Revue de presse du 01 Avril 2008
mardi 1er avril 2008 par JOSEPH Didier
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- En ce PREMIER AVRIL 2008 le Formindep publie deux communiqués importants :, p1
- Revenus des Médecins Généralistes anglais, p1
- Pharmaceutiques et tiers-monde. La collusion entre politique et multinationales mène à un "génocide par abandon" (John le Carré), p1
- L’hôpital Saint-Antoine en grève, p1
- L’ISNAR-IMG veut changer les règles, p1
- Les syndicats demandent la reprise des discussions, p1
- En avril, les rapports défilent, p1
- Forte croissance du groupe Korian en Europe, p1
- Médicaments en libre-service pour « améliorer le pouvoir d´achat », p1
- Chirurgie publique : le coup de semonce du Pr Giudicelli, p1
- L´accès aux soins des CMU étudié à la loupe, p1
- L´Urml Bourgogne quitte le nouvel Institut statistique des unions, p1
- La HAS s’applique une nouvelle gouvernance, p1
- Le rapport de l’Igas sur les hôpitaux en difficulté, p1
- Le rapport sur les modes de rémunération des chirurgiens, p1
- Les Français vivent de plus en plus vieux, p1
- La Haute Autorité de Santé se dote d’une nouvelle organisation et prépare un projet d’établissement 2008-2011, p1
- Gardasil : « dépenser une fortune pour un danger de santé publique qui n’existe pas ! », p1
- Les dépenses de santé ont augmenté de 4,14 % en 2007, p1
En ce PREMIER AVRIL 2008 le Formindep publie deux communiqués importants :
Oui à la future campagne de l’Ordre des Médecins « Information-santé : J’y vois clair avec mon médecin » Pharmaguédon ? Le Formindep récompensé pour sa contribution au combat contre la fin de la médecine
INFO ? “POISSON” ?
A vous de juger…
à lire sur : http://formindep.org/spip.php?breve39
Revenus des Médecins Généralistes anglais
à lire sur : http://docteurdu16.blogspot.com/
Pharmaceutiques et tiers-monde. La collusion entre politique et multinationales mène à un "génocide par abandon" (John le Carré)
à lire sur : http://pharmacritique.blog.20minute...
L’hôpital Saint-Antoine en grève
à lire sur : http://www.infirmiers.com/actu/deta...
Droit de grève des internes
L’ISNAR-IMG veut changer les règles
Assignations abusives, menaces de non-validation de stage, harcèlement moral… Tous ces abus recensés lors de la grève d’octobre ont amené l’Intersyndicale nationale autonome représentative des internes de médecine générale (ISNAR-IMG) à souhaiter une révision de leur droit de grève, devenu obsolète.
UNE LONGUE GRÈVE laisse toujours des traces. Le mouvement national des internes, des étudiants et des chefs de clinique de l’automne dernier, n’a pas échappé à la règle. Pendant les cinq semaines de conflit, plusieurs contentieux ont éclaté entre des internes grévistes et des directions régionales des affaires sanitaires et sociales (DRASS).
« Les abus les plus scandaleux et les attitudes les plus contradictoires dans les décisions des directeurs d’hôpital comme dans celles des tribunaux saisis pour assignations abusives, ont mis en lumière certaines des insuffisances du statut d’interne », estime Lionel Michel, porte-parole de l’Intersyndicale nationale autonome représentative des internes de médecine générale (ISNAR-IMG). Le syndicat a réalisé le recensement de tous les désagréments rencontrés par les internes : menace de non-validation de stage, culpabilisation en rapport avec la charge de travail engendrée pour les praticiens hospitaliers, menaces de non-attribution de postes de chef de clinique, de retrait de congés payés proportionnel au nombre de jours de grève ou encore de sanctions disciplinaires…
Sur cette base, l’ISNAR-IMG a préparé un projet de décret sur le droit de grève des internes qu’il a adressé à la Direction de l’hospitalisation et de l’organisation des soins (DHOS). Le syndicat plaide pour une révision de la réglementation en la matière, basé sur des textes anciens. La première circulaire date de 1982, suivie de notes ministérielles en 1997 et 2002… « Le droit de grève n’a jamais vraiment été pris au sérieux, confie Lionel Michel. Il s’agit de clarifier les choses avec un texte au pouvoir législatif suffisamment fort. Les devoirs exacts des internes, et donc leurs droits, en cas de mouvement social, seront ainsi d’autant mieux respectés. » Le syndicat demande qu’une réflexion soit menée de concert entre les organisations représentant les internes, les hôpitaux et les services de l’Etat.
