à la plus grande circonspection toute prise de parole psychiatrique.
> CH. D.
Peu de chefs d’Etat auront suscité un tel déferlement
http://www.quotimed.com/journal/ind...
Pourquoi le bulletin de santé de novembre n’a pas été publié
MÉDECIN traitant du président de la République, le Dr Jean-Élie Henry-Mamou, généraliste-consultant depuis 1973 à l’hôpital du Perpétuel-Secours (Levallois-Perret), avait annoncé au « Quotidien » qu’après le premier bulletin de santé publié le 11 mai 2007, cinq jours après le deuxième tour, allait suivre un nouveau bulletin, dès le mois de novembre. Une communication conforme aux promesses présidentielles. « Si je suis élu, avait dit Nicolas Sarkozy sur Canal +, je m’engage à publier un bulletin de santé dès mon entrée en fonction, deux fois par an ensuite et plus si l’évolution de mon état de santé devait le justifier. » Le premier engagement a bien été tenu (« le Quotidien » du 29 mai 2007), pas le deuxième. Pourtant, tous les examens, prélèvements et analyses adhoc avaient bien été réalisés et le bulletin de santé était prêt à être diffusé. Mais survint la publication dans les médias d’une information non officielle : le président avait été admis le 21 octobre à l’hôpital militaire du Val-de-Grâce, pour y soigner un abcès-phlegmon que les deux médecins du service de santé attachés à l’Élysée n’avaient pu traiter. « Sarkozy hospitalisé en secret », titrèrent alors les médias, à l’instar du « Journal du dimanche ». L’affaire, pour bénigne qu’elle était, suscita des commentaires sévères sur le non-respect de l’engagement de transparence en matière de santé. Et elle provoqua l’ire présidentielle. Furieux de lire des informations qu’il aurait voulu garder dans le cadre privé, Nicolas Sarkozy prit la décision de ne pas publier son deuxième bulletin de santé, lequel n’attendait plus que son nihil obstat.
Un an après l’élection, une nouvelle batterie d’investigations médicales et biologiques a été réalisée. Et c’est Pierre Charon qui doit rendre public cette semaine le communiqué officiel sur l’excellente santé de Nicolas Sarkozy.
Visiblement, fidèle à une vieille tradition d’omerta en matière de santé du chef de l’État, l’Élysée n’est pas disposé à jouer la plus totale transparence en matière de santé. Ainsi, « le Quotidien » a réitéré à de nombreuses reprises des demandes concernant le fonctionnement du dispositif médical de la présidence. Après s’être fait communiquer les articles publiés sur ce sujet sous les mandats de Jacques Chirac, le service communication-presse a fini par opposer à notre demande une fin de non-recevoir.
> CH. D.
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Vente de médicaments en grande surface, Novelli est « plutôt ouvert »
(Par Pierre MELQUIOT)
Vente de médicaments en grande surface, Novelli est « plutôt ouvert »
Vente de médicaments en grande surface, Novelli est « plutôt ouvert ». Hervé Novelli s’est en effet dit « plutôt ouvert » à la vente hors pharmacie de certains médicaments, ce qui ne devrait pas manquer d’ajouter de l’eau au moulin de la chaîne de grande distribution Leclerc, engagée sur ce créneau depuis quelques semaines…
lire la suite sur : http://www.actualites-news-environn...
Mutuelle santé : 35% d’économie en choisissant de s’assurer autrement
Par assureo
à lire ici : http://www.presse-fr.com/200810753/...
La grande séduction à Saint-Isidore
Une Coop pour attirer un médecin
Sylvain Daignault
Il n’y a pas que les résidants des villages lointains de la Côte-Nord qui font des pieds et des mains pour attirer des médecins. Des résidants de Saint-Isidore lancent l’idée de créer une Coop Solidarité Santé chez-eux afin de remplacer leur médecin qui prendra sa retraite sous peu.
Président de cette Coop, René Dubuc explique la situation qui a menée à cette idée. « Notre médecin, Jacques Palardy, est âgé de 74 ans et prendra sa retraite sou peu…
lire la suite sur : http://www.hebdos.net/lsc/edition19...
« Hôpital santé outremer », le plan de Roselyne Bachelot pour la Guyane
Par Pierre MELQUIOT
Le plan « Hôpital santé outremer » doit permettre « de garantir la pratique d’une médecine de pointe, exigeante, ambitieuse et efficiente, à travers sept axes principaux », a estimé la ministre de la santé en visite en Guyane.
La ministre de la santé Roselyne Bachelot, en visite Guyane, a lancé le plan « hôpital santé outremer ». Le plan « hôpital santé outremer » doit permettre de décliner la réforme de l’hôpital engagée par le gouvernement dans les départements d’Outre-mer. Selon le ministère, ce plan « hôpital santé outremer » doit aussi permettre de valoriser les spécificités des DOM par des actions à la carte.
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Le système de santé en France fait la fierté de ses habitants
à lire sur : http://www.ledevoir.com/2008/05/03/...
