Espace Généraliste

Revue de Presse du 06 juillet 2007

vendredi 6 juillet 2007 par JOSEPH Didier

L´assurance maladie annonce un renforcement des contrôles

C. L B

Alors que le plan de redressement de l´assurance maladie prévoit un sévère renforcement de la lutte contre la fraude, afin de réaliser 95 millions en année pleine, la Caisse nationale d´assurance maladie (Cnam) a présenté, hier jeudi, le bilan des actions déjà entreprises dans ce domaine. Tout le monde fait l´objet de contrôles, les assurés, les professionnels de santé et les employeurs a indiqué le Dr Pierre Fender, responsable de la lutte contre les fraudes, les fautes et les abus à Cnam. La vraie fraude, celle qui a pour intention de nuire à l´assurance maladie, ne représente que 1 % des contrôles en valeur absolue. Pour le reste, il s´agit d´abus non intentionnels, souvent induits par la méconnaissance ou « des habitudes historiques ». Il y a eu six fois plus de fraudes et abus détectés en 2006 qu´en 2005, pour un préjudice évalué à 120 millions d´euros. Enfin, le « ciblage » des fraudeurs est, selon le Dr Fender, plus efficace. Du fait d´un meilleur traitement informatique des informations et d´une meilleure exploitation des signalements sur le terrain, l´assurance maladie a pu intenter des actions sur 80 % des situations ciblées. « En 2006, confirmait le Dr Fender, le nombre de contrôles sur les professionnels de santé a été cinq fois moins important qu´en 2003 ». En tout 143 personnes ont été condamnées, en 2006, à des peines de prison ferme ou avec sursis pour escroquerie, 233 actions civiles, 1 616 procédures pénales et 422 nouvelles actions ordinales ont été engagées. Les conseils de l´Ordre des médecins ont prononcé 351 interdictions de donner des soins allant de un mois à plus d´un an. Et, au-delà des peines de prison prononcées en 2006 (30 000 journées de prison dont 79 % avec sursis), les instances pénales et les juridictions civiles et administratives ont condamné les fautifs à un total de 3,3 millions d´euros d´amende.

Concernant spécifiquement le « trafic » de Subutex (traitement substitutif aux opiacés), 12 000 assurés ont été contrôlés en 2005-2006, 148 plaintes pénales ont été déposées, 32 plaintes ordinales ont été déposées contre des médecins et 4 contre des pharmaciens. Selon le Dr Fender, la fraude concernerait moins de 10 % des 165 000 personnes suivant un traitement par Subutex.

Par ailleurs, depuis la loi de réforme de 2 004, l´assurance maladie diligente un grand nombre de contrôles auprès des prescripteurs, concernant la bonne utilisation de l´ordonnancer bi zone, ou la prescription d´arrêts de travail.

En 2006 et 2007, 180 médecins généralistes (sur 54 000) qui avaient des prescription d´arrêts de travail quatre fois et demie supérieure à celle de leurs confrères ont fait l´objet d´une procédure d´entente préalable (35 millions d´économies). Plus de 1 291 lettres de mises en garde ont été envoyées par les caisses (à 1 049 professionnels de santé, 239 assurés et 3 employeurs) qui ont entraîné 48 pénalités financières pour un montant total de 65 592 euros. Onze professionnels de santé ont été visés par ces pénalités, dont 8 au titre de prescriptions excessives en matière d´utilisation de l´ordonnancier bizone.

« Nos axes de travail seront renforcés », a confirmé Frédéric Van Roekeghem, le directeur général de la Cnam. « Nous irons jusqu´au bout des possibilités offertes par la loi de 2004 ». Les principales actions porteront le contrôle systématique des arrêts de travail de 45 jours (au lieu de 60 jours actuellement). Il y aura aussi des contrôles ciblés sur les assurés multipliant les arrêts de courte durée. Les contrôles de la prescription des transports sanitaires (avec programme spécifique portant sur la facturation des entreprises) et des pharmacies d´officine seront renforcés. Enfin, la vérification des droits des assurés ainsi que de leurs ressources est annoncée ainsi qu´une intensification du contrôle de la tarification à l´activité dans les établissements de santé.