L’ISNAR-IMG souhaite qu’en premier lieu soit fait appel sous la forme d’assignations à l’ensemble du personnel non gréviste, toutes catégories de personnel médical confondues pour assurer les activités de soins. Les internes grévistes ne pourraient être assignés pour les gardes et astreintes que si la charge de travail pesant sur le personnel non médical non gréviste devient incompatible avec les règles de sécurité. Pour éviter toute assignation abusive, le syndicat demande de clarifier l’organisation des plannings de gardes et astreintes, en précisant les modalités de recours aux praticiens hospitaliers en cas de grève des internes ainsi que les conditions d’appel secondaire aux internes.
Un service minimum. L’ISNAR-IMG demande que les internes grévistes qui sont assignés soient rémunérés pour les gardes et astreintes qu’ils effectuent dans les mêmes conditions que lors du fonctionnement habituel du système de garde.
En contrepartie de ces garanties, les internes de médecine générale sont prêts à la mise en place d’un service médical minimum. Celui-ci permettrait « d’une part, d’assurer la continuité et la permanence des soins ainsi que la qualité de prise en charge des patients dans les services hospitaliers, et, d’autre part, de respecter le droit de grève des internes ». Ce service médical serait organisé par la direction du centre hospitalier avec les représentants des internes et ne ferait pas appel au procédé de l’assignation qui reste dévolu à la gestion des problèmes relatifs aux gardes et astreintes. Le service minimum entrerait en vigueur le matin du huitième jour franc de grève. Avant l’expiration de ce délai de sept jours, les internes grévistes ne participeraient pas à l’activité de journée du service hospitalier. Les internes grévistes qui seraient amenés à participer au service minimum seraient rémunérés au prorata de journées travaillées. « En cas d’aménagement de l’activité du service, la charge de travail supplémentaire doit être répartie de manière équitable entre les différents personnels médicaux en place et ne pas reposer exclusivement sur les internes non grévistes ou assurant le service minimum. »
L’ISNAR-IMG a remis son projet à la DHOS voilà plus de deux mois. Elle espère aujourd’hui une réponse favorable des services du ministère de la Santé. « Le droit de grève est un droit fondamental dans ce pays », conclut Lionel Michel. Le porte-parole souhaite maintenant la traduction de ces propositions dans un décret.
> CHRISTOPHE GATTUSO
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Négociations conventionnelles
Les syndicats demandent la reprise des discussions
PLUSIEURS syndicats de médecins libéraux réclament la reprise des négociations conventionnelles. Celles-ci sont bloquées depuis la fin février dans l’attente d’un avis juridique sollicité par l’Union nationale des caisses d’assurance-maladie (UNCAM) auprès d’un conseiller d’Etat sur la représentativité syndicale. Selon certaines sources, cet avis rejoindrait dans les grandes lignes celui de l’avocat du SML (Syndicat des médecins libéraux) et interdirait toute participation aux instances conventionnelles à la branche généraliste de la FMF (Fédération des médecins de France). L’Union nationale des omnipraticiens français (UNOF-CSMF) demande une revalorisation de la médecine générale « afin que toutes les spécialités aient une rémunération de base identique ». Elle souhaite l’élaboration d’une nomenclature des actes cliniques prenant en compte le contenu de la consultation et la spécificité de chaque spécialité. MG-France veut également que les partenaires conventionnels puissent trouver des mesures conventionnelles financières qui permettent de répondre à la « baisse du nombre d’actes effectués par les médecins généralistes en 2006 et 2007 » après la mise en place du parcours de soins.
De même, le syndicat de généralistes réclame la reprise des discussions sur le secteur optionnel pour apporter une réponse aux chirurgiens français pour les actes obstétricaux et chirurgicaux. Le Centre national des professions de santé (CNPS) appelle à une relance des négociations conventionnelles, au point mort depuis plusieurs mois entre l’UNCAM et certaines professions. « Les engagements doivent être tenus pour donner une lisibilité conventionnelle et permettre aux conventions en cours d’être menées à leur terme, en intégrant les contraintes imposées par la LFSS 2008 », indique le CNPS.
