Pour les syndicats médicaux MG France, Espace Généraliste et Fédération des médecins de France (FMF), l´échec de l´ancien ministre de la Santé, Philippe Bas, en Basse-Normandie, est logique. Il serait, selon eux, directement lié aux propos qu´il a tenus en défendant, l´an dernier, au nom de Xavier Bertrand, l´amendement du sénateur de l´Oise, Alain Vasselle, tendant à clarifier le droit d´opposition à la convention médicale pour contrer ce qu´il a nommé à la tribune, le « pouvoir de nuisance » des opposants. Cet amendement réserve l´utilisation du droit d´opposition aux syndicats jugés représentatifs par les pouvoirs publics et qui ont obtenu la majorité des suffrages aux élections professionnelles. Bien qu´ayant obtenu la majorité des voix, les syndicats hostiles à la convention médicale n´ont pu faire jouer leur droit d´opposition, certains d´entre eux n´étant pas jugés représentatifs.
« Ce déni de démocratie reste une épine dans les relations gouvernement-corps médical », souligne Espace Généraliste en ajoutant que la santé, dans le cadre du débat sur la TVA sociale ou la mise en place de franchises, « avait probablement joué un rôle dans la transformation du tsunami bleu annoncé (…) ».
« La sanction électorale de M. Bas rappelle la nécessité de respecter le choix démocratique des médecins libéraux et de renégocier une nouvelle convention médicale », plaide également MG France en rappelant qu´il « était prêt à participer à la mise en place d´une nouvelle politique ». De son côté, la FMF espère que le nouveau gouvernement fera « respecter la démocratie sortie des urnes ». Et comme MG France, la Fdéération se dit prête à « apporter son concours à la mise en œuvre de nouvelles orientations à même de préserver notre système de soins ».
Affaire à suivre, dans le contexte du plan d´économies sur l´assurance maladie, que le directeur de la Cnam doit présenter à son conseil demain mardi.