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Les syndicats opposés à la Convention médicale exigent des réformes structurelles

G.D.L

Le plan de redressement de l´assurance maladie, entériné mercredi par le gouvernement, continue de susciter les réactions hostiles du monde syndical et associatif.

La Fédération des Médecins de France (FMF) considère que les mesures envisagées « consacrent l´échec de la maîtrise mise en œuvre par la convention de 2005 ». Le syndicat présidé par le Dr Jean-Claude Régi estime qu´il est « temps d´engager des réformes structurelles avec pour objectif l´amélioration de nos indicateurs de santé ». Pour la FMF, il est prioritaire de recentrer « l´hôpital sur ses missions propres » et de donner aux spécialités libérales « une réponse sur leur avenir ». Dernière requête et pas la moindre : « Dans le domaine conventionnel, les syndicats médicaux minoritaires vont-ils continuer d´être les seuls interlocuteurs ? », interroge la FMF qui souhaite être partie prenante des débats.

Espace Généraliste appelle lui aussi à « aller plus loin ». Le syndicat de médecins généralistes, aux positions proches de la branche généraliste de la FMF, juge que « seules des réformes structurelles allant au-delà de l´incantation pourront améliorer durablement les comptes sociaux ». Le Dr Claude Bronner n´est pas « surpris » par le plan d´économies, étant donné qu´il avait « dénoncé l´optimisme pré-électoral proclamant le succès de la réforme de 2005 », rappelle-t-il. Non signataire de la Convention, le syndicat de médecins généralistes « prend acte » de la volonté de concertation du gouvernement et demande « une reconnaissance des partenaires ». Avec la FMF-G, Espace Généraliste a rassemblé un tiers des voix des médecins généralistes lors des élections professionnelles 2006, fait valoir le syndicat.

MG France, pour sa part, évoque également « l´échec » de la convention médicale 2005 en matière de maîtrise des dépenses. Le syndicat de généralistes estime que le temps est venu de mettre en œuvre « des réformes structurelles dans le cadre législatif qui ne doivent pas être financières ». Outre le recentrage de l´hôpital sur ses missions propres (comme la FMF), MG France demande une « définition des missions du médecin généraliste traitant » et une « adaptation des modes de rémunération ».

MG France relève un bon point : l´accroissement du différentiel de remboursement hors parcours de soins. « Cette mesure est cohérente mais nécessite de donner un réel contenu médical et pas seulement tarifaire à ce parcours », nuance le Dr Martial Olivier-Koehret, président du syndicat. « Devant la disparité des revenus des différentes professions de santé », il souhaite aussi la mise en place d´une « réelle politique de revenus ».

Le Collectif interassociatif sur la santé (Ciss) compare le plan de redressement annoncé à une « nouvelle rustine ». L´association de patients appelle à « un vaste débat public », afin d´aboutir à une « réforme profonde et salvatrice de notre système de santé ». Estimant que les efforts reposent « de façon disproportionnée » sur les assurés sociaux, le Ciss restera vigilant sur plusieurs points. Il entend ainsi « préserver la garantie d´une offre de santé à tarif opposable sur l´ensemble du territoire », eu égard aux pratiques de dépassements d´honoraires. Le collectif souhaite que soit garanti le droit d´une personne vivant avec une affection de longue durée de « bénéficier d´une prise en charge optimale ».

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La consommation de médicaments génériques s’accroît en France

Le taux de pénétration des médicaments génériques a augmenté de 4,5% en mai 2007 par rapport à fin 2006.

L’utilisation de médicaments génériques est en hausse de 4,5 % par rapport à fin 2006, a annoncé aujourd’hui l’Assurance maladie. Le taux de médicaments prescrits et qui sont des génériques s’élève actuellement à plus de 50%. Les médicaments génériques sont des copies de médicament de marque dont le brevet est tombé le domaine public après une dizaine d’année de commercialisation. Les génériques sont en moyenne 30 à 40% moins chers que les médicaments de marque.

