Espace Généraliste

Revue de Presse du 03 juillet 2007

mardi 3 juillet 2007 par JOSEPH Didier

Décélération spectaculaire en 2006 des dépenses en Rhône-Alpes

Alors que le comité d’alerte vient au niveau national de sonner le tocsin face aux dérapages des dépenses maladie pour le début de l’année 2007, l’Observatoire du médicament de Rhône-Alpes annonce une forte décélération des dépenses de pharmacie en 2006 pour la Région. Toutefois, des « efforts » supplémentaires dans ce sens sont encore attendus, notamment de la part des prescripteurs hospitaliers.

EN 2006, LES DÉPENSES de pharmacie en Rhône-Alpes n’ont progressé que de 1,3 %, contre 5,6 % l’année précédente. « Depuis la création de l’Observatoire régional du médicament [1], nous n’avions jamais vu cela », a indiqué Georges Dorme, directeur de l’union régionale des caisses d’assurance-maladie (Urcam) de Rhône-Alpes, en présentant les nouvelles données de l’Observatoire.

« Cette décélération, a-t-il précisé, résulte en grande partie des différentes mesures prises dans le cadre de la réforme de 2004. » Ainsi, la pharmacie qui, habituellement, contribuait le plus à l’évolution des soins ambulatoires n’arrive plus qu’en cinquième position en 2006. Bien que les cinq familles de médicaments les plus prescrits en ambulatoire et délivrés en officine de ville restent les mêmes qu’en 2005, les dépenses des quatre premières – hypocholestérolémiants, antiulcéreux, antalgiques non narcotiques et antipyrétiques, ainsi que les antidépresseurs et normothymiques – sont en baisse. En revanche, la dernière de la liste, celle des inhibiteurs de l’agrégation plaquettaire, affiche une hausse de 11,9 %. « Cette progression suit celle du premier d’entre eux, Plavix, dont l’utilisation augmente », écrit l’Observatoire. Parmi les dix spécialités en tête des remboursements en 2006, deux d’entre elles font une entrée très remarquée : Enbrel utilisé contre la polyarthrite, et le vaccin anti-pneumocoque Prevenar qui, entre 2005 et 2006, affichent une évolution respective de 16 387,4 % et 181,3 %.

A côté des prescriptions ambulatoires, celles effectuées à l’hôpital ont également été passées à la loupe. Il y a un peu plus d’un an, la Mission régionale de santé (MRS) lançait un plan de « sensibilisation » ciblant 37 établissements qui, à eux seuls, représentent 70 à 80 % des prescriptions hospitalières (« le Quotidien » du 28 avril 2006). Si la MRS attend de disposer de bilans par établissements, pour juger de l’efficacité de cette action, l’Observatoire du médicament note d’ores et déjà que la progression des dépenses de médicaments prescrits par ces établissements et délivrés en ville est plus faible en 2006 qu’en 2005, soit 15,7 %, contre 20 %, « mais reste importante ».

Action sur les triptans. Côté génériques, l’Observatoire se félicite d’une forte hausse de leur part de marché dans le total des médicaments délivrés. La mise en oeuvre du dispositif « tiers payant contre générique » dans l’Isère et le Rhône a donné un véritable coup de fouet à la délivrance, faisant notamment passer le Rhône de la 96e à la 2e place dans le classement national. En revanche, l’Observatoire estime que des efforts restent à engager vis-à-vis de prescriptions jugées excessives, notamment d’antibiotiques, et plus particulièrement ceux de la famille des céphalosporines dont la prescription est dix fois plus importante en France qu’elle ne l’est au Royaume-Uni. Enfin, dans un objectif de maîtrise médicalisée, mais également de prévention de l’iatrogénie, l’Urcam va engager une grande opération de sensibilisation auprès des patients, prescripteurs et pharmaciens sur les abus d’antimigraineux de la famille des triptans. Une étude conduite sur 16 605 patients traités par triptans en Rhône-Alpes révèle que 37 % d’entre eux nécessitaient un traitement de fond, alors que 51,1 % n’en avaient pas. En outre, 26 % de ces patients avaient une consommation abusive conduisant à des céphalées chroniques quotidiennes (CCQ), abus aggravés par la prise concomitante d’opioïdes dans 47,3 % des cas.

