Revue de Presse du 03 août 2007
vendredi 3 août 2007 par JOSEPH Didier
Navigation rapide
- Un trafic de médicaments démantelé à Paris, p1
- Un syndicat de jeunes généralistes revendique la consultation à 23 euros, p1
- Franchise « Alzheimer » sur les actes paramédicaux : la FNI dit non !, p1
- Franchises médicales : l’abjecte hypocrisie, p1
- "avec les franchises, on sort du système solidaire de financement de la santé", p1
Un trafic de médicaments démantelé à Paris
M.S. (lefigaro.fr) avec AFP.
20.000 médicaments importés frauduleusement de Chine attendaient dans une épicerie parisienne d’être vendus.
Ce sont 21.691 cachets, gélules, flacons d’antibiotiques, de corticoïdes, d’anti-inflammatoires, d’antihistaminiques qu’ont trouvé les douanes dans une épicerie parisienne le 24 juillet. Importés frauduleusement de Chine, ces médicaments, d’une valeur de 30.000 euros, "étaient sur le point d’être commercialisés sans autorisation de mise sur le marché", révèle les douanes.
Cette importante saisie a été réalisée lors du contrôle d’une épicerie parisienne qui vend notamment des produits parapharmaceutiques. "Les médicaments découverts par les douaniers provenaient de Chine et étaient détenus sans justificatifs. Les emballages et notices étaient, pour la plupart, rédigés en chinois ou en anglais", rapportent les douanes. "Les produits découverts ont été remis à l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (AFSSAPS) pour expertise. Celle-ci a confirmé que la quasi totalité des produits découverts étaient bel et bien des médicaments, du fait de leur composition ou de leur présentation", ajoutent les douanes.
Les médicaments ne comportaient pas de notice précise, « les rendant dangereux pour les consommateurs », expliquent les autorités. « En outre, certains médicaments saisis sont censés soigner des maladies très diverses (médicament pour le traitement à la fois de l’ulcère, de l’acné, des lumbagos et de l’anorexie) », selon les douanes. Le gérant du magasin a été "entendu, confirmant le trafic, et expliquant que les prix étaient négociés avec les clients de gré à gré". Les Douanes présument que ce trafic avait cours depuis un certain temps.
http://www.lefigaro.fr/france/20070...
Un syndicat de jeunes généralistes revendique la consultation à 23 euros
G.D.L
Le syndicat national des jeunes médecins généralistes (Snjmg) réclame une consultation à 23 euros pour les généralistes, « ces derniers étant des spécialistes à égalité de leurs confrères des autres spécialités ». C´est ce que vient d´annoncer Fabien Quedeville, le nouveau président du Snjmg, installé depuis trois ans en région parisienne et ancien secrétaire général du syndicat. Il entend « porter haut et fort les nombreuses revendications des jeunes médecins généralistes qui sont l´avenir de la profession », qu´ils soient des généralistes non thésés ou des jeunes installés.
Le Snjmg défendra deux revendications prioritaires à la rentrée : la filière universitaire de médecine générale et la démographie médicale. « Pour que la médecine générale redevienne attractive, il faudra que son enseignement soit au moins digne de celui de n´importe quelle autre spécialité et que sa pratique corresponde aux attentes et aux aspirations des jeunes générations », fait valoir Fabien Quedeville.
Il souhaite par ailleurs faire évoluer le dossier de l´application du moratoire, qui permet aux patients de consulter un jeune installé depuis moins de cinq ans, y compris hors parcours de soins, sans être pénalisé.
http://www.egora.fr/commun/script/w...
Franchise « Alzheimer » sur les actes paramédicaux : la FNI dit non !
Paris, le vendredi 3 août 2007 – Jusqu’à la veille de son départ en vacances, le gouvernement aura voulu se montrer particulièrement actif. Il semble que les syndicats auront également mis un point d’honneur à suivre avec ferveur cette brûlante actualité. C’est ainsi que ce mardi 31 juillet, le Président de la République, Nicolas Sarkozy créait la surprise en annonçant que le plan de lutte contre la maladie d’Alzheimer serait financé par la mise en place de différentes franchises sur les dépenses de santé. Peu après, le ministre de la Santé, Roselyne Bachelot confirmait que ces franchises s’élèveraient à cinquante centimes d’euros par boîte de médicaments et par acte paramédical et à deux euros par recours au transport sanitaire. On le sait, cette annonce et ces précisions n’ont pas manqué de susciter une désapprobation presque unanime, partagée par l’opposition, les associations de patients et les organisations syndicales. Ces dernières auront notamment exprimé leur désaccord par la voie de centrale générale, mais des syndicats spécifiques sont également monté au créneau, telle la Fédération nationale des infirmières (FNI).