Traditionnellement en retard dans ce domaine dans la mesure où les médicaments génériques n’étaient absolument pas prescrits par les médecins traitants jusqu’à 2000, la France est donc désormais en phase de rattrapage. Au total, plus d’un milliard d’euros d’économie ont été réalisés en 2006 grâce au développement des médicaments génériques en France.

Afin de promouvoir l’utilisation de ces médicaments, le dispositif "tiers payant contre génériques" - qui veut que les assurés refusant l’achat de génériques se voient privés du "tiers payant" - déjà appliqué dans 22 départements, va être généralisé à l’ensemble du territoire, vient d’annoncer le gouvernement. De quoi inciter davantage à l’achat de ce type de médicaments de façon à réaliser davantage d’économies.

Un effort d’autant plus nécessaire qu’hier, la Caisse Nationale d’Assurance Maladie annonçait un nouveau dérapage du déficit de la Sécurité sociale, qui pourrait s’élever cette année à 12 milliards d’euros toutes branches confondues, maladie, vieillesse, famille.

Les dépenses de l’assurance maladie pourraient progresser de 50% d’ici 2015 Avec une augmentation évaluée à 5,3% par an, les dépenses de santé remboursées par l’assurance maladie devraient atteindre 210 milliards d’euros en 2015, en hausse de 50% par rapport à 2005, selon une projection publiée aujourd’hui par la Caisse nationale d’assurance maladie. Trois facteurs devraient alimenter cette progression : les progrès médicaux, le vieillissement de la population et le développement des affections longue durée (comme le cancer, le sida, le diabète ou Alzheimer), qui expliquerait à lui seul 80% de la hausse des dépenses. "En France, nous avons des débats sur le périmètre de prise en charge, comme actuellement sur les franchises médicales, ou le financement, avec par exemple la TVA sociale, mais nous n’en avons pas sur l’optimisation des dépenses", a déploré Frédéric van Roekeghem, directeur de l’assurance maladie. La CNAM souhaite ainsi renforcer la prévention des maladies chroniques, généraliser les dépistages et développer la chirurgie ambulatoire, moins coûteuse.

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ÉLECTION

C’est un Francilien, proche du président de la République, qui succède au Pr Jacques Roland, à la présidence du Conseil national. Portrait et projets. Michel Legmann, un "Politique" à l’Ordre

Un lieutenant de Sarkozy placé à la tête de l’Ordre ? L’affaire n’est, bien entendu, pas si simple et l’élection serrée du nouveau patron du Conseil national, face au Dr Jacques Lucas, montre que l’accession du Dr Michel Legmann à la plus haute marche ne s’est pas faite sur un simple claquement de doigts. Il n’empêche. Le nouveau patron de l’Ordre est un proche du nouveau président. Il ne s’en cache pas, en tire plus motif de fierté que de cachotterie et, lors de son premier contact avec la presse, lui a fait référence à deux reprises. En guise d’introduction, il annonce : « Je suis fils d’immigré hongrois… comme quelqu’un d’autre. » En forme de conclusion, il explique : « Maire adjoint de Neuilly, j’ai été à bonne école et le haut responsable que vous savez m’a toujours dit que les pouvoirs publics avaient besoin d’interlocuteurs compétents. »