> CH. G.
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Un palier pour les réformes en préparation
En avril, les rapports défilent
Les réformes santé mises en chantier par le gouvernement Fillon franchissent toutes un cap ce mois-ci. Celle de l’hôpital avec la remise vendredi du rapport Larcher. Celle de l’organisation du système de soins qui s’apprête à passer par la case « clôture des EGOS », puis par la case « accès aux soins », la version définitive du rapport consacré par André Flajolet aux inégalités d’accès aux soins étant attendue pour la mi-avril. Quant à la relance du DMP, elle connaîtra la semaine prochaine sa première impulsion : la task force publie ses travaux.
PLUSIEURS PAGES se tournent en avril pour les réformes en préparation dans le champ sanitaire. En attendant qu’ils aboutissent à l’automne via le projet de loi de modernisation de la santé, via le prochain PLFSS (le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2009), ou bien un peu plus tard via la future loi sur le financement de l’assurance-maladie – que Roselyne Bachelot a programmée pour le premier semestre de 2009 –, tous les chantiers ouverts par le gouvernement Fillon vont prendre ce mois-ci un tournant déterminant.
Quatre échéances principales en ce début de printemps : mandaté par le président de la République, Gérard Larcher apporte vendredi sa pierre à la réforme de l’hôpital public. Rumeurs et contre-rumeurs vont bon train ces derniers temps sur le contenu de ce très attendu rapport Larcher. Révolutionnera ou révolutionnera pas le paysage hospitalier, renverra ou pas les statuts des établissements et des personnes qui y travaillent… ? Réponse dans trois jours. Restera ensuite à savoir comment ces propositions qui, si elles s’avèrent offensives et/ou iconoclastes, rencontreront une levée de bouclier, seront transcrites dans la loi.
Les états généraux de l’organisation de soins (EGOS) seront les seconds à entrer en scène : ouverts l’automne dernier, en réponse à la grève des internes sur la liberté d’installation, centrés sur la question des soins primaires, ils s’achèvent mercredi en huit, le 9 avril. La lutte contre les inégalités d’accès aux soins et le dossier des futures agences régionales de santé (ARS) seront, quant à eux, sur le devant de la scène dans une quinzaine de jours : André Flajolet remettra sur ces sujets son rapport à Roselyne Bachelot. Enfin, le dossier médical personnel (DMP) pourrait sortir de sa torpeur avec la publication, sans doute la semaine prochaine, des travaux de la task force.
« Le Quotidien » récapitule ces rendez-vous d’avril.
La mission Larcher ouvre le feu.
Emmenés par le sénateur (UMP) des Yvelines, les 26 experts qui, à la demande de Nicolas Sarkozy, planchent depuis octobre sur les missions de l’hôpital public, rendent leur copie vendredi. En ouvrant le bal des remises de rapports, ces « sages » pourraient bien mettre le feu aux poudres. Car les informations qui ont filtré ces dernières semaines, quant aux intentions de Gérard Larcher, décoiffent.
Nouvelles règles assouplies de gestion comptable et financière pour les hôpitaux, évolution statutaire possible pour les personnels et les médecins qui le souhaitent (les usages de la fonction publique et ceux du droit privé cohabitant de ce fait dans les établissements), nouvelles règles de concession du service public hospitalier aux cliniques privées, garde-fous pour l’offre de soins là où des groupes de cliniques sont en situation de monople… Presque toutes les pistes explorées par l’ancien président de la Fédération hospitalière de France (FHF, que Gérard Larcher a piloté entre 1997 et 2004) sont explosives. Jusqu’à vendredi, tout le monde est en embuscade, et chacun – médecins, directeurs, personnels – retient son souffle. Pour diverses raisons. Il y a ceux qui espèrent voir enfin aboutir des projets qu’ils portent depuis des lustres – la FHF, par exemple, se rêve ointe « fédération patronale » de l’hôpital public – ; et il y a ceux qui redoutent de trouver transcrits noir sur blanc leurs pires cauchemars – les syndicats de PH sont ainsi violemment contre la piste du recrutement de médecins en CDD (« le Quotidien » du 12 mars).