Les infirmiers libéraux ne « joueront pas aux percepteurs ! »
L’ire de cette dernière, qui représente les infirmières libérales, ne pouvait manquer de s’exprimer face à la volonté affichée par le gouvernement d’instaurer une franchise sur les actes paramédicaux. Après avoir dénoncé dans un communiqué publié ce 1er août « l’absence de concertation préalable », la FNI souligne combien le choix de cibler les actes infirmiers paraît contestable. Elle s’inquiète d’abord d’un regrettable mélange des genres : « La FNI prend acte (…) du peu de discernement dont a fait preuve le gouvernement en assimilant les dépenses liées aux médicaments (32,7 % des soins de ville) à celle des actes infirmiers (4,8 % des soins de ville) ». Ce régime identique appliqué à des postes de dépense si différents est d’autant plus surprenant, juge la FNI, si l’on veut bien se rappeler le prix moyen de l’acte infirmier. Il est vrai qu’à l’heure où l’acte médico-infirmier est fixé à trois euros, les cinquante centimes de franchise représenteront une somme relativement importante par rapport au coût total de l’acte ! Enfin, la FNI regrette que le choix du gouvernement se soit porté sur un secteur, dont le dynamisme ne semble jamais devoir être reconnu. Le syndicat ne peut à ce titre que s’indigner lorsqu’il « constate une fois encore l’incapacité des gouvernements successifs à mettre en parallèle les économies réalisées par la réduction de la durée moyenne d’hospitalisation et l’évolution des dépenses en soins infirmiers ». Ce dernier commentaire laisse apparaître combien les infirmières libérales ressentent la création de cette franchise comme une véritable sanction. Aussi, la FNI indique-t-elle avec fermeté qu’il « n’est pas question pour les infirmiers libéraux de « jouer au percepteur » quand bien même le fait de débourser ces sommes aurait comme l’a indiqué la Ministre une vertu de responsabilisation ».
A.H.
http://www.jim.fr/en_direct/pro_soc...
Franchises médicales : l’abjecte hypocrisie
Une franchise médicale pour financer la Sécurité sociale ? C’était la proposition sarkoziste, dénoncée avec force par trois médecins généralistes ayant lancé un Appel contre la franchise qui a recueilli plus de 52 000 signatures - le site n’est hélas plus accessible. Le dernier sondage sur la question est sans équivoque : 60 % des Français n’en veulent pas. Alors Nicolas Sarkozy sort de sa manche Alzheimer : la franchise ne servira pas à financer la Sécu mais la lutte contre cette maladie, ainsi que celle contre le cancer et en faveur des soins palliatifs.
Le président prend en otages nos vieux malades, l’air de dire : "vous n’allez quand même pas les laisser crever !" Il instrumentalise la compassion pour justifier le désengagement de l’Etat et la mise en place d’une mesure qu’il comptait déjà instaurer en 2001 - il en parle dans son livre Libre -, Alzheimer ou pas : le procédé est abject. Seront donc prélevés 50 cents d’euros sur chaque boîte de médicament, chaque acte paramédical et 2 euros sur chaque transport sanitaire, jusqu’à 50 euros par an et par patient. On nous parlait fin mai d’un plafonnement à 40 euros par foyer : si l’on prend une famille moyenne - n’appartenant pas aux "plus modestes", qu’on nous promet d’épargner - composée d’un papa, d’une maman (pas enceinte, sinon elle en est exemptée) et de deux enfants majeurs (18 et 22 ans, par exemple), on arrive déjà à un plafonnement de 200 euros. A cela s’ajoute le forfait d’un euro sur chaque consultation ou acte médical déjà à la charge des assurés sociaux depuis 2004 (merci Douste-Blazy), jusqu’à 50 euros par an là aussi.