Projets de réforme

Avec Michel Legmann – qui a planché sur la plateforme santé du candidat UMP et que la presse a parfois intronisé en putatif maire de Neuilly – le « parlement » ordinal a donc choisi la semaine dernière un patron plus politique que les précédents. L’intéressé ne réfute d’ailleurs pas le qualificatif, pourvu que l’on fasse référence à « la vraie, la belle politique, pas à la politique politicienne ». Cette élection d’un « Parisien », pour la première fois depuis longtemps, révèle probablement que son entregent a compensé ce handicap francilien. Avec lui, l’Ordre aura-t-il davantage droit de cité ? On peut le parier. L’intéressé y compte en tout cas. A l’aube de son mandat, il fait trois propositions pour donner des moyens à l’institution. A commencer par le mandat de trois ans (au lieu de deux) qu’il souhaiterait instaurer pour les conseillers ordinaux. Pour l’heure, il promet de mieux distinguer les compétences d’un secrétaire général axées sur l’intendance et des relations avec les départements, et celles plus politiques du président et des vice-présidents. A l’intention de ces derniers, il assure : « Je ne suis pas un mandarin. Je compte déléguer – car personne ne peut travailler seul – et donner de réelles responsabilités au bureau. » Le ton est volontaire, bien éloigné de l’onctuosité de certains de ses prédécesseurs.

Dernière priorité annoncée : le statut de l’élu. Le Dr Legmann argue en effet qu’il est temps de mieux prendre en compte le temps passé à l’Ordre ou dans les syndicats : « L’affaire de Paris (voir encadré) n’est pas si simple qu’on le dit. Une meilleure prise en compte de la rémunération des élus s’impose, sinon plus personne ne voudra abandonner son cabinet deux ou trois jours par semaine. » Et tant pis si la cotisation ordinale doit s’en ressentir : « On ne pourra pas faire autrement », se défend le nouveau président, qui explique que de toute façon le fonctionnement des nouveaux conseils régionaux l’impose.

A 66 ans, ce radiologue garde ses autres projets pour lui. Mais comme son secrétaire général, Walter Vorhauer, il connaît les arcanes de l’institution comme sa poche. L’un et l’autre totalisent un quart de siècle de mandats ordinaux et Michel Legmann est depuis douze ans au national et une dizaine d’années au bureau. Allez donc vous étonner qu’il ait réponse à tout ! La FMC ? Il y est investi depuis 1996 et de là datent ses liens avec Jacques Roland, son prédécesseur. Il juge le dispositif actuel « efficace », mais n’en dira pas autant de l’EPP… La sécurité des médecins ? Il en était en charge jusque-là, en contact étroit avec le ministère de l’Intérieur. Les dépassements d’honoraires des médecins ? Il juge « inadmissibles » les refus de CMU, mais à propos du « tact et mesure » souligne « le décalage entre les facultés de remboursement de l’Assurance maladie et la valeur des actes ». Les syndicats ? Ses rapports sont « excellents » avec tous, mais il promet « qu’il n’empiètera pas sur leur domaine ». La PDS ? La crise n’est « pas encore réglée ». Il faut « arrêter de mégoter sur la rémunération. » Démographie ? Mieux vaut inciter que contraindre…

Jean Paillard

garo/phanie http://www.legeneraliste.fr/


Soldes d’été à la Sécu

plan d’économies Sans surprise, les deux ministres en charge de la Sécu ont repris mercredi dans ses grandes lignes le plan de redressement des comptes proposé par l’Assurance maladie. Au menu de l’été : durcissement du hors parcours (10 % de remboursement en moins), déplafonnement du forfait de 1 euro par acte (jusqu’à 4 euros par jour), baisse des tarifs des radiologues et des biologistes, ainsi que des prix de certains médicaments. Mais Roselyne Bachelot et Eric Woerth n’ont pas retenu la mise à contribution des mutuelles, jugée prématurée. Ni les déremboursements de médicaments ou de cures thermales, trop impopulaires. Pour la suite, le gouvernement ratifiera le plan « sans délai », a annoncé François Fillon dans son discours de politique générale.