Engendrer ou avorter - de la chair à la parole
par serge cannasse
à lire sur : http://www.carnetsdesante.fr/spip.p...
Des cliniques pour les riches, des hôpitaux pour les pauvres…
à lire sur : http://www.hebdos.net/lsv/edition19...
Bientôt les sondes urinaires pour ne pas interrompre le travail ? Quand l’industrie pharmaceutique préconise le « lean management »…
à lire sur : http://pharmacritique.20minutes-blo...
Roselyne Bachelot se prononce sur la visite médicale et prône une certaine transparence tout en revisitant son CV. Les règles du métier ?
Dans la note concernant le rapport de Catherine Lemorton, je mentionnais le fait, relevé par le Figaro, qu’elle est pharmacienne et ménage sa corporation. Source de conflits d’intérêts. Mais nous avons un exemple bien plus parlant et plus révélateur de la représentation de l’intérêt général et des intérêts privés… Remarquez au passage que les media de pub de l’industrie pharmaceutique savent à qui s’adresser pour parler de la visite médicale… Que trouve-t-on dans le numéro de février 2008 du journal PHARMAnetwork ? Un entretien avec Roselyne Bachelot, intitulé "Le métier de visiteur médical doit évoluer." Dit comme ça… Mais que lit-on sous la plume de certains méchants détracteurs ? Ainsi dans cette note de 2002 du site Dissident Media : « La vie de Roselyne Bachelot ressemble parfois à une jolie légende. Née le 24 décembre 1946 "à minuit", à Angers, fille de chirurgiens-dentistes, elle fait des études de médecine, se marie, interrompt ses études, devient visiteuse médicale. Entrée au RPR dès sa création, en 1976, elle démarre sa carrière politique à l’âge de 30 ans, sous l’il de son père, l’ancien député gaulliste Jean Narquin. Ses ennemis politiques critiqueront dès lors la "fille à papa". La pharmacienne est élue conseillère générale en 1982. Battue aux municipales à Angers, en 1995, elle est élue députée en 1988 grâce à son père qui se désiste en sa faveur, au dernier moment. (…) »
Ou encore sur le site Atoute, où l’on peut admirer les talents de Mme Bachelot en matière de retouches. De son CV, par exemple. L’ancienne version, désormais démodée, indique ceci : « Déléguée à l’information médicale, laboratoire Ici Pharma – de 1969 à 1976. Chargée des relations publiques – Soguipharm – de 1984 à 1989. Titulaire d’une pharmacie de 1984 à 1991 ».
Toute trace de ces activités disparaît de son nouveau CV. Il faut bien savoir "se vendre", non ? N’est-ce pas ce que l’on sérine à longueur de journée à M. et Mme tout le monde ? En un sens, la ministre est exemplaire, donne l’exemple. Je parle de s’adapter en modifiant son CV, bien entendu. Ce serait intéressant de savoir ce que pensent les visiteurs médicaux de cette façon inédite de valoriser leur travail.
http://pharmacritique.20minutes-blo...
La députée Catherine Lemorton estime la hausse des franchises médicales probable. Que penser de sa proposition d’une « tutelle » des médecins par l’assurance-maladie et la HAS ?
à lire sur : http://pharmacritique.20minutes-blo...
Le médecin et le cordonnier
Si la PDS m’était contée…… Le médecin et le cordonnier
Il était une fois dans un pays si proche, un humble praticien, va nu pieds besogneux, occupé à soulager à longueur de temps les gens de son village comme de ceux alentours. La tâche était rude dès l’aube et jusqu’au soir, il auscultait, soignait et pansait .Sans relâche, et sous les sobriquets, il se démenait .Il lui fallait, pensait-il, répondre à chacun sans trop tarder pour empêcher le mal d’évoluer. Les heures étaient trop courtes, les journées étriquées et les nuits abrégées.
A force, le malheureux se fatiguait. Mais les années passaient et il continuait. Les gens le demandaient, même si les rumeurs sur son incompétence, sur sa cupidité et sur sa nonchalance descendaient de la ville jusque sur son canton. Mais il s’essoufflait, ses jambes se dérobaient et les chemins, la nuit lui paraissaient sans fin. Parfois, dans ses tournées, il se laissait aller à dormir près d’un arbre en allant travailler. En quelque sorte, il paraissait usé, fatigué, laminé, plus pâle et plus cerné que les gens qu’il soignait.
N’en pouvant plus, le pauvre, il prenait l’habitude de pousser des soupirs et d’harceler le ciel : « Que se passe-t-il, mon Dieu, pourquoi dès le matin je ne songe qu’à mon lit ? Aurai-je perdu la foi, serai-je racorni ? Comment faire pour trouver la force de soigner sans jamais s’arrêter ? " Mais le ciel se taisait et seule la rumeur de la ville, en écho, répondait : « Tu n’y connais rien, tu t’agites mais tu n’es jamais là où il faut quand il faut, tu dors au lieu d’appliquer l’enseignement de tes maîtres, tu cours après les sous au lieu de te donner, en bref, ta fatigue, tu l’as bien méritée. Regarde ces vieillards que tu ne sais sauver, regarde en face, enfin, la vérité. Te penses tu si fort que tu saurais soigner, les enfants, les mamans et même les nouveau-nés ? Il serait plus prudent à présent de songer qu’il faut rapidement en cocher te changer. Car hors de l’hôpital qui pourrait les aider ? »
Chassant ces paroles, lessivé, il partait travailler. Le soir, sur son lit, il s’écroulait, s’endormant de fatigue, sans bouger, sans rêver. Mais trop souvent, la nuit, il devait se lever pour repartir encore, titubant, épuisé.
