Monsieur Frédéric VAN ROEKEGHEM, Directeur de l'Uncam, demande maintenant 1,5 milliard d'économies sur les prescriptions médicamenteuses. Sans le dire directement, il compte évidemment essentiellement sur les Médecins Généralistes.
Il a bien sûr raison de demander des économies – encore faudrait-il pour les obtenir donner aux professionnels de santé, et particulièrement aux Médecins Généralistes, les moyens réels de les faire sans agiter les habituelles sanctions et obligations irréalisables comme ça semble être la mode actuellement.
Espace Généraliste, syndicat pragmatique et responsable, lui suggère de faire de l'étude d'IMS Health portant sur les prix comparés des génériques en Europe son livre de chevet. *
Il se dégage de cette étude que le Français, et donc l’Assurance-Maladie, paie les génériques en moyenne deux à quatre fois plus cher qu’un Scandinave ou qu’un Anglais. La sortie des génériques est retardée afin de protéger les produits princeps plus coûteux. La France est ainsi une fois de plus en fin de classement.
Espace Généraliste rappelle que la consommation médicamenteuse moyenne par habitant en France est en prix le double de celle des pays scandinaves.
Quand les médicaments représentent 17 % des dépenses ambulatoires de la Sécurité Sociale en ville alors que la totalité des honoraires des Généralistes ne représente que 3,5% de ces mêmes dépenses, il est urgent de faire autre chose pour valoriser la coordination des soins et la maîtrise des dépenses qu’un PLFSS sans âme. Le Gouvernement dont Monsieur Frédéric VAN ROEKEGHEM est la main agissante devrait envisager de fixer des prix de médicaments plus en rapport avec leur coût économique, ce qui va dans le sens non seulement de l'économie mais aussi de la valorisation de la recherche et de l'innovation
Espace Généraliste suggère en conséquence :
- de détaxer les génériques et spécialités les moins coûteuses de la technocratique future « franchise à la boîte », ce qui incitera les professionnels de santé à les prescrire, et les patients à les préférer.
- de faciliter par tous les moyens la prescription en Dénomination Commune, quand Caisse Nationale et Caisses Primaires d’Assurance-Maladie sont à l'heure actuelle toujours incapables de décompter les ordonnances ainsi rédigées.
- d’organiser le circuit de prescription de médicaments aux patients, en réservant leur prescription, sauf urgence, à leur médecin traitant, coordinateur des soins, pivot de la filière de soins à la française. Ceci permettra de mieux maîtriser non seulement les coûts mais aussi les interactions médicamenteuses et en conséquence les accidents iatrogènes qui sont une lourde punition pour les malades, pourtant non responsables de l’inorganisation du système de soins en France
voir Le Monde du 24 octobre 2007 « Génériques : la régulation des prix ne profite pas à l’Assurance-Maladie »
Quelques exemples qui sont loin d'être des exceptions et donnés à simple titre illustratif :
Molécule (1/j pendant 28 jours) |
Prix en Grande Bretagne |
Prix en France |
Différence annuelle |
SIMVASTATINE 20 |
2,48 € |
16,03 € |
176,63 € |
ATENOLOL 100 |
0,43 € |
6,06 € |
73,39 € |
CAPTOPRIL 50 |
1,01 € |
9,27 € |
107,68 € |
FUROSEMIDE 40 |
0,34 € |
2,67 € |
30,37 € |
Dr Claude Bronner, président d'Espace Généraliste (06 07 88 18 74)