L’urgence est, en effet, à la mise en oeuvre effective de chacune des mesures du plan pour que les économies ne restent pas virtuelles. Selon le comité d’alerte des dépenses d’Assurance maladie, on est, en effet, bien loin des 1,2 milliard d’euros affichés par les ministres en année pleine. Les trois experts du comité estiment les marges de manoeuvre dégagées pour la fin de 2007 entre 430 et 800 millions d’euros. Trop juste, alors que mercredi la commission des comptes de la Sécu a estimé le « trou » prévisible pour la branche maladie fin 2007 à 6,4 milliards au lieu des 3,9 attendus. Ce plan de redressement qui prendra effet de manière échelonnée entre août et novembre, reste donc limité et provisoire. Les choses sérieuses débuteront avec l’écriture, dans les toutes prochaines semaines, du budget de la Sécu pour 2008. Les mauvaises nouvelles pour les assurés sont déjà dans l’air. François Fillon dit travailler sur les franchises. Les médecins ont également des raisons d’être inquiets. La Csmf a qualifié d’« erreur historique » le plan de redressement de la Sécu. Elle affirme désormais « rester sur le pont tout l’été » pour obtenir du gouvernement un Ondam des soins de ville suffisant. Or de cet Ondam dépend la revalorisation du C au niveau du Cs en 2008. g

voisin/phanie

Roselyne Bachelot et Eric Woerth ont repris les grandes lignes du plan d’économies de la Cnam.

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GARDES

En vue d’une éventuelle canicule, la ministre de la Santé demande au Conseil de l’Ordre et aux préfets de s’assurer que les tableaux de garde seront bien remplis. Sur le terrain, les généralistes sont prêts à relever le défi, mais la question non résolue du samedi après-midi pourrit l’ambiance. Menace de grève du SML pour le 13 juillet.

Les manoeuvres d’été sur la PDS

Le double courrier signé Roselyne Bachelot-Narquin est parti le 11 juin dernier. L’un à destination du Conseil national de l’Ordre des médecins. L’autre aux préfets, tant des départements que des régions. Leur objet ? L’organisation de la permanence des soins pour la période estivale qui s’annonce. Et, pour ce faire, la ministre souhaite faire procéder à « la réalisation d’un état des lieux des présences des médecins libéraux pendant l’été […] afin, en particulier, d’assurer l’exhaustivité des tableaux de garde qui constitue un objectif prioritaire. […] Je vous demande de me signaler toutes zones présentant un risque particulier du fait de la faiblesse du dispositif ». Pour l’heure, rien n’est encore remonté sur le bureau de Roselyne Bachelot. Mais, tant du côté des syndicats que de celui de l’Ordre, personne n’est véritablement inquiet, les procédures étant désormais rôdées. « Les comités départementaux de l’aide médicale urgente et de la permanence des soins de ville se réunissent. Quant à la réalisation effective de la mission de service public qui est aujourd’hui le statut de la permanence des soins, je rappelle que le pourcentage des médecins volontaires pour y participer dépassait les 60 % dans plus de huit départements sur dix, comme l’indiquait l’étude que nous avons réalisé dans toute la France au début de l’année », indique le Dr André Deseur, président de la commission de la permanence des soins au Cnom.

Des conduites à tenir bien intégrées

A MG-France, le Dr François Michel, qui suit le dossier pour le compte du syndicat, tient peu ou prou le même discours : « Les régulations sont en place dans tous les départements ou presque. Des maisons médicales se construisent tous les mois. Donc, en cas de fortes chaleurs, nous devrions être capables de répondre aux besoins. A condition qu’il y ait suffisamment de solutés dans les officines. » A l’arrivée, c’est peut-être le Dr Jean-Paul Hamon qui résume le mieux la position des généralistes face au risque d’un nouvel épisode caniculaire : « Les conduites à tenir ont été bien intégrées par la population depuis la canicule de 2003. A tel point que nous sommes parfois obligés de dissuader les personnes âgées de boire trop. Je me souviens, au plus fort de la vague de chaleur de l’été dernier, de cette petite grand-mère à qui je conseillais de prendre une douche de plus dans la journée plutôt que d’avaler des litres d’eau qui faisaient chuter son sodium… Le problème, c’est qu’on mélange aujourd’hui les risques d’une nouvelle canicule, face à laquelle nous, les généralistes, sommes prêts, et la permanence des soins pour l’organisation de laquelle, les pouvoirs publics continuent de mégoter sur les moyens.

