Espace Généraliste

Revue de Presse du 02 juillet 2007

lundi 2 juillet 2007 par JOSEPH Didier

Pelloux : "Mes chroniques, c’est ma bouée de secours"

Par Katell PRIGENT LeJDD.fr

Patrick Pelloux est adjoint au chef des urgences de l’hôpital Saint-Antoine à Paris. Le grand public a découvert ce grand défenseur du service public lors de la "crise de la canicule" de 2003. Il publie Histoire d’urgences [1] , regroupant ses chroniques de Charlie Hebdo. Sortant d’une nuit de garde, il a accepté de répondre à nos questions pour LeJDD.fr.

P. Pelloux publie son Histoire d’urgences

Quand trouvez-vous le temps d’écrire ces chroniques hebdomadaires ?

Mes chroniques, c’est ma bouée de secours. Jamais je ne remercierai assez Philippe Val (directeur de la rédaction, ndrl). Il a une compréhension et un goût des autres exceptionnel. J’ai mis deux ans avant d’accepter d’écrire. Quand je dis bouée de secours, ce n’est pas un défouloir. Cela m’aide à analyser pourquoi je suis en colère. Je mets entre six et douze heures pour écrire une chronique. Je ne les écris jamais sur mon lieu de travail, j’en suis incapable. Pour tout dire, je les écris chez moi en écoutant Bruce Springsteen, les Têtes Raides ou du Jazz.

Depuis votre première chronique dans Charlie Hebdo, le 24 novembre 2004, qu’est-ce qui a changé aux urgences ?

Il y a de l’évolution, en bien et en mal. Ce système des urgences ne peut pas être tout blanc ou tout noir. Par exemple, nous avons aujourd’hui plus de médecins qu’en 2004…mais toutes les infirmières de cette époque sont parties. Elles tiennent moins d’un an aux urgences. Les conditions de travail se sont aggravées à cause d’une gestion économique de l’hôpital. Et pourtant on ne peut plus faire aucune économie dans les hôpitaux à l’heure actuelle sauf en licenciant du personnel. Et puis, il y a la violence. Je crains que dans les toutes prochaines années, on en arrive à des blessés par balles comme aux Etats-Unis.

Il y a aussi un nouveau gouvernement

Oui et d’ailleurs Nicolas Sarkozy m’a écrit pour que nous nous rencontrions. J’ai un certain nombre de réformes à proposer, j’irai. D’abord, il faut réformer les facultés de médecine. il faut revoir aussi le lien entre les universités et les hôpitaux. Le monde de la médecine est hyper hiérarchisé. On ne peut pas être une déesse indienne avec plein de têtes et de bras. Et puis, la formation continue des médecins doit être totalement indépendante des laboratoires pharmaceutiques. Ensuite, il y a le manque de moyens.

Vous aviez soutenu Ségolène Royal au deuxième tour.

Oui. J’ai voté Bayrou au premier tour et j’ai soutenu Ségolène Royal au deuxième. Pourtant j’ai travaillé avec des ministres de droite très bien. Xavier Bertrand a été un bon ministre. Il n’était pas médecin, ça aide. Culturellement, le monde des médecins n’a jamais reconnu le monde des urgences.

"J’ai songé à partir au Canada"

Et vous, un poste de secrétaire d’Etat, cela vous tenterait ? Jamais ! Je préfère rester où je suis et proposer des choses.

Au sujet de propositions, que pensez-vous de la fameuse franchise ?

Ca ne marchera pas ! Les Français ont déjà plein de franchises : le 1 euro au médecin, le forfait journalier, le forfait hospitalier…La franchise entrainera une aggravation de l’accès aux soins. Nous sommes dans une régression totale. Quand on pense que cette année nous n’avons pas encore eu de réunion pour préparer la canicule !

