La caisse me propose la visite d’un médecin conseil pour m’informer sur la polymédicamentation. J’ai la chance d’avoir un service médical de caisse ouvert, intelligent et confraternel. Pourtant je vais décliner cette « invitation » comme je décline celle des délégués de l’assurance maladie (DAM) pour commenter mon activité et m’inciter à agir comme ceux qui font statistiquement mieux en termes de dépenses.
Je vais la décliner car je ne peux cautionner le fait que les institutions proposent des « outils » pour me sensibiliser à une problématique que personne n’ignore mais qui est pour une part dominante conséquence des conditions d’exercice déplorables que m’imposent ces mêmes institutions via la convention actuelle et leur politique d‘organisation de l’usage des soins.
Qu’on permette d’abord au médecin généraliste traitant d’avoir plus de temps dans ses actes et de pouvoir faire annuellement une synthèse inventaire pour chacun de ses patients. C’est une tarification au moins identique en niveau de celle des autres spécialités. C’est un acte annuel de synthèse pour tout patient de niveau au moins égal au forfait ald d’aujourd’hui. C’est l’arrêt de la pollution des actes médicaux par des contingences de gestion purement administrative.
Qu’on permette au médecin généraliste traitant d’être celui qui a pour mission de faire la synthèse, le tri et l’adaptation personnalisée des prescriptions de chaque patient. C’est sortir de cette politique du médecin traitant archiviste de dossier, témoin à distance du ping pong intra et inter-spécialités encouragé par la campagne des caisses pour l’accès direct ou par le refus de définir et faire respecter le bon usage de la permanence de soins et des services d’urgence.
Qu’on permette au patient d’avoir une stabilité des prescriptions et non une valse des noms, présentations au nom de la substitution et des génériques, ou une surenchère et modification intempestive de traitement au nom de l’émulation concurrentielle pseudo optimisante entre acteurs de soins et du libre accès bien mal compris et utilisé.
Qu’on permette au couple médecin patient de fonctionner dans la sérénité. C’est la maitrise de ces campagnes d’information assainées, mal adaptées au rythme de l’individu et générant des angoisses ou besoins ressentis incontrôlables et des comportements inadaptés ou instables vis à vis des prises en charge et traitements. C’est la maitrise de l’installation de ces organisations diverses de soins qui s’empilent, s’emmêlent, se concurrencent, marginalisent volontiers le médecin généraliste traitant et compliquent souvent plus qu’elles ne solutionnent la prise en charge globale, personnalisée, coordonnée et durable d’un patient.
Toutes ces visites de la part de l’assurance maladie pour modifier les comportements des médecins et calquées sur les mêmes techniques décriées quand il s’agit de l’industrie pharmaceutique, ne seront crédibles que lorsqu’on modifiera les causes structurelles à l’origine de la majorité des problèmes de la polymédicamentation. Alors on pourra avoir des entretiens positifs pour optimiser de façon personnalisée notre activité de soins. En attendant le médecin généraliste traitant écope sans fin pour limiter les effets délétères des conditions d’exercice et d’usage des soins qu’on lui impose.
Aussi je décline les « invitations » et espère que beaucoup de confrères feront ainsi.