Une mesure, en tout cas, paraît acquise : le regroupement des hôpitaux d’un même territoire, afin de mutualiser les moyens humains et techniques (l’idée étant de faire naviguer les médecins d’un site à l’autre, au gré des besoins et des fermetures d’activité). Pour le reste, Roselyne Bachelot a donné le ton il y a dix jours à Bordeaux : « L’hôpital, a-t-elle dit, ne doit pas avoir peur des réformes. »
Etats généraux de l’organisation de la santé (EGOS) : la révolution pour les soins primaires ?
Jamais, affirme Roselyne Bachelot, un débat « aussi large » sur le système de santé ne s’est tenu en France. La ministre de la Santé a sans doute raison. Depuis quatre mois déjà, l’ensemble des acteurs de la santé (professionnels libéraux et hospitaliers, administrations, élus locaux et nationaux, usagers, associations…) ont été conviés à un « brainstorming » intensif, dans le cadre de ces fameux états généraux de l’organisation de la santé (EGOS). Objectif : faire émerger des solutions « concrètes et concertées » pour renforcer l’offre de soins de premier recours, garantir une égalité d’accès aux soins sur le territoire et améliorer la répartition des professionnels de santé (près de 2,6 millions de personnes ont de sérieuses difficultés pour trouver un médecin, situation qui s’aggrave et provoque des spasmes réguliers autour de la liberté d’installation dont le mouvement des internes en octobre 2007). Ce long travail préparatoire qui a nécessité des dizaines de réunions sous la houlette d’Annie Podeur (DHOS) et d’Yvon Berland (Observatoire national de la démographie des professions de santé) touche à sa fin. La restitution des travaux des EGOS est programmée le 9 avril.
Que sait-on ? Le 8 février dernier, une première synthèse nationale uniquement centrée sur l’offre médicale de premier recours a permis de déblayer le terrain avec un premier « kit » de mesures proposé au gouvernement.
La ministre de la Santé a notamment repris à son compte : l’adaptation de la formation initiale en médecine générale (davantage de stages, une sensibilisation plus précoce des étudiants au métier) ; l’inscription dans le code de la santé publique des missions du médecin généraliste (désormais « de premier recours »…) ; la promotion de l’exercice en groupe ; l’aide à la création de 100 maisons de santé pluridisciplinaires (à raison de 50 000 euros par projet) ; ou encore la création d’un guichet unique régional d’information et d’aide à l’installation des professionnels qui sera placé auprès des futures ARS.
Dans les zones défavorisées, des « outils incitatifs forts » devraient être retenus : contrats d’engagement entre les carabins et les collectivités, contrats territoriaux d’installation incluant des aides financières, soutien matériel, logistique…A ce stade, la ministre dit vouloir préserver la liberté d’installation mais elle n’exclut pas des mesures de régulation « de manière ciblée, dans des cas très spécifiques », dans les zones très surdotées.
La deuxième phase des EGOS, toujours en cours, concerne les autres professionnels de santé et quatre spécialités (ophtalmologie, gynécologie, pédiatrie, psychiatrie).
Elle traite en priorité de l’articulation généralistes/spécialistes, du partage des tâches et du rôle de chaque profession dans l’organisation des soins.
Le suspense se termine.
Le rapport Flajolet corrige les inégalités d’accès aux soins.
Attendu vers la mi-avril, le rapport définitif d’André Flajolet doit éclairer Roselyne Bachelot et le Premier ministre sur les causes des inégalités d’accès aux soins en France. Cette mission avait été confiée en octobre au député UMP du Pas-de-Calais par la ministre de la Santé.
A l’occasion de la remise de son prérapport fin février, André Flajolet avait dévoilé dans nos colonnes la trame de ses propositions (« le Quotidien » du 28 février). Le rapport final du parlementaire devrait préconiser la création de « communautés de santé ». Ces structures, comprenant « du paramédical, de l’administration, du suivi, de l’HAD [hospitalisation à domicile], des soins de fin de vie et des spécialistes », seraient « en liaison avec les élus locaux, et les territoires pertinents de proximité ». Selon le député du Pas-de-Calais, les collectivités locales pourraient être impliquées dans ces communautés de santé, « tant dans le domaine de la prévention primaire que secondaire ou tertiaire ». Dans un contexte de réforme des agences régionales de santé (ARS), il a également souligné la nécessité d’« une politique de santé nationale, qui définisse quelques éléments fondamentaux et structurants d’un droit d’accès égal aux soins et à la prévention ». Enfin, le rapport Flajolet devrait plaider en faveur d’« organisations territoriales », à l’intérieur des ARS, « en accord avec les conseils régionaux » afin de tenir compte des spécificités régionales.