Vous prenez votre rôle de syndicaliste très au sérieux

C’est très dur le syndicalisme. Tant que la France ne retrouvera l’union entre le politique et le syndicalisme comme en 1947, elle ne reconstruira pas. Les 35h, par exemple, les syndicats n’étaient pas forcément pour. D’ailleurs nous organisons un concert pour les 10 ans de l’association des médecins urgentistes hospitaliers de France (Amuf) au Bataclan le 29 juin avec les Têtes Raides, Benabar… [2]

Vous ne vous arrêtez jamais, vous n’êtes jamais abattu ?

Je suis déçu. Nous avons changé de tutelle. Nous avons maintenant une armée mexicaine de contemplateurs de courbes qui gèrent les urgences. Ce qu’ils ne réalisent pas c’est qu’un petit bâton sur leur dessin, cela représente 45 personnes sur des brancards aux urgences….Bien sûr, il ne faut pas mettre tout le monde dans le même panier, il y a aussi des gens extraordinaires dans les ministères. Mais actuellement je suis déçu, j’ai même songé à partir au Canada.


"Sécu" : le plan d’économies est jugé insuffisant pour 2007

Le comité d’alerte sur l’évolution des dépenses d’assurance-maladie a émis des réserves, vendredi 29 juin, sur le plan de réduction des coûts présenté, mardi 19 juin, par le directeur de la Caisse nationale d’assurance-maladie (CNAM), Frédéric Van Roekeghem. Face à un déficit prévisible de 2 milliards d’euros en 2007, les experts qui composent cette structure avaient préconisé de réaliser 900 millions d’euros d’économies pour respecter l’objectif fixé par la loi de financement de la Sécurité sociale.

En attendant les décisions que devrait annoncer le gouvernement mercredi 4 juillet, après la publication des comptes de la "Sécu", le comité d’alerte considère que l’objectif fixé ne sera pas atteint : "Sur l’année 2007, le montant d’économies peut être évalué entre 370 millions et 570 millions d’euros, dans l’hypothèse d’une mise en oeuvre aussi rapide que possible, entre le 1er août et le 1er novembre." Encore cette hypothèse est-elle rendue incertaine par la croissance élevée (5,4 %) des remboursements en mai.

Le comité d’alerte relativise les gains attendus de l’augmentation et du déplafonnement du forfait à la charge du patient de 1 euro à 4 euros par jour des actes de consultation, de radiologie ou de biologie. Le comité d’alerte estime cependant que le plan d’économies de 1,5 milliard d’euros envisagé devrait permettre d’"aborder l’année 2008 sur un rythme de progression plus modéré".

Michel Delberghe

Article paru dans l’édition du 01.07.07.


La franchise médicale pourrait tenir compte du revenu (Guéant)

Le secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant, a indiqué que la franchise médicale que veut instaurer le président Sarkozy pourrait tenir compte du revenu des personnes, reprenant une idée du Haut commissaire Martin Hirsch, dans une interview à paraître lundi dans La Tribune. "Cette franchise pourrait effectivement prendre en compte à la fois la situation de santé des personnes, notamment les maladies de longue durée, et le niveau du revenu", a déclaré M. Guéant au quotidien économique. "Nous ne l’excluons pas", a-t-il ajouté. Martin Hirsch, Haut commissaire aux Solidarités actives dans le gouvernement de François Fillon, a proposé un tel "bouclier sanitaire" qui permettrait que les sommes restant à la charge du patient ne puissent dépasser de 3 à 5% de son revenu brut. M. Guéant a souligné que "l’Allemagne l’a fait et, sur ce sujet comme sur la TVA sociale, nous sommes pragmatiques : cela ne nous dérange pas de nous inspirer de ce qui marche ailleurs". Depuis 2004 dans ce pays, le plafond est fixé à 2% du revenu. "C’est le devoir de sociétés comme la nôtre de faire face" à des dépenses "inéluctables" telles la lutte contre le cancer et la montée de la maladie d’Alzheimer", a cité le secrétaire général de l’Elysée. "La franchise serait un étage supplémentaire de solidarité", a-t-il affirmé. Les ministères de la Santé et des Comptes publics doivent présenter mercredi des mesures de redressement des comptes de l’assurance maladie. Concernant le Smic, et là aussi, "suivant certains exemples étrangers", M. Guéant a estimé que la décision gouvernementale sur sa revalorisation "peut s’appuyer sur un avis d’experts qui tient compte d’un ensemble de critères : la situation de l’emploi, l’évolution des ressources non salariales, etc.". Nicolas Sarkozy a annoncé la création d’une "commission de sages, indépendants" pour "donner son avis publiquement sur la revalorisation du Smic". Le ministre du Travail Xavier Bertrand a indiqué que ses modalités seront "discutées" lors d’une des conférences sociales à la rentrée.