Grève des gardes

Dans son collimateur, le montant de l’astreinte dévolue aux généralistes qui sont de permanence le samedi après-midi. Un dossier qui énerve aussi passablement le président du SML. Le Dr Dinorino Cabrera a ainsi mis en demeure les pouvoirs publics : « Si le paiement des astreintes du samedi après-midi et des jours qui entourent les jours fériés n’est pas réglé dans les deux semaines, nous appelons à une grève des gardes à compter du 13 juillet. Bien évidemment, ce mot d’ordre serait levé en cas d’épisode caniculaire. » Une prise de position musclée du SML qui a reçu un soutien inattendu en la personne du président d’Espace Généraliste. « L’arrêté qui règle cette question a été signé depuis plusieurs mois. Mais les caisses refusent de payer en arguant du fait qu’il n’y a pas de texte conventionnel ad hoc. Sur ce dossier, Cabrera a raison. » Suffisamment pour qu’Espace se joigne, le cas échéant, au mouvement de grève ? Au cours d’une réunion conjointe avec Jean-Paul Hamon la semaine dernière, Claude Bronner n’a pas exclu cette possibilité.

Reste que, sur le terrain, le moral des troupes varie d’un département à l’autre. Comme l’explique le Dr Guillemette Reveyron, cette généraliste de l’Ain qui s’était illustrée en créant l’association Repos pour protester contre les réquisitions imposées aux généralistes dans le cadre de la permanence des soins, « le système aujourd’hui est toujours bancal. Les réquisitions dans notre secteur ont cessé, mais les gardes ne continuent de fonctionner que sur la bonne volonté des gens. Un jour, il y aura un problème… » Dans les Alpes-Maritimes, l’un des départements recensés par l’Ordre comme présentant un faible taux de participation des généralistes à la permanence des soins, le Dr Eric Bouchard ne dit pas autre chose : « La profession médicale vieillit. Les médecins âgés baissent les bras. A 55 ans passés, enquiller les gardes puis les journées de travail au cabinet devient physiquement difficile. Je le sens mal, pour remplir le tableau du mois de juillet, on a des trous partout. » Et ce représentant départemental du SML de développer la position de son syndicat, « surtout lorsqu’il ne nous est pas possible d’obtenir la défiscalisation de nos honoraires de garde ». Physiquement éprouvant, financièrement démotivant, la mission de service public n’incite guère les généralistes quinquas à l’enthousiasme. A l’Unof, d’ailleurs, le message est clair : « Nous sommes sur un mot d’ordre de non-volontariat. Et si les confrères se font réquisitionner, au moins, seront-ils rémunérés », lâche ainsi le Dr Michel Combier.

Peut-être la prochaine publication du rapport très attendu du Dr Jean-Yves Grall (voir encadré ci-contre), permettra-t-elle de débloquer la situation ? Beaucoup veulent le croire, présidents de syndicats en tête. Lors de la dernière réunion organisée à l’initiative de l’Urml d’Ile-de-France afin de présenter les différents modèles d’organisation de la PDS francilienne (voir Le Généraliste n° 2416, p. 28) à laquelle le Dr Grall était présent, le Dr Hamon ne tarissait pas d’éloges sur les capacités de ce dernier à émettre des propositions pour une « permanence des soins efficiente et efficace ». Jusqu’à Dinorino Cabrera, qui, en aparté la semaine dernière, espérait fort que sa proposition de sortir le financement de la PDS du champ conventionnel pour l’inclure au sein du projet de loi de financement de la Sécurité sociale soit retenue. Réponse dans quelques semaines.

Il y a deux semaines, la ministre de la Santé a demandé aux acteurs concernés de dresser l’état des lieux des présences des médecins libéraux pendant l’été… Rien n’est encore remonté sur son bureau. Voici les dernières données disponibles sur la participation des généralistes à la PDS au 1er janvier 2007.

photo :voisin/phanie

source : c.n.o.m N°2418 du 06/07/2007 François Petty

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Après vingt ans d’exercice en région parisienne, ce généraliste a réuni dans son dernier ouvrage anecdotes et conseils pratiques à destination des patients. Un livre singulier pour parler d’un colloque qui se décline à plusieurs.