Sans un temps pour se reposer, impossible songeait-il de pouvoir continuer. Ainsi l’avait-il appris de ses maîtres : un homme sans sommeil, la folie le guettait. Aux lois de Dame Nature, force était de céder. Dès lors, chaque soir, il s’en fut se coucher, en s’assurant, cette fois d’une porte bien fermée.
Mais, au village on se plaignait : »Qu’y a-t-il ? Qu’est-ce qu’il fait ? Il dort au lieu de travailler ! »Les sages de la ville furent aussi consultés " Est-il normal qu’un médecin qui a prêté serment, refuse, la nuit, de se lever ? " La réponse arriva sans tarder : « Cela est insensé ! Son devoir, l’aurait-il oublié ? Les gens d’armes sauront le décider ! »
Et dès le lendemain, l’ordre à la main, ils se ruèrent chez le médecin. « Si tu refuses d’obéir, nous saisirons tes biens. Si tu résistes encore, nous te lierons les mains. Puis tu seras traîné au banc des accusés ! » Le médecin stupéfait, pensait qu’ils plaisantaient. Certes, il était mauvais, mais dans ses souvenirs, il ne retrouvait point ce qu’on lui reprochait. Lui, être jugé entre deux criminels, mais qu’avait-il donc fait qu’il aurait oublié ? « Tu ne te lèves plus, la nuit, à nos appels, et pourtant, tout le jour, tu cherches à t’engraisser. Et tu pensais sans doute que ça pouvait durer ? Tu nous dois toutes tes nuits, par le Ciel ! Rappelle-toi les années que nous t’avons offertes, pour te former à exercer, en pure perte ! »
Le bougre s’alourdit sur son siège. Quoiqu’il en pense, il était pris au piège. La fuite était illusoire, à pieds, partout on le retrouverait .Il convoqua sa fée : "Marraine, jusqu’ici, je n’ai rien demandé. Je me sentais toujours le plus favorisé. Mais là je n’en peux plus, j’ai besoin d’être aidé. Je t’écoute, que peux-tu m’accorder ? » Dame Lyne réfléchit, qu’allait-elle inventer ? « Je peux, dit-elle temporiser. » « Mais encore ? Devrais-je me lever ? » « Hélas, la Loi le dit, on pourra t’y forcer ! Mais il est une chose que je peux arranger… » « Parle, parle, ô Bonne Fée .. » « Ola, calme ta fébrilité, je vais tout t’expliquer. Chaque soir, à minuit tu pourras te coucher. Il te faudra soigneusement placer tes deux chaussures devant ta cheminée. Au douzième coup de minuit, en carrosse elles seront changées ! » « En carrosse, Bonne Fée, ainsi vous plaisantez ? » « Que nenni, ingrat, mais n’as-tu pas saisi que ce carrosse là peut leur sauver la vie ? Songe à ceux qui t’appellent au-delà de minuit. Ils seront transportés ainsi, bien à l’abri. A côté du cocher, un expert en habit, une servante à côté de lui… » « O ma Fée, je pourrais ainsi dormir toute la nuit ? » « Tu pourras, fainéant, te prélasser au lit, depuis minuit jusqu’au petit matin. Mais dès que matines seront sonnées, au travail, tout le jour, tu devras t’atteler.N’oublie pas ,quand tu vas te coucher,des souliers neufs,finement ciselés,devant ta cheminée »
La morale de l’histoire c’est qu’un médecin, au village, aussi érudit soit-il aura toujours besoin, pour exercer, d’un cordonnier….
http://guillemette-reveyron.blog.le...
Pécresse va réformer la première année de médecine
à lire sur : http://www.lefigaro.fr/actualites/2...
Valérie Pécresse ment sur les franchises médicales lors d’un débat sur France 5
à lire sur : http://www.politique.net/2008050202...
Les éditeurs de logiciels très inquiets devant les incertitudes du plan « Hôpital 2012 »
à lire sur : http://www.i-med.fr/spip.php?article197
La Relance du DMP… La Saga continue
par Alain Baritault
L’arche de Noé a été construite par une bande d’amateurs…Le Titanic a été construit pas des professionnels… !
à lire sur : http://www.linformaticien.com/Actua...
Les vieux médicaments du futur
à lire sur : http://www.la-croix.com/article/ind...
Les paradoxes de l’eau et de la pharmacie.
à lire sur : http://www.come4news.com/66-les-par...
JOSEPH Didier
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