0% d’augmentation pour le RMI, 4,8% pour les généralistes

Les revalorisations et hausses du 1er juillet ne concernent pas les minima sociaux.

LIBERATION.FR : dimanche 1 juillet 2007

Pas de coup de pouce pour le Smic ni pour le RMI, mais une hausse des consultations médicales : la valse rituelle des revalorisations du 1er juillet est stricte avec les bas revenus. Liste des

Le RMI ne bouge pas d’un centime. Revalorisé le 1er janvier dernier, il reste stable à 440,86 euros net pour une personne seule sans enfant ; 661,29 euros pour une personne seule avec un enfant ou un couple sans enfant ; 793,55 euros pour une personne seule avec deux enfants ou un couple avec un enfant.

Le Smic, comme annoncé par le gouvernement, ne bénéficie donc pas de coup de pouce supplémentaire à l’augmentation légale : il grimpe donc de 2,1% soit 0,17 euros par heure. Pour la première fois, le net mensuel pour 35 heures hebdo franchit le cap des 1000 euros.

Le complément de ressources des bénéficiaires de l’Allocation aux adultes handicapés (AAH) ne sera pas valorisé. Le montant maximum de l’AAH reste fixé, jusqu’au 31 décembre, à 621,27 euros par mois pour une personne handicapée.

Les allocations chômage sont revalorisées de 1,95%.

La consultation des médecins généralistes grimpe d’1 euro, à 22 euros. Et de 31 à 32 euros pour la visite à domicile.

Côté transports, même punition : les billets de la SNCF augmentent à 10 centimes à 2,9 euros, mais les prix du TGV ne bougent pas. En Ile-de-France, la carte orange augmente de 1,8%.


Sécurité sociale : le déficit 2007 supérieur à 11 milliards

[ 02/07/07 ]

Le gouvernement doit concrétiser cette semaine l’essentiel du plan de redressement proposé par l’assurance-maladie. Mais l’impact des mesures sera faible d’ici à la fin de l’année. Après les bonnes nouvelles du « paquet » fiscal, le gouvernement entame une séquence plus ardue : il doit annoncer cette semaine les mesures de redressement retenues pour limiter le dérapage des dépenses d’assurance-maladie, tout en entérinant, mercredi lors de la commission des comptes de la Sécurité sociale, une nette dégradation de la situation financière des régimes sociaux. Le déficit du régime général, initialement prévu à 8 milliards d’euros en 2007, devrait dépasser 11 milliards d’euros (contre 8,7 milliards en 2006), et retrouver ainsi les montants records de 2004 et 2005. C’est d’autant plus inquiétant que la masse salariale, sur laquelle sont assises les cotisations, est dynamique. Mais les exonérations en faveur des entreprises aussi (« Les Echos » du 27 juin).