JUNG Georges
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Forum
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Je décline les ’’invitations’’ de la CPAM3 octobre 2006, par STEF
J’ai été contacté aussi, récemment, par ma caisse pour me présenter mon profil (j’imagine déjà les commentaires qui seront faits sur la "quantité" de mes arrêts de travail ,et qui ne tiendra pas compte du nombre de patients en longue maladie, et les commentaires culpabilisateurs correspondants ; ou la prescription d’antibiotiques cette année par rapport à l’année dernière, ne mentionnant pas ma réduction de plus de 30% de mes prescriptions après ma formation sur le TDR il y a quelques années…) Bref, je décline les visites proposées par ma caisse. Si je veux une formation, je la choisis, ce pourquoi je fais partie depuis 15 ans de groupes de formation continue, une ou plusieurs fois par mois
Néanmoins, 8j après mon dernier refus, je reçois par hasard ( ?) un coup de téléphone pour une enquête "anonyme" sur la cpam (comment peut-on être anonyme quand en face de mes réponses,il y a mon numéro de téléphone…) Après hésitations, et voulant être constructif aussi par rapport à la CPAM , j’accepte : en effet, on m’assure que le questionnaire dure 5 mn , et j’ai un RV au cabinet ds les 3 mn…. Le questionnaire comprendra en réalité entre 100 et 200 questions, débitées à toute vitesse "pour ne pas me faire perdre de temps " et durera 25 minutes avec quelques hésitations de ma part sur les réponses dans ce bourdonnement de questions…et à la fin, mon patient sera reparti sans avoir attendu. Exprimant mon mécontentement au téléphone, on m’affirme qu’il y en a même qui le réussissent en 10 mn ( traduisez : cela prend en moyenne au moins 15 mn, si ce n’est plus, mais on vous fait croire que cela va vous en prendre 5mn, comme cela vous serez un bon pigeon)
Sur le fond, je suis très sceptique : le questionnaire serait le même pour les spécialistes et les généralistes : les questions sont parfois du type :que pensez vous de la gestion des hôpitaux ; pensez vous que la CPAM a une fonction de contrôle sur l’hôpital…qu’elle a une bonne image de marque à l’hôpital….les questions fusent ds tous les sens et notamment sur des sujets qui ne me concernent pas directement Tout à la fin des lithanies des questions, l’attention, la vigilance baissent ;le sens critique baisse aussi les questions sont de plus en plus courtes et rapides, on se trouve alors presque dans un état hypnotique où les messages peuvent passer sans sens critique Les questions en fin de parcours amènent alors à dire 10 fois oui d’affilée sur des petites questions courtes et évidentes du type : Savez vous que la cpam a une mission d’information- sur les vaccinations - sur la prévention des maladies -sur…… -sur….. - sur la formation des médecins… - sur l’information des médecins au sein de leur cabinet ( euh, pardon, je refais confirmer le début de la question, et je fais remarquer que cette question en contient 2 : "la formation " d’une part, et "au cabinet "d’autre part ; On finit par oublier le début de la question : est-ce que l’on est "obligé d’avoir des formations au cabinet " ou "est-ce que la CPAM a pour mission de…."
Dans ce contexte de fin de questionnaire et de fatiguabilité, et où on vient de dire "oui" 10 fois d’affilée avant, je subodore une manipulation de ce questionnaire qui vise à glisser des informations dans le cerveau en faisant dire une 11° fois oui….et implicitement accepter à l’avenir que les délégués de la CPAM viennent au cabinet….bien joué ???
En tous cas, le lendemain, j’ai encore été contacté pour finir le questionnaire : il manquait encore 2 questions auxquelles je n’avais pas répondu…. !!!( ah, il m’ont bien retrouvé avec leur questionnaire "anonyme" ) J’ai refusé, disant que cela suffisait ; devant l’insistance démesurée de l’interlocutrice, je n’ai pas eu d’autre moyen que de raccrocher au nez pour rompre la conversation, que mon interlocutrice ne voulait absolument pas finir
Je suis quand-même surpris d’avoir été " l’heureux élu " de ce sondage "anonyme" 8j environ après mon refus de recevoir la représentante de ma caisse….
Il y a en effet des coincidances troublantes ; je crois que je vais consulter mon thème astral ! ou jouer au loto… !!!
Stéphane BONNEEL
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Je décline les ’’invitations’’ de la CPAM1er octobre 2006, par GARRIGOU-GRANDCHAMP Marcel
Bonjour à tou(te)s, Depuis quelques semaines je fais de même. Aux demandes de rdv je réponds :
- 3 courriers au Directeur de la CPAM de Lyon sont restés sans réponse…
- De multiples réclamations pour impayés : forfaits référent, forfait MT, pénalisation hors parcours de soins pour patients en CMU… sont restés sans réponse…
Dès que j’aurai obtenu satisfaction sur ces points je me ferai un plaisir de vous recevoir !
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Je décline les ’’invitations’’ de la CPAM29 septembre 2006, par Dr Bernard RICHARD de VIELS-MAISONS
J’ai signifié il y a 3 mois au directeur de ma CPAM que je refusais désormais de recevoir le DAM (par ailleurs charmant). Avec un double au médecin "chef" de ma CPAM, au conseil de l’Ordre et au DAM lui-même.
J’ai en effet reçu une demande de justification de la part d’une médecin "conseil" de base, demande destinée à vérifier le bon suivi d’un patient diabétique : elle réclamait les copies de consultations et d’examens complémentaires effectués chez ce patient en décembre 2005 !