CAROLINE FAESCH

Le Quotidien du Médecin du : 03/07/2007


« La franchise est une solution purement financière qui ne résoudrait rien »

PRÉSIDENT DE LA FÉDÉRATION NATIONALE DE LA MUTUALITÉ FRANÇAISE

La commission des comptes de la Sécurité sociale doit faire état, demain, d’une aggravation du déficit du régime général en 2007, au-delà de 11 milliards d’euros. Formellement la nouvelle prévision sera même proche de 12 milliards, la commission ne prenant pas en compte l’effet du plan de redressement de l’assurance-maladie (dont le déficit atteindrait 6,4 milliards d’euros), que le gouvernement annoncera également demain. Jean-Pierre Davant, président de la Mutualité Française, dresse un constat d’échec de la réforme de 2004.

Etes-vous surpris par le dérapage de l’assurance-maladie ?

La réforme Douste-Blazy, comme les précédentes, n’a pas modifié en profondeur l’organisation des soins. Les mesures avancées depuis 2004, telles que la mise en place du médecin traitant, sont extrêmement insuffisantes. Dans ces conditions, nous ne sommes pas du tout surpris de l’aggravation du déficit, qui marque l’échec de la réforme de l’assurance-maladie après une amélioration temporaire. Il n’y a pas besoin d’un grand soir mais simplement d’une adaptation permanente de notre organisation sanitaire en fonction des besoins, d’une régulation par la recherche de la qualité.

Le plan de redressement proposé par la CNAM va-t-il dans le bon sens ?

Le mécanisme du comité d’alerte peut être salutaire s’il fait prendre conscience au gouvernement de la nécessité d’agir. Mais les mesures d’économies proposées sont tout à fait conjoncturelles et n’améliorent en rien l’organisation des soins. Et alors qu’il n’y a aucun signe de redressement, on lâche les vannes en augmentant le tarif de la consultation des généralistes. On marche sur la tête ! Il n’y a pas une entreprise, pas une mutuelle qui pourrait fonctionner ainsi.

Une « contribution » de 200 millions d’euros est demandée aux complémentaires santé…

C’est une taxe. Je demande au gouvernement de rejeter cette mesure improductive. Les mutuelles sont prêtes à investir dans des nouveaux modes de rémunération des professionnels de santé. Mais faisons cela de manière intelligente et concertée. Les financements que nous apporterons aux médecins devront faire l’objet de contreparties en matière de service et de qualité.

Que pensez-vous de la proposition de « bouclier sanitaire » de Martin Hirsch, qui ferait varier les remboursements en fonction des revenus ?

C’est le type même de la fausse bonne idée. C’est même le projet le plus dangereux à l’heure actuelle pour l’avenir de l’assurance-maladie. Si on demande aux classes moyennes et aux cadres de financer toujours plus et de recevoir toujours moins, on remet en cause le principe de solidarité nationale. Martin Hirsch confond solidarité et assistance. Nous ne sommes plus au XIXe siècle.

Les franchises sont souvent présentées comme un financement nouveau…

C’est un déremboursement. Cela ne peut donc pas être considéré comme une ressource nouvelle. La franchise est une solution purement financière qui ne change rien à l’organisation du système de santé. Et même sur le plan financier, elle ne résoudrait rien : il faudrait une franchise de 400 à 500 euros par an et par personne, ne serait-ce que pour remettre les comptes à zéro. C’est impensable ! Le gouvernement devrait renoncer à la franchise, qu’elle soit fonction du revenu ou pas. Ce n’est pas une position idéologique de notre part, c’est une question de bon sens. PROPOS RECUEILLIS PAR ÉTIENNE LEFEBVRE

http://www.lesechos.fr/


Un médecin menacé dans son cabinet

Un homme est entré dans un cabinet médical, boulevard Balzac à Strasbourg-Hautepierre, cagoulé et muni d’une arme de poing, vendredi à 19h. Entretemps, le médecin a aperçu le suspect. Il s’est enfermé dans son bureau et a prévenu la police. L’agresseur a aussitôt pris la fuite. Le médecin a déposé une plainte contre X.

Édition du Mar 3 juil. 2007

http://www.dna.fr


L’aide à l’acquisition d’une mutuelle finance 50 % du contrat

Nouvelle revalorisation.