Surtout, les comptes de l’assurance-vieillesse plongent dans le rouge en raison de l’accélération des départs en retraite (710.000 prévus en 2007). Le plan pour l’emploi des seniors n’incite pas, pour l’heure, les salariés à prolonger leur activité. Deuxième point noir : le dérapage des dépenses d’assurance-maladie va forcer le gouvernement à revoir à la hausse le déficit de la branche, autour de 6 milliards d’euros (comme en 2006), au lieu des 3,9 milliards espérés. Cette détérioration survient en dépit du plan de redressement qui sera exposé, également mercredi, par le ministre du Budget, Eric Woerth, et la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot. Comme l’a souligné le comité d’alerte, vendredi, les mesures préconisées par la CNAM, qui représentent au maximum 1,42 milliard d’euros en année pleine, n’auraient qu’un impact « limité » en 2007 : entre 370 et 570 millions d’euros. Ce qui n’est « pas de nature à assurer le respect » de l’objectif d’évolution des dépenses (Ondam), dont le dépassement, évalué à 2 milliards d’euros, « semble d’ailleurs devoir être plus important ».

Les mutuelles épargnées

Plusieurs mesures, que le gouvernement compte retenir, devraient néanmoins être mises en oeuvre rapidement, notamment celles concernant les assurés : le forfait de 1 euro par consultation et par acte médical ne serait plus plafonné à 1 euro par jour mais à 4 euros quotidiens dès le 1er août et la baisse de 60 % à 50 % du taux de remboursement pour les patients sans médecin traitant serait effective au 1er septembre. Sans se prononcer sur le bien-fondé des propositions, le comité d’alerte remarque qu’il n’est pas évident que la contribution de 200 millions d’euros demandée aux organismes complémentaires (mutuelles, assurances), puisse être considérée comme une économie car elle s’assimile plus à une recette. De fait, si le gouvernement s’apprête à retenir l’essentiel du plan de la CNAM, il devrait écarter cette contribution des mutuelles, de même qu’il devrait minorer les baisses de prix sur les médicaments. Il ne retiendrait pas non plus les propositions de la MSA (régime agricole) et du RSI (indépendants), telles que les déremboursements des cures thermales. Au risque d’afficher un rendement légèrement en retrait par rapport à celui préconisé par l’assurance-maladie.

ÉTIENNE LEFEBVRE


Plan de redressement : les radiologues furieux, les mutuelles peut-être épargnées

« C’est une erreur historique. » Michel Chassang n’a pas mâché ses mots à l’encontre du gouvernement et de la CNAM, hier, alors que le plan de redressement de l’assurance-maladie devrait être annoncé la semaine prochaine. Le président de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) a compris qu’il n’échapperait pas à des baisses de tarifs ciblées sur les radiologues, dont les dépenses de remboursement s’emballent (+ 22 % pour les IRM). « L’ardoise finale devrait être de 90 millions d’euros pour une profession qui ne représente que 5.000 praticiens », souligne-t-il, soit quelque 18.000 euros par professionnel. « C’est le retour de la maîtrise comptable pure et dure, en complète contradiction avec le plan Cancer qui doit permettre à la France de rattraper son retard en matière d’imagerie. Nous sommes à un tournant de la réforme de l’assurance-maladie, et ce n’est pas du théâtre que de dire ça », prévient le responsable syndical, qui espère encore infléchir la position du gouvernement. La CSMF est le principal partenaire de la CNAM. Elle n’entrevoit toutefois pas de couper irrémédiablement les ponts à ce stade : l’heure de vérité aura lieu en septembre, quand sera connue l’enveloppe de dépenses pour 2008.

