Bonne Année aux actuels et futurs médecins contrôlés !
mardi 1er janvier 2008 par GARRIGOU-GRANDCHAMP Marcel
Plus nous traitons des dossiers à la cellule juridique, plus la justification de sa création et de sa pérennisation s’impose comme une évidence…
On assiste en effet à une montée en puissance depuis 2005 : par exemple en 2006, 341 sinistres ont été déclarés au SOU MEDICAL par des médecins pour des litiges avec les CPAM mettant en jeu leur garanti "protection juridique", soit une augmentation de +24% par rapport à 2005, et les chiffres de 2007 devraient confirmer la tendance.
3 contentieux se sont développés :
le contrôle des règles de prescription en ALD,
celui des arrêts de travail,
et celui des prescriptions des produits de substitution aux toxicomanes ( source rapport d’activité du Sou médical - Exercice 2006 p 35)
Nous constatons à chaque contrôle :
Une phase pré-contentieuse qui n’est en fait que le montage du dossier d’accusation
Un entretien confraternel qui n’est qu’une lecture d’un acte d’accusation
Le non respect habituel et répété tout au long de la procédure de la législation en vigueur (notamment le Décret du 1er février 2007) :
Les pièces nécessaires à la défense du médecin (ordonnances, PIRES dont il n’est pas l’auteur, PV d’audition des patients) ne lui sont pas communiquées, il lui est parfois permis de consulter certaines d’entre elles juste avant ou au moment de l’entretien !
Il n’est pas étonnant que la présence d’un avocat soit farouchement rejetée par les caisses à ce stade, les CPAM ne souhaitant pas voir un homme de Loi venir pointer ces manquements manifestes aux droits de la défense.
De la même manière, la notion de présomption d’innocence est totalement absente des procédures mises en place par les CPAM.
Ainsi, le médecin "mis en examen" par les pôles de contrôle des CPAM n’a même pas les droits d’un individu suspecté d’un délit relevant du pénal face au juge d’instruction !
Ainsi le médecin conseil en charge du contrôle peut accuser librement sans que le "prévenu" ait la possibilité de se défendre, au mépris de la confraternité ; puis il peut dénoncer les faits supposés au directeur de la CPAM qui notifiera des accusations non juridiquement étayées et qui secondairement pourront être écartées (sans la moindre excuse) ou transmises aux sections des affaires sociales des CRO :
il revient alors aux médecins injustement accusés et à la cellule juridique de poursuivre les responsables appartenant au corps médical pour atteinte à la Confraternité et les administratifs pour Dénonciation calomnieuse.
Mais ces accusations sans preuves ou avec preuves "fabriquées", sans le moindre respect pour les droits de la défense, sans la présence d’un tiers professionnel garant des droits de cet "accusé supposé" ont parfois des conséquences graves pour les médecins (garde à vue, mise en examen, interdiction temporaire d’exercice pendant l’instruction) notamment dans les dossiers pointant les produits de substitution :
En effet, là un juge d’instruction entre en jeu et il ne peut se permettre d’ignorer les accusations des CPAM, il en va de sa crédibilité et surtout de sa responsabilité ; quand un médecin conseil écrit : « traitement potentiellement dangereux ou association dangereuse » à propos d’une association Subutex + anxiolytique, le juge n’a d’autre choix que suspendre l’exercice du médecin pendant l’instruction.
Il nous faut donc déployer vigilance et combativité dès le début des procédures ; pour cela nous avons besoin de nombreux confrères "formés" à cet exercice, car malgré le courage la volonté et le dévouement des membres de la cellule juridique, cette poignée de précurseurs ne pourra pérenniser cette lutte indéfiniment dans le temps.

- Déni de justice
C’est le but des "formations" qui vont se mettre en place par exemple en PACA grâce à l’initiative de l’URML et au travail de terrain de Jean Margaritora le 19 janvier 2007, ou lors du week end de l’AG du syndicat (25-26 janvier). En ce début d’année 2008, mon souhait est de voir cet exemple suivi dans toutes les régions. Bonne année aux membres de la cellule juridique, Bonne année à tou(te)s
GARRIGOU-GRANDCHAMP Marcel
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1 réaction
Forum
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Bonne Année aux actuels et futurs médecins contrôlés !2 janvier 2008, par Serge CONTARD
Je souscris tout à fait à ces propos concernant les contrôles médicaux et quant aux trois axes définis : ALD, Arrêts de travail et substituts morphiniques. J’ai été dans le collimateur des médecins conseil pour la méthadone. Certes, j’avais fauté avec deux primo-prescriptions, mais j’ai été le seul MG contrôlé sur ce point de mon département. Contrôlé après avoir appelé le médecin conseil en chef pour savoir comment régler cela. Je suis peut être tombé sur un pervers…
Et ce dernier point est très proche du juridique, du pénal, car on confond la precription, l’usage régulier et le mésusage des produits prescrits. Et le MG libéral est bien seul quand on vient l’accuser, alors que les MG en CSST est entouré et presque blindé. Alors que le mésusage est le fait de pas mal de toxicos qui revendent le Subutex, pas celui du MG ou du pharmacien.
Une anecdote : je consulte régulièrement l’historique des prescriptions des patients toxicos : il y a au moins 30% d’entre eux qui vont chez deux MG et qui ont une double precription de Sub. Pas obligatoirement au delà de 16mg/jour d’ailleurs. Que font les médecins conseils là dessus : pas grand chose…
Tout le monde reconnaît que la prise en charge des toxicos est difficile : il serait temps de demander pour les MG acceptant la prise en charge de ces patients un contrat de santé publique avec les garanties juridiques et assurantielles, une formation adaptée et un travail en réseau.
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Bonne Année aux actuels et futurs médecins contrôlés !2 janvier 2008, par GARRIGOU-GRANDCHAMP Marcel
Bonjour, Vous avez vécu cela de l’intérieur, donc vous savez contrairement à l’immense majorité du corps médical ! Il y a eu effectivement de la même manière des "exemples" dans chaque département : la technique des "otages" !
Les CPAM voudraient évincer les généralistes du domaine de la substitution, elles ne s’y prendraient pas autrement, ce qui économiquement parlant est une bêtise si c’est l’économie qui est vraiment recherchée.
Votre "contrôleur" n’était sans doute pas plus pervers que tous ceux que j’ai pu voir à l’œuvre ; il faut savoir qu’il s’agit de volontaires souvent n’ayant jamais exercé la médecine libérale et "nourris" (lors de leur formation spécifique) d’un à priori plutôt défavorable vis-à-vis des médecins libéraux, pour dire ce que je pense d’une façon soft

Enfin vous soulevez la question des cibles du contrôle médical : pourquoi ne pas convoquer ou simplement informer les préscripteurs des dérives de leur patient ? je ne me hasaderais pas à une réponse même si j’ai mon opinion, je vous invite ainsi que mes confrères à la poser systématiquement à nos interlocuteurs : médecins chefs des contrôles médicaux, directeurs des CPAM, mais également services RPS, DAM et pourquoi pas à la presse ?
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