La mission Gagneux relance le DMP.
Sur quelles bases relancer le projet du dossier médical personnel (DMP) ? La question reste en suspens avant la publication – peut-être la semaine prochaine – des propositions de la « task force » nommée en décembre par Roselyne Bachelot. Cette équipe resserrée d’experts a été placée sous la houlette de Michel Gagneux, membre de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) et coauteur du rapport d’audit qui a sévèrement critiqué le pilotage du projet de 2004 à 2007. La mission Gagneux (1) a été chargée de formuler des recommandations notamment sur le cadre stratégique du DMP, l’amélioration de sa gouvernance et l’organisation de la concertation.
Lors d’une conférence du Medec, Michel Gagneux a déjà énoncé les « principes d’action » retenus par la task force (« le Quotidien » du 21 mars). Des « phases-pilotes » doivent permettre de fonder le DMP « sur l’usage concret, au quotidien, par les différents utilisateurs ». Ces usages détermineront ensuite dans un deuxième temps le type d’architecture choisi et les normes sur le plan technologique. En tout état de cause, rien ne sera gravé dans le marbre. « Il faut bâtir un projet qui soit évolutif sur le plan des usages et sur le plan technologique », a martelé l’inspecteur de l’IGAS au Medec. Quant à la phase de concertation promise par la ministre de la Santé, la mission Gagneux préférerait qu’elle soit décentralisée et proche du terrain. Une proposition assez éloignée du séminaire de deux jours annoncé par Roselyne Bachelot…
A l’occasion d’une rencontre avec l’AJIS (Association des journalistes de l’information sociale), la ministre de la Santé a prévenu le 25 mars qu’elle « analysera (les recommandations du rapport Gagneux) et prendra des avis ». Roselyne Bachelot envisage de consulter en particulier des « parlementaires chargés de ces sujets », citant nommément les députés Jean-Pierre Door (UMP) et Jean-Marie Le Guen (PS), qui ont participé à la rédaction du rapport de la mission d’information DMP de l’Assemblée nationale. Enfin, la ministre n’a pas caché sa préférence pour des expérimentations du DMP ciblées sur certains publics (malades chroniques par exemple), par rapport à des expérimentations purement locales.
> A. B., C. D. ET K. P.
(1) Outre Michel Gagneux, la task force inclut Jacques Sauret (directeur du Groupement d’intérêt public du DMP), André Loth (chef de la Mission ministérielle pour l’informatisation des systèmes de santé ou MISS), deux responsables de la Caisse nationale d’assurance-maladie, un médecin et deux consultants.
Le mois d’avril sera aussi l’occasion de replacer deux dossiers « au-dessus de la pile » sur le bureau de Xavier Bertrand, ministre du Travail et de la Solidarité : la prise en charge de la dépendance et la santé au travail.
Xavier Bertrand s’apprête à recevoir jeudi les partenaires sociaux afin de recueillir leurs propositions au sujet de la prise en charge de la dépendance, qui va devenir un cinquième risque de la protection sociale en 2009.
Par ailleurs, la santé au travail va encore revenir à l’ordre du jour au ministère du Travail. Après une première conférence tripartite (Etat-syndicats-patronat) sur les conditions de travail en octobre, une deuxième conférence similaire doit être organisée dans les prochaines semaines.
Après la publication du rapport Nasse-Légeron sur les risques psychosociaux au travail (« le Quotidien » des 13 et 14 mars), les partenaires sociaux se réuniront le 7 avril pour négocier sur la transposition en droit français des accords européens de lutte contre le stress, la violence au travail et le harcèlement. A la mi-avril, le Pr William Dab devrait remettre son rapport sur la formation des managers dans les grandes écoles aux conditions de travail et à la santé au travail.