Les organismes complémentaires (assurances, mutuelles, institutions de prévoyance) sont eux aussi montés au créneau, hier, en dénonçant la proposition de l’assurance-maladie de leur imposer une contribution de 200 millions d’euros pour participer au financement des rémunérations forfaitaires des médecins. L’Union nationale des organismes d’assurance-maladie complémentaire (Unocam) « conteste la méthode consistant à annoncer publiquement une mesure unilatérale (…). Ni l’opportunité, ni la méthode de calcul, ni le périmètre, ni la faisabilité juridique ou technique de cette mesure n’ont fait l’objet d’un échange avec l’assurance-maladie. » Rendez-vous cet automne

Les complémentaires pourraient avoir gain de cause. D’abord parce que, formellement, cette contribution constituerait une nouvelle recette et non une économie : elle ne diminuerait donc pas le dérapage des dépenses pointé par le comité d’alerte. Ensuite parce que, faute d’accord avec les intéressés, ce qui est le cas, le gouvernement devrait imposer le prélèvement par la voie législative, et aucun texte n’est prévu à ce titre dans la session de juillet. L’assurance-maladie est consciente de ces obstacles, mais elle fait observer qu’il serait difficile de se passer d’une mesure aussi rémunératrice, sous peine de revoir à la baisse l’ambition du plan de redressement.

ÉTIENNE LEFEBVRE


Recomposition syndicale

La FMF-G et Espace Généraliste se rapprochent à tout petits pas

La section généraliste de la FMF et Espace Généraliste pourraient convoquer à l’automne une assemblée générale commune pour discuter de l’hypothèse d’un rapprochement qui leur donnerait un poids supplémentaire, alors qu’une enquête de représentativité ne semble pas d’actualité.

LA FMF (Fédération des médecins de France) versant généralistes, et Espace Généraliste, forts de leur score commun (plus de 30 % des voix) aux dernières élections aux Urml (Unions régionales de médecins libéraux), mais affaiblis par leur absence de représentativité, remettent au goût du jour leur projet de rapprochement (« le Quotidien » du 27 septembre 2006).

Pour Jean-Paul Hamon, patron de la FMF-G, l’idée serait de convoquer à l’automne « une assemblée générale commune aux deux syndicats afin d’élaborer un programme commun et d’organiser une mutualisation de nos moyens. Le but étant de pouvoir proposer à nos militants et adhérents un syndicat de généralistes fort ». A cette déclaration d’intention, le Dr Claude Bronner, patron d’Espace Généraliste, ne trouve rien à redire : « Une assemblée générale commune, j’y suis favorable, et nous ferons ça à l’automne. » Mais c’est pour ajouter aussitôt que « la fusion de nos deux syndicats n’est pas à l’ordre du jour, car si nous avons choisi d’être un syndicat monocatégoriel, ce n’est pas par hasard ». La FMF regroupe en effet en son sein un grand nombre de spécialistes qui pourraient voir d’un mauvais oeil une alliance avec Espace Généraliste qui n’a pas toujours été tendre envers les médecins spécialistes. Si le Dr Bronner semble écarter, du moins pour l’instant, toute idée de fusion, c’est aussi parce que son comité directeur, réuni 24 juin, n’a guère « paru enthousiaste à l’égard de cette proposition ».

Les hésitations du président. Enthousiaste, le Dr Hamon l’est cependant pour deux : « Nos deux formations auraient tout intérêt à ce regroupement. Nous avons le même programme, la FMF est plus en avance sur les questions relatives à la PDS, et Espace a beaucoup travaillé sur la FMC. De plus, nous sommes sur la même longueur d’onde sur le DMP. » Ce à quoi le Dr Bronner surenchérit : « C’est vrai que nous avons également une complémentarité territoriale avec la FMF. » Leurs deux cartes électorales, à les en croire, seraient en effet complémentaires. Pour Claude Bronner, « cela finira sans doute par se faire, mais il faudra être plus subtil, et ne pas procéder à une fusion, mais plus probablement créer une structure commune à nos deux mouvements ». D’autant qu’il n’exclut pas non plus « un regroupement qui comprendrait également MG-France ».