Un patient averti en vaut deux !

Le Généraliste : Vous venez de publier "Comment devenir un bon patient en 10 leçons". Est-ce à dire que la réforme du médecin traitant n’y suffit pas ?

Dr Michel Guilbert (rires) : Il y avait eu, c’est vrai, une très bonne réforme, le médecin référent. Et puis le médecin traitant est arrivé là-dessus, et je trouve que ce n’est pas forcément mieux. Je fais des clins d’oeil en ce sens en disant, par exemple, qu’on peut aujourd’hui choisir en tant que garçon un gynécologue comme médecin traitant. Aujourd’hui, nous nous trouvons face à des patients qui nous disent « Donnez-moi une feuille pour aller voir mon dermato »… Parfois, c’est bien, parce qu’on peut rebondir : « Attendez, montrez-moi ce que vous avez, je peux peut-être faire quelque chose », mais cette possibilité était déjà effective avec le médecin référent, qui incluait en outre le tiers payant. Enfin, bon…

Avez-vous le sentiment que les relations entre médecins et patients ont changé ?

Dr M. B. Absolument, je fais remonter cette évolution aux vingt dernières années. Aux années sida, pour être exact. J’ai plus de la cinquantaine, et pour ma génération, quand on a commencé médecine, c’était un peu le médecin paternaliste et le côté dominant-dominé qui primait, du type « Je suis le patient, mon médecin sait tout et j’écoute ce qu’il dit ». Je me suis installé au début des années 80 et je pense que le sida a tout changé. D’un seul coup – je parle là des médecins impliqués dans ce domaine, à ce moment je travaillais à MDM et, par ricochet, sur la toxicomanie –, cela nous a fait prendre conscience d’un certain nombre de choses. Les sidéens ont pris leur maladie en main, une réalité que nous, médecins, avons pris en pleine figure et ça a totalement changé notre relation.

Vous posez néanmoins au début de votre livre l’équation médecin = neuf ans d’études…

Dr M. B. C’est une pirouette. Je trouve que l’humour est un bon vecteur pour donner quelques informations. Mais le fond du livre, c’est notre relation avec les malades. Et même si la relation a évolué vers un plan plus égalitaire, cela ne peut fonctionner que si chacun est à sa place. C’est à travers une relation de confiance que nous faisons des choix avec les patients. Avant, ces choix, on les faisait tout seul.

Ainsi, vous prônez un respect mutuel et un minimum de bienséance de leur part.

Dr M. B. Certains patients ne se gênent pas, ce qui, je le reconnais, aurait tendance à me faire plutôt rire. Mais c’est hallucinant, le rapport aux téléphones portables notamment. Une fois, par exemple, un patient avait un air et un ton tellement engagés que j’ai cru que le sujet était vraiment important. Il me fit signe avec la main pour me dire que c’était presque terminé. J’ai attendu. Au bout de cinq minutes, je me suis rendu compte qu’en fait, il était au téléphone avec son garagiste…

Ne tend-on pas aujourd’hui à culpabiliser les gens qui n’ont pas une hygiène de vie idéale ?

Dr M. B. Je pense que notre rôle de généraliste, c’est de donner les infos aux gens pour qu’ils prennent leur décision. S’ils ne font pas de sport, s’ils sont gros, s’ils fument, s’ils boivent, voilà ce qu’ils risquent. Mais cela ne marchera pas contre eux. Ce côté un peu hygiéniste, il faut y faire attention. Autrement on rentre dans une logique perverse. Au début du sida, on culpabilisait les malades. C’était de leur faute. Demain, on fait quoi, si une personne ne fait pas de sport et qu’elle a un infarctus, on lui réduit ses indemnités de prise en charge ?

Foley J. - Opale

N°2418 du 06/07/2007 Propos recueillis par François Petty

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