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Prise en charge de la dépendance
Forte croissance du groupe Korian en Europe
LE GROUPE KORIAN, spécialisé dans la prise en charge globale de la dépendance temporaire et permanente, a présenté ses résultats annuels consolidés en forte progression en 2007. Le groupe, présidé par Rose-Marie Van Lerberghe (ancienne directrice de l’Assistance publique des hôpitaux de Paris – AP-HP), affiche en effet des clignotants au vert après son changement de nom et son introduction en bourse en novembre 2006. Korian a réalisé un chiffre d’affaires de 608 millions d’euros en 2007 (+ 17 %) et s’enorgueillit de « bonnes perspectives de croissance, de l’ordre de 30% en 2008, et de rentabilité » (EBITDAR ou taux de marge en hausse de + 18,6 % l’an passé).
« 2007 a été l’année de l’européanisation de Korian », a rappelé Rose-Marie Van Lerberghe lors d’une conférence de presse. Le groupe est passé de 13 712 à 18 341 lits exploités entre 2006 et 2007, après la cession de ses établissements belges (- 908 lits) et surtout la création ou l’acquisition de 5 537 lits en France, en Italie et en Allemagne. Placé au troisième rang sur le marché européen de la prise en charge de la dépendance, Korian est néanmoins devenu, grâce à son implantation dans plusieurs pays, « le premier groupe strictement européen », a fait valoir la présidente de son directoire. A l’horizon 2011, le groupe vise un CA d’un milliard d’euros hors nouvelles acquisitions.
En France, Korian procède actuellement à la cession de quatre EHPAD (établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes), situés en Normandie, dans le Centre et près de Gap, et de deux cliniques SSR (soins de suite et de réadaptation) basées à Chartres et au Chambon-sur-Lignon (Haute-Loire). Pour ces EHPAD et cliniques SSR, qui représentent au total 311 lits et 202 salariés, il y aura des repreneurs, mais « pas de fermetures ni de licenciements », a assuré Rose-Marie Van Lerberghe. « Ils ne correspondent plus à notre stratégie, parce qu’ils sont soit trop isolés, soit trop petits, sans possibilité d’extension ou trop loin des normes standard de qualité », a-t-elle expliqué.
La stratégie de Korian consiste à optimiser la rentabilité de ses établissements, et notamment de leur taux d’occupation (journées facturées/journées facturables dans l’année), qui atteint aujourd’hui 96,3 % dans le pôle des EHPAD. Là où il est présent, Korian veut « apparaître avec la force d’un groupe » pour en « tirer le bénéfice » et « utiliser la complémentarité » de ses deux pôles médico-social et sanitaire, pilotés à partir du 1er avril par un seul et même directeur opérationnel, François Mercereau (ancien directeur de la Sécurité sociale au ministère de 1983 à 1987 et ex-membre de l’IGAS). La stratégie de leadership du groupe Korian le conduit à « raisonner en grappe d’établissements » sur le plan régional, afin d’être en mesure de réaliser des économies d’échelle et d’innover. C’est aussi un moyen d’« anticiper la réforme des agences régionales de santé » (ARS), a ajouté la présidente de Korian, puisqu’un groupe d’établissements pèse bien sûr davantage dans une région donnée. En France, le groupe est surtout implanté en région parisienne, autour de Lyon, en région PACA, à Bordeaux, Toulouse, La Rochelle, Tours, Caen et Rouen.
Rose-Marie Van Lerbergue a toutefois un regret : celui de ne pas pouvoir développer des prestations de services pour favoriser le maintien à domicile des personnes âgées, « souhait majoritaire de la population ». Le besoin d’aide aux aidants « existe, mais, en France, on considère que (l’organisation du maintien à domicile) relève des pouvoirs publics », et non du secteur privé comme aux Etats-Unis, déplore-t-elle. A défaut, le groupe Korian va développer l’accueil temporaire dans ses établissements.
> AGNÈS BOURGUIGNON
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Médicaments en libre-service pour « améliorer le pouvoir d´achat »
G.D.L
La mise à disposition devant le comptoir des officines de plus de 200 médicaments non soumis à prescription en libre-service « contribuera à améliorer le pouvoir d´achat des citoyens français, en favorisant l´éducation thérapeutique et en préservant l´ensemble des garanties de sécurité sanitaire que l´officine apporte aujourd´hui », estime Roselyne Bachelot. La ministre de la Santé a jugé samedi, lors du salon Pharmagora 2008, que cette mesure garantissait « une transparence légitime » et permettait à la fois de « faire jouer le jeu de la concurrence » et de « renforcer le conseil ».