Ce qui nous donne, si l’on reprend l’exemple de notre famille, jusqu’à 400 euros par an ! Ajoutons le forfait de 18 euros pour les actes hospitaliers qui en coûtent plus de 91 (depuis 2004 également). Et les déremboursements de médicaments également décrétés par la droite au pouvoir depuis 2002. Autant dire que se soigner va devenir un luxe auquel renonceront de plus en plus de foyers modestes ! La somme que rapportera ces nouvelles franchises est de 850 millions d’euros, annonce la roucoulante Roselyne Bachelot-Narquin. On nous explique donc que l’Etat ne peut assumer cette charge, puisqu’il lui faut puiser dans les poches des patients. Tout est question de priorité : il n’y a pas de budget pour Alzheimer, le cancer et les soins palliatifs, mais on distribue 13 milliards d’euros aux entreprises et aux privilégiés dans le "paquet fiscal" !
Ce sont tous ces arguments que l’on retrouve dans la bouche des opposants à cette mesure, qui sont nombreux. Le syndicat FO juge ainsi "qu’elle ne visait qu’à augmenter la contribution des assurés sociaux pour suppléer le désengagement de l’Etat", Bernard Thibault les qualifiant pour sa part et le compte de la CGT de "mesure particulièrement inégalitaire", soulignant qu’avec sa mise en place, "on s’éloignerait un peu plus encore des principes de la Sécurité sociale". Quels sont ceux-ci ? Que la collectivité entière finance le système de santé, sur le principe de la solidarité entre malades et bien portants. Or, là, "c’est la poursuite d’un renversement déjà amorcé dans notre modèle de solidarité", constate le Collectif interassociatif sur la santé, qui regroupe des associations de malades : "demain, ce seront donc encore un peu plus les malades qui paieront pour les malades, car les biens portants ne consomment pas de médicaments ni de transports médicalisés ni d’actes paramédicaux". Au nom de quoi appartiendrait-il en effet aux seuls malades de financer la lutte contre Alzheimer ?
Jacques Voisin
La CFDT dénonce quant à elle "des mesures injustes" qui "vont reposer sur les patients déjà largement mis à contribution", s’alarmant "des conséquences néfastes sur les malades" et d’ "un grand risque de renoncement aux soins". La CFTC s’indigne elle aussi : "le plus terrible, c’est qu’on casse complètement le principe fondateur de la Sécu, la solidarité inter-générationnelle, pour adopter une logique d’assurance individuelle", accuse son président, Jacques Voisin. Critiques également du président de la Mutualité française, Jean-Pierre Davant : "Je ne vois pas comment en mettant en place un dispositif de franchises, à partir d’une assurance maladie qui est déjà très déficitaire, on peut dégager des sommes nécessaires sur ces trois pathologies qui sont très préoccupantes". Quant aux politiques, citons Pascal Terrasse et Claude Pigement, deux responsables socialistes spécialistes des questions de santé : "Sarkozy persiste dans l’hypocrisie, [il] utilise la compassion en direction des malades du cancer ou d’Alzheimer pour justifier une mesure impopulaire".
gérard_bapt
Mentionnons aussi la réaction du député PS de Haute-Garonne et rapporteur spécial du budget de la Santé, Gérard Bapt : "Supportées par une majorité de patients, y compris modestes, elles contrastent avec les 7 à 8 milliards de cadeaux fiscaux qui viennent d’être faits aux plus grosses fortunes".
Il a dit "hypocrisie" ?
Une devinette pour finir : qui écrivait en avril dernier que (ne cliquez pas tout de suite sur le lien, tricheur !) "pour la santé, la franchise, c’est de l’hypocrisie", en titre d’un texte expliquant que "ce n’est pas la « franchise » évoquée par le candidat de l’UMP qui permettra le retour aux principes de base de l’assurance maladie. D’une manière insidieuse, elle officialiserait le désengagement de l’assurance maladie d’une partie de la couverture en laissant à la charge des patients les premiers montants de soins, c’est-à-dire des sommes dérisoires pour les plus aisées, des montants critiques pour les plus humbles. Il faut au contraire faire recoller le taux de prise en charge par l’assurance maladie avec le tarif dû par le malade, la solidarité devant s’exercer au moment de la dépense entre malades et bien portants, au moment de la cotisation entre personnes de revenus différents" ? Martin Hirsch. Mais c’était avant qu’il n’entre au gouvernement Sarkozy.
Nous nous associons volontiers au collectif réunissant professionnels de la santé, partis politiques, syndicats et associations (médecins urgentistes de l’Amuhf, Attac, FSU, CGT affaires sociales, PS, PCF…) pour appeler à se mobiliser contre cette mesure : tous dans la rue le 29 septembre !
http://www.agoravox.fr/article.php3...