Je lui ai répondu en lui demandant ce qui l’autorisait à me demander de telles justifications, quelle était sa formation en matière de diabétologie et en lui expliquant que je me forme plusieurs fois par an depuis des années sur le sujet, que je suis membre fondateur d’un réseau de diabétologie dans le sud de mon département et que je reste membre du CA de ce même réseau.
LE DAM m’expliquait, à chacune de ses visites, que je n’avais qu’à continuer sur ma lancée pour les arrêts de travail, les prescriptions de génériques, mes prescriptions de benzodiazépines, mes transports en ambulances et autres VSL etc … Dand le même temps, nos patients sortent de l’hôpital avec des ordonnances ALD systématiques, des prescriptions non génériquées. J’aimerais aussi comprendre pourquoi les pharmaciens de ville, qui génériquent à tout va nos prescriptions libérales, ne le font pas pour les ordonnances hospitalières … Le patient moyen s’y perd et ne comprend plus rien alors qu’il est prêt au départ à accepter de participer à un effort d’économie.
Je n’ai plus que 4 ans à "tirer" et cette attitude imbécile des caisses me rend impatient de prendre ma retaite.
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Je décline les ’’invitations’’ de la CPAM18 septembre 2006, par Médecin conseil
Je vous souhaite (à nous aussi d’ailleurs) d’avoir à discuter longtemps avec des médecins - conseils du service médical de l’assurance maladie !!
En effet actuellement "on" supprime des postes (près de 160 cette année)
J’ai très peur que dans quelques années, sous l’impulsion de nos dirigeants libéraux, vous n’ayez devant vous QUE des employés des mutuelles qui elle, ne supportant pas le trou abyssal de la branche maladie, dirons : "Si vous ne traitez pas telle pathologie selon notre protocole, nous ne prenons plus en charge vos interventions auprès de nos assurés … " (Même dans le feuilleton "Urgences" la chef disait : on ne le traite pas car sa mutuelle ne nous a pas donné l’agrément …)
Demandez à vos aînés le bonheur de l’arrivée de la Sécu en 1945 dans les campagnes : ils ont enfin été payé avec autre chose que du troc ! (Mon grand-père s’est installé en 1936 dans un village de 300 habitants l’hiver !)
Alors, certes, certains de mes collègues sont aigris. Certains haïssent les libéraux, mais, dans vos pages, on n’en est pas loin …
De plus vous feriez bien de lire les motifs de saisines auprès du conseil de l’ordre pour voir ce dont sont capables certains de nos « confrères » !
Profitez de vos confrères médecins-conseils pour travailler ensemble et non contre eux !
Vous payez aussi des cotisations sociales et le souvenir des ponctions de l’URSSAF pendant mes 5 années de libéral est encore cuisant, alors travaillons ensemble pour les utiliser au mieux !!!
Vive la tempérance !
Un médecin-conseil de base (depuis peu) effaré par votre violence.
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Je décline les ’’invitations’’ de la CPAM28 septembre 2006, par Bernard RECHATIN
Je suis un peu surpris des termes du courrier de notre "confrère" médecin-conseil. Qu’il se sente agressé par le ton général employé sur le site d’un syndicat professionnel en "opposition" de fond et de forme(s) vis à vis d’un organisme dont il dépend, cela peut se comprendre. Et je lui sais gré aussi d’écrire ce qu’il pense sur notre site. Mais… Mais je suis quand même un peu surpris par certaines de ses phrases, en particulier celle où il est question de son ancienne activité de libéral et, à l’époque, des ponctions de l’URSSAF sur ses revenus. Je ne veux pas lui faire de procès d’intention mais je me demande si cette courte activité libérale (5 ans !) lui a permis de mesurer ce qu’était véritablement la situation moyenne des généralistes libéraux dans notre beau pays. Quant aux "ponctions" de l’URSSAF qu’il semble avoir trouvé bien trop importantes, a-t-il vraiment saisi qu’elles tombaient dans la caisse de la collectivité pour une utilisation théoriquement sociale au sens noble du terme ? Je le répète et toujours sans procès d’intention (les termes de son texte laissant ses motivations dans l’ombre) je pense quand même que cesser une activité libérale au bout de 5 ans pour devenir médecin-conseil, payé entre autre (et beaucoup plus que je ne le suis) par les "ponctions" dont il parle, c’est peut-être interessant pour les fins de mois mais…à mes yeux, ça se limite uniquement à cet aspect du problème. A moins, bien sûr, qu’il ne se sente une âme de justicier pourfandeur des "vilains" que sont les assurés sociaux et les médecins libéraux ! Auquel cas, il a bien fait de quitter le monde libéral de la médecine de terrain ! Mais, dans cette éventualité, ne me sentant aucun atome crochu de confraternité avec lui, je ne vois pas la raison pour laquelle j’ouvrirais la porte de mon cabinet libéral, social et familial à lui ou à ses collègues psychorigides agissant le petit doigt sur la couture du pantalon pour faire respecter les consignes venant d’en haut !