Le fonds de financement de la couverture maladie universelle fait état d’une amélioration du niveau de prise en charge des couvertures santé complémentaires (assurance, mutuelle) pour les personnes dont le revenu est supérieur jusqu’à 15 % au plafond de la CMU.

L’amélioration du barème de l’aide à l’acquisition d’un contrat, intervenue l’an dernier (400 euros au lieu de 250 euros pour les plus de 60 ans, 200 euros au lieu de 150 pour les 25-59 ans), a permis de faire passer le montant moyen de déduction à 341 euros, pour un prix moyen de contrat de 693 euros, soit près de 50 % des frais pris en charge. En 2005, 60 % du contrat restaient à la charge des assurés concernés. Le « taux d’effort » recule ainsi de 4,5 % à 3,8 % des revenus annuels, mais il reste « conséquent », selon le fonds CMU, qui préconise une nouvelle revalorisation de l’aide, à 480 euros par an, pour les plus âgés, un montant qui pourrait être proposé également aux 50-59 ans, actuellement pénalisés.

http://www.lesechos.fr


Les deux ans du parcours de soins coordonnés

Seulement 5 % des patients se sentent mieux suivis après la réforme

L’Irdes publie aujourd’hui une étude sur le ressenti des patients et leurs motivations pour choisir un médecin traitant. Les patients, qui avaient déjà un médecin de famille dans leur grande majorité, pensent que le dispositif du médecin traitant est « obligatoire ». Quatre-vingt-deux pour cent estiment que la réforme n’a pas changé la qualité de leur prise en charge. Seulement 5 % ont le sentiment d’être mieux suivis et 2 %, moins bien suivis.

DEUX ANS presque jour pour jour après la mise en place des parcours de soins coordonnés par le médecin traitant, l’Irdes (Institut de recherche et documentation en économie de la santé) publie aujourd’hui une étude sur le ressenti des patients face au dispositif issu de la réforme de 2004 [2].

Cette enquête tombe à pic au moment où le gouvernement pourrait décider demain de réduire de 60 à 50 % le taux de remboursement de la Sécu sur les actes médicaux effectués hors parcours de soins, c’est-à-dire sans passer par la case médecin traitant ou en l’absence de médecin traitant déclaré. Cette mesure évaluée à 150 millions d’euros fait partie du plan d’économies de 1,455 milliard d’euros en année pleine proposé par l’assurance-maladie.

A partir des données fournies par l’enquête Santé Protection sociale 2006, l’Irdes constate, tout d’abord, que le dispositif du médecin traitant est perçu comme une obligation, alors qu’il reste facultatif officiellement. Parmi les 6 430 personnes interrogées ayant déclaré un médecin traitant, 82 % l’ont fait avant tout parce qu’il avait un « caractère obligatoire », ensuite pour des raisons économiques (44 %), civiques (31 %) et médicales (choix personnel à 22 % ou sur conseil à 13 %). « Au total, on observe que les personnes plus malades et plus âgées sont entrées dans le système au cours de leur prise en charge médicale et dans un cadre ressenti comme contraint, notent les auteurs de l’étude. A l’opposé, les personnes plus jeunes, en meilleure santé et plus éduquées font valoir des motivations plus étendues, dans lesquelles entrent, bien sûr, des considérations économiques, mais aussi les objectifs plus larges de la réforme. »

Selon la Caisse nationale d’assurance-maladie (Cnam), 83 % des assurés ont déjà désigné leur médecin traitant. Mais l’étude de l’Irdes laisse entendre que la part des assurés vraiment récalcitrants serait en fait bien inférieure à 17 %. Si l’on met de côté ceux qui n’ont simplement pas eu l’occasion ou le temps de consulter pour accomplir cette formalité (au moment de l’enquête), seulement « 5% de la population » se montre réfractaire et « préfère rester en dehors du schéma en assumant les dépenses supplémentaires éventuelles ». L’Irdes relève que ces irréductibles « ont dans une moindre proportion un médecin habituel (75 % contre 92 %) ». Et pour cause. « Le facteur le plus déterminant est le fait d’avoir un médecin de famille : l’absence de médecin de famille multiplie par plus de cinq la probabilité de ne pas avoir de médecin traitant, explique l’étude. Cela confirme définitivement l’hypothèse que le dispositif s’est plaqué sur un schéma informel préexistant, les assurés y basculant naturellement dans le cadre de leurs relations avec leur médecin habituel ou de famille. » Résultat : les « bons élèves » et les « cancres » de la réforme Douste-Blazy de 2004 pouvaient être connus d’avance.