Pour le président de la Mutualité française,
"avec les franchises, on sort du système solidaire de financement de la santé"
Que pensez-vous de la proposition du chef de l’Etat, faite mardi 31 juillet, d’un nouveau système de franchises pour financer la lutte contre le cancer, Alzheimer et les soins palliatifs ?
Ce sont des causes justes, elles méritent une réponse précise et des engagements tenus. La Mutualité française soutient ces causes. Nous mettrons en place, à partir du 1er janvier 2008, un parcours de santé pour mieux orienter nos adhérents et pour que les familles puissent mieux s’organiser dans le cadre de ces pathologies.
Mais, franchement, je ne vois pas comment, à partir de franchises payées par les seuls malades, avec une sécurité sociale déficitaire, on pourrait dégager les sommes nécessaires pour tenir les promesses faites par le président de la République.
Quelle est la solution, selon vous, pour financer ce que vous reconnaissez être des causes importantes ?
Je propose au gouvernement et au chef de l’Etat de mettre en place un véritable système de solidarité, qui permettrait une meilleure prise en charge de ces pathologies. Je ne connais pas d’autre moyen que de faire appel à la solidarité nationale par le biais d’un impôt ou d’une taxe.
Nicolas Sarkozy a souhaité que les assurances complémentaires puissent prendre en charge ces nouvelles franchises. Qu’en pensez-vous ?
J’ai entendu tout et son contraire : la prise en charge par les mutuelles, souhaitée par M. Sarkozy, et l’impossibilité de le faire, ainsi qu’une version intermédiaire, qui lierait cette prise en charge à un contrat dit "responsable" de la part de l’assurance complémentaire. J’attends donc d’y voir plus clair et l’ouverture d’une négociation officielle.
Mais cela ne me semble pas logique que ce soient les complémentaires qui financent le plan cancer, Alzheimer, la recherche sur ces maladies ou encore les soins palliatifs. On ne sait plus trop bien dans quel système on est. De plus, si les complémentaires doivent financer l’équivalent de ce qui a été estimé à 850 millions d’euros, il est évident qu’elles seront obligées d’augmenter leurs cotisations. Mais là n’est pas l’essentiel.
Qui est, selon vous…
Il n’est pas juste de financer la lutte contre ces maladies, la recherche et l’amélioration des soins palliatifs en prélevant des fonds chez les personnes qui vont chez le médecin. Et ceux-là mêmes qui sont atteints de ces maladies - que l’on dit vouloir mieux traiter - seront les premiers à payer. Cela ne me paraît pas correct.
On a parlé de TVA sociale, de bouclier sanitaire et de franchises. Le débat sur le financement de la protection sociale n’est-il pas décousu ?
Avec les franchises, on sort du champ traditionnel de financement de la santé, de son système solidaire.
Si on gérait correctement le système de santé, avec des réformes pour améliorer la qualité des soins, une meilleure répartition de l’offre de soins, une meilleure liaison entre la médecine de ville et l’hôpital, ou encore une meilleure vérification des périmètres de compétence chez les professionnels de santé, infirmières, médecins, etc., on pourrait dégager les sommes nécessaires pour financer les causes énoncées par M. Sarkozy. Mais on refuse obstinément depuis une trentaine d’années de le faire. Pour l’essentiel, le financement de la protection sociale est basé et pèse sur les salaires. Il faut revoir ce système.
Pourquoi, selon vous, cette réforme du financement et de la politique des soins en France n’est-elle pas conduite ?
Tous les gouvernements ont cédé aux différents lobbies qui s’exercent dans notre système de santé : laboratoires, syndicats de médecins… Notre dispositif est malmené, en mauvaise santé financière, et l’on donne des augmentations à un certain nombre de professions, dont les médecins libéraux. C’est choquant.
Avez-vous été contacté par l’Elysée ou Matignon avant les annonces du chef de l’Etat ?
Je n’ai pas été contacté, et il n’y a pas eu de négociation sur le sujet des franchises. Mais cela me paraîtrait la moindre des choses que le président de la Mutualité française, qui représente 38 millions de bénéficiaires, principal mouvement de santé, soit consulté sur ce sujet.
Propos recueillis par Rémi Barroux Article paru dans l’édition du 03.08.07.
http://lemonde.fr/web/article/0,1-0,36-941282,0.html
JOSEPH Didier
Articles de cet auteur
Mots-clés
0 réaction
fr
Infos-Actualités
Revue de Presse
?

