JOURNAL DE MEDECINE GENERALE 16 BLAISE PASCAL n° 34 du 29 avril 2006
samedi 29 avril 2006
Les commentaires que j’avais faits (J MG 16, numéro 33) sur les courriers sélectionnés par Claude Bronner dans son journal syndical (EG Zapping) ne lui ont pas plu !
(Cf l’article du 16 mars)
Il m’écrit en particulier : « Il va falloir réviser un peu sur l’effet placebo…qui n’a de placebo que le nom puisqu’il s’agit d’un effet tout à fait réel » et, de conclure : « Il FAUT des solutions placebo en médecine ».
Voici une partie de ma réponse :
« Il ne faut pas confondre l’effet placebo qui est un effet réel et l’intention voulue de prescrire un placebo qui est une manifestation du paternalisme médical (je sais ce qui est bon pour le malade et il n’a pas besoin de le savoir), éthique médicale française qui ne me convient pas et, souvent, une façon de se débarrasser des malades que l’on ne comprend pas (des études ont montré que plus on prescrivait un placebo et moins on parlait à ses malades)… Je n’ai pas le temps de développer ce point qui est pourtant fort connu… Il existe par ailleurs une littérature anglosaxonne (d’origine) et française (d’emprunt) fort abondante dont le point d’orgue est le livre, déjà ancien et toujours d’actualité, de Howard M Spiro (‘Doctors, patients and placebos’ paru en 1986 à Yale University Press). Je me rappelle les paradoxes suivants : un médecin peut-il s’administrer un placebo ? un médicament remboursé à 40 % n’est-il pas un placebo à 60 % ? Toujours est-il que l’utilisation d’un médicament pose des problèmes éthiques qui ne me semblent pas résolus par l’opposition à la Nouvelle Convention… Et ce n’est pas la peine de sauter sur la table en écrivant Il FAUT des solutions placebo en médecine pour que mon avis change sur le manque de loyauté de l’utilisation consciente des placebos par les médecins. Je parlais des antibiotiques dans l’angine qui sont des placebos impurs (et dangereux), mais des placebos purs (euphytose) donnaient aussi des insuffisances rénales…
Parler de la placebothérapie en médecine est une affaire grave et je ne disconviens pas de le faire parfois pour des raisons qui ne me semblent pas toujours glorieuses. J’ai également suffisamment rappelé dans ce journal combien l’Evidence Based Medicine ne concernait que quinze à vingt pour cent de l’activité des généralistes…
Quel rôle pour le syndicalisme ?
La lecture d’EG Zapping, que j’espère vous recevez, sinon il faut vous brancher sur http://www.espacegeneraliste.info/sommaire.php3 et repérer la revue afin que vous puissiez juger sur pièces, fait s’interroger sur le rôle du syndicalisme médical : les syndicats sont-ils là pour faire de la médecine ? Voici ce que j’ai pêché dans le numéro 10 d’EG zapping :
PRESCRIRE EN DCI PEUT ETRE TRES MALIN Il faut prescrire dans le respect de l’AMM ou mettre NR (non remboursable). C’est la loi. Mais ça s’applique à la spécialité, pas à la molécule. Prescrire de la Sophidone LP dans une douleur autre que cancéreuse est NR. Prescrire de l’Hydromorphone vous dédouane. L’Actonel est remboursé seulement après fracture ? Le Risédronate vous libère du NR.
Les bras m’en tombent. Depuis des années les MG tentent de valoriser leurs prescriptions et voilà qu’un syndicat leur dit que les AMM sont des sous-merdes, qu’à partir du moment où un produit (et ici, la molécule) a une AMM, on fait ce qu’on veut, sans études, à la bonne franquette, à l’estime, au pif, probablement dans l’intérêt des malades ( ??????), et, pourquoi pas prescrire des extraits thyroïdiens en gélules, préparés par la pharmacie du coin, la médecine loco-locale, avec de la matière première achetée sur Internet et, surtout, la presse en parle peu, prescrits par un médecin pour maigrir !!! Bronner devrait se désabonner à La Revue Prescrire !
Quant au questionnaire adressé par le SML, il est du genre, avec nous vous travaillerez moins, vous gagnerez plus, vous remplirez moins de papiers, il y aura moins de contrôles (au diable les AMM), et vous baiserez mieux votre femme…
L’épisode des RMO, en son temps, m’avait fait douter du pouvoir scientifique des syndicats. Je propose que l’on crée une HAS par syndicat et ainsi tout le monde en aura pour son argent.
JE ME CALME !
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JOURNAL DE MEDECINE GENERALE 16 BLAISE PASCAL n° 34 du 29 avril 200630 avril 2006, par CHENIQUE Jean-Benoït
salut,
Si on ne comprends rien au syndicalisme, mieux ne vaut pas en parler. Si on ne comprends rien à la médecine, mieux vaux ne pas en faire ;=)) Il faudra m’expliquer les écrits du Dr Grange, que je ne comprends pas depuis 2 ans ; je dois être trop pragmatique et pas assez rouge.. Voici un extrait d’un bulletin syndical des yvelines qu’on peut livrer à la réflexion des coupeurs de tête qui n’aiment pas Bronner et Espace Généraliste : C’est une tribune libre, publiée dans la fascinante lettre de l’USMY ( Union des Syndicats Médicaux des Yvelines : CSMF, SML et FMF) :
Une meilleure santé financière de l’Assurance Maladie passe par la prescription de génériques, moins onéreux que les spécialités princeps. Le comportement civique des praticiens est jugé sur la proportion des génériques par rapport aux spécialités originales et par rapport au comportement des autres pays européens. Mais la Sécu classe les remèdes homéopathiques, qui sont des génériques depuis 150 ans, parmi les spécialités. Or 50% de la population utilise régulièrement ou occasionnellement les ressources de l’homéopathie, particularité française. Donc une France entièrement soignée en homéopathie recevrait, selon la Sécu, 0% de génériques, et les praticiens seraient des mons- Exigeons la réintégration des remèdes homéopathiques dans la bonne case, en moins pour les spécialités, en plus pour les génériques, et cela pour l’honneur des médecins français.
On a l’honneur qu’on peut. Dr Grange, ne te trompes pas de cible……
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