Bref, tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes syndicaux s’il n’y avait un léger problème avec la direction de la FMF. Le Dr Jean-Claude Régi, président de la FMF, semble en effet avoir été pris de court par les déclarations du bouillant Dr Hamon : « Certes, indique-t-il au « Quotidien », il y a concordance de vues entre nous et Espace Généraliste sur de nombreux dossiers, mais de là à ce que la FMF-G discute d’alliances, il y a une marge. » C’est donc manifestement plus un problème de forme que de fond qui semble heurter le Dr Régi. Un problème que veut aplanir Jean-Paul Hamon : « Tout reste à négocier sous l’autorité du DrRégi. Ce rapprochement se ferait évidemment au sein de la FMF avec Jean-Claude Régi comme président. »

> H. S. R.


Un proche de Nicolas Sarkozy prend la tête du Conseil national de l’Ordre des médecins

Paris, le lundi 2 juillet 2007 – Dans l’atmosphère de secret qui caractérise les élections à la présidence du Conseil national de l’Ordre des médecins (CNOM) un nouveau pape a pris la tête de cette institution si souvent contestée ce jeudi 28 juin. Le docteur Michel Legmann qui aura soixante-sept ans en décembre prochain est habitué depuis plusieurs années à lier ses activités politiques à sa carrière médicale. Ce radiologue libéral des Hauts de Seine qui a notamment été à l’origine de la campagne de dépistage du cancer du sein dans ce département est en effet également adjoint au maire de Neuilly Sur Seine, où il est chargé des questions de sécurité. Cette présence auprès de l’édile de Neuilly lui vaut d’être considéré comme un « proche » du nouveau président de la République, Nicolas Sarkozy. Ses premiers pas en politique semblent cependant être attachés au Conseil national de l’Ordre des médecins, dont il est un des membres depuis 25 ans. Son élection l’a opposé au docteur Jacques Lucas, qui d’élections en élections, continue à faire figure de benjamin. Du haut de ses 61 ans, l’ancien secrétaire général du CNOM n’aura cependant pas vu la règle des « trois élections » lui sourire : il aura de nouveau échoué face à son aîné.

Une femme pour quatorze hommes

Ne répondant pas aux tendances actuelles qui laissent une plus grande place à la parité, le docteur Michel Legmann s’est entourée d’une équipe principalement masculine, à l’exception du docteur Irène Kahn-Bensaude, qui présidera la section « santé publique », aux côtés des docteurs Michel Gelard-Tomachot (éthique et déontologie), Jean-François Kopf (exercice professionnel) et Xavier Deau (formation et compétences médicales). On retrouve par ailleurs au poste de vice-président l’adversaire malheureux du docteur Legmann, le docteur Jacques Lucas, de même que le professeur Claude-François Degos et les docteurs Elie Chow-Chine et Jacques Mornat. Tandis que les docteurs Pierre Jouan, Michel Fillol et Jackie Ahr deviennent les secrétaires généraux adjoints du docteur Walter Vorhauer, les trésoriers de l’Ordre demeurent pour leur part inchangés en la personne de Jean-Marie Colson et Lionel Prentout.

Sélection, permanence des soins, tarification des actes…

Le docteur Michel Legmann aura voulu dès ce vendredi 29 juin présenter ses différentes aspirations quant à l’évolution des études médicales et l’organisation des soins. Il s’est ainsi prononcé en faveur d’une sélection des étudiants en médecine « dès le baccalauréat » et a appelé à une formation « plus humaniste ». Concernant la permanence des soins, il a estimé que les mesures incitatives aujourd’hui proposées sont insuffisantes et invité les pouvoirs publics à « arrêter de mégoter ». Enfin, après avoir jugé que les dépassements d’honoraires doivent être appliqués avec « tact » et qualifié « d’inadmissibles » les refus de soins, il a estimé qu’il existait un « décalage entre la faculté de remboursements de l’Assurance maladie et la valeur des actes de professionnels de santé ayant reçu jusqu’à quinze ans de formation ».

A.H.


[1] Histoire d’urgences, edition du Cherche midi, 330 pages, 17 euros

[2] 10 ans de liberté de parole, Bataclan 29 juin à 19h, 15 euros


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