Docteur Bernard RECHATIN 69640 COGNY
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Je décline les ’’invitations’’ de la CPAM29 septembre 2006, par JOSEPH Didier
Certes les médecins conseils sont des gens respectables, leur travail n’est pas simple et ils doivent suivre des directives précises. Mais nous les "libéraux" qui ne le sommes guère, nous devons faire face à des contrôles tatillons tant sur les bizones que sur les pires avec des interprétations outrancières des caisses. Que ne contrôlez vous pas les ordonnances bizones de nos amis cardiologues libéraux ou des hospitaliers. Le travail administratif que les caisses nous imposent ne nous est pas rémunéré et nous expose à des sanctions inadmissibles. Non je ne recevrai plus les médecins conseils, oui je continuerai de ne pas recevoir les DAM. Je ne répondrais que par écrit après mûre réflexion et si besoin après concertation avec mes amis syndicalistes aux questionnaires des caisses. Cordialement. Didier JOSEPH
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Je décline les ’’invitations’’ de la CPAM29 septembre 2006, par JUNG Georges
Que répondre à notre confrère médecin conseil ??
Où est la haine, la violence vis à vis des médecins conseil dans un texte qui commence par la reconnaissance de l’intelligence, l’ouverture et la confraternité des médecins conseils avec qui je travaille depuis des années en tant que médecin libéral et en tant que syndicaliste.
Où est la haine, la violence vis-à-vis des médecins conseil dans le fait de « décliner une invitation » de nature purement institutionnelle ? Ai-je de la haine, de la violence contre un visiteur médical quand je refuse de le recevoir non pas lui en tant que personne, en tant que travailleur mais en tant que système que je désapprouve dans sa méthodologie et pertinence.
Comprenez que l’on puisse rejeter vos arguments qui ne sont pas à la hauteur du débat type « moi j’ai été médecin libéral », « moi mon grand père »
Comprenez enfin que de garder l’anonymat ne peut que renforcer la méfiance des médecins vis à vis d’un service dont les propres membres semblent en craindre la superstructure
Et par pitié pas le coup de la morale, du social, du fossoyeur de la sécurité sociale apologiste des assurances privées. Non pas ça, pas à nous, pas à moi
Sans rancune
G.JUNG
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Je décline les ’’invitations’’ de la CPAM16 septembre 2006, par NEVIANS Pierre
100% en phase avec cette attitude pour les mêmes raisons aux quelles j’ajoute que si le Médecin-conseil ou le DAM sont payés pour venir me parler, moi je ne le suis pas pour les écouter !
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Je décline les ’’invitations’’ de la CPAM22 septembre 2006, par TARPIN Xavier
à notre confrère/consoeur médecin-conseil
pitié, évitez de nous faire le coup du "trou de la sécu" allez voir le rapport de la Cour des comptes 17 - 8 = 9 la branche maladie devrait être bénéficiaire de 9 milliards si l’Etat payait les exonérations de charges qu’il ne compense pas
par ailleurs, la plupart des MG en ont raz le bol de voir que l’hôpital (50% des dépenses) échappe à tout contrôle (et ce dans tous les sens du terme)
nous représentons 3,1% de l’Ondam en 2004 nous serons tombés à 2,85% en 2007 si les chiffres prévus se confirment nous induisons (pharmacie, IJ, bio, MKDE, …) 16 autres %
pendant ce temps, tombent des AMM pour des produits n’apportant rien, placebo à 60 C par an
pendant ce temps, l’hôpital croît de 5 à 6 % par an
alors les potentielles économies de clopinettes ….
Xavier TARPIN adhérent
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