A la lumière de l’étude de l’Irdes, on peut se demander si la nouvelle pénalité financière envisagée par la Cnam incitera davantage les patients hors parcours à revenir dans le droit chemin ou si son impact sera essentiellement économique. « Cela ne devrait pas changer beaucoup les comportements », affirme au « Quotidien » Paul Dourgnon, responsable de l’étude. A moins que cela ne change un peu les habitudes « chez les jeunes en bonne santé et dans les grandes villes où l’accès aux spécialistes est quand même très facile », nuance ce chercheur de l’Irdes.

Le frein à l’accès du spécialiste. Son enquête est, par ailleurs, riche d’enseignements sur la perception qu’ont les patients de la plus-value médicale des parcours de soins. En l’occurrence, le bilan est peu glorieux, même s’il doit être relativisé : il n’est que provisoire, faute de recul suffisant, et s’appuie sur des déclarations et non des faits. « Huit personnes sur dix (82 %) ont eu le sentiment d’une absence de changement dans leur suivi, note l’Irdes. 11% n’ayant pas consulté depuis lors n’ont pas été en mesure de constater un éventuel changement. Au final, seulement 5% ont eu le sentiment d’être mieux suivies et 2% moins bien suivies. »

Enfin, le dispositif du médecin traitant a un peu « freiné l’accès au spécialiste ». En janvier dernier, la Cnam faisait déjà état d’une baisse de 4 % de l’activité des spécialistes cliniciens (dermatologues, rhumatologues, endocrinologues…) sur les neuf premiers mois de 2006, du fait du recentrage sur leur métier de consultant. L’étude de l’Irdes souligne, pour sa part, que seulement 5 % des personnes interrogées déclarent avoir « renoncé à consulter un médecin spécialiste depuis la réforme du médecin traitant ». Le nouveau dispositif du médecin traitant est invoqué directement pour 3,7 % d’entre eux qui avancent les arguments suivants : « c’était trop cher pour moi », « c’était trop compliqué de passer par le médecin traitant », « je voulais voir un spécialiste directement, mais c’était devenu trop cher ».

L’Irdes n’a, en tout cas, pas dit son dernier mot sur la réforme. Ses chercheurs promettent de passer à la loupe dans les prochains mois ses autres facettes, et notamment son impact sur l’équité d’accès aux soins et sur les pratiques médicales.

AGNÈS BOURGUIGNON

Une réforme bancale

Le dispositif du médecin traitant et des parcours de soins attend toujours son outil indispensable à la coordination et au suivi des soins : le dossier médical personnel (DMP), reporté à 2008. En janvier, la Cnam relevait déjà que la réforme avait été neutre pour quatre types de traitements (asthme, migraine, dépression et acné). Le dernier avenant conventionnel n° 23 vise à mettre plus de prévention dans le dispositif du médecin traitant en fonction de priorités de santé publique (iatrogénie médicamenteuse, dépistage du cancer du sein, vaccination antigrippale). Enfin, la Cnam veut faire jouer un rôle pivot aux médecins traitants dans son projet d’accompagnement des malades chroniques.

Le Quotidien du Médecin du : 03/07/2007


[1] Entité de l’Urcam. Le rapport sera en ligne en septembre sur : www.rhone-alpes.assurance-maladie.fr.

[2] « Les assurés et le médecin traitant : premier bilan après la réforme », par Paul Dourgnon, Stéphanie Guillaume, Michel Naiditch, Catherine Ordonneau. « Questions d’économie de la santé », n° 124.


Enregistrer au format PDF impression suivre la vie du site syndiquer le forum 0 réaction
Accueil du site | Contact | Plan du site | Espace privé | Statistiques | visites : 107774

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Infos-Actualités  Suivre la vie du site Revue de Presse   ?

Site réalisé avec SPIP 1.9.2d + ALTERNATIVES

Creative Commons License