Annoncée pour début mai, cette nouvelle disposition sera officialisée par la publication de décrets, qui fixeront les conditions d´agencement, d´information et de règlement. Quatre groupes de travail ont été constitués pour définir le champ des produits concernés, a précisé la ministre. Un statut réglementaire de centrale d´achat sera créé pour permettre aux pharmaciens « de prendre au mieux ce tournant », en se réunissant pour l´achat groupé des médicaments non remboursables et des produits de parapharmacie. « Le bon usage, l´amélioration de l´observance et le suivi thérapeutique font incontestablement partie du rôle propre du pharmacien. Nul mécanisme de concurrence ne pourra jamais le remettre en cause », a tenu à rassurer Roselyne Bachelot, persuadée que le rôle du pharmacien « ne pourra que se renforcer dans les années à venir ». L´ancienne pharmacien a ainsi ouvert la voie à une réflexion commune sur les nouvelles missions de la profession. « Nous avons ouvert récemment la possibilité de renouveler certaines ordonnances. Certains pays sont allés plus loin sur la délégation de tâches ; le contexte démographique qui est le nôtre permet d´envisager bien des nouvelles perspectives », a-t-elle déclaré. Elle a appelé de ses vœux une réflexion à propos de la mise en œuvre de « collaborations organisées et formalisées, dans le but de garantir la continuité de la prise en charge des patients ». Ces collaborations pourraient notamment se développer au sein des réseaux de cancérologie ou des réseaux VIH, grâce à « l´expérience acquise par quelques pionniers ». A quelques jours des conclusions de la deuxième phase des Etats généraux de l´organisation de la santé (Egos), auxquels ont été invités les représentants des pharmaciens, la ministre a rappelé que les officinaux étaient « en première ligne pour dispenser l´éducation thérapeutique ».
http://www.egora.fr/commun/script/w...
Chirurgie publique : le coup de semonce du Pr Giudicelli
G.D.L
« Le système est totalement à bout de souffle, et depuis dix ans, cela ne fait qu´empirer » : tel est le constat que dresse, dans Libération, le Pr Henri Giudicelli, président du Conseil national de la chirurgie, avant la remise le 9 avril du rapport Larcher sur les nouvelles missions de l´hôpital.
Alors que près de 60 % des interventions chirurgicales sont réalisées dans le privé, le Pr Guidicelli déplore la « lourdeur administrative » de l´hôpital public, l´écart salarial avec le privé et le mode de rémunération. « Dans le secteur public, que vous opériez un ou vingt malades par semaine, votre salaire est le même. Cela n´est plus possible, en tout cas, cela n´est plus accepté », souligne-t-il. Il fait état du « phénomène inédit » dans l´hôpital public de l´apparition des dessous-de-table. « Aujourd´hui, il n´y a pas de difficultés dans l´accès aux soins, il y a des difficultés dans l´accès aux soins de qualité… », ajoute-t-il dans les colonnes de Libération.
Mauvaise répartition géographique et par spécialité malgré un nombre record de chirurgiens, défi de la féminisation « qui n´est pas pris au sérieux », chirurgie ambulatoire « à la traîne » : les griefs sont nombreux. Pour le Pr Guidicelli, la solution passe par le développement du travail en réseau entre les petits hôpitaux publics « avec activité chirurgicale faible » - où seraient effectués les consultations préopératoires et le suivi post-opératoire - et les grands établissements hospitaliers publics.
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Agences régionales de santé : le Cnps veut une structure nationale de pilotage
G.D.L
Le Centre national des professions de santé (Cnps) réclame un pilotage national, « de type Agence nationale de santé (ANS) » pour les futures Agences régionales de santé (ARS). A l´issue de sa deuxième convention, qui se tenait le 14 mars, le Cnps a renouvelé son souhait de mettre en place des ARS au périmètre large comprenant les soins ambulatoires, l´hôpital, le médico-social, la veille et la sécurité sanitaire et pilotées dans leur ensemble par une agence nationale, dernier point que la ministre de la santé réfute.
« La gestion du risque, des soins ambulatoires et de l´hospitalisation doit relever de l´assurance maladie afin de permettre la poursuite du dispositif négocié », revendique l´instance présidée par le Dr Michel Chassang. Sur ce point, le Cnps marque donc son opposition avec Roselyne Bachelot, qui souhaite que la gestion du risque (analyse, prévention et prévisions) revienne aussi aux ARS. Le centre des professions de santé précise que les conventions nationales professionnelles doivent être « maintenues et renforcées avec une éventuelle déclinaison ou adaptation nationale ». Celle-ci serait du ressort exclusif des représentants régionaux des syndicats signataires. Pour autant, il convient de prendre garde « de garantir les mêmes conditions d´exercice sur l´ensemble du territoire pour les professionnels ».
En aspirant à une représentation « forte » des libéraux de santé au sein des ARS, le Cnps plaide pour la création d´Unions régionales des professionnels de santé. Celles-ci auraient vocation à « assurer la représentation des libéraux de santé et négocier les déclinaisons régionales des accords cadres interprofessionnels nationaux ».
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L´accès aux soins des CMU étudié à la loupe
C.L.B
Il s´agit du premier état des lieux exhaustif de la prise en charge des titulaires de la Couverture maladie complémentaire (Cmuc) par les médecins et les dentistes, en France métropolitaine. Sa nécessité s´est faite jour lorsque Médecins du Monde a braqué les projecteurs sur les refus de soins dont ces patients étaient victimes, en 2006, dans la couronne parisienne. L´affaire ayant ému l´Ordre des médecins, le ministère de la Santé et jusqu´au sommet de l´Etat, trois organismes se sont penchés sur la question : la Direction de la recherche, des études, de l´évaluation et des statistiques (Drees), la Caisse nationale d´assurance maladie (Cnam) et l´Institut de recherche et documentation en économie de la santé (Irdes).
Plusieurs conclusions ressortent de l´enquête « Panorama de l´accès aux soins de ville des bénéficiaires de la CMU complémentaire en 2006 ». Il s´avère que ce sont les médecins généralistes qui accueillent le plus ces patients. Et que le secteur 1 joue un rôle déterminant car ces malades sont plus nombreux, toutes spécialités confondues, parmi la patientelle des médecins en secteur conventionné strict. On note par ailleurs, que plus un médecin ou un dentiste est accueillant, plus il concentre les CMUistes. Il peut ainsi en accueillir jusqu´à trois fois plus que ses autres confrères. L´étude relève une forte concentration de bénéficiaires de la CMU chez un petit nombre de généralistes. « Peut être faut-il y voir la marque d´effets de réputation », une plus grande proximité avec le lieu de résidence des patients ou encore « des difficultés plus marquées pour obtenir un rendez-vous auprès d´autres professionnels ? », s´interrogent les auteurs de l´enquête, qui soulignent que l´augmentation de la densité médicale « s´accompagne également d´une légère concentration de l´accueil » de ces patients. L´observation est la même pour les dentistes « l´accueil est d´autant plus concentré que la densité des professionnels est importante », remarquent-ils.
Cette étude qui va servir de base de données sera reproduite chaque année. Elle donnera éventuellement lieu à des « actions correctrices » s´il était noté un « accroissement du taux de concentration de malades titulaires de la CMUC, dans certaines zones ». Car, pour les auteurs de l´étude, cette constatation permettrait de suggérer « l´existence de difficultés d´accès aux soins des malades bénéficiaires de la CMU ».
Pour accéder à l´enquête sur les bénéficiaires de la CMU, cliquez-ici : http://www.egora.fr/actualites/jour...
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L´Urml Bourgogne quitte le nouvel Institut statistique des unions
Contrairement à ce qu´avait annoncé la Conférence nationale des présidents (CNP) d´Union régionales de médecins libéraux la semaine dernière (voir article associé), l´Urml Bourgogne ne fait pas partie des Unions qui soutiennent la création de l´Institut statistique des professionnels de santé libéraux (Ispl), dont la mission est d´élaborer un nouvel outil statistique pour le suivi et l´analyse des données collectives d´activité.
L´Urml Bourgogne a en effet voté sa démission de l´Ispl, lors de son assemblée générale réunie le 20 mars, fait-elle savoir dans un communiqué. « Compte tenu des sommes investies et faute de résultats concrets, l´Urml Bourgogne a décidé de se désengager de cette nouvelle structure, née de la fusion de Liberalis et de la société civile FSE-CNP-Urmls. Ceci clôt une aventure démarrée en 1997 au sein de Intranet Grand Est puis de Liberalis », explique l´union régionale.
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JOSEPH Didier
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