Espace Généraliste

EBS n° 1

Question : Puis-je faire confiance à un représentant syndical lorsqu’il passe sous silence dans les médias les difficultés rencontrées par ses adhérents ?

dimanche 5 février 2006 par LEHMANN Christian

Mi-Octobre, alerté par les représentants régionaux de l’UNOF, le Dr Michel Combier atteste, dans la lettre hebdo de cette branche généraliste de la CSMF sans autonomie de signature, des difficultés rencontrées par les généralistes du fait d’« une augmentation de la durée des consultations »  [1] . Cet argument est repris par le Docteur Michel Combier comme« une pierre à l’édifice des futures revalorisations. »
Fin Décembre, le même représentant syndical est interrogé en direct sur France-Inter lors d’une émission où il est l’un des deux seuls invités à venir présenter la mise en place de la réforme en compagnie de… Frédéric Van Roekeghem, Président de l’UNCAM et grand ordonnateur financier de la réforme. A un patient qui relaie l’inquiétude de son médecin généraliste quand au surcroît de travail occasionné par la réforme du médecin traitant, le Docteur Michel Combier répond :

« Je pense que pour l’instant, moi je le vis dans ma pratique quotidienne parce que on a beau être syndicaliste on n’en est pas moins médecin qui exerçons quotidiennement , dans ma pratique quotidienne je n’ai pas eu de surcharge de travail liée au médecin traitant, voilà tout ce que je peux dire, je suis à jeun ( ?) d’avoir fait un travail supplémentaire en tant que médecin traitant si ce n’est donner un coup de tampon et signer une feuille que me portaient les patients quand ils venaient à ma consultation de manière régulière. Donc je ne crois pas qu’il y ait actuellement une surcharge de travail du médecin traitant. S’il y en avait une, cela voudrait dire simplement que les gens se rapprochent du médecin généraliste pour être le coordinateur de leurs soins… et comment des médecins généralistes qui veulent promotionner (sic) la médecine générale pourraient refuser d’être les coordinateurs des soins de leurs patients ? Est-ce qu’ils veulent que ce soit un chirurgien, est-ce qu’ils veulent que ce soit un néphrologue, est-ce qu’ils veulent que ce soit un rhumatologue ? Moi je suis très bien dans ma position de médecin traitant. » [2]

A une heure de grande écoute, en direct devant quelques millions d’auditeurs, en présence de Frédéric Van Roekeghem, le Docteur Michel Combier se voit servir à la radio sur un plateau un argument souvent mis en avant par ses propres représentants régionaux, de nature à légitimer les revalorisations scandaleusement négligées de la rémunération de la consultation du médecin généraliste.

Au lieu de se faire le relais de cette revendication justifiée, il minimise consciencieusement le rôle du médecin traitant : « donner un coup de tampon et signer une feuille » et passe sous silence les revendications de ses propres troupes.

La question d’EBS n°1 a été rédigée par le Docteur Christian Lehmann, membre d’Espace Généraliste.

[1] Lettre hebdo n°265 du 18 octobre 2005

Médecin traitant : une augmentation de la durée des consultations
Lors du Comité Directeur de l’UNOF, les représentants régionaux nous ont alerté sur l’augmentation des durées de consultation du fait du nombre de pathologies souvent regroupées lors du recours au médecin de famille.
Cette démarche s’explique par plusieurs facteurs : une démographie difficile qui diminue l’accès au médecin généraliste, une plus grande responsabilisation du patient qui diminue ses recours, et aussi la volonté des patients de faire du médecin de famille le médecin de la synthèse. Tous ces arguments nous les prenons comme une pierre à l’édifice des futures revalorisations.
Chacun de nous sait bien que, vu l’évolution professionnelle et la pyramide des âges, les consultations vont devenir de plus en plus lourdes. C’est pour cela que nous militons depuis très longtemps pour une nomenclature des actes cliniques reposant sur leur contenu.
Nous pensons que ce chantier qui traîne doit devenir prioritaire car, tout en étant transversal aux spécialistes et aux généralistes, il apporte au médecin de famille un outil pour se centrer sur son travail principal de soins et de leur coordination.
Nous ne désespérons pas de voir aboutir, du moins par tranches, dès la fin 2006, comme inscrit dans la Convention, cette évolution majeure de la reconnaissance du travail accompli.
Dr Michel Combier, Président de l’UNOF.

[2] Le Téléphone sonne du 26 décembre 2005, en direct sur France-Inter.

Dr Michel Combier, Président de l’UNOF, en duplex, en présence de Frédéric Van Roekeghem.


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Forum

  • EBS n° 1
    7 février 2006, par tony lambert

    Quand un journal sponsorisé (et le mot est faible) posait, il y a peu, la question suivante à Michel Combier : " quel est l’élément le plus marquant de ces dix dernières années concernant votre exercice quotidien ?", sa réponse a été "le fait d’être passé sur rendez-vous en consultation". Fantastique ! Il n’a donc découvert que ça ! Où est le syndicalisme à la Bouton ? Pour un syndicaliste connu du public médical, je trouve l’argument ultra-mince. On est donc finalement pas surpris de sa réaction, ou plutôt, de son absence de réaction face à la charge de travail des confrères qu’il représente. Il est réellement déconnecté d’UNE CERTAINE REALITE. Cependant, il a l